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Condition féminine mondiale: Colombie

La Colombie 

La Colombie est considérée comme l’une des plus anciennes démocraties du continent sud-américain. Comptant, au total, 48 321 405 habitants, en 2013 (Colombie, 2014), la Colombie est le seul pays de l’Amérique du Sud à être borné par la Mer des Caraïbes ainsi que l’Océan Pacifique. La population du pays est composée à 60%, d’individus d’origine métisse dont près d’un cinquième d’entre eux ont des descendances européennes. Environ 15% de la population représente un métissage entre Africains et Européens et 5% de la population, qui est noire, se situe le long des côtes, à Magdalena et Cauca Valleys (Colombia, 2015). Ayant comme capitale la ville de Bogota, la Colombie est un pays où la religion catholique prédomine et où l’espagnol est la langue principalement utilisée (Colombia, 2015).

 Bien que la Colombie soit un pays chargé d’histoire, il ne compte pas parmi ceux ayant développé un système convenable des droits de la personne. Les femmes, en particulier, sont victimes de diverses injustices sociales.  Celles-ci impliquent notamment plusieurs formes de violence, autant physiques que psychologiques, des obligations à s’enrôler, des interdictions à dénoncer un viol, et diverses autres. La condition de la femme colombienne laisse donc à désirer, à plusieurs niveaux, et c’est pour cette raison qu’il est primordial de l’aborder. Multiples alternatives peuvent être élaborées afin de faire stopper ces pratiques envers les femmes, et il est temps de les repérer. Bien que le pays soit reconnu comme faisant partie, depuis 1982, du Comité sur l’Élimination de toutes les formes de Discrimination à l’Égard des Femmes (Les femmes en Colombie, 2010), le quotidien de ces femmes n’évoque rien de très plaisant. Représentant l’une des cinq puissantes économiques d’Amérique latine (Les femmes en Colombie, 2010), le gouvernement colombien concentre majoritairement ses efforts sur l’efficacité économique du pays, laissant ainsi de côté les problèmes sociaux.  En effet, Amnesty International s’est rendu sur place en 2004 afin d’y observer ces déficiences (Amnesty International, 2004).

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Hommes militaires http://therivardreport.com/colombia-paramilitarism-arrives-texas-border/

   L’une des formes de violence les plus répandues en Colombie est l’exploitation des femmes à des fins militaires. Depuis le début des années 1960, l’armée colombienne est impliquée dans un conflit armé ayant causé la mort de plusieurs centaines de milliers d’individus et ayant également provoqué la migration d’une grande partie de la population à l’intérieur des frontières, dont 50,5% sont des femmes (Colombie : les violences sexuelles comme arme de guerre qualifiées de « crimes contre l’humanité, 2014). Les forces de sécurité du pays, les paramilitaires soutenus par l’armée et les mouvements de guérilla (Guérilla, 2005) obligent autant de femmes que de fillettes à se transformer en militante au combat. Selon le rapport de 2004, les paramilitaires transforment leurs corps en « champ de bataille » (Amnesty International Report 2004, 2004). Les femmes et fillettes sont mutilées, violées et forcées de garder le silence sur plusieurs crimes cachés. Ces conflits, opposant les guérillas d’extrême-gauche et les paramilitaires d’extrême-droite depuis plus de 40 ans (Amnesty International Report 2004, 2004), font plusieurs victimes d’agressions sexuelles lorsque les militantes défient les lois régies par les groupes d’autorité. « Les paramilitaires et les membres de la guérilla cherchent [également] à s’immiscer dans les aspects les plus intimes de la vie des femmes, en instaurant des couvre-feux et des codes vestimentaires, mais aussi en humiliant, flagellant, violant et même en éliminant celles qui osent transgresser la règle (Amnesty International Report 2004, 2004) ». En fait, on compte 4672 victimes féminines dans le cadre du conflit armé, en 2014. De plus, ces deux groupes militants s’en prennent fortement aux travailleuses du sexe, aux lesbiennes et aux femmes possiblement atteintes du SIDA. Ils les considèrent comme des groupes « indésirables » de la société et font tout pour les éliminer.  Ces graves entraves aux droits des femmes n’entrainent aucune réaction de la part des autorités colombiennes. Ces diverses formes de violence paraissent rarement dans les rapports de viol ou de décès. Malgré les 43 280 femmes ayant porté plainte pour dommages corporels et les 1292 cas de meurtre rapportés (Le droit des femmes et le conflit armé en Colombie, 2011) comme les femmes, il en reste énormément qui restent dans l’anonymat.  De plus, les autorités ferment les yeux sur les causes de plusieurs morts et n’offrent aucune aide aux victimes qui se retrouvent donc sans ressources.

En plus d’être violentées physiquement, les femmes et fillettes colombiennes vivent une autre sorte de violence à travers les menaces du conflit armé, mais cette fois-ci psychologique. Les femmes sont terrifiées constamment et ne vivent pas en paix d’esprit. Elles affirment ne pas se sentir en sécurité (Le droit des femmes et le conflit armé en Colombie, 2011) puisque la violence se manifeste par le biais de pamphlets, d’enlèvements, d’arrestations de femmes leadeurs communistes, d’assassinats et de féminicides (Le droit des femmes et le conflit armé en Colombie, 2011). Les Colombiennes, plus précisément celles-ci qui habitent le long de la côte Nord où le conflit est plus intense,  sont constamment dans un état de panique et de stress.

 De plus, comme mentionné plus haut, des milliers de femmes sont forcées par les groupes militants à changer de lieu de résidence, laissant ainsi leurs propriété aux mains de ces derniers à tout jamais. Dans la plupart des cas, ces terres qui leur appartenaient sont pillées. Dans ces cas-ci, prouver leurs droits de propriété est quasi-impossible au pays (Le droit des femmes et le conflit armé en Colombie, 2011). Les femmes voient leur mari se faire enlever ou assassiner et sont laissées au dépourvu, avec leurs enfants. Seules, elles doivent faire face au recouvrement judiciaire. Elles doivent couvrir les dettes relatives aux crédits que les hommes des familles avaient obtenu des banques lors de l’acquisition des terres. Toutes ces responsabilités laissées aux femmes causent un immense choc psychologique. Elles n’arrivent plus à supporter toutes ces responsabilités et perdent une fois de plus un espoir de se sortir de leur situation. Elles deviennent anxieuses et leur santé psychologique est grandement affectée.

 Parmi les diverses formes de violence mentionnées précédemment se retrouve la violence conjugale. « La Colombie connaît généralement des taux élevés de violence conjugale et les études effectuées à l’échelle nationale font apparaître des taux encore plus élevés parmi les personnes déplacées. Une étude de 2011, commanditée par le gouvernement, a établi que près de 48% des femmes déplacées avaient déclaré subir des violences au sein de leur couple et plus de 9% avaient affirmé avoir été violées par une personne autre que leur partenaire intime (Le droit des femmes et le conflit armé en Colombie, 2011). » Ces pourcentages troublants démontrent l’ampleur du phénomène au pays. De plus, selon un rapport de Human Rights Watch, la violence conjugale et les viols ne sont pas considérés comme étant graves en Colombie. Les auteurs des actes sont condamnés majoritairement durant une période de un à six mois d’emprisonnement ou vivent sous surveillance (Le droit des femmes et le conflit armé en Colombie, 2011). De janvier à décembre 2010, une étude menée par Derechos Humanos y el Desplazamiento, a déclaré 44 854 cas de violence conjugale. De surcroît, selon le rapport de Human Rights Watch, le gouvernement colombien a instauré un système d’aide humanitaire venant en aide aux familles déplacées par les groupes armés. Cette aide offre aux déportés multiples avantages, notamment de l’aide alimentaire et un nouveau foyer. Toutefois, les familles demandant cette aide doivent enregistrer leur famille sous une seule unité. Les femmes victimes de violence conjugale doivent donc effectuer un choix entre rester dans une situation conjugale violente ou perdre l’accès à ces avantages. Malheureusement, étant ainsi dépendantes de leur mari et de ces avantages, la plupart d’entres elles décident d’y rester, concrétisant donc la roue du cercle vicieux de la violence (Rights out of reach, 2012).

 Sur une note plus positive, évaluons maintenant l’évolution du droit politique des femmes ainsi que leur niveau d’alphabétisation. Bien que la Colombie n’a donné droit de vote aux femmes qu’en 1954 (Colombie), celles-ci ont obtenu une liberté totale de représentation au niveau politique. Les femmes ont le droit de se présenter aux élections présidentielles et de participer à tout évènement politique. Ingrid Betancourt, candidate et fondatrice de l’Oxigena Verde à l’élection présidentielle de 2002, prouve à quel point les femmes peuvent se rendre loin en politique (Colombie). Enfin, la Colombie enregistre une moyenne annuelle d’alphabétisation des femmes, âgées entre 15 et 24 ans, de 97,7%, entre 1993 et 2011 (Colombie)[3]. Il est possible d’affirmer qu’une grande partie de la population féminine de Colombie n’éprouve pas de problèmes d’alphabétisation. Cela est probablement dû au fait que le pays compte parmi les grandes puissances économiques de l’Amérique latine et que le taux d’emploi demeure assez élevé. Outre les diverses formes de violence perpétrées aux femmes, la Colombie leur offre tout de même une place au niveau politique et scolaire.

Afin de contrer les déficiences au niveau de la violence envers les femmes en Colombie, plusieurs solutions devraient être adoptées. D’une part, le gouvernement colombien devrait investir plus de temps sur la création d’organismes venant en aide aux femmes violentées. Des refuges devraient être mis en place pour les femmes en situation difficile. Le système judiciaire devrait être modifié solidement afin de considérer les auteurs de crimes, de dommages corporels, de viols, et multiples autres actes de violence et ainsi punir leurs gestes. Malgré le projet de loi 107 sur la réparation et la restitution des victimes du conflit (Le droit des femmes et le conflit armé en Colombie), les Cours de Justice n’ont pas apporté grands changements à leurs jugements. Le gouvernement colombien devrait imposé des lois pour la protection des femmes, autant lors du conflit armé que dans leur situation conjugale. Il est temps que cette violence cesse et il faut agir !

Le suicide

Actuellement, la réalité la plus importante qui frappe, non seulement la société Atikamekw, mais bien tous les peuples autochtones, se trouve à être le suicide. Selon Émile Durkheim, l’identité d’une personne constitue le chaînon déterminant de l’autodestruction ou de la préservation d’un individu.

"teenage angst, suicide." by saccharinesmile http://saccharinesmile.deviantart.com/art/teenage-angst-suicide-55373371
« teenage angst, suicide. » by saccharinesmile http://saccharinesmile.deviantart.com/art/teenage-angst-suicide-55373371

Plus précisément, l’identité de tout individu est définie par divers groupes sociaux, tels que la famille, la religion ou encore la société politique et conséquemment, si ces groupes s’affaiblissent, l’individu peut perdre ses repères (Muchielli, 2000, p.48), ce qui explique pourquoi «le suicide varie en raison inverse du degré d’intégration des groupes sociaux dont fait partie l’individu» (Muchielli, 2000, p.48). Autrement dit, le suicide est déterminé, certes par des sentiments individuels, mais en approfondissant on comprend qu’il est plutôt question de ce qu’on pourrait définir par «le vide affectif et la solitude morale dus au défaut d’intégration sociale» (Muchielli, 2000, p.49). Durkheim utilise également le concept d’anomie sociale pour expliquer le dysfonctionnement de certaines sociétés, comme c’est le cas chez les Autochtones, qui ne parviennent plus à intégrer correctement l’individu (Campeau, 2004, p.59). Ce manque ou cette absence de règles sociales communes peut entraîner plusieurs problèmes de société, tels qu’ils ont été mentionnés plus haut (drogues, décrochage, violence, etc.). Tel qu’énoncé par Durkheim, le suicide s’expliquerait par le taux d’intégration d’un individu: plus une personne est intégrée socialement, moins elle risque de se suicider (Campeau, 2004, p.62).

On peut distinguer trois principaux types de suicides, soit le suicide égoïste, le suicide altruiste et le suicide anomique. En fait, le suicide égoïste est le résultat de la non-intégration d’un individu dans un groupe social donné (Campeau, 2004, p.62) tandis que le suicide altruiste résulte plutôt d’une «intégration trop forte de l’individu aux impératifs de groupe»(Campeau, 2004, p.62). Pour ce qui est du suicide anomique, il est question de «la désintégration sociale et de l’affaiblissement des règles qui régissent les comportements des individus et des groupes» (Campeau, 2004, p.62). Concernant les Autochtones, le suicide se présente de façon principalement anomique, puisqu’ils subissent une désintégration sociale, entre autres par le choc des générations ou encore les transformations sociales trop rapides dans les communautés (ex: les Inuits sont passés des igloos à la modernité en moins de 50 ans) (DVD Les jeunes Autochtones du Québec). On peut aussi penser à une forme de suicide égoïste en raison de la non-intégration des individus dans un groupe social (ex: les Autochtones sont quelque peu marginalisés par le reste de la société québécoise et par le gouvernement canadien qui les exclue du système) (DVD Les jeunes Autochtones du Québec). En effet, chez les jeunes autochtones, le taux de suicide est de cinq à huit fois plus élevé que celui de la moyenne nationale (Meney, 2002).

"Depressed (4649749639)" by Sander van der Wel from Netherlands - DepressedUploaded by russavia. Licensed under CC BY-SA 2.0 via Wikimedia Commons - http://commons.wikimedia.org/wiki/File:Depressed_(4649749639).jpg#/media/File:Depressed_(4649749639).jpg
« Depressed (4649749639) » by Sander van der Wel from Netherlands – DepressedUploaded by russavia. Licensed under CC BY-SA 2.0 via Wikimedia Commons – http://commons.wikimedia.org/wiki/File:Depressed_(4649749639).jpg#/media/File:Depressed_(4649749639).jpg

Le lien suivant permet d’accéder au documentaire Le Pacte, mettant en scène Mélanie Petiquay, intervenante auprès des jeunes qui a été affligée par des suicides successifs dans sa famille et qui continue son combat face à ce fléau.

http://cve.grics.qc.ca/fr/916/3528?destination=/

Aussi, selon l’étude réalisée par Lívia Vitenti pour l’Université de Montréal, les principaux facteurs pouvant mener un individu au suicide en milieu autochtone sont caractérisés par le manque d’affection, la violence sexuelle/inceste, la consommation d’alcool et de drogues, les changements de mode de vie et les séquelles liées au système de pensionnats (précisons que Manawan a connu deux pensionnats, dont un, celui d’Amos, ayant une très mauvaise réputation) (Vitenti, 2011, p.220-230). Le suicide n’est pas étranger à la communauté de Manawan. Effectivement, plusieurs rites et coutumes sont associés à la mort, certains n’étant cependant pas encouragés par tous, tel le port d’un bracelet noir ou blanc en cas de décès. Comme il vient tout juste d’être mentionné, ce qui pousse un individu à se suicider peut dépendre de plusieurs facteurs. Le docteur Pierre Gagné approfondi cette observation en établissant un modèle de facteurs successifs qui peut inciter un individu à s’enlever la vie soit, une vulnérabilité préexistante de l’individu, suivi d’un problème de dépendance, auxquels si on ajoute un environnement difficile et un facteur de pauvreté, peuvent mener l’individu à vivre une dépression et conséquemment, le pousser au suicide (Meney, 2002). Malheureusement, c’est l’une des graves réalités qui frappent les peuples Autochtones encore aujourd’hui.

Laurence Blanchette

 

Éditorial

«La violence traverse le temps, les cultures, les classes sociales et, dès que l’on cherche à la contenir ou à la canaliser, elle ressurgit ailleurs sous une autre forme» (BEDIN et DORTIER). De nos jours, elle semble omniprésente et nul ne peut nier l’importance qu’elle a prise au sein de notre société. En effet, il est aujourd’hui impossible de regarder la télévision, naviguer sur internet ou lire le journal sans être confronté à une vague de violence se présentant sous plusieurs formes et provenant d’un peu partout sur la planète. Préoccupés par l’importance grandissante de ce phénomène et son impact sur notre société ainsi que sur les générations futures, nous avons décidé de nous pencher sur une des formes de violence les plus extrêmes ; le terrorisme.

Exploité comme moyen de communication depuis des siècles par des groupes souhaitant se servir de la violence comme moyen de pression, le terrorisme est aujourd’hui un phénomène connu de la majorité d’entre nous et, pourtant, peu nombreuses sont les personnes qui en connaissent réellement les fondements et qui sont en mesure de répondre aux questions suivantes : Qu’est-ce qui a amené la création de ce moyen d’expression? Comment s’est-il développé? Est-ce que tous les actes terroristes  font partie d’un seul et même courant où est-il possible que le terrorisme soit, en fait, répartis en plusieurs branches comme certaines religions? Quels sont les moments phares de l’histoire de l’humanité où des actes terroristes furent posés? Comment les gouvernements des divers pays sur la planète tentent-ils de freiner la propagation des idées terroristes? Qui sont véritablement les victimes des actes terroristes perpétrés à travers le globe?

Bien que nombreuses, les questions énumérées ci-dessus ne forment qu’une infime partie du questionnement concernant le phénomène du terrorisme. Souhaitant démystifier ce phénomène et comprendre pourquoi le recours à la violence est devenu aujourd’hui un réflexe pour plusieurs personnes, nous nous somme penchés sur la question du terrorisme, et ce, en tentant de regarder au-delà des actes.

Il est certain que faire fi de la violence inouïe engendrée par les actes terroristes tout en conservant un esprit critique et un point de vue neutre est une tâche ardue. Au départ, nous possédions tous une opinion assez arrêtée sur la question terroriste. Par contre, au fil de nos recherches, il fut possible de comprendre les fondements de ce mouvement et de se faire une idée de ce qui amène des personnes à adopter de tels comportements. Cette recherche n’a pas modifié le fait que nous dénonçons tout acte terroriste perpétré sur le globe, mais en revanche, elle nous a permis de comprendre que tous les pays ont un rôle à jouer dans la propagation du mouvement terroriste et que, pour y mettre un terme, chacun doit fournir un effort.

10666084_341351272709453_328188173498726137_nLaurence Bouchard

Photo DDCSamuel Groulx

portraiChris Philippi

sssss Patrick Tobgi

Terrorisme : principaux courants, formes et causes

2.1 Les types de terrorismes

Il est possible de distinguer les types de terrorisme de différente manière soit selon la nature de leur but, leur forme d’organisation, les niveaux de violence ou les méthodes utilisées,  la chronologie de la justification explicite proposée par les terroristes pour leurs actions et sur l’ampleur du changement qu’ils désirent provoquer ou même selon leur étiquette idéologique (Leman-Langlois, 2010). Pour notre part, nous allons séparer les types de terrorisme selon leur étiquette idéologique c.-à-d. selon l’idéologie qui est à la base de leurs actions, et nous allons donc en observer les trois principaux types de terrorisme: le terrorisme islamiste, d’extrême gauche et nationaliste (Cahuzac, 2013).

2.1.1 Terrorisme islamiste

PROTESTATION CONTRE LE HAMAS                                «Protest against the war in London, United Kingdom »,2009, sur le site Wikipédia ,[En ligne], http://en.wikipedia.org/wiki/International_reactions_to_the_Gaza_War_(2008%E2%80%9309) (Page consultée le 16 avril 2015).

Les islamistes tentent « d’imposer la charia en tout ou en partie comme loi fondamentale d’un État ou d’un groupe d’États […] toutefois, l’islamisme actuel s’exprime surtout par un refus ou une réticence à adopter les caractéristiques de la modernité occidentale que l’islamisme cherche à combattre, voire éliminer » (Guay, « ISLAMISTE », 2014). Les terroristes islamistes veulent donc imposer leur vision du monde en refusant d’adopter celle des autres et vont utiliser la violence et même la peur, ou en d’autres mots le terrorisme, pour atteindre cet objectif. Un bon exemple de terrorisme islamiste est le Hamas qui a été créé à la fin de 1987. Le Hamas a pour but de remplacer Israël par un État islamique palestinien. «Le Hamas refuse de reconnaitre l’État d’Israël et a juré de “lutter” jusqu’à sa destruction » (Hamas : Organisation terroriste de la bande de Gaza. (n.d.), 2015). Certains groupes faisant partie du Hamas ont utilisé des moyens politiques et violents, dont le terrorisme, pour essayer d’atteindre leur objectif (Encyclopédie de L’Agora | Quelques grands groupes terroristes. (n.d.), 2015). En effet, parmi les tactiques employées par le Hamas pour détruire Israël il y a le tir de missiles à partir de zones densément peuplées et l’utilisation des Gazaouis comme boucliers humains  (Hamas : Organisation terroriste de la bande de Gaza. (n.d.), 2015). Un autre exemple  de terrorisme qui tenta de détruire Israël tout comme le Hamas est l’Organisation de libération de la Palestine (OLP) créée le 17 janvier 1964 au Caire. «Elle a pour objectif la création d’un État  palestinien indépendant sur le territoire aujourd’hui couvert par Israël» et sa charte prône donc « “l’élimination “ de l’État d’Israël en tant qu’état souverain et la création d’un État palestinien» (Baud, 2012).  L’OLP supervise plusieurs organisations terroristes palestiniennes et «mène diverses actions terroristes sous le couvert de groupuscules extrémistes / terroristes comme Septembre Noir ou Force 17 » (Baud, 2012).

ISRAEL
DÉFENSE D’ISRAËL                                                            «Flickr – Israel Defense Forces – The Exemplary IDF Unit of 2011», 2011, [Shayetet 13.jpg],sur le site Wikimedia Commons, [En ligne], http://commons.wikimedia.org/wiki/File:Flickr_-_Israel_Defense_Forces_-_The_Exemplary_IDF_Unit_of_2011,_Shayetet_13.jpg (Page consultée le 16 avril 2015).

 

HAMAS
FORMATION DE SOLDAT POUR LE HAMAS       AFP, «Le Hamas forme 17 000 jeunes au combat», 2015, sur le site TVA Nouvelles, [En ligne],http://tvanouvelles.ca/lcn/infos/lemonde/archives/2015/02/20150208-074420.html (Page consultée le 16 avril 2015).

2.1.2 Terrorisme d’extrême gauche

Le terrorisme d’extrême gauche prône la révolution en vue de renverser le système capitaliste en ayant recours à la violence. Ce type de terrorisme s’inspire des doctrines marxistes radicalisées (Guay, « EXTRÊME GAUCHE » 2014). Un exemple de terrorisme d’extrême gauche est le Mouvement Révolutionnaire Tupac Amaru (Mrta) qui est un mouvement révolutionnaire traditionnel marxiste-léniniste fondé en 1983. Son objectif est de libérer le Pérou de l’impérialisme et d’y installer un régime marxiste c’est-à-dire d’abolir les classes sociales dans ce pays (Encyclopédie de L’Agora | Quelques grands groupes terroristes. (n.d.), 2015).

2.1.3 Terrorisme nationaliste

Le nationalisme est une idéologie politique qui prône la souvraineté de l’État-nation. Elle juge que les pouvoirs actuels d’une nation lui nuisent et réclame donc  plus de pouvoirs ou d’autonomie pour cette nation (Guay, « NATIONALISME », 2014). Les terroristes nationalistes vont utiliser de moyens violents tels des attentats pour obtenir la souveraineté de leur nation. Un exemple de groupe terroriste nationaliste est Les Tigres Libérateurs de L’eelam Tamoul (Tlet). Ce groupe, fondé en 1976, est le groupe tamoul, le plus puissant de Sri Lanka, et il utilise des moyens légaux et illégaux pour mobiliser des fonds, acheter des armes et faire connaitre sa cause qui est de créer un État tamoul indépendant. Il utilise une stratégie de guérilla et des techniques terroristes pour atteindre leurs objectifs (Encyclopédie de L’Agora | Quelques grands groupes terroristes. (n.d.), 2015).

D’autres exemples de ce type de terrorisme seraient l’IRA, une organisation paramilitaire nationaliste irlandaise créée en 1919, qui combat l’autorité britannique en Irlande dans le but de réaliser l’union et l’indépendance de l’Irlande et Euskadi Ta Askatasuna (ETA) une organisation armée basque indépendantiste qui désire «contraindre l’État espagnol à des négociations sur l’indépendance du Pays basque» (Zeitung, 2009).

IRA
L’IRA                                                               CARSON Niall. « Members of the Real IRA at a ceremony in Londonderry », 2010, [Real-IRA-members-006.jpg], sur le site The guardian, [En ligne], http://www.theguardian.com/uk/2010/oct/06/one-in-seven-nationalists-support-terrorists (Page consultée le 16 avril 2015).

2.2 Principaux courants du terrorisme

Tout comme les types de terrorisme, il existe de nombreux courants terroristes, toutefois nous nous limitons à 3 des principaux dans cette étude : le terrorisme religieux, le terrorisme d’une question particulière et le terrorisme d’État.

2.2.1        Le terrorisme religieux

« Tuez-les tous, Dieu reconnaîtra les siens ! » (Juergensmeyer,2011) Voici un exemple de doctrine qui date de l’époque médiévale et qui pourrait tout à fait correspondre à ce que prône le terrorisme religieux. Dans ce courant terroriste, les terroristes se servent de la violence afin de faire avancer leurs objectifs religieux (Commémoration des victimes d’actes terroristes. (n.d.), 2015). Ils pensent qu’en effectuant des actes terroristes au nom de la religion ils pourront atteindre le bonheur après la vie. Le terrorisme islamiste traité plus haut fait partie de ce courant terroriste, étant donné qu’il veut atteindre un objectif lié à leur religion : imposer la charia. D’ailleurs, l’organisation terroriste État Islamique fait du terrorisme religieux, car il a pour but de « revenir au Califat […] abbasside» (L’Homme, 2014). Pour ce faire ils vont prôner l’antiaméricanisme et la lutte contre les régimes arabes impies, la lutte contre l’Iran et le chiisme et l’attaque et l’occupation par l’Occident des pays musulmans (L’Homme, 2014).

2.2.5 Le terrorisme d’une question particulière

Ce courant terroriste, contrairement aux deux autres, vise à modifier des politiques ou des pratiques précises, plutôt que l’ensemble du régime sociopolitique (El-Khadir, 2005). Quelques exemples d’actes terroristes pour une question particulière seraient les attentats dirigés contre le personnel médical de cliniques et d’hôpitaux par des militants antiavortements aux États-Unis et ceux contre des chercheurs scientifiques de laboratoires commerciaux par les défenseurs des droits des animaux en Grande-Bretagne (El-Khadir, 2005).

2.2.6 Le terrorisme d’État

Le terrorisme d’État est pratiqué par un État désirant atteindre un objectif politique et qui va pour ce faire user de la violence (TLFi. (n.d.), 2015). C’est donc  l’utilisation de la violence par un gouvernement contre son peuple ou d’autres peuples pour une raison d’État c.-à-d. une raison politique. Ce courant terroriste est très présent dans les dictatures et les monarchies, car, tout comme ces régimes, il viole les fondements mêmes de la démocratie. Un exemple de terrorisme d’État se déroula durant la Deuxième Guerre mondiale où le dirigeant soviétique Joseph Staline ordonna, en 1940, à sa police secrète d’exécuter 22 000 officiers et civils de l’armée polonaise, tout en blâmant faussement les nazis. D’ailleurs, l’opération Condor qui a été déclenchée le 28 novembre 1975 à contribuer à forger le terme terrorisme d’État. Cette opération organisée par les régimes militaires d’Amérique du Sud et avec le support des États-Unis avait pour objectif d’éliminer les personnes jugées «subversives» (Guay, « 28 novembre 1975 Déclenchement de l’opération Condor », 2014). Par exemple, la police secrète chilienne a organisé l’assassinat du général chilien Carlos Prats, car il était considéré comme une menace par le président Augusto Pinochet. D’ailleurs, cette opération a permis, en 1975, l’élimination de 119 membres des partis de gauche chiliens (Guay, « 28 novembre 1975 Déclenchement de l’opération Condor », 2014). Le gouvernement de Staline ainsi que ceux ayant participé à l’opération Condor ont donc usé de la violence pour atteindre un objectif politique dans cette situation et sont donc coupables de terrorisme d’État.

Il faut souligner que toutes ces classifications du terrorisme traitées plus haut ne sont pas exhaustives et qu’un acte ou bien un groupe terroriste peut se situer dans plus d’un de ces courants ou types et pourrait également ne se situer dans aucun de ceux mentionnés plus haut. Toutefois, comme nous allons le voir dans la prochaine section, la majorité des actes terroristes ont une similitude : elles ont des causes semblables!

2.3 Causes du terrorisme

Nous allons dans cette section tenter de comprendre les causes du terrorisme. Le terrorisme a plusieurs causes dont les principales peuvent être regroupées sous deux sous-titres soit la mondialisation et la politique étrangère des États-Unis qui alimentent le mouvement terroriste.

2.3.1 La mondialisation

La mondialisation est l’extension à l’échelle mondiale d’enjeux politiques, économiques, sociaux, etc., qui étaient auparavant limités à des régions ou des nations uniquement.  La mondialisation a entrainé avec elle de nombreuses conséquences qui ont causé l’ascension du terrorisme étant donné qu’elle entraine l’imposition d’un modèle économique dominant et l’accroissement des inégalités et l’exclusion sociale.

Tout d’abord, elle a amené la misère chez certains peuples en accentuant le chômage, la pauvreté, la famine et des disparités de développement. D’ailleurs la pauvreté varie selon des aires géographiques dans le monde. En effet, en 2004, « les pauvres représentaient 10 % des habitants de l’Asie de l’Est, 52 % de l’Asie du Sud, 25 % de l’Amérique latine et 47 % de l’Afrique subsaharienne » (El Khadir, 2005). Quant aux disparités de développement, la mondialisation a permis aux riches de s’enrichir et a parallèlement causé l’appauvrissement des pauvres. De plus, les inégalités se retrouvent également au sein d’une même société. Par exemple, les sociétés des pays du Sud sont très inégalitaires. Il y a une petite minorité très riche et une large majorité extrêmement pauvre, qui vit dans des conditions très précaires avec de la famine, du chômage et un faible taux d’alphabétisation, et qui coexistent sur le même territoire (El Khadir, 2005).  « Il faut signaler que le creusement des inégalités se transmet, maintenant, d’une génération à la suivante en fonction du milieu social, ce qui est source de stress, d’humiliation et d’agressivité permanente ; qui entraine, enfin du compte, la désespérance et une perte des raisons de vivre » (El Khadir, 2005).

En effet, le fait que les inégalités deviennent de plus en plus grandes accentue ce sentiment de colère et d’humiliation de certains peuples menant à des actes terroristes. Comme le cite Amy Zalman, Ph.D. expert en terrorisme, ce qui pousse au terrorisme « is the belief that violent means justify the ends. Many terrorists in history said sincerely that they chose violence after long deliberation, because they felt they had no choice » (Zalman,2015).

«boy child kid sad poverty», 2013, [boy-180437_640.jpg], sur le site Pixabay, [En ligne], http://pixabay.com/en/boy-child-kid-sad-poverty-180437/ (Page consultée le 17 avril 2015).
PAUVRETÉ DES ENFANTS DANS LE MONDE                         «boy child kid sad poverty», 2013, [boy-180437_640.jpg], sur le site Pixabay, [En ligne], http://pixabay.com/en/boy-child-kid-sad-poverty-180437/ (Page consultée le 17 avril 2015).

Ne voyant donc aucune autre solution que la violence pour régler ces inégalités, les terroristes décident de commettre des actes violents tel celui du 11 septembre. Toutefois, il faut spécifier que la cause ne justifie pas le geste. Comme le soutient l’article du Devoir :

« Il en va de même des terroristes [de] dire que la cause [de leurs actes] réside dans le fait qu’ils sont pauvres, occupés, exploités, objets de préjugés négatifs ou de discrimination [mais cela] c’est ignorer que d’autres populations pauvres, occupées ou exploitées n’ont pas “produit” de terrorisme et qu’on peut subir la discrimination et les préjugés et lutter contre eux sans devenir terroriste kamikaze. En tant que sujets, ils sont responsables de ce qu’ils font et pourraient agir autrement » (Paquot, 2006).

Par la suite, la mondialisation a également amené le développement des technologies de pointe. En effet, les terroristes utilisent le développement des nouvelles technologies de l’information et de la communication ainsi que le développement des moyens de piratage et de contrefaçon pour faciliter leurs actions terroristes telles : la communication et la coordination interne, la propagande et la désinformation, le recrutement et le financement, la collecte d’information et de renseignements (El Khadir, 2005). D’ailleurs, selon un rapport présenté au congrès des États-Unis, « dans les années 90 ([c.-à-d. à] l’aube de la mondialisation), la possibilité qu’un acte terroriste cause des victimes a augmenté de 35 % par rapport aux [années] 70 » (El Khadir, 2005). La mondialisation a donc permis au terrorisme de se perfectionner et a même amené de nouvelles formes de terrorisme tel le cyber terrorisme ainsi que du terrorisme utilisant des armes de destruction massive.

2.3.2 La Politique étrangère des États-Unis

L’autre cause principale du terrorisme est la politique étrangère des États-Unis. Politique étrangère ayant pourtant comme premier principe « la lutte contre le terrorisme »! D’un côté, nous savons désormais que le conflit israélo-palestinien est un conflit majeur du terrorisme au XXe et XXIe siècle. Les Israéliens pratiquent un terrorisme d’État contre les Palestiniens et ce terrorisme est alimenté par les Américains qui fournissent de l’aide financière, politique et militaire aux Israéliens. Par exemple, les États-Unis utilisent leur droit de véto au conseil de sécurité de l’ONU pour empêcher toutes représailles contre Israël tel le véto américain de 1997 contre un projet de résolution invitant les Israéliens à cesser toutes constructions illégales de colonie dans les territoires Palestiniens occupés par Israël (El Khadir, 2005). Les États-Unis soutiennent donc les actes terroristes d’Israël malgré qu’ils disent vouloir lutter contre le terrorisme.

D’un autre côté, la politique étrangère des États-Unis est teintée d’une forme d’arrogance.

« Les États-Unis s’efforceront constamment d’attirer le soutien de la communauté internationale, mais n’hésiteront pas à agir seuls, si nécessaire, afin d’exercer leur droit à la défense, en agissant de façon préventive contre les terroristes, dans le but de les empêcher de causer des dommages au peuple américain et au pays ». (Stratégie de Sécurité Nationale de l’administration Bush en 2002) (Thucidyde, 2004)

Les États-Unis ont donc une politique étrangère ethnocentrique et croient donc qu’ils sont au-dessus de tous les autres pays, pensent pouvoir faire cavalier seul dans le monde et se considèrent donc meilleur que des pays tels ceux du Moyen-Orient ce qui accentue la haine de ces derniers envers eux. De plus, à la suite du 11 septembre, les États-Unis ont vu une occasion d’entrer en guerre contre « l’Axe du mal » c’est-à-dire l’Irak, la Syrie, l’Iran et la Corée du Nord. Les États-Unis ont donc développé leur force militaire et se sont mis à attaquer ces pays et souhaitent même « remodeler le Moyen-Orient » (Guay, «20 septembre 2002 Dévoilement de la doctrine Bush », 2014). Bref, cette politique étrangère des États-Unis accentue la haine envers ces derniers et mène en fin de compte à des actes terroristes.

 

obama
POLITIQUE ÉTRANGÈRE DES ÉTATS-UNIS PAUL, Ron. «Autoriser Obama à faire usage de la force militaire est un chèque en blanc pour la guerre mondiale », 2015, [1168652305.jpg], sur le site Eurp synergies, [En ligne], http://euro-synergies.hautetfort.com/tag/obama (Page consultée le 15 avril 2015).

 

La mondialisation jumelée avec la politique étrangère arrogante des États-Unis sont donc deux des causes principales du terrorisme. Et vont ultimement mener aux évènements traités dans la prochaine section.

Merci,

Patrick Tobgi

sssss

Recommandations pour contrer le terrorisme

  • Étant donné l’échec des politiques étrangères basées sur la force et l’intervention militaire dans l’éradication du terrorisme, il faudrait plutôt que les gouvernements des grandes puissances sur la scène mondiale adoptent des politiques basées sur la diplomatie, la paix, la justice et la compréhension.
  • Étant donné le lien important existant entre l’accès aux images violentes et la propagation des idées terroristes, il serait important de réduire le contenu à caractère violent diffusé dans les médias, les films et particulièrement dans les jeux vidéos.
  • Étant donné le nombre important de jeunes en provenance d’un peu partout qui se radicalisent et partent rejoindre des groupes terroristes, il serait primordial que chaque pays travaille, de l’intérieur, pour freiner ce phénomène en apportant de l’aide à ces jeunes.
  • Étant donné le grand nombre de jeunes qui se radicalisent sur internet, il serait nécessaire de régulariser cet outil.
  • Étant donné que bon nombre des jeunes qui se radicalisent et partent rejoindre des groupes terroristes ont des problèmes d’intégration ou sont en quête de sens dans leur vie, il serait nécessaire de mettre en place des politiques visant l’intégration de ces jeunes.
  • Étant donné que la majorité des jeunes qui se radicalisent sont des jeunes idéalistes pensant aller changer le monde en rejoignant des groupes extrémistes, il serait nécessaire de bien expliquer à la population, surtout aux jeunes en quête de sens, ce qu’implique vraiment le fait de rejoindre un groupe terroriste.
  • Étant donner que les politiques du Canada en appui aux israéliens et à la destruction du Moyen-Orient aident à la radicalisation des jeunes du pays, il serait nécessaire de modifier les positions politiques de notre pays.
  • Étant donné le développement de l’Islam radical à travers la planète, il serait important d’instaurer des mesures concrètes afin d’en ralentir la propagation.

 

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Photo DDCSamuel Groulx

portraiChris Phillipi

sssssPatrick Tobgi

Conclusion

En conclusion, le terrorisme, ensemble d’actes d’une violence extrême visant à transmettre un message précis, est présent sur la planète depuis des siècles et ce, sous diverses formes et suivant les principes de plusieurs courants bien distincts. La propagation de cette forme de violence fut, entre autres, engendrée par l’intensification de la misère sur la planète et par la politique étrangère agressive des États-Unis. De plus, l’augmentation du recours aux actes terroristes pour faire passer une idée se voit par le nombre important d’événements de nature terroriste perpétrés au cours des derniers siècles tels que l’assassinat de l’archiduc François-Ferdinand à l’aube de la Première Guerre mondiale, les attentats du 11 septembre 2001 aux États-Unis et la tuerie du journal Charlie Hebdo sur le territoire français.

L’utilisation de ce moyen de communication extrêmement violent entraîne des conséquences psychologiques, économiques, sociologiques et même géographiques sur le territoire et la population visés par les actes commis. De plus, ces conséquences peuvent être de longue durée et même nécessiter une intervention des gouvernements influents à travers le monde ainsi que de l’ONU. Afin de réparer les dommages causés par les attentats terroristes perpétrés ou bien afin de prévenir d’éventuelles attaques, l’ONU et les divers gouvernements se doivent d’implanter des politiques assurant la sécurité de leurs citoyens, telle que la politique des États-Unis visant l’élimination complète du terrorisme, qui fut instaurée en réponse aux attentats du World Trade center qui furent perpétrés à New York en septembre 2001.

Bien que plusieurs solutions furent proposées afin d’éradiquer le terrorisme, bon nombre de celles qui furent essayées ne firent que causer d’autres problèmes et ne permirent aucunement de remplir le but initial pour lequel elles furent créées. Afin de modifier la donne, il est nécessaire de continuer à étudier le sujet du terrorisme pour tenter de dénicher d’autres solutions permettant de mettre un terme à ce fléau. Dans cette optique, il serait tout d’abord important de réduire l’accès au contenu violent présent dans les médias et prenant de plus en plus de place dans la société.

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Photo DDCSamuel Groulx

portraiChris Philippi

sssssPatrick Tobgi

Les traditions qui encouragent la violence envers les femmes indiennes

Les traditions qui encouragent la violence infligée aux femmes indiennes

  • Les traditions mises en cause

Tout d’abord, il est important de noter que les conditions de vie atroces des femmes indiennes sont principalement dues aux traditions religieuses qu’entretient le peuple indien. En effet, la majorité du peuple indien adhère à la religion hindoue et applique ses fondements de manière intransigeante. Cette application dogmatique de la part des Indiens est responsable de la perception négative que les femmes indiennes ont d’elles-mêmes et de la violence qui leur est imposée. Tout d’abord, la société patriarcale a adoptée plusieurs traditions discriminatoires qui réduisent la place de la femme au sein de la société. En effet, les traditions comme la sati, la dot et la glorification de l’homme dans la religion hindoue affectent l’intégrité de la femme au sein de sa société (Fabienne Hurst, Antoine Mouteau, 2011). En effet, les femmes indiennes sont contraintes à cinq différents types de violence: la violence psychologique, la violence sexuelle, la violence économique, la violence verbale et finalement la violence physique. Cependant, plusieurs d’entre nous, en tant qu’occidentaux, se questionnent à savoir pourquoi les femmes indiennes se contraignent à ces traditions atroces malgré qu’elles vivent dans une démocratie. Barbarie des traditions indiennes: inde 2 Source: Hélène Larrive, Femmes bafoues, battues et autres futilités , 2013,   http://2.bp.blogspot.com/-1q0vf3-KXtw/UrYDM6o5ApI/AAAAAAAASNw/7hPurwQHOF0/s1600/Sans+titre-6.jpg

  • Les failles du système judiciaire indien

Tout d’abord, quoi qu’elles vivent dans une démocratie, le pouvoir de la tradition religieuse hindoue prédomine sur le pouvoir de la démocratie (Libération Monde, 2012). En Inde, la femme obtient le droit de vote en 1952, mais le droit de vote de celle-ci est soumis à quelques contraintes par rapport à celui de l’homme. Cela démontre que judiciairement, la femme est considérée inférieure quoique le gouvernement indien proclame être une démocratie. Il est contradictoire cependant de constater que dans une société «démocratique», des traditions comme la sati et la dot sont encore en vigueur. Plusieurs traditions ont pour but de permettre à la femme d’affirmer sa loyauté et sa soumission à l’homme. De plus, la place que la religion octroie à l’homme est démesurée comparée à celle qu’occupe la femme, de là la supériorité légale de l’homme. Cette inégalité légale entre les hommes et la femmes est donc un exemple de la violence psychologique commise envers les femmes (Philippe Bouissou,2012).

  • La société patriarcale

Tout d’abord, il est important de noter que la société traditionnelle et actuelle est régit par un système patriarcal où les hommes prennent les décisions politiques, familiales et économiques. Au tout début de la société indienne, les femmes étaient interdites à plusieurs activités auxquelles les hommes avaient droit pour prétexte de mythes et de légendes tirés de leur religion. La société indienne tire la plupart de ces fondements de la religion et des mythes sexistes sur lesquels elle se fonde. Par exemple, selon les lois de Manu, le fondateur des lois hindoues, «la femme ne doit jamais être indépendante: enfant, elle doit être soumise à son père ; jeune à son mari ; veuve à ses fils. Une femme fidèle doit vénérer son mari comme un dieu même s’il est dépourvu de vertu ou de qualité, et s’il cherche son plaisir ailleurs.» (Lisa Sabot, 2005).La religion exige donc une soumission totale de la part de la femme quoique son mari lui impose que ce soit de l’intimidation, de la violence, de l’abus sexuel etc. Une étude de l’OMG démontre que les femmes sont elles-mêmes d’accord avec le fait que les hommes aient recours à la violence physique et sexuelle à leur égard pour certaines situations, comme lorsqu’elles refusent d’avoir des relations sexuelles ou lorsque celles-ci leur désobéissent. En effet, 53% des femmes vivant en région urbaine se disent d’accord contre 79,3% des femmes en région rurale (Amira Beghdadi, 2013).  Cette statistique traduit donc la faible estime que les femmes ont d’elle-même qui est causée par le système patriarcal. Matérialisation de la femme: Sri_Chakra_Meru_with_Lajja_Gauri Source: Auteur inconnu, Hindouismo, 2008, http://upload.wikimedia.org/wikipedia/commons/thumb/9/97/Sri_Chakra_Meru_with_Lajja_Gauri.JPG/800px-Sri_Chakra_Meru_with_Lajja_Gauri.JPG

Cette statistique démontre clairement la soumission que celles-ci affichent aux mythes religieux et par conséquent, aux hommes de leur société. De plus, les traditions indiennes vont encore plus loin en termes de domination des hommes sur les femmes. En effet, les propos de la religion hindoue exigent que la femme se soumette à toute forme masculine. Étant donné que la religion sur laquelle la société indienne se base favorise le sexe masculin, les femmes sont exclues et discriminées dans la plupart des états de l’Inde. Leur accès aux domaines cruciaux à leur survie tel que les services de santé, l’éducation, et leur emploi est presque nul puisqu’elles sont victimes de discrimination. Par exemple, le taux d’éducation chez les femmes indiennes est extrêmement faible étant donné que le milieu de l’éducation est presque entièrement réservé aux hommes (Sylvie Dewambrechies, 2004).

  • Valorisation de la pauvreté intellectuelle des femmes

Cependant, un autre facteur influence le niveau d’éducation des femmes indiennes, soit le taux de pauvreté de la région dans laquelle ils grandissent.  Évidemment, le taux d’éducation chez les femmes est très peu élevé à cause du rôle prédominant de la femme dans la société : s’occuper des travaux domestiques, élever les enfants et répondre aux multiples demandes du mari. Par conséquent, les familles n’investissent pas dans l’éducation de leurs jeunes filles étant donné que celles-ci n’ont qu’un seul destin : le mariage. Tout au contraire, quand un couple indien a un enfant de sexe masculin, ceux-ci vont investir le plus possible dans son éducation dans le but de s’enrichir lorsque viendra le moment de marier leur fils étant donné que le montant de la dot qu’ils reçoivent par les parents de leur bru dépend du niveau d’éducation de leur fils (Lisa Sabot, 2005).  Sur ce, il est donc facile de constater que la supériorité de l’homme est ancrée dans leur société pour des raisons mythologiques, religieuses et culturelles. La supériorité sacrée de l’homme entraîne l’application de plusieurs traditions dans la société indienne comme la sati et la dot qui encouragent la violence psychologique à l’endroit des femmes. En ce qui concerne la dot, le système de la dot est en vigueur en Inde depuis des centaines d’années et doit son existence aux cultes musulmans et hindouistes. La dot a cependant évolué entre-temps et ce changement transmet un message plutôt inquiétant. Autrefois, la dot était considérée comme sacrée par la civilisation. En effet, la majorité des castes étaient soumises à la tradition du «prix de la fiancée»1 qui constituait à récompenser la famille de la fille d’avoir perdu un enfant. Non seulement la dot compensait la famille de la mariée et non du marié, mais celle-ci assurait à la mariée une certaine stabilité financière si son mari venait à la quitter ou à décéder. Aujourd’hui la dot a perdu cette signification et désavantage la famille de la mariée. Le statut de la femme indienne et l’expansion économique sont corrélés dans le sens où la femme est aujourd’hui considérée comme une marchandise profitable économiquement au pays. La dot a maintenant le pouvoir d’améliorer le prestige social des familles du marié étant donné que la dot n’a plus de prix fixe, elle varie en fonction de la scolarisation du marié.   La dot a aujourd’hui une importance économique fulgurante. Ce qui pousse la femme à aller vivre dans la famille de son mari, est le fait que ses propres enfants pourront jouir de privilèges liés à cette plus haute caste. Cependant, l’avantage demeure pour les familles du marié qui sont constamment récompensés par l’entremise de «cadeaux». La dot fait donc en sorte que la femme est considérée comme une marchandise et cette pratique enrichit énormément l’économie de l’Inde. Cette violence psychologique et physique envers la femme permet malheureusement à plusieurs familles de s’enrichir et de faire fluctuer l’économie.   Reportage sur la dot:  https://youtu.be/IircvWkoWwg Source: France 24,  Reporteur inconnu, 2008, https://www.youtube.com/watch?v=IircvWkoWwg   Représentation de la sati A_Hindoo_Widow_Burning_Herself_with_the_Corpse_of_her_Husband Source: Auteur inconnu, <Superstition en Inde>,  2005, http://upload.wikimedia.org/wikipedia/commons/c/c1/A_Hindoo_Widow_Burning_Herself_with_the_Corpse_of_her_Husband.jpg

  • Violence physique imposée aux femmes

Pour commencer, la tradition de la sati provient d’un mythe hindou et c’est de cette religion que la culture indienne tire la plupart de ses fondements. «Une épouse, lorsqu’elle est morte la première, attend son mari dans l’au-delà, et si son mari est mort avant elle, ensuite une femme vertueuse [sati] le suit.  » En effet, dans la société actuelle, la sati incite la femme à se brûler vivante sur le bûcher de son mari, car celle-ci a le devoir spirituel d’abandonner la vie terrestre en même temps que son mari. La sati est un excellent exemple de la violence physique et psychologique qui est imposée aux femmes indiennes. Quoique cette pratique religieuse ait été abolie par les autorités coloniales en 1829, cette pratique est toujours présente dans la société. Non seulement cette pratique est présente, mais elle est encouragée et souhaitée par une grande partie des femmes (Robert Hardgrave, 2008). Encore une fois, en tant qu’Occidentaux, nous nous questionnons tant qu’à l’intégrité de cette affirmation. Comment les femmes indiennes peuvent-elles se soumettre à de telles traditions et ne pas contester dans le but d’obtenir leur indépendance? Il est, dans la culture indienne, socialement accepté par les deux sexes que la femme justifie sa vie par l’existence de son mari. Donc, lorsque son mari est vivant, la femme justifie son existence par la satisfaction de son mari alors que lorsque son mari meurt, elle perd tout espoir et désire le rejoindre. Il est donc possible d’affirmer que la religion hindoue dicte la vie des femmes indiennes et les contraint à la soumission.

Les conséquences des traditions culturelles :

  • Conséquences qu’entraîne la dot 

Tout d’abord, il est important de constater que les mariages arrangés unissent souvent une femme à un homme de plus haute caste. Les familles de la mariée souhaitent simplement que leur fille atteindra un niveau social plus élevé, mais ceux-ci sont confrontés à de multiples désavantages. En effet, le montant de la dot dépend du niveau de scolarité du marié. Donc, plus l’homme est scolarisé, plus la  famille du marié accorde de la valeur au montant de la dot qu’ils recevront. Donc, plus l’homme est supérieur à la femme, plus la famille peut être exigeante envers la famille de la mariée et par conséquent envers la nouvelle mariée. Ce qui nous amène à aborder le sujet du «dowry death»  , l’ensemble des tortures que la famille du mari inflige à la mariée, sous différents prétextes et qui peuvent mener jusqu’au meurtre de celle-ci. (Robert Hardgrave, 2008). Ces tortures sont parfois commises parce que la belle-famille ne comble pas leurs exigences ou tout simplement parce que la nouvelle femme de leur fils ne les satisfait pas. Donc, souvent l’ensemble de ces cruautés sont tout simplement commises dans le but de mener la femme à la dépression et donc au suicide.  Aujourd’hui, les demandes de dot sont encore plus élevées qu’il y a 10 ans, ce qui mène au désespoir des couples lorsque le bébé est de sexe féminin. Le système de dot en Inde a de nombreuses conséquences extrêmement néfastes sur l’estime que les femmes ont d’elles-mêmes et sur leur statut social. En effet, ce système de dot est la cause du nombre grandissant d’infanticides dans le nord de l’Inde (Rapport mondial sur le développement, 2009). Au Nord de l’Inde, les traditions qui défavorisent les femmes sont encore plus en vigueur que dans le reste des États de l’Inde, pour cause de l’indice de développement humain qui est extrêmement bas . Ce phénomène d’infanticide consiste soit à tuer un fœtus de sexe féminin ou à tuer à la naissance le bébé. De plus, certaines familles, qui n’ont pas assassiné leur fille à la naissance, la privent et la font vivre dans des conditions pitoyables sans aucune raison valable. Toute cette pratique est due au stress financier que subissent les familles qui offrent leur fille en mariage lors des multiples évènements où ceux-ci doivent faire de multiples offrandes à la belle-famille (Lisa Sabot, 2005).

  • Tentatives de solutions pour contrer la sati 

L’Inde, en 1829, était une colonie britannique et l’empire tentait d’abolir la violence commise envers les femmes. Cependant, malgré l’interdiction de la sati de la part de l’empire britannique, cette tradition est demeurée très présente dans la société des 17e et 18e siècles.  Par exemple, en 1987, une jeune fille dénommée Roop Kanwar s’immole sur le bûcher de son mari défunt . Cette jeune fille, qui s’immolait pour un homme de plus de quarante ans son aîné, a suscité l’attention de beaucoup d’Indiens. C’est effectivement, cet évènement qui a incité les autorités indiennes à adopter la loi «Commission of Sati», qui visait à prévenir tout autre acte de sacrifice. De plus, ce projet de lois visait à éliminer toute forme d’encouragement  ou de glorification de cette pratique (Rohit Parihar,1999). Cependant, suite à cette demande, certains adeptes religieux ont contesté la demande en affirmant devant la Cour suprême que la liberté de religion des hindouistes serait compromise si la sati était interdite. Malheureusement, la Cour suprême n’a toujours pas porté un jugement, ce qui entraîne la société indienne à continuer la pratique et à l’encourager auprès des veuves. Il est donc extrêmement destructeur pour le développement de la société et pour l’évolution de ce pays au niveau international. La perception que l’Inde donne à l’échelle internationale est un pays sexiste où les femmes sont constamment dénigrées peu importe leur niveau d’éducation et leur statut social. Tentatives de solutions pour contrer la sati: 

 

 

 

Catherine McConnell

 

Le secret du viol

Dans cette article, nous nous attarderons sur la culture qui entoure le viol en Inde, ce phénomène très présent mais très peu discuté. Nous tenterons de démystifier le secret qui entoure cet acte impardonnable.

  1. LES TRADITIONS ANCRÉES DANS LA SOCIÉTÉ INDIENNE

La principale raison qui fait que le viol demeure un sujet tabou en Inde est que la plupart du temps les victimes gardent le silence après l’avoir subi. En effet, 66%  des victimes de viol garderaient le silence. La principale raison qui justifie cette statistique est que l’inégalité entre les hommes et les femmes est encouragée par les croyances sociales et religieuses. L’homme possède l’appui de la société d’exercer sa force envers sa femme pour la contrôler et se faire respecter. La femme se retrouve alors seule sans famille ni amis pour la soutenir. Afin de mieux saisir contre quel genre de société les femmes indiennes doivent se battent, développons le laisser-faire politique et la corruption du système judiciaire. ( Beghdadi)

2. LA CORRUPTION POLICIÈRE

Les viols en Inde sont un terrible fléau, puisque ceux-ci font malheureusement partie des mœurs de la société indienne. Effectivement, en Inde il y a un viol toutes les 20 minutes et cela ne compte que ceux qui sont rapportés à la police (Perrault, 2013). De plus, un problème auquel la population doit faire face est qu’au sein de la police, les hommes se protègent entre eux, et par conséquent ne respectent pas les protocoles établis lorsqu’il y a dénonciation d’un viol par soutien pour le sexe masculin (Sabot, 2005). Lors de la dénonciation d’un viol, ce sont les policiers qui doivent jouer le rôle le plus important lorsqu’il est reporté, mais trop souvent ceux-ci ne prennent pas les mesures qui s’imposent dans de telles circonstances. En effet, pour entamer une enquête sur un viol, le policier doit remplir un formulaire nommé le First Information Report (Sabot, 2005). Toutefois, ceux-ci ont tendance à mal remplir ce formulaire, d’oublier de mentionner toutes les informations nécessaires ou même d’omettre de donner une copie du formulaire au plaideur. De plus, la police prend trop de temps à mener l’enquête et elle néglige des informations pertinentes comme des témoignages ou les tests médicaux effectués après le viol. Cela amène à se demander pourquoi la police indienne est aussi corrompue. Une grande part de cette corruption s’explique par l’attitude négligente des policiers face au sort des femmes. Comme mentionné plus haut, le viol en Inde est accepté par la société, ce qui fait en sorte que d’essayer de freiner ce phénomène ne peut pas seulement relever de la législation indienne, mais aussi d’un mouvement social. En 2012, en Inde, de nouvelles lois ont été votées par la chambre basse du Parlement qui établies une peine de 20 ans de prison minimum pour viol en réunion et la peine capitale pour un viol qui aurait amené à une mort ou à de graves séquelles (Kannampilly, 2013). Aussi, il est dit que les policiers ont tendance à protéger davantage ceux faisant partie d’une haute caste et qui sont en pouvoir. Cela fait référence au fait que la police est extrêmement corrompue, puisqu’elle accepte de l’argent en échange de procédures illégales(International Journal of Criminology and Sociological Theory). En effet, cet argent provient souvent d’hommes influents tels que des politiciens. En lien avec ceci, récemment plus de 42 politiciens indiens ont été réélus même s’ils faisaient face à de graves accusations de viols et d’agressions sexuelles(Perrault, 2013). Puisque la police est corrompue, elle n’effectue pas bien son travail de monter des causes pour défendre la victime, donc les tribunaux n’ont pas suffisamment de preuves ou de dossiers détaillés pour accuser le violeur. Ceci est un problème troublant, puisque seulement 4% des accusés d’agressions sont condamnés. Pourtant, il faut dire qu’il existe des lois qui ont été établies ou retirées, dans certains cas, afin d’améliorer le sort des Indiennes. Par exemple, un article de la constitution indienne de 1950 sur l’interdiction de la discrimination basée sur la religion, la race, la caste et le sexe stipule que ces formes de discriminations sont formellement interdites: « The State shall not discriminate against any citizen on grounds only of religion, race, caste, sex, place of birth or any of them»(India constitution) . Toutefois, il est évident que par le fléau de la corruption en Inde, cet article de la constitution n’est pas appliqué, puisque des décisions basées sur ces critères interdits sont faites régulièrement. Aussi, en 1961, le gouvernement indien instaure le Dowry Prohhibition Act  ce qui rend désormais illégal d’exiger la dot. Paradoxalement, dans les années qui ont suivi cette loi, les morts de femmes liées à la dot ont augmenté ce qui prouve que les mœurs indiennes sont ancrées profondément dans cette société (Sabot, 2005). Cependant, ce n’est pas que dans le cadre policier que les mœurs sont profondément ancrées. En 1996, une étude (dont la source est inconnue) faite auprès de juges indiens a révélé que :

  • « 48% pensent qu’il est justifié en certaines occasions pour un homme de battre sa femme
  • 74% croient que le devoir de toute femme est avant tout de préserver sa famille même si elle est victime de mauvais traitements
  • 34% pensent que la dot est une valeur culturelle inhérente à la société indienne
  • 55% estiment que la moralité d’une femme est très importante dans les affaires d’agression sexuelle » (Sabot, 2005)

Ces statistiques témoignent du caractère patriarcal de la société indienne et de son système judiciaire, puisque dans ses valeurs, elle accorde tous les pouvoirs et les droits à l’homme. De plus, le manque de confiance envers la police et le système juridique ainsi que le faible de taux de condamnation fait durer la nonchalance des Indiens face à la loi et attise la peur des victimes à dénoncer leur agresseur.

3. UN POINT TOURNANT DANS LA LUTTE CONTRE LE VIOL EN INDE

La violence en Inde n’est pas qu’une histoire de traditions, elle se vit au jour le jour et elle laisse des répercussions importantes à ses victimes. Le 16 décembre 2012, une jeune fille de 23 ans faisant partie de la classe moyenne et étudiante en kinésithérapie est violemment agressée sexuellement par six hommes à New Delhi en Inde. Quelques jours plus tard, elle en meurt. «Le viol de trop» c‘est de cette façon que Laura-Julie Perrault, journaliste à LaPresse, nomme l’évènement qui a suscité la colère et l’indignation des Indiennes, mais aussi du monde entier (Perrault, 2013). Il aura fallu qu’un évènement aussi tragique survienne pour que la population mondiale soit enfin conscientisée sur le sort des femmes en Inde. Largement médiatisé, le viol de la jeune étudiante a soulevé les foules et depuis des manifestations quotidiennes font rage dans ce pays. C’est la pression de la rue qui a encouragé la dénonciation des viols qui font désormais les manchettes des presses indiennes. Aussi, les politiciens demandent le renforcement des lois telles la peine de mort et la castration chimique des violeurs. De plus, le gouvernement s’empresse de renforcer le système judiciaire afin de mieux administrer les accusations d’agressions sexuelles. Par ailleurs, de nouveaux tribunaux seront ouverts afin de juger rapidement les cas de viols, puisque ces procès pouvaient, au paravent, s’étendre sur plusieurs années (Nessman et Shamara, 2013). Pour ce qui est de l’affaire du viol de l’étudiante, une situation plutôt rare en Inde s’est produite; les quatre hommes accusés du viol ont été condamnés à la peine de mort, alors que le cinquième, un mineur, a écopé de trois ans de prison et le sixième a été retrouvé mort dans sa cellule de prison (Srivastava, 2013).   Malgré la sensibilisation qui a été faite autour de ce viol, un an plus tard un incident semblable est survenu encore une fois dans un autobus. Cette fois, c’est une femme de 29 ans qui a été violée par sept hommes. Encore une fois, c’est le laisser-faire des policiers qui est dénoncé, puisqu’ils ne patrouillent pas les bus de nuit, alors qu’ils le devraient (Singh, 2013).

La sensibilisation de la sphère internationale est un aspect primordial dans cette cause, puisque c’est en informant la population internationale que les gens vont agir et dénoncer de plus en plus de tels actes.

Maude Boucher-Réhel