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Condition féminine mondiale: Colombie

La Colombie 

La Colombie est considérée comme l’une des plus anciennes démocraties du continent sud-américain. Comptant, au total, 48 321 405 habitants, en 2013 (Colombie, 2014), la Colombie est le seul pays de l’Amérique du Sud à être borné par la Mer des Caraïbes ainsi que l’Océan Pacifique. La population du pays est composée à 60%, d’individus d’origine métisse dont près d’un cinquième d’entre eux ont des descendances européennes. Environ 15% de la population représente un métissage entre Africains et Européens et 5% de la population, qui est noire, se situe le long des côtes, à Magdalena et Cauca Valleys (Colombia, 2015). Ayant comme capitale la ville de Bogota, la Colombie est un pays où la religion catholique prédomine et où l’espagnol est la langue principalement utilisée (Colombia, 2015).

 Bien que la Colombie soit un pays chargé d’histoire, il ne compte pas parmi ceux ayant développé un système convenable des droits de la personne. Les femmes, en particulier, sont victimes de diverses injustices sociales.  Celles-ci impliquent notamment plusieurs formes de violence, autant physiques que psychologiques, des obligations à s’enrôler, des interdictions à dénoncer un viol, et diverses autres. La condition de la femme colombienne laisse donc à désirer, à plusieurs niveaux, et c’est pour cette raison qu’il est primordial de l’aborder. Multiples alternatives peuvent être élaborées afin de faire stopper ces pratiques envers les femmes, et il est temps de les repérer. Bien que le pays soit reconnu comme faisant partie, depuis 1982, du Comité sur l’Élimination de toutes les formes de Discrimination à l’Égard des Femmes (Les femmes en Colombie, 2010), le quotidien de ces femmes n’évoque rien de très plaisant. Représentant l’une des cinq puissantes économiques d’Amérique latine (Les femmes en Colombie, 2010), le gouvernement colombien concentre majoritairement ses efforts sur l’efficacité économique du pays, laissant ainsi de côté les problèmes sociaux.  En effet, Amnesty International s’est rendu sur place en 2004 afin d’y observer ces déficiences (Amnesty International, 2004).

militaire
Hommes militaires http://therivardreport.com/colombia-paramilitarism-arrives-texas-border/

   L’une des formes de violence les plus répandues en Colombie est l’exploitation des femmes à des fins militaires. Depuis le début des années 1960, l’armée colombienne est impliquée dans un conflit armé ayant causé la mort de plusieurs centaines de milliers d’individus et ayant également provoqué la migration d’une grande partie de la population à l’intérieur des frontières, dont 50,5% sont des femmes (Colombie : les violences sexuelles comme arme de guerre qualifiées de « crimes contre l’humanité, 2014). Les forces de sécurité du pays, les paramilitaires soutenus par l’armée et les mouvements de guérilla (Guérilla, 2005) obligent autant de femmes que de fillettes à se transformer en militante au combat. Selon le rapport de 2004, les paramilitaires transforment leurs corps en « champ de bataille » (Amnesty International Report 2004, 2004). Les femmes et fillettes sont mutilées, violées et forcées de garder le silence sur plusieurs crimes cachés. Ces conflits, opposant les guérillas d’extrême-gauche et les paramilitaires d’extrême-droite depuis plus de 40 ans (Amnesty International Report 2004, 2004), font plusieurs victimes d’agressions sexuelles lorsque les militantes défient les lois régies par les groupes d’autorité. « Les paramilitaires et les membres de la guérilla cherchent [également] à s’immiscer dans les aspects les plus intimes de la vie des femmes, en instaurant des couvre-feux et des codes vestimentaires, mais aussi en humiliant, flagellant, violant et même en éliminant celles qui osent transgresser la règle (Amnesty International Report 2004, 2004) ». En fait, on compte 4672 victimes féminines dans le cadre du conflit armé, en 2014. De plus, ces deux groupes militants s’en prennent fortement aux travailleuses du sexe, aux lesbiennes et aux femmes possiblement atteintes du SIDA. Ils les considèrent comme des groupes « indésirables » de la société et font tout pour les éliminer.  Ces graves entraves aux droits des femmes n’entrainent aucune réaction de la part des autorités colombiennes. Ces diverses formes de violence paraissent rarement dans les rapports de viol ou de décès. Malgré les 43 280 femmes ayant porté plainte pour dommages corporels et les 1292 cas de meurtre rapportés (Le droit des femmes et le conflit armé en Colombie, 2011) comme les femmes, il en reste énormément qui restent dans l’anonymat.  De plus, les autorités ferment les yeux sur les causes de plusieurs morts et n’offrent aucune aide aux victimes qui se retrouvent donc sans ressources.

En plus d’être violentées physiquement, les femmes et fillettes colombiennes vivent une autre sorte de violence à travers les menaces du conflit armé, mais cette fois-ci psychologique. Les femmes sont terrifiées constamment et ne vivent pas en paix d’esprit. Elles affirment ne pas se sentir en sécurité (Le droit des femmes et le conflit armé en Colombie, 2011) puisque la violence se manifeste par le biais de pamphlets, d’enlèvements, d’arrestations de femmes leadeurs communistes, d’assassinats et de féminicides (Le droit des femmes et le conflit armé en Colombie, 2011). Les Colombiennes, plus précisément celles-ci qui habitent le long de la côte Nord où le conflit est plus intense,  sont constamment dans un état de panique et de stress.

 De plus, comme mentionné plus haut, des milliers de femmes sont forcées par les groupes militants à changer de lieu de résidence, laissant ainsi leurs propriété aux mains de ces derniers à tout jamais. Dans la plupart des cas, ces terres qui leur appartenaient sont pillées. Dans ces cas-ci, prouver leurs droits de propriété est quasi-impossible au pays (Le droit des femmes et le conflit armé en Colombie, 2011). Les femmes voient leur mari se faire enlever ou assassiner et sont laissées au dépourvu, avec leurs enfants. Seules, elles doivent faire face au recouvrement judiciaire. Elles doivent couvrir les dettes relatives aux crédits que les hommes des familles avaient obtenu des banques lors de l’acquisition des terres. Toutes ces responsabilités laissées aux femmes causent un immense choc psychologique. Elles n’arrivent plus à supporter toutes ces responsabilités et perdent une fois de plus un espoir de se sortir de leur situation. Elles deviennent anxieuses et leur santé psychologique est grandement affectée.

 Parmi les diverses formes de violence mentionnées précédemment se retrouve la violence conjugale. « La Colombie connaît généralement des taux élevés de violence conjugale et les études effectuées à l’échelle nationale font apparaître des taux encore plus élevés parmi les personnes déplacées. Une étude de 2011, commanditée par le gouvernement, a établi que près de 48% des femmes déplacées avaient déclaré subir des violences au sein de leur couple et plus de 9% avaient affirmé avoir été violées par une personne autre que leur partenaire intime (Le droit des femmes et le conflit armé en Colombie, 2011). » Ces pourcentages troublants démontrent l’ampleur du phénomène au pays. De plus, selon un rapport de Human Rights Watch, la violence conjugale et les viols ne sont pas considérés comme étant graves en Colombie. Les auteurs des actes sont condamnés majoritairement durant une période de un à six mois d’emprisonnement ou vivent sous surveillance (Le droit des femmes et le conflit armé en Colombie, 2011). De janvier à décembre 2010, une étude menée par Derechos Humanos y el Desplazamiento, a déclaré 44 854 cas de violence conjugale. De surcroît, selon le rapport de Human Rights Watch, le gouvernement colombien a instauré un système d’aide humanitaire venant en aide aux familles déplacées par les groupes armés. Cette aide offre aux déportés multiples avantages, notamment de l’aide alimentaire et un nouveau foyer. Toutefois, les familles demandant cette aide doivent enregistrer leur famille sous une seule unité. Les femmes victimes de violence conjugale doivent donc effectuer un choix entre rester dans une situation conjugale violente ou perdre l’accès à ces avantages. Malheureusement, étant ainsi dépendantes de leur mari et de ces avantages, la plupart d’entres elles décident d’y rester, concrétisant donc la roue du cercle vicieux de la violence (Rights out of reach, 2012).

 Sur une note plus positive, évaluons maintenant l’évolution du droit politique des femmes ainsi que leur niveau d’alphabétisation. Bien que la Colombie n’a donné droit de vote aux femmes qu’en 1954 (Colombie), celles-ci ont obtenu une liberté totale de représentation au niveau politique. Les femmes ont le droit de se présenter aux élections présidentielles et de participer à tout évènement politique. Ingrid Betancourt, candidate et fondatrice de l’Oxigena Verde à l’élection présidentielle de 2002, prouve à quel point les femmes peuvent se rendre loin en politique (Colombie). Enfin, la Colombie enregistre une moyenne annuelle d’alphabétisation des femmes, âgées entre 15 et 24 ans, de 97,7%, entre 1993 et 2011 (Colombie)[3]. Il est possible d’affirmer qu’une grande partie de la population féminine de Colombie n’éprouve pas de problèmes d’alphabétisation. Cela est probablement dû au fait que le pays compte parmi les grandes puissances économiques de l’Amérique latine et que le taux d’emploi demeure assez élevé. Outre les diverses formes de violence perpétrées aux femmes, la Colombie leur offre tout de même une place au niveau politique et scolaire.

Afin de contrer les déficiences au niveau de la violence envers les femmes en Colombie, plusieurs solutions devraient être adoptées. D’une part, le gouvernement colombien devrait investir plus de temps sur la création d’organismes venant en aide aux femmes violentées. Des refuges devraient être mis en place pour les femmes en situation difficile. Le système judiciaire devrait être modifié solidement afin de considérer les auteurs de crimes, de dommages corporels, de viols, et multiples autres actes de violence et ainsi punir leurs gestes. Malgré le projet de loi 107 sur la réparation et la restitution des victimes du conflit (Le droit des femmes et le conflit armé en Colombie), les Cours de Justice n’ont pas apporté grands changements à leurs jugements. Le gouvernement colombien devrait imposé des lois pour la protection des femmes, autant lors du conflit armé que dans leur situation conjugale. Il est temps que cette violence cesse et il faut agir !

Islamophobie

Alors que le monde entier avait les yeux rivés sur les États-Unis suite aux attentats du 11 septembre 2001 à New York, le gouvernement américain se voit mettre la faute sur le groupe terroriste Al-Qaïda, soit un regroupement d’extrémistes appartenant à la religion de l’islam. Les États-Unis qui représentaient à cette époque, et même encore aujourd’hui, l’un des pays «leader» sur la scène internationale, auront eu pour effet, en adoptant une lutte contre l’islam et les regroupements des pays arabes, de débuter ce que l’on appelle de nos jours l’«islamophobie». C’est entre autres en raison de la grande médiatisation de cet événement tragique que les mentalités négatives sur la religion islamique amplifièrent. Certains condamnèrent l’islam, attribuant celle-ci ainsi que ses fidèles à toute atrocité mettant en péril la paix mondiale, alors que d’autres s’engagèrent dans une longue lutte de mentalités dans le but de « déstigmatiser » les pratiquants de l’islam. Au cours des années qui suivirent le tragique évènement, le monde a pu observer les divers élans d’une compétition intense sur les plans politiques, économiques, technologiques, etc., séparant davantage l’Orient de l’Occident. Alors arrivèrent en masse les messages de haine envers la religion de l’islam, et en retour, les protestations contre les pays occidentaux, plus particulièrement les États-Unis lors de son entrée en guerre contre l’Irak en mars 2003 (Benraad, M. (2015)). La peur des représailles par les peuples arabes, ceux-ci majoritairement musulmans, mèneront la population occidentale à percevoir l’islam comme étant une menace dangereuse. La guerre au Moyen-Orient et les actes de «barbaries» pousseront beaucoup d’individus des populations locales à immigrer dans des pays comme la France ou le Canada (Richer, J. (27 janvier 2015)).

 

Comme le rapporte un article de Jocelyn Richer, au Canada et au Québec, environ 21% des immigrants accueillis entre 2009 et 2013 provenaient soit du Maroc ou de l’Algérie (Richer, J. (27 janvier 2015)).  L’arrivée massive de population maghrébine dans ce pays de l’Occident aurait pu avoir comme effet d’apaiser les préjugés et la discrimination, mais au contraire, beaucoup eurent peur de perdre leur culture et d’être aux prises avec les divers types de problèmes que l’on rencontre dans l’autre partie du globe. Tout de même, plusieurs personnes se sont montrées accommodantes et accueillantes avec ces nouveaux immigrants. Les sociétés partagent donc plusieurs opinions: certaines encourageant à voir les immigrants des pays arabes comme des menaces pour la culture et d’autres qui préfèrent encourager l’intégration des immigrants aux cultures locales. D’après les recherches de notre équipe, le monde est constamment en évolution et c’est ce que doivent de suivre aussi les sociétés. Le monde ne pourra être en paix si les populations refusent d’ouvrir leurs esprits et d’intégrer différentes cultures à celles qu’elles connaissent déjà.

 

« Les ambiguïtés de la thèse de «l'islamophobie» », [EN ligne], http://serpent-libertaire.over-blog.com/2015/02/les-ambiguites-de-la-these-de-l-islamophobie.html (page consultée le 20 avril 2015)
« Les ambiguïtés de la thèse de «l’islamophobie» », [EN ligne], http://serpent-libertaire.over-blog.com/2015/02/les-ambiguites-de-la-these-de-l-islamophobie.html (page consultée le 20 avril 2015)

La peur de l’islam

Cette peur de l’Islam, attribuable tout d’abord en raison des médias américains, est par définition «une hostilité envers l’islam et les musulmans» (Définitions : Définitions de islamophobie – Dictionnaire de français Larousse. (23 février 2015)). L’islamophobie se retrouve sous diverses formes. D’abord, à travers le temps, la littérature et les dessins furent les moyens principaux pour communiquer et la propager les idéologies. Il n’est donc pas étonnant de voir l’impact qu’ont les textes, les articles de journaux ou encore les caricatures sur les mentalités des populations. Si l’on prend comme exemple l’attentat survenu le 7 janvier 2015 contre les dirigeants du magazine satirique français Charlie Hebdo, plusieurs experts attribuent cet acte à la publication de caricatures du prophète Mahomet, soit un personnage important dans l’islam, dans certaines éditions du magazine. L’influence qu’ont les publications concernant la religion, ou de ses personnages, est très importante. D’ailleurs, dans certains journaux américains où reviennent trop fréquemment ces types de publication, et ce de façon très subjective, on comprend d’où l’islamophobie prend sa forme d’hostilité. En complément à son côté journalistique ou plutôt littéraire, l’islamophobie apparait aussi en abondance dans les médias audiovisuels, c’est-à-dire les films, les vidéos anti-islams, les reportages de chaînes télévisées, les émissions de télévision, etc., qui figurent parmi les plus grands acteurs islamophobes. De nombreux films américains mettent en action des héros combattant des soldats, des gouvernements ou des terroristes arborant les caractéristiques grossières d’un musulman, soit la longue barbe, le port du turban, la langue arabe, etc. Se retrouvant au premier rang du palmarès des sociétés du cinéma, Hollywood influence donc largement les pensées du monde en mettant des films islamophobes sur ses écrans. Il est donc l’un des agents de socialisation les plus importants pour la propagation d’idées islamophobes. On peut donc comprendre que la peur de l’islam chez la population sera très difficile à éradiquer en raison de la présence de nombreux acteurs sociaux présents dans la culture et le divertissement des populations (Hollywood et les Arabes [DVD]. (2006)., 50 min., coul., Media Education Foundation).

*(Ici un documentaire de Zone Doc sur Hollywood et l’islamophobie: https://www.youtube.com/watch?v=YTLMz1Ra1jA)

 

Les caricatures de Mahomet ou les actions menées par les groupes extrémistes affiliés à l’islam rendent les musulmans, ainsi que toute la population arabe, des cibles aux injures et aux préjugés de toute sorte. Chaque jour, les musulmans sont persécutés en raison de leur religion, mais l’islamophobie ne s’arrête pas la: elle s’attaque désormais à toute personne ayant le teint un peu basanée ou originaire de pays arabes (Hollywood et les Arabes [DVD]. (2006)., 50 min., coul., Media Education Foundation). Al-Qaïda étant principalement actif dans le Moyen-Orient, les gens de nos jours possèdent donc des opinions arrêtées sur ce qu’amène cette partie du globe au reste du monde. Ces idées font d’ailleurs en sorte que malgré les articles parus dans les journaux contre l’islamophobie, les musulmans sont souvent sujets d’attaques personnelles dues aux stéréotypes. Si l’on prend comme exemple la Charte  de la laïcité ayant fait fureur en 2013 au Québec, la représentation type d’islamophobes serait la famille Pinault-Caron ayant témoigné pour l’adoption de la Charte. Il s’agissait dans ce cas d’individus ridiculisant la religion islamique dans ses pratiques et avec ses fidèles. Malheureusement, la question de l’adoption de la Charte eut pour effet de scinder le peuple québécois en plusieurs clans et soulevé une vague de racisme et de discrimination, et plus particulièrement envers l’islam. Beaucoup tente parfois de défendre la grande majorité de musulmans en dénonçant que les préjugés les mettent tous dans le même bateau. On entend alors le tere de « musulman modéré », un terme qui est par contre condamner par l’élite en matière religieuse, car ce dernier serait alors péjoratif et signifierait que les musulmans tendent à la base aux actes méprisables effectués par les groupes extrémistes (Lien vidéo sur les musulmans modérés: http://www.memritv.org/clip/en/4748.htm). Le « musulman modéré » n’existerait donc pas. Il faut plutôt comprendre que tous les musulmans ne sont pas extrémistes, tout comme tous les chrétiens ne sont pas pratiquants au Québec. Cependant,  il faut savoir que l’islam représente la religion la plus populaire au niveau mondial, c’est-à-dire celle ayant le plus d’individus adhérant à ses concepts, croyances et rituels (environ 1,6 millions en 2010) (Benraad, M. (2015)). D’une part, il est donc compréhensible que certaines personnes aient craint de perdre ce qui caractérise la culture québécoise, soit la religion catholique, mais d’une autre part, c’est justement la diversité ethnique qui fait la beauté de la culture et du Québec d’aujourd’hui. Encore une fois, l’ouverture d’esprit de tous et l’accommodation aux différentes cultures, autant pour les nouveaux arrivants que pour la population locale, restent la clé pour vivre en paix.

Photo DDC

Merci,

Samuel Groulx