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Condition féminine mondiale: Colombie

La Colombie 

La Colombie est considérée comme l’une des plus anciennes démocraties du continent sud-américain. Comptant, au total, 48 321 405 habitants, en 2013 (Colombie, 2014), la Colombie est le seul pays de l’Amérique du Sud à être borné par la Mer des Caraïbes ainsi que l’Océan Pacifique. La population du pays est composée à 60%, d’individus d’origine métisse dont près d’un cinquième d’entre eux ont des descendances européennes. Environ 15% de la population représente un métissage entre Africains et Européens et 5% de la population, qui est noire, se situe le long des côtes, à Magdalena et Cauca Valleys (Colombia, 2015). Ayant comme capitale la ville de Bogota, la Colombie est un pays où la religion catholique prédomine et où l’espagnol est la langue principalement utilisée (Colombia, 2015).

 Bien que la Colombie soit un pays chargé d’histoire, il ne compte pas parmi ceux ayant développé un système convenable des droits de la personne. Les femmes, en particulier, sont victimes de diverses injustices sociales.  Celles-ci impliquent notamment plusieurs formes de violence, autant physiques que psychologiques, des obligations à s’enrôler, des interdictions à dénoncer un viol, et diverses autres. La condition de la femme colombienne laisse donc à désirer, à plusieurs niveaux, et c’est pour cette raison qu’il est primordial de l’aborder. Multiples alternatives peuvent être élaborées afin de faire stopper ces pratiques envers les femmes, et il est temps de les repérer. Bien que le pays soit reconnu comme faisant partie, depuis 1982, du Comité sur l’Élimination de toutes les formes de Discrimination à l’Égard des Femmes (Les femmes en Colombie, 2010), le quotidien de ces femmes n’évoque rien de très plaisant. Représentant l’une des cinq puissantes économiques d’Amérique latine (Les femmes en Colombie, 2010), le gouvernement colombien concentre majoritairement ses efforts sur l’efficacité économique du pays, laissant ainsi de côté les problèmes sociaux.  En effet, Amnesty International s’est rendu sur place en 2004 afin d’y observer ces déficiences (Amnesty International, 2004).

militaire
Hommes militaires http://therivardreport.com/colombia-paramilitarism-arrives-texas-border/

   L’une des formes de violence les plus répandues en Colombie est l’exploitation des femmes à des fins militaires. Depuis le début des années 1960, l’armée colombienne est impliquée dans un conflit armé ayant causé la mort de plusieurs centaines de milliers d’individus et ayant également provoqué la migration d’une grande partie de la population à l’intérieur des frontières, dont 50,5% sont des femmes (Colombie : les violences sexuelles comme arme de guerre qualifiées de « crimes contre l’humanité, 2014). Les forces de sécurité du pays, les paramilitaires soutenus par l’armée et les mouvements de guérilla (Guérilla, 2005) obligent autant de femmes que de fillettes à se transformer en militante au combat. Selon le rapport de 2004, les paramilitaires transforment leurs corps en « champ de bataille » (Amnesty International Report 2004, 2004). Les femmes et fillettes sont mutilées, violées et forcées de garder le silence sur plusieurs crimes cachés. Ces conflits, opposant les guérillas d’extrême-gauche et les paramilitaires d’extrême-droite depuis plus de 40 ans (Amnesty International Report 2004, 2004), font plusieurs victimes d’agressions sexuelles lorsque les militantes défient les lois régies par les groupes d’autorité. « Les paramilitaires et les membres de la guérilla cherchent [également] à s’immiscer dans les aspects les plus intimes de la vie des femmes, en instaurant des couvre-feux et des codes vestimentaires, mais aussi en humiliant, flagellant, violant et même en éliminant celles qui osent transgresser la règle (Amnesty International Report 2004, 2004) ». En fait, on compte 4672 victimes féminines dans le cadre du conflit armé, en 2014. De plus, ces deux groupes militants s’en prennent fortement aux travailleuses du sexe, aux lesbiennes et aux femmes possiblement atteintes du SIDA. Ils les considèrent comme des groupes « indésirables » de la société et font tout pour les éliminer.  Ces graves entraves aux droits des femmes n’entrainent aucune réaction de la part des autorités colombiennes. Ces diverses formes de violence paraissent rarement dans les rapports de viol ou de décès. Malgré les 43 280 femmes ayant porté plainte pour dommages corporels et les 1292 cas de meurtre rapportés (Le droit des femmes et le conflit armé en Colombie, 2011) comme les femmes, il en reste énormément qui restent dans l’anonymat.  De plus, les autorités ferment les yeux sur les causes de plusieurs morts et n’offrent aucune aide aux victimes qui se retrouvent donc sans ressources.

En plus d’être violentées physiquement, les femmes et fillettes colombiennes vivent une autre sorte de violence à travers les menaces du conflit armé, mais cette fois-ci psychologique. Les femmes sont terrifiées constamment et ne vivent pas en paix d’esprit. Elles affirment ne pas se sentir en sécurité (Le droit des femmes et le conflit armé en Colombie, 2011) puisque la violence se manifeste par le biais de pamphlets, d’enlèvements, d’arrestations de femmes leadeurs communistes, d’assassinats et de féminicides (Le droit des femmes et le conflit armé en Colombie, 2011). Les Colombiennes, plus précisément celles-ci qui habitent le long de la côte Nord où le conflit est plus intense,  sont constamment dans un état de panique et de stress.

 De plus, comme mentionné plus haut, des milliers de femmes sont forcées par les groupes militants à changer de lieu de résidence, laissant ainsi leurs propriété aux mains de ces derniers à tout jamais. Dans la plupart des cas, ces terres qui leur appartenaient sont pillées. Dans ces cas-ci, prouver leurs droits de propriété est quasi-impossible au pays (Le droit des femmes et le conflit armé en Colombie, 2011). Les femmes voient leur mari se faire enlever ou assassiner et sont laissées au dépourvu, avec leurs enfants. Seules, elles doivent faire face au recouvrement judiciaire. Elles doivent couvrir les dettes relatives aux crédits que les hommes des familles avaient obtenu des banques lors de l’acquisition des terres. Toutes ces responsabilités laissées aux femmes causent un immense choc psychologique. Elles n’arrivent plus à supporter toutes ces responsabilités et perdent une fois de plus un espoir de se sortir de leur situation. Elles deviennent anxieuses et leur santé psychologique est grandement affectée.

 Parmi les diverses formes de violence mentionnées précédemment se retrouve la violence conjugale. « La Colombie connaît généralement des taux élevés de violence conjugale et les études effectuées à l’échelle nationale font apparaître des taux encore plus élevés parmi les personnes déplacées. Une étude de 2011, commanditée par le gouvernement, a établi que près de 48% des femmes déplacées avaient déclaré subir des violences au sein de leur couple et plus de 9% avaient affirmé avoir été violées par une personne autre que leur partenaire intime (Le droit des femmes et le conflit armé en Colombie, 2011). » Ces pourcentages troublants démontrent l’ampleur du phénomène au pays. De plus, selon un rapport de Human Rights Watch, la violence conjugale et les viols ne sont pas considérés comme étant graves en Colombie. Les auteurs des actes sont condamnés majoritairement durant une période de un à six mois d’emprisonnement ou vivent sous surveillance (Le droit des femmes et le conflit armé en Colombie, 2011). De janvier à décembre 2010, une étude menée par Derechos Humanos y el Desplazamiento, a déclaré 44 854 cas de violence conjugale. De surcroît, selon le rapport de Human Rights Watch, le gouvernement colombien a instauré un système d’aide humanitaire venant en aide aux familles déplacées par les groupes armés. Cette aide offre aux déportés multiples avantages, notamment de l’aide alimentaire et un nouveau foyer. Toutefois, les familles demandant cette aide doivent enregistrer leur famille sous une seule unité. Les femmes victimes de violence conjugale doivent donc effectuer un choix entre rester dans une situation conjugale violente ou perdre l’accès à ces avantages. Malheureusement, étant ainsi dépendantes de leur mari et de ces avantages, la plupart d’entres elles décident d’y rester, concrétisant donc la roue du cercle vicieux de la violence (Rights out of reach, 2012).

 Sur une note plus positive, évaluons maintenant l’évolution du droit politique des femmes ainsi que leur niveau d’alphabétisation. Bien que la Colombie n’a donné droit de vote aux femmes qu’en 1954 (Colombie), celles-ci ont obtenu une liberté totale de représentation au niveau politique. Les femmes ont le droit de se présenter aux élections présidentielles et de participer à tout évènement politique. Ingrid Betancourt, candidate et fondatrice de l’Oxigena Verde à l’élection présidentielle de 2002, prouve à quel point les femmes peuvent se rendre loin en politique (Colombie). Enfin, la Colombie enregistre une moyenne annuelle d’alphabétisation des femmes, âgées entre 15 et 24 ans, de 97,7%, entre 1993 et 2011 (Colombie)[3]. Il est possible d’affirmer qu’une grande partie de la population féminine de Colombie n’éprouve pas de problèmes d’alphabétisation. Cela est probablement dû au fait que le pays compte parmi les grandes puissances économiques de l’Amérique latine et que le taux d’emploi demeure assez élevé. Outre les diverses formes de violence perpétrées aux femmes, la Colombie leur offre tout de même une place au niveau politique et scolaire.

Afin de contrer les déficiences au niveau de la violence envers les femmes en Colombie, plusieurs solutions devraient être adoptées. D’une part, le gouvernement colombien devrait investir plus de temps sur la création d’organismes venant en aide aux femmes violentées. Des refuges devraient être mis en place pour les femmes en situation difficile. Le système judiciaire devrait être modifié solidement afin de considérer les auteurs de crimes, de dommages corporels, de viols, et multiples autres actes de violence et ainsi punir leurs gestes. Malgré le projet de loi 107 sur la réparation et la restitution des victimes du conflit (Le droit des femmes et le conflit armé en Colombie), les Cours de Justice n’ont pas apporté grands changements à leurs jugements. Le gouvernement colombien devrait imposé des lois pour la protection des femmes, autant lors du conflit armé que dans leur situation conjugale. Il est temps que cette violence cesse et il faut agir !

La montée du féminisme en Inde

Depuis, les évènements de 2012, plusieurs mouvements sociaux se sont créés pour la cause des femmes indiennes. D’importants groupes féministes ont contribué à faire avancer la cause de ces femmes. Dans la section qui suit, nous verrons les débuts des mouvements féministes indiens, ceux qui se démarquent par leur importance et les succès de ceux-ci (Tutoya).

  1. LES PREMIERS MOUVEMENTS FÉMINISTES

Les tout premiers mouvements féministes qui sont apparus en Inde se sont dévoilés dans les années qui précèdent l’indépendance de l’Inde en 1947 (Wikipedia). Certains mouvements féministes se joignaient aux campagnes électorales, puisqu’elles estimaient que la liberté des femmes devait passer par un pays libre. Ces mouvements féministes sont la Women’s Indians Association (WIA) apparue en 1917, le National Council of Women in India (NCWI) en 1926 et la All Indian Women’s Conference (AIWC) en 1927 (Mazumdar, 1983). Toutefois, à cette époque d’autres mouvements féministes croyaient qu’il était préférable de ne pas mélanger mouvement féministe et mouvement nationaliste. Ces femmes sont parvenues à faire valoir leurs droits. Ces droits nouvellement acquis, telle l’égalité entre les hommes et les femmes, étaient supposés être ajoutés à la nouvelle constitution. Après l’indépendance, les mouvements féministes semblent s’essouffler, puisque leur but d’avoir égalité entre les sexes sera atteint juridiquement (Sabot, 2005). Cependant, en 1974, un rapport sur la condition des femmes en Inde, le rapport Towards Equality (Banerjee, 2005), démontrera que la condition des femmes indiennes a régressé depuis l’indépendance 27 ans plus tôt. C’est une des pionnières féministes indiennes, Dr Vina Mazumdar (1927-2013),

"Vina Mazumdar" by Source. Licensed under Fair use via Wikipedia - http://en.wikipedia.org/wiki/File:Vina_Mazumdar.jpg#/media/File:Vina_Mazumdar.jpg
« Vina Mazumdar » by Source. Licensed under Fair use via Wikipedia – http://en.wikipedia.org/wiki/File:Vina_Mazumdar.jpg#/media/File:Vina_Mazumdar.jpg

une leader en ce qui concerne l’étude des femmes et du mouvement féministe qui publiera ce rapport. Cette femme se démarquera par le fait qu’elle a combiné le féminisme avec de véritables études scientifiques sur la condition des femmes (Wikipedia). À la suite de la parution de cette étude, les mouvements féministes referont surface, cette fois avec de nouveaux buts à atteindre (Sabot, 2005). Durant la deuxième moitié du 19e siècle, on verra plusieurs groupes féministes se joindre à certains partis politiques afin de faire avancer la cause des femmes. Ce sont principalement les partis marxistes et socialistes qui accepteront l’idée d’égalité entre hommes et femmes sans pour autant s’informer davantage sur les problèmes des femmes indiennes (Mazumdar, 1983). Ces dernières réaliseront qu’elles doivent prendre part à la vie politique du pays, afin que leur sort soit changé, puisque le mouvement féministe doit se faire en partie par l’instauration de lois. Plusieurs partis politiques prendront la cause des femmes au sérieux, tel que le Parti du Congrès, le Parti Janata, le Parti Bharatiya Janata, le Communist Party of India et le Communist Party of India (Marxist). Ces partis autant de droite que de gauche auront tous une mission commune, soit de susciter l’intérêt politique pour la cause des femmes en faisant valoir les droits de celles-ci (Mazumdar, 1983). Aussi, en Inde il existe plusieurs mouvements féministes indépendants de partis politiques. Nous nous attarderons à un mouvement plus en particulier soit le Gulabi Gang.

"Smiles and determination of rural Indian women 3" by McKay Savage - Flickr: smiles and determination of rural Indian women #3. Licensed under CC BY 2.0 via Wikimedia Commons - http://commons.wikimedia.org/wiki/File:Smiles_and_determination_of_rural_Indian_women_3.jpg#/media/File:Smiles_and_determination_of_rural_Indian_women_3.jpg
« Smiles and determination of rural Indian women 3 » by McKay Savage – Flickr: smiles and determination of rural Indian women #3. Licensed under CC BY 2.0 via Wikimedia Commons – http://commons.wikimedia.org/wiki/File:Smiles_and_determination_of_rural_Indian_women_3.jpg#/media/File:Smiles_and_determination_of_rural_Indian_women_3.jpg

Cette organisation fut créée par Sampat Pal Devi. Alors qu’un jour elle aperçoit une voisine se faire battre par son mari, Sampat Pal Devi intervient pour implorer l’homme d’arrêter, malheureusement celui-ci abusera d’elle également. Le lendemain elle retournera voir cet homme accompagné de cinq autres femmes et elles le battront à coup de bâton de bambou. L’évènement se propagera dans la région et rapidement plusieurs femmes demanderont l’aide de Sampat Pal Devi afin qu’elles les défendent (Gulabi Gang). Il est important de préciser que ce mouvement est actif dans la ville d’Uttar Pradesh une région du nord de l’Inde où la culture traditionnelle est omniprésente. Sampat Pal Devi décidera alors de créer un groupe auquel plusieurs femmes adhèreront jusqu’à devenir une organisation de plus de dix mille femmes. En 2006, en voyant la popularité de son groupe, Sampat Pal Devi décidera d’identifier les membres de son groupe par des saris roses pour représenter le féminisme et la force de ce mouvement. Ce groupe d’activistes a pour mission :

  • D’arrêter les mariages des enfants
  • De persuader les familles d’éduquer leur fille
  • D’entrainer les femmes à se défendre
  • De sensibiliser les gens sur les méfaits de la dot
  • De remplir les formulaires FIR contre les agresseurs sexuels
  • De dénoncer les agresseurs
  • D’encourager les femmes à devenir indépendantes financièrement

(Gulabi Gang)

Entre autres, cette organisation a gagné divers prix comme le Godfrey Phillips Bravery Awards pour l’état d’Uttar Pradesh, Uttarakhand et Delhi pour la catégorie de bravoure sociale. Ce prix félicite les gens qui ont participé à des actes de bravoures et de courage dans leur communauté : «The award pretends to recognise the ordinary citizens who have selflessly performed extraordinary, little-known acts of physical bravery and social acts of courage, thereby setting an example for others to follow» (The Hindu). Ensuite, ce groupe a également gagné le Kelvinator 11th GR8! Women Awards qui récompense et reconnait le dévouement des femmes en Inde. Finalement, ce mouvement a aussi remporté le Ahilyabaiholkar Award qui reconnait les accomplissements extraordinaires ce prix est remis par le Ministère des femmes et du Développement des enfants du gouvernement indien. L’apparition de mouvements féministes de la sorte en Inde démontre qu’il y a une véritable dévotion à vouloir changer la condition des femmes en Inde. Cela laisse également présager une évolution de la cause des femmes en Inde dans les prochaines années. Effectivement, dans la prochaine section nous verrons les succès de ces mouvements et les avancements dans la cause de la femme indienne. (Gulabi Gang)

2. LES SUCCÈS DES MOUVEMENTS ET LA PRISE DE CONSCIENCE COLLECTIVE DU PROBLÈME

Dans une vidéo d’Aruna Rao, une féministe indienne qui « was the Leader of the BRAC Gender Team in Bangladesh (1994-1996) and the Population Council’s Asia Regional Coordinator for Gender and Development, based in Bangkok from 1984 to 1990. She was Board Chair of CIVICUS: World Alliance for Citizen Participation (2003-2007), Board Chair of the Association for Women’s Rights in Development (1994-1997), and a Visiting Scholar at the Indian Institute of Management, Ahmedabad, from 1984-85» (Gender at work), celle-ci témoigne du fait que la place des femmes dans la société indienne a grandement changé en quelques générations. De nos jours, ces femmes sont beaucoup plus présentes au niveau politique et économique ainsi que dans le milieu du travail. Toutefois, elles sont encore victimes de harcèlement et c’est justement une des luttes à laquelle elles font encore face. Les mouvements des femmes ont permis de réduire les tabous concernant les formes de violences liées aux traditions hindoues notamment à la dot. Les journaux dévoilent de plus en plus les violences reliées à cette pratique et qui font des femmes les principales victimes.

Il est important de comprendre que la principale embuche à la protection de la condition des femmes, c’est que les lois ne sont pas correctement appliquées à cause de la corruption qui existe au sein de la police et du système judiciaire. Justement, les principaux succès des mouvements féministes sont le fait qu’elles ont assez de puissance et d’influence pour faire pression sur la police et le système judiciaire pour que les crimes dont les femmes sont victimes ne restent pas impunis comme autrefois (Sabot, 2005). Cependant, même si les lois pour défendre les femmes sont existantes, c’est la mentalité de ceux qui les appliquent qui doit changer et c’est justement contre cela que les mouvements féministes mènent leur bataille. Même si ces organisations tentent d’appliquer de nouvelles lois, il doit y avoir une volonté politique pour qu’elles soient correctement appliquées et c’est ce changement de mentalité qui est en train de se produire en Inde surtout après les évènements de 2012 qui ont choqué la population mondiale.

Gulabi gang

La bande annonce du documentaire Gulabi Gang montre, en l’espace de deux minutes, comment ce mouvement féministe qui s’est créé dans le nord de l’Inde prend aujourd’hui plus d’importance et commence à déranger cette société patriarcale indienne, puisque les femmes se rassemblent entre elles pour améliorer leur situation.

Maude Boucher-Réhel

 

 

Conclusion et pistes de solutions

Les enjeux qui touchent les femmes en Inde nous ont énormément préoccupés. Nous avons donc choisis de proposer des pistes de solutions qui permettraient d’améliorer la condition de ses femmes, mais tout d’abord, un bref retour sur tous les aspects abordés dans ce blogue nous permettra de mieux nous remettre dans le contexte de la problématique.

En somme, c’est en comprenant et en analysant la religion hindoue que l’on parvient à saisir l’importance qu’occupe la place des traditions dans cette société encore même aujourd’hui. Toutefois, c’est en explorant cette culture sous l’angle féministe que l’on réalise la situation préoccupante dans laquelle sont les femmes indiennes. Effectivement, en remontant à la source des traditions hindoues, on découvre que plusieurs rites religieux expliquent la violence que subissent ces femmes aujourd’hui. Tout d’abord, le système de la dot qui force la famille de la mariée à offrir cadeaux et argent à celle du marié place la femme dans une situation précaire où elle est sujette aux abus de sa belle-famille. Aussi, le rite de la sati qui encourage les veuves à aller sur le bûcher pour rejoindre leur défunt mari est un exemple concret des violences que subissent les femmes pratiquant la religion hindouiste. Ce qui est le plus alarmant c’est de constater que ces rituels sont encore fortement pratiqués en Inde surtout dans le nord de ce pays où il y a davantage de régions rurales peu développées et extrêmement pauvres. L’importance accordée aux hommes dans cette société est aussi inquiétante puisqu’il y a peu de place pour les femmes ce qui en fait une société patriarcale. Puisque la culture indienne découle des traditions religieuses, la place accordée aux femmes est secondaire. Celles-ci sont opprimées, mais surtout abusées. Effectivement, la violence envers les femmes est acceptée culturellement, surtout dans les régions du Nord. Malheureusement, les crimes contre la femme sont peu punis à cause de la corruption qui règne dans la police, ce qui empêche les tribunaux d’appliquer correctement les lois dues aux manques de preuves contre l’accusé. Ceci est un problème de grande importance puisque très peu d’agresseurs sont condamnés. Cela installe donc un climat de peur chez les femmes qui redoutent de porter plainte par peur d’être mal défendue devant la cour. La culture du viol est un enjeu actuel en Inde où comme vu récemment dans l’actualité, des viols collectifs se produisent de plus en plus souvent, mais sont aussi de plus en plus souvent dénoncés. En 2012, le viol d’une jeune étudiante de New Delhi fait les manchettes des journaux indiens, mais aussi des journaux internationaux. En fait, c’est à la suite de ce troublant évènement que la mobilisation et la sensibilisation pour la cause des femmes en Inde s’intensifient. De plus en plus, d’organismes pour la défense des femmes s’activent en Inde et font pression pour changer cette situation critique. Les groupes féministes sont entre autres parvenus à influencer des décisions des tribunaux pour que des agresseurs soient condamnés. Cependant, ces groupes de pressions doivent encore se battent contre le manque de volonté des institutions publiques pour qu’il y ait de véritables changements politiques et législatifs pour protéger les femmes indiennes.

Puisque le sujet de violence envers les Indiennes est un sujet chaud d’actualité, les solutions pour améliorer la situation en Inde sont en cours de développement. Pour le moment, comme mentionné précédemment, les groupes féministes sont en moyens de pression contre les systèmes politiques et judiciaires afin que les lois soient mieux appliquées et que de nouvelles soient légiférées pour protéger les femmes. Aussi, la dénonciation des situations de violence est un facteur important dans cette situation, puisque c’est en parlant et en informant la population sur de tels évènements que les gens se mobilisent et manifestent pour le changement. Ainsi, il est évident que c’est en s’impliquant davantage dans la vie politique indienne que ces femmes pourront apporter un véritable changement dans leur pays, puisqu’il doit y avoir une restructuration des institutions policières et judiciaires pour éliminer la corruption et changer la mentalité des hommes qui œuvrent dans ces secteurs afin que la situation des femmes change une bonne fois pour toutes dans ce pays d’Asie. Même si dans ce rapport, nous nous attardons davantage sur la condition des femmes en Inde, il ne faut pas croire pour autant que la condition des femmes ailleurs dans le monde est idéale. Seulement au Québec 82% des victimes d’agressions sexuelles sont des femmes. De plus une statistique alarmante dévoile que 2/3 de ses victimes sont âgées de 18 ans ou moins. Aussi, près de 90% des agressions commises ne sont pas déclarées à la police. En observant ces données, il est évident que la violence envers les femmes n’est pas un problème qui se concentre dans un seul pays. C’est plutôt un enjeu mondial qui touche toutes les femmes de partout dans le monde (Gouvernement du Québec).

Maude Boucher-Réhel

Toutefois, nous avons des pistes de solutions plus concrètes que nous voudrions partager.

  1. Étant donné qu’il y a 66% des victimes de viol en Inde qui garde le silence, nous recommandons que le gouvernement de l’Inde produise des campagnes publicitaires afin de sensibiliser la population au phénomène du viol afin que celui-ci ne sois plus un sujet tabou.
  2. Étant donné qu’il règne un problème de corruption policière en Inde, nous recommandons au gouvernement de l’Inde de revoir sa structure de ses cadres policiers et de faire une enquête sur la corruption, afin de punir les malfaiteurs.
  3. Étant donné que certaines traditions hindoues telles la sati et la dot sont toujours en pratique en Inde, nous recommandons à l’ONU d’intervenir afin d’arrêter ses pratiques qui vont à l’encontre des droits de l’homme.
  4. Étant donné que la violence envers les femmes est beaucoup plus élevée dans les zones rurales de l’Inde, nous recommandons un renforcement des autorités dans ces lieux, afin de protéger les femmes.
  5. Étant donné que le taux d’éducation et d’instruction chez les femmes est extrêmement faible dans la plupart des régions de l’Inde, nous proposons au gouvernement d’établir un âge minimal jusqu’auquel les filles doivent suivre un encadrement scolaire.
  6. Étant donné qu’il y a énormément de corruption policière, nous proposons que des femmes soient formés pour le métier et que celles-ci exercent la profession de policier. Non seulement cela permettra aux femmes d’avoir accès à une éducation et donc un statut social, mais celles-ci permettront à la société d’être moins sexiste et de ne plus ignorer les violences commises aux femmes.
  7. Étant donné que la dot apporte de nombreuses conséquences néfastes à la société, nous proposons au gouvernement de sanctionner les citoyens qui ont recours à cette pratique et qui marient les femmes d’une caste inférieure. Il est impossible d’abolir le système de dot, mais le fait d’interdire la dot entre castes de différentes importances sociales réduira les dommages crées aux familles de la femme provenant d’une caste inférieure.

Catherine McConnell et Maude Boucher-Réhel