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Différents milieux sociaux où l’homophobie se développe

L’homophobie dans le milieu scolaire au Québec

Il est important de comprendre l’importance que joue l’éducation dans le développement des mentalités homophobes au Québec. En effet, c’est à l’école que notre ouverture et notre tolérance ou que notre fermeture d’esprit et notre intolérance se forment. Malheureusement, lorsque l’on parle de sexualité à l’école, il y a un certain hétérosexisme qui fait en sorte que l’on n’aborde presque jamais les relations d’un point de vue homosexuel (Chouinard, 2011, p.18).

De ce fait, selon une analyse de Temple, faite en 2005, sur 700 pages de manuels scolaires québécois recensées représentant le thème de la sexualité humaine, 95 % de leur contenu ne fait pas référence à la sexualité ou aux relations entre deux personnes de mêmes sexes. Pour le 5 % restant, 80 % des pages y font référence de manière négative (Temple, 2015).

En plus d’être mal représentée par les manuels, l’homosexualité n’est pas souvent bien représentée par les travailleurs en milieu scolaire. Selon une recherche faite au Québec, en 2005, sur 139 intervenants en milieu scolaire, 34 % des personnes interrogées affirment faire des blagues qui ont pour sujet l’homosexualité, alors que plus de la moitié des hommes semble faire des blagues homophobes, seulement 19 % des femmes disent «raconter des histoires de “tapette”» (A. Grenier, 2005)

Bref, le milieu scolaire au Québec semble favoriser la stigmatisation des jeunes homosexuelles. Les manuels utilisés ne favorisent pas l’acceptation de la diversité sexuelle et les commentaires des enseignants peuvent mener à une augmentation du nombre de caméléons dans les écoles et à repousser la révélation de l’homosexualité des jeunes (Dorais & Verdier, 2005, p.47).  D’ailleurs, « 40 % des suicides et des tentatives de suicide chez les adolescents seraient liés à des problématiques concernant leur orientation sexuelle » (Laferté, 2014).

Le monde des sports

Un autre aspect à prendre en compte, lorsque l’on parle d’homophobie, c’est la participation des gens à des activités sportives. Les mineurs faisant partie d’équipes sportives sont plus à risque de développer des préjugés envers les personnes non hétérosexuelles que les autres jeunes de leur âge (Chouinard, 2011, p.30). Selon une recherche faite aux États-Unis, sur 1470 étudiants, les jeunes faisant partie d’une équipe sportive sont presque trois fois plus susceptibles de développer des attitudes et des comportements homophobes que leurs confrères. Toutefois, ces statistiques ne sont vraies que pour les garçons et non pour les filles. Il semble donc y avoir un lien entre les sports d’équipes et l’homophobie chez les garçons. Plusieurs chercheurs ont avancé que ces statistiques démontrent que les vieilles idées de ce que devrait être la virilité ou la masculinité sont encore transmises dans les sports (E. Wagner & Osborne, 2007, p. 597-613).

Selon les auteurs du livre La peur de l’autre en soi, le milieu des sports est, pour les garçons, le début de leur apprentissage des valeurs «d’homme». Le début des activités sportives semble être le commencement de l’apprentissage du garçon des « règles et [du] savoir-faire, [du] savoir-être homme » (Welzer-Lang, Dutey, & Dorais, 1994, p. 24-25). D’ailleurs, selon une étude commandée par l’association Paris Foot Gay, 41 % des joueurs de football (soccer) professionnel ont des sentiments d’hostilité à l’égard des homosexuels.

Myriam Laferrière

L’éducation chez les autochtones : un défi quotidien


La scolarité est un bien important de nos jours en société. De plus, depuis les années 1988 l’école est obligatoire jusqu’à l’âge de seize ans (ALLARD, 2013)  au Québec. Cependant, il arrive que dans certains milieux par exemple, ceux touchés par la pauvreté, l’éducation ne soit pas une priorité pour plusieurs raisons. Les milieux touchés par la pauvreté sont multiples et il y en a partout dans le monde même au Québec. Lorsque l’on pense au milieu défavorisé au Québec on pense aux quartiers défavorisés de Montréal toutefois, il n’y a pas qu’à Montréal que l’on trouve de la pauvreté dans les réserves autochtones aussi. Par exemple, sur la réserve autochtone de Manawan au Québec, la communauté atikamekw est prise avec les problèmes liée à la condition de pauvreté. C’est-à-dire taux de chômage élevé, problème de toxicomanie et d’alcoolisme, fort taux de décrochage scolaire, etc. L’analyse est simple, pour sortir de la pauvreté il faut de l’argent et pour avoir de l’argent il faut un travail seulement, pour avoir un travail il faut de l’éducation, mais quand l’éducation est un problème tout devient plus compliqués à résoudre. Lorsqu’il est question d’éducation, plusieurs domaines entrent en ligne de compte que l’on soit dans un milieu de vie favorisé ou d’un milieu de vie défavorisé. La question de l’éducation devient encore plus complexe lorsqu’il s’agit de l’éducation chez les autochtones. Il y a la question de l’autonomie gouvernementale, le sous-financement scolaire, la perte d’identité liée à une éducation évangélisatrice, la mise en place d’initiative pour la persévérance scolaire et les revendications liées à l’éducation.

 

réserve autochtone de Manawan avril 2015
réserve autochtone de Manawan avril 2015

 

 

Éditorial: La Nation Atikamekw, un peuple ignoré?


Kwe!

Au cours de la session d’automne 2014, nous avons eu la chance de pouvoir nous inscrire à un projet bien particulier dans le cadre de notre cours de Démarche d’intégration en Sciences humaines. Nous nous sommes donc retrouvés, dix étudiants intéressés par la question autochtone, près à faire un projet intégrateur à ce sujet et à séjourner dans la communauté atikamekw de Manawan.

Dès le premier cours de la session d’hiver, notre équipe s’est formée . Toutes les quatre étant allumées au sujet des défis sociaux dans cette communauté, nous avons décidé de dédier notre projet à la culture et aux rites ainsi qu’aux problématiques face à la santé, l’éducation et à la pauvreté de cette nation.

En premier lieu, pour chacun de nos sujets, nous nous sommes posées la question suivante: «Quelles sont les causes et les conséquences des défis sociaux chez les Atikamekws et quelles sont les initiatives mises en place par la communauté afin de les surmonter?». Nous avons donc commencé par faire une liste des concepts que nous connaissons déjà à ce sujet en lien avec des matières de Sciences humaines et nous avons défini les sous-thèmes sur lesquels chacune voulait travailler. Ainsi, nous avons décidé de nous pencher sur les problématiques qui nous semblaient les plus présentes dans les communautés autochtones, soit les troubles de santé mentale, la toxicomanie et le suicide abordés par Laurence, les problèmes liés à la pauvreté présentés par Éloïse, et finalement les défis rencontrés dans le domaine de l’éducation avec Camille. Afin de bien renseigner le lecteur et de bien mettre en contexte notre projet, Élisabeth a tout d’abord bien expliqué l’historique et la culture de la nation atikamekw.

Par la suite, chaque membre de l’équipe a effectué  une recherche bibliographique afin de trouver des sources intéressantes à la mise sur pied de notre projet intégrateur. À la suite de ces recherches, nous étions plus en mesure de cerner les problématiques sociales présentes chez les peuples de premières nations, plus particulièrement au sein de la communauté atikamekw de Manawan. Cette première étape de notre travail s’est terminée avec la remise de notre rapport préliminaire. À la suite des corrections émises par notre enseignante sur ce premier travail, nous avons pu cerner les points à améliorer en vue de la publication de ce blogue. La date du départ pour Manawan approchant et étant de plus en plus fébriles face à la hâte de vivre cette expérience extraordinaire, nous avons dressé une liste des choses à améliorer, et nous nous sommes préparées, par le biais de formations, de réunions lors des pauses communes, et de discussions en équipe, à la rencontre imminente avec  la communauté.

Finalement, le moment tant attendu est arrivé! Du 6 au 9 avril, nous sommes partis, notre équipe, six autres étudiants et deux professeures, pour Manawan. Lors de ce séjour, nous avons eu la chance de nous entretenir avec de nombreux intervenants dans les domaines de la santé et de l’éducation en plus de rencontrer et de discuter avec des gens de la communauté, et ainsi avons pu ajouter des informations prises sur le terrain à celles que nous avons trouvées lors de notre recherche documentaire.

À la lumière de nos recherches et de nos rencontres à Manawan, nous sommes dans la capacité de dire que cette communauté, comme beaucoup d’autres communautés autochtones, se trouve dans une  situation de vulnérabilité constante. Que cela soit dans n’importe quel domaine, les communautés autochtones sont toujours mises en état de dépendance face au gouvernement fédéral, ce qui est une cause très importante de la pauvreté du peuple. De plus, si le Québec se décrit comme une nation tolérante et ouverte aux autres cultures, il ne l’est pas envers les communautés autochtones. En effet, de nombreux préjugés sont encore existants aujourd’hui, et le racisme est très présent envers les autochtones. Pourquoi, en 2015, défend-on les droits des immigrants, en gardant les préjugés contre les peuples qui habitent notre territoire depuis toujours, en les excluant? Pour nous, cette situation est totalement aberrante, et nous croyons que le premier pas pour aider les autochtones à  se sortir de la misère est de passer par-dessus les préjugés et les différences de culture, afin d’entretenir une relation d’entraide et non de méfiance. Nous croyons aussi que la loi sur les Indiens contribue à l’injustice vécue par les premières nations est se devrait d’être révisée afin de réduire les tensions entre les autochtones et les Québécois/Canadiens, et contribuerait à améliorer les conditions de vie des premiers.

Pour finir, notre séjour à Manawan toujours dans la tête et dans le coeur, nous sommes impatientes de partager avec vous notre expérience et souhaitons de tout coeur vous sensibiliser face à cette problématique, et ainsi faire un pas de plus vers l’abolition des nombreux préjugés malheureusement toujours présents dans notre société.

Camille Saucier
Éloïse Gingras
Laurence Blanchette
Élisabeth Leblanc