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Évolution drastique du mode de vie autochtone

Blessures du passé chez les Autochtones

            Aujourd’hui, bien des choses ont changées chez les Autochtones. Ils vivaient en parfaite harmonie avec la nature, même si bien sûr ils vivaient certains conflits avec d’autres clans rivaux. Leur vie était pourtant équilibrée et ils vivaient bien selon leur culture, mais tout cela changea le jour où ils entrèrent en contact avec les colons qui arrivèrent par navires de l’Europe. En effet, l’exploration et la migration des européens sur les terres des Premières nations changera radicalement leurs vies à tout jamais.

            Tout a commencé au 16e siècle quand les Européens sont revenus en Nouvelle-France pour finalement s’installer sur ces terres dans le but de les coloniser. Le fait que les terres détenaient de nombreuses ressources en abondance, telles que des fourrures d’animaux que les Amérindiens chassaient et bien d’autres, avaient certainement attiré une grande quantité de marchands à venir s’y installer. Le contact entre les Européens et les Autochtones s’était fait très rapidement. Le temps de le dire, ils avaient déjà mis sur place un commerce de fourrures et de marchandises européennes. Puis, le temps avança, des colonies se créèrent, ainsi que des alliances avec les Premières nations afin de protéger leurs intérêts commerciaux.  Non seulement des alliances commerciales venaient d’être créées, mais peu de temps après ces alliances devenaient aussi militaires.  En effet, la traite des fourrures était très importante et rapportait beaucoup aux Européens, mais aussi aux Premières nations qui recevaient en échange des armes à feu, ainsi que des articles en fer. Lors des 16e et 17e siècles, il eut de nombreux conflits entre les Français et les Anglais dans le but d’avoir le plein pouvoir sur la Nouvelle-France (Affaires autochtones et développement du Nord, 2013). En effet, les Français avaient pour alliés les Atikamekws et les Anglais, les Iroquois. Cela créait encore plus de tensions entre les différentes familles autochtones qui voyaient une vraie rivalité quant aux territoires défendus par chacun.

            Entre 1760 et 1763, les Anglais avaient conquis l’ancienne colonie française grâce à leur régime militaire. C’est en 1763 qu’a été signé le traité de Paris qui faisait de la Grande-Bretagne l’heureux propriétaire de l’ancienne colonie française. Peu après était rédigée la Proclamation royale qui mettait sur papier certains termes au sujet de la vie politique, économique et territoriale du pays. La Proclamation royale était aussi surnommée « la grande charte amérindienne » et ce, d’après l’importance qu’on accordait aux Premières nations. Après les rébellions amérindiennes de Pontiac, le roi jugea qu’il était mieux de les laisser tranquille en leur laissant un vaste territoire qui servait de traite de fourrure et où ils pouvaient chasser et pêcher. Pour être certain que les colons des Treize colonies n’essaient pas de s’approprier le territoire autochtone, le roi stipulait que les Autochtones étaient sous sa protection (La Proclamation royale et ses conséquences, 2013).

Territoire amérindien que leur laissa le roi de Grande-Bretagne en 1763, lors du traité de Paris Source : Allô prof, http://bv.alloprof.qc.ca/histoire/histoire-et-education-a-la-citoyennete-(2e-cycle-du-secondaire)/le-changement-d'empire-(1760-1791)/la-proclamation-royale-(1763)-et-ses-consequences.aspx
Territoire amérindien que leur laissa le roi de Grande-Bretagne en 1763, lors du traité de Paris
Source : Allô prof, http://bv.alloprof.qc.ca/histoire/histoire-et-education-a-la-citoyennete-(2e-cycle-du-secondaire)/le-changement-d’empire-(1760-1791)/la-proclamation-royale-(1763)-et-ses-consequences.aspx

 

                  En cinquante ans à peine, les colons étaient plus nombreux que les Premiers peuples en Amérique. En effet, plus les colonies s’agrandissaient et plus elles réclamaient les terres appartenant aux Autochtones. C’est alors pour la première fois que les colonies vues les Premières nations non pas comme des alliées, mais plutôt comme un obstacle à leur croissance. Ces dernières se sont retrouvées peu à peu dépossédées des terres qui leurs appartenaient. Les Autochtones étaient désormais restreints à quelques petites parcelles de terre où régnait la pauvreté. Ces petites parcelles sont par la suite devenues des réserves autochtones.

           Vers 1820 débuta l’assimilation des Premiers peuples par les Européens. En effet, les Britanniques qui se croyaient nettement supérieurs décidèrent qu’il était de leur devoir de civiliser les Autochtones. Ils convertirent donc ces derniers au Christianisme et à l’agriculture, car selon eux, c’était la meilleure vie que tous pouvaient mener. Cela amena comme résultat la perte de leurs valeurs et de leurs modes de vie traditionnels, ainsi que la fin de leur vie nomade.

           Un peu plus tard en 1883, l’éducation des Premiers peuples se faisait désormais par l’intermédiaire des pensionnats dans le simple but de les civiliser et les assimiler. Dans ces pensionnats, les enfants autochtones apprenaient la même culture que les enfants canadiens. Ces derniers étaient forcés à renoncer à leurs langues, à leurs tenues vestimentaires, à leurs croyances spirituelles, ainsi qu’à leur mode de vie traditionnel. Les enfants autochtones commençaient l’école vers l’âge de 4 ans et finissaient à l’âge de 17 ans. À chaque année, ils passaient 10 mois consécutifs aux pensionnats et donc, pendant tout ce temps ils n’avaient aucun contact avec leurs familles. Lors de leur retour à la maison après la fin d’une année scolaire, ils se retrouvaient complètement perdus face à la culture canadienne qu’on leur avait imposée et la culture autochtone dont pratiquaient encore leurs parents. Cela n’affectait pas juste les enfants, mais aussi les parents car le gouvernement leur enlevait leurs enfants pendant des années et cela provoquait beaucoup de tension dans ces familles. Non seulement les enfants avaient perdu tous liens avec leur culture d’origine, mais aussi leurs noms. En effet, dans les pensionnats on gardait uniquement la première lettre de leur prénom à laquelle s’ajoutait ensuite un numéro (ex. : A250). De plus, on leur coupait tous les cheveux courts afin de tous les soumettre radicalement à la culture européenne. Ce geste était en quelque sorte un sacrilège pour la culture des Premiers peuples, car jamais on ne leur coupait les cheveux sans raison. Pour eux, les pensionnats furent dévastateurs. Le résultat final fut la perte complète de leur identité. On dénombre plus de 150 000 Autochtones, jusqu’à tout récemment en 1996, qui ont passés leur enfance dans ces pensionnats. Beaucoup de jeunes enfants dans ces pensionnats ont été abusés et même tués. En effet, d’après la Commission de vérité et réconciliation, on recense au total 4134 morts dans les pensionnats autochtones dans tout le Canada (Affaires autochtones et développement du Nord, 2013).

Période d'étude au pensionnat indien catholique de Fort Resolution,  dans les Territoires du Nord-Ouest, au début du 20e siècle   Photo :  Bibliothèque et Archives Canada/PA-042133  Source : http://ici.radio-canada.ca/nouvelles/National/2012/02/24/001-commission-verite-reconciliation-rapport-interimaire.shtml
Période d’étude au pensionnat indien catholique de Fort Resolution,
dans les Territoires du Nord-Ouest, au début du 20e siècle
Photo : Bibliothèque et Archives Canada/PA-042133
Source : http://ici.radio-canada.ca/nouvelles/National/2012/02/24/001-commission-verite-reconciliation-rapport-interimaire.shtml

 

           Pour revenir aux Européens qui les ont colonisés et assimilés, ils croyaient que le fait de les soumettre à une réforme sociale et de faire partie d’une société, plus avancée que la leur, leur permettrait quelques avantages meilleurs que celui de pouvoir continuer à pratiquer leur culture. Les colons se permettaient ainsi d’imposer bien des choses aux Autochtones, car ils se croyaient nettement supérieurs et avancés au niveau culturel (Les problèmes autochtones découlant de la colonisation de l’Ouest, 2012).

         Ce concept de supériorité qui les habite pourrait être définit comme étant de l’ethnocentrisme. Cela s’explique dans le fait que les colons européens ont privilégiés les valeurs et les normes propres à leur groupe d’appartenance pour ainsi en faire le seul modèle de référence et ensuite porter des jugements négatifs et dévalorisants sur les autres ethnies, dans ce cas sur les Autochtones (Laferté, 2014). Ainsi, les Européens avaient l’emprise sur les Premières nations et en ont grandement bénéficiés à leur profit. En effet, la colonisation a permis l’expansion en puissance des colonies en Amérique. Du point de vue des Autochtones, rien ne leur a vraiment été bénéfique. Au contraire cela leur a apporté plusieurs problèmes majeurs, dont le premier étant la perte de leurs droits et de leurs terres. Le second plus important est l’arrivée de multiples maladies qu’ont ramené les colons d’Europe. En effet, les Autochtones n’avaient jamais été exposés à des maladies, telles que la tuberculose et la petite vérole et donc n’avaient aucune immunité pour les combattre. Beaucoup ont alors succombés très rapidement des maladies rapportées d’Europe. De plus, ces maladies ont aussi servi d’arme biologique pour les Britanniques qui offraient des couvertes infectées aux Autochtones afin de les rendre inaptes au combat. Par la suite, le fait de vivre dans des réserves n’a pas aidé leur cause, car le contact était plus étroit puisque tous fréquentaient les mêmes lieux publics. C’est environ la moitié de la population autochtone au Canada qui s’est fait anéantir par les maladies à l’époque de la traite des fourrures (Les problèmes autochtones découlant de la colonisation de l’Ouest, 2012).

              Bref, les Autochtones ont été alliés aux premiers arrivants en Amérique, ce qui leur a permis d’échanger mutuellement des savoirs qui ont été bénéfiques pour les deux parties. Par contre, les Premières nations qui n’avaient pas la notion de possession de la terre, se sont faites colonisées et assimilées de plusieurs façons bien particulières qui résultent d’une perte de leur culture d’origine. De plus, même les générations actuelles subissent les conséquences du passé  et vivent de nombreux problèmes dans les réserves.

 

Coupure générationnelle chez les Autochtones

            La grande majorité des gens habitant au Québec, mais aussi partout ailleurs au Canada, ne se rendent pas nécessairement compte que la terre où ils habitent présentement était autrefois celle des Autochtones. En effet, peu de gens en connaisse au sujet des Premières nations qui occupaient le territoire bien avant nous. C’est dans le but de démystifier nos hypothèses à leur sujet que nous sommes allés à leur rencontre. Ce fut un court séjour, mais amplement suffisant pour faire de nombreuses constatations suite à nos recherches.

            Ces gens ont un lourd passé que très peu connaisse en détail et qui leur amène aujourd’hui de nombreux problèmes sociaux et culturels. Afin de comprendre leur vie actuelle il est d’une grande importance de connaître leur culture d’origine. Tout d’abord, puisqu’il y a de nombreuses familles autochtones au Canada et que leur culture varie selon leur langue, ainsi que leur position géographique, il sera alors plus précisément question de la culture et de l’histoire des Atikamekws.

            Pour commencer, les Atikamekws font partie de la famille algonquienne. Atikamekw signifie « poisson blanc » faisant référence à la pêche, qui constituait autrefois une des sources premières de leur alimentation. Ce dernier était un peuple nomade qui subsistait de la cueillette de petits fruits, de la chasse et bien évidemment de la pêche. Ces derniers n’avaient pas besoin de beaucoup, car les ressources que leur offrait la nature répondaient amplement à leurs besoins matériels, ainsi que spirituels (Gouvernement du Canada, 2013). Il existe trois communautés atikamekws soit, Manawan, Opitciwan et Wemontaci. Toutes les trois étaient autrefois des postes de traites de fourrures. Il y a de cela plusieurs années, ces communautés vivaient dans des maisons longues, un peu en forme de dôme, qu’ils recouvraient d’écorces et où l’intérieur était recouvert de sapinage et de fourrures afin de créer un isolant assez chaud pour les intempéries.

Profil des communautés Autochtones au Québec Source : www.aadnc-aandc.gc.ca
Profil des communautés Autochtones au Québec
Source : www.aadnc-aandc.gc.ca

 

            À l’époque, leur survie dépendant de la confection d’habits adéquats selon les saisons, mais aussi d’équipements de chasse. Ils confectionnaient tout à la main à partir des ressources  que la nature avait à leur offrir. Tous leurs habits et équipements étaient faits à partir de techniques artisanales. On y retrouvait beaucoup de couleurs et de dessins ayant tous des significations particulières (Conseil des Atikamekw d’Opitciwan, 2008-2009). De plus, décorer leurs habits était un rite de passage qui se préparait longtemps à l’avance en attendant l’arrivée d’un événement bien spécial. Ce n’est pas n’importe quel individu de la communauté qui pouvait participer à un pow wow et même encore aujourd’hui. En effet, le rite de passage pour y avoir accès est long et nécessite de la patience. Il faut durant une année complète confectionner son propre costume en y incorporant une bille à chaque jour, pendant 365 jours. Tous leurs costumes traditionnels sont perlés et pour les danseurs, il y a en plus une coiffe de porc-épic, des os et des plumes qui y sont ajoutés. Durant cette célébration, les danseurs dansent au rythme des tambours. Le pow wow est très important, car il rassemble toute la communauté et les mets en lien avec leur spiritualité (Magasine Mikuen, 2010).

            Aujourd’hui, il y a toujours de telles célébrations et rites de passage dans les réserves atikamekws. À la suite de la rencontre de monsieur Moer, un aîné de la communauté qui consacre sa vie à l’artisanat et la danse lors de pow wow, nous avons pu comprendre que les jeunes s’intéressent de moins en moins à leur culture traditionnelle. M. Moer nous dit qu’il est le seul danseur de la communauté de Manawan et qu’il a beaucoup de misère à essayer de former un groupe de jeunes danseurs pour les prochains événements à venir. Lui-même ayant vécu loin de sa famille, au pensionnat pendant plusieurs années étant enfant, croit que le problème part de la perte d’identité chez les jeunes autochtones. L’évolution forcée et trop rapide du peuple autochtone en serait la cause principale. En effet, de nos jours, les jeunes ne se fient qu’à la technologie. Si par exemple leur bateau à moteur ne fonctionne plus, ils ne prendront pas un canoë d’écorce traditionnel pour aller pêcher, ils préfèreront ne pas y aller et attendre d’avoir un autre bateau à moteur. On voit là l’esprit de consommation qu’ils partagent aujourd’hui. Il y a beaucoup moins de retour aux sources chez les nouvelles générations, nous dit Annick Flamand qui travaille au Conseil de Bande. Elle croit tout de même que les jeunes s’intéressent à certains aspects de leur culture.

            La spiritualité était un élément très important dans leur vie. Le peuple atikamekw vivait en parfaite harmonie avec l’environnement dans lequel il vivait. Tout était précieux et méritait le respect. Encore aujourd’hui, les valeurs que l’on retrouve dans les communautés atikamekws sont l’entraide et le respect. Tous se connaissent et n’hésitent pas à rendre service à leurs voisins et à leurs proches. Dans la culture atikamekw, tous les savoirs ainsi que la langue étaient transmis oralement par les aînés. Ce n’est que récemment que l’on a mis par écrit la langue atikamekw, qui n’est pas tout à fait exacte vu la francisation que l’on en a faite. Malheureusement, de nos jours les aînés ne transmettent plus leurs savoirs aux jeunes dus à leur désintérêt. Ce phénomène chez les jeunes est dû à l’arrivée de la technologie, ainsi que de nombreux problèmes sociaux tels que la perte d’identité affirme Jolianne Ottawa, qui travaille comme infirmière au Centre de Santé de Manawan, lors de notre rencontre. Les aînés n’ont plus la même importance qu’autrefois. Ils sont parfois envoyés à l’hôpital de Joliette pour certains besoins et souvent ils terminent leur vie loin de leur famille. C’est une situation très commune et difficile pour les aînés mentionne Mme Ottawa. Afin de résoudre ce problème, Mme Annick Flamand nous explique que tous travaillent fort au Conseil de Bande pour essayer d’avoir une maison dans la communauté pour les aînés afin qu’ils ne se retrouvent pas loin de leur famille. L’ennui c’est que c’est très difficile d’amener un tel projet à terme dû au manque de financement de la part du gouvernement.

           Même rendu en 2015, certaines personnes croient toujours que les peuples autochtones vivent de ce mode de vie où tout était construit à la main avec les ressources qu’ils trouvaient en pleine nature. La grande majorité ne fait même pas la distinction entre les différentes cultures des différentes familles autochtones. Pour eux, ce sont tous des gens peu évolués qui vivent encore dans des tipis et qui sont vêtu de peaux d’animaux qu’ils ont eux-mêmes chassés. Tout cela est bien évidemment faux, ils sont aussi évolués que nous qui ne vivons pas dans des réserves. Il n’y a pas de distinction entre leur habillement et leur maison qui sont comme les nôtres. Ils ont accès à Internet et sont tous aussi sur les réseaux sociaux, ce qui leur facilite énormément les communications et ce, surtout avec ceux vivant à l’extérieur du territoire atikamekw. Ils sont au même niveau que nous pour la technologie et sont même, comme nous, pris dans un cercle vicieux de la consommation de masse, ce qui contribue malheureusement à la perte de leur culture. Pour ce qui est de l’accès à Internet, les opinions sont partagées au sujet du fait que cela peut être autant bénéfique que mauvais pour les communautés. En effet, certains voient une opportunité de s’ouvrir au monde extérieur et de s’épanouir en acquérant de nouvelles connaissances. D’autres le perçoivent comme une menace pour leur langue et culture qui  intéresse de moins en moins les jeunes. C’est majoritairement les aînés qui craignent les méfaits de la technologie dans leur communauté.

           Les Atikamekws se retrouvent présentement dans une situation difficile et vivent de nombreux problèmes sociaux. Ils vivent un choc d’identité depuis les pensionnats qui leur ont interdits de pratiquer leur culture afin de les assimiler à celle des colonisateurs européens. On perçoit nettement tout le dommage qu’a causé ce processus d’assimilation chez ce peuple. On retrouve dans les réserves beaucoup de problèmes liés à la violence, l’alcool, la toxicomanie, la pauvreté, le décrochage scolaire, ainsi qu’un taux de suicide très élevé chez les jeunes. En ce qui concerne le suicide, il est  au moins deux fois plus élevé chez les jeunes autochtones que dans le reste de la population canadienne. En effet, « pour les Autochtones, le suicide témoigne de la détresse des jeunes. De 10 ans à 29 ans, les jeunes autochtones dans les réserves sont 5 à 6 fois plus à risque de mourir de suicide que leurs semblables faisant partie de la population générale » (Laurence J. KIRMAYER, Gregory M. BRASS, Tara HOLTON, Ken PAUL, Cori SIMPSON et Caroline TAIT, 2007). Il existe un type de suicide bien spécifique dans leur cas. Il s’agit du suicide anomique qui a pour cause une trop grande désintégration du groupe d’appartenance, due au changement radical qu’ils ont vécu (Laferté, 2013). En seulement 50 ans, ils ont passés des tipis à la modernité, ce qui a pour résultat la perte de leurs repères culturels. Les pensionnats ont grandement contribués à cette perte d’identité, qui même encore aujourd’hui affecte les jeunes et les poussent à commettre cet acte. Ce phénomène est intimement lié à une anomie sociale. Ce terme, venant du sociologue Émile Durkheim, désigne un manque d’ordre social d’après l’absence de règles, ainsi qu’un manque d’intégration au sein de la société. Selon Durkheim, « il se trouve une possibilité qu’il y ait une relation entre les conditions sociales de l’individu et le suicide. Le suicide anomique peut survenir dans une société où sévit un manque d’ordre collectif en raison des changements sociaux radicaux auxquels elle est soumise » (Laurence J. KIRMAYER, Gregory M. BRASS, Tara HOLTON, Ken PAUL, Cori SIMPSON et Caroline TAIT, 2007). Le suicide n’est qu’un seul problème parmi tous ceux qui touchent les peuples autochtones et ce, en raison de la suppression de leurs droits il y a déjà plusieurs années de cela.

          Ceux-ci qui étaient autrefois les tout premiers habitants de l’Amérique ne représentent aujourd’hui qu’une très mince partie de la population canadienne. En effet, selon une enquête effectuée sur les ménages au Canada, par Statistiques Canada, seulement 4,3% de la population canadienne totale sont des personnes d’identité autochtone, ce qui représente 1 400 685 individus sur un grand total de 35 158 300 Canadiens en 2011 (Statistiques Canada, 2011). On peut donc concevoir que ces peuples autochtones soient en minorité, non seulement par leur nombre, mais aussi par le fait qu’ils soient mis à l’écart et contrôlés par la société due à une sévère discrimination (Laferté, 2014). Leur minorité et leur écart du reste de la population sont d’une part visibles du fait qu’ils vivent dans des réserves. Ils sont peut-être une minorité à l’échelle du Canada, mais si l’on jette un coup d’œil de plus près dans les réserves, ce sont des communautés qui ne cessent d’augmenter en nombre. À Manawan, on dénombre plus de 2 154 Atikamekws habitant la réserve et ils sont de plus en plus nombreux au cours des années (Les Nations, 2012). La raison est simple, il y a énormément de jeunes filles qui tombent enceintes. Il n’est pas rare de voir une jeune fille de 17 ans qui attend un enfant, nous dit Annick Flamand ayant elle-même vécu cette situation. De plus, la moyenne d’enfants par femme est de cinq enfants, ce qui est énorme et fait augmenter rapidement le nombre d’habitants dans la communauté. Cela résulte d’une population nombreuse et aussi très jeune. En effet, les jeunes représentent un beaucoup plus grand pourcentage que les adultes et les aînés dans les réserves (Statistiques Canada, 2011). En effet, d’après madame Flamand, environ 60% de la population de Manawan est âgée de moins de 35 ans.

Érika Palamaro
Érika Palamaro

          Cela amène un autre gros problème dans ces communautés, qui se trouve à être le surpeuplement. En effet, il n’est pas rare de voir dix personnes vivent dans une seule maison. Parfois les jeunes n’ont même pas de lit, ils doivent attendre leur tour pour aller à la salle de bain le matin pour se préparer avant d’aller à l’école et arrivent même en retard, nous raconte le directeur de l’école secondaire de Manawan, M. Vollant. En effet, la situation des jeunes est bien particulière là-bas et il faut être-là le plus possible pour eux, car il est très facile de décrocher de l’école.

        Ces gens ont longtemps et sont encore soumis au Gouvernement qui maintient un esprit de dépendance grâce à la loi sur les Indiens. Les Autochtones sont dans une situation où l’une des seules façons  de s’en sortir est de quitter la réserve, chose que très peu d’entre eux ont le courage de faire, car ils ne veulent pas quitter leur famille et la réserve reste quand même leur chez soi. Même si plusieurs jeunes partent étudier ailleurs pour leurs études collégiales, universitaires ou pour faire un diplôme d’études professionnel, ils reviennent dans leur communauté dans le but de rester avec leur famille et de s’y trouver un emploi, mais malheureusement dû au manque d’emploi dans les réserves ils tombent sur l’aide sociale. Annick Flamand mentionne le fait qu’il est certain que bien des gens de la communauté aimeraient déménager pour leur permettre de s’épanouir, mais ils restent pour aider la communauté qui est dans le besoin. L’autre solution serait que ces communautés acquièrent leur propre indépendance, car pour l’instant ils ne peuvent rien faire pour améliorer la vie de tous dans les réserves dues au manque de financement de la part du Gouvernement.

              En gros, la situation à ce jour dans les réserves n’est vraiment pas facile. En effet, l’empêchement de pratiquer leur culture, la perte de leurs terres et de leurs droits, ainsi que la modernisation trop rapide ont été des facteurs décisifs en ce qui concerne la perte d’identité chez la population autochtone. Ces gens sont confinés dans les réserves avec tous leurs problèmes. Les intervenants que nous avons rencontrés à Manawan nous on fait comprendre que tous se serrent les coudes pour essayer de mettre sur place plusieurs projets qui contribueraient à améliorer la vie de tous les habitants de la réserve. Ils ne manquent pas d’initiatives, mais ils manquent plutôt de financements et d’aide de la part du Gouvernement. Voilà donc où le problème réside. Malgré tout, nous avons pu remarquer que les Atikamekws sont un peuple fier de leur culture et solidaire entre eux et ce, même s’ils vivent avec les nombreuses blessures du passé qui les affectent encore aujourd’hui.

Stéphanie Collado

Rencontre avec l’équipe de santé

Dans le cadre de notre séjour à Manawan, plusieurs rendez-vous étaient prévus avec divers intervenants de la communauté, que ce soit en santé ou en éducation.

En ce qui concerne le domaine de la santé, nous avons été en mesure de rencontrer des membres de l’équipe du Centre de Santé le mardi 7 avril 2015, à 15h00. Plus précisément,  nous avons rencontré Mmes Francine Moer, Jolianne Ottawa et Jacinthe Petiquay.

Le tableau suivant correspond à une partie de l’entrevue avec les intervenantes.

1. Considérant le fait qu’ils ont été élevés avec une forme de médecine plus traditionnelle, plus naturelle, est-il difficile pour les aînés de la communauté de se faire traité au Centre de Santé?
Les aînés reçoivent principalement des soins et des services de santé à domicile. Les intervenants vont parler avec eux pour qu’ils ne mélangent pas de pilules avec certaines plantes médicinales qu’ils utilisent pour éviter les risques d’intoxication.
2. Vu le peu de médecins, les infirmières sont-elles en mesure de donner des prescriptions?
Oui, les infirmière vont utiliser les guides de santé clinique établis par Santé Canada.
3. Quelle est la moyenne d’âge des femmes enceintes?
Beaucoup de jeunes filles vont tomber enceintes à l’âge 13 ans pour avoir l’aide sociale. C’est pour elles une forme de rémunération parce qu’elles ne peuvent pas nécessairement trouver un emploi dans la communauté, par exemple au dépanneur l’été (il n’y a qu’un employé dans le dépanneur de Manawan). Mais l’aide sociale n’est pas un salaire, c’est une aide.
4. Quelle est la procédure en cas d’urgence, c’est-à-dire, lorsque le Centre de Santé n’est pas en mesure de traiter les patients qui ont besoin d’aller à l’hôpital?
Les gens vont être transférés par ambulance à l’hôpital de Joliette, sauf qu’il n’y a pas d’ambulance à Manawan. Le véhicule va être envoyé de Saint-Michel-des-Saints pour se rendre à Manawan, ce qui prend au alentours de 1h30 pour arriver dans la communauté. Ensuite, l’ambulance quitte Manawan avec le patient en direction de l’hôpital de Joliette, ce qui prend un autre bon 2h. C’est extrêmement long.
5. Qu’est-ce qui incite certains habitants à quitter la communauté?
Les gens quittent la communauté pour continuer leurs études, ou autres. Mais ces personnes qui habitent en ville, ce n’est pas qu’ils ne veulent pas revenir dans la communauté, c’est qu’il sont désavantagés par la surpopulation dans les maisons. À Manawan, il y a un très gros problème de surpeuplement dans les maisons. Ce problème est entre autres du à la loi sur les Indiens, ce qui fait en sorte que les gens ne sont pas propriétaires de leurs maisons puisque les terrains ne leur appartiennent pas (ce sont des terres de la Couronne qui appartiennent au gouvernement) et le Conseil de bande doit donc se porter garant de tout.
6. Au Québec, les services de santé présentent certaines failles (par exemple, l’attente interminable pour se trouver un médecin de famille, ou encore lorsque l’on se présente aux urgences). Quels seraient, selon vous, le ou les problèmes du Centre de Santé de Manawan?
Que l’on parle du Centre de Santé ou des autres infrastructures, il n’y a pas d’équité dans la communauté lorsqu’on la compare au Québec. Par exemple, le Centre de Santé dispose d’un programme de soins palliatifs à domicile via le programme de soins à domicile, mais les médicaments contre la douleur ne sont pas payés. Aussi, il y a le fait que Manawan ne dispose d’aucune ambulance et pourtant la population est plus grande à Manawan qu’à Saint-Michel-des-Saints, ou encore que la communauté n’a pas accès à la radiothérapie, la physiothérapie et plusieurs autres.
7.      Vous entraidez-vous entre différentes communautés pour améliorer le domaine de la  santé?
Il n’y a pas d’échanges entre les communautés (les 3 Nations) par peur de représailles. Les communautés ont peur de se faire couper leurs avantages par le gouvernement s’ils informent les communautés qui n’en profitent pas.
8. Le problème de suicide est-il important dans la communauté de Manawan?
C’est moins dramatique que par le passé. Il y a quelques années, il y a eu une vague de suicides où quatre garçons se sont suicidés entre novembre et début janvier, ce qui a été très dur pour la communauté.
9. Quel est le problème de santé mentale le plus important dans la communauté?
Il s’agit de la crise suicidaire et plus précisément, les gens la vive généralement dans le moment présent.
10. Avez-vous des exemples d’initiatives prises dans la communauté pour contrer les problèmes de santé mentale?
Jacinthe a créé un programme où les jeunes faisaient un retour aux études et où on demandait aux aînés de venir leur parler pour leur donner un enseignement de contes et légendes. Il y a aussi le projet OSKO, plan de santé pour la détresse psychologique, la petite enfance et les habitudes de vie.
Rencontre avec les intervenantes du Centre de Santé de Manawan Erika Palamaro, 2015. (Jacinthe Petiquay et Francine Moer)
Rencontre avec les intervenantes du Centre de Santé de Manawan
Erika Palamaro, 2015.
(Jacinthe Petiquay et Francine Moer)

 

Laurence Blanchette

«L’avenir est indien»

Le visionnement de l’interview radiophonique «L’avenir est indien» produit par Radio-Canada,  vient présenter un reportage sur la communauté Atkiamekw et la télésanté, une initiative établie par des Atikamekws de Manawan pour aider les femmes enceintes de la communauté et ainsi réduire le taux de bébés prématurés (Radio-Canada, 2012). Le fait est que, selon plusieurs recherches, dont une réalisée par Werner en 1986, les enfants ayant un faible poids à la naissance et ayant grandi dans des familles pauvres ont généralement un QI très faible (Bee et Boyd, 2011, p.12). Pourtant, les enfants de même poids à la naissance, mais ayant grandi dans des familles de classe moyenne, ont un QI normal (Bee et Boyd, 2011, p.12).

http://ici.radio-canada.ca/emissions/l_avenir_est_indien/2011-2012/document.asp?idDoc=193954

Anne Geddes, 1988 https://www.flickr.com/photos/jimforest/5388280912/
A life in our hands. Anne Geddes, 1988 https://www.flickr.com/photos/jimforest/5388280912/

La pauvreté de la communauté Atikamekw de Manawan transparaît notamment à travers un recensement important de données très parlantes, mais surtout inquiétantes, instituées par Statistiques Canada en 1992. L’étude montre entre autres que le tiers des familles de Manawan ont un revenu annuel inférieur à 20 000$ et que seulement 5% de la population de la communauté gagne 50 000$ et plus par année, en comparaison avec le reste du Québec où 37,3% des gens gagnent plus de 50 000$ annuellement (Statistique Canada, 1992).

Réserve de Manawan Erika Palamaro, 2015
Réserve de Manawan
Erika Palamaro, 2015

Si l’on considère qu’avant la mise en place du programme de télésanté le taux de bébés prématurés étaient de 18,4% à Manawan, conséquemment ces bébés devaient être de petits poids et par le fait même, étaient beaucoup plus à risque d’avoir un très faible QI que les bébés prématurés issus de familles de classe moyenne. Heureusement pour la communauté, la création du service de télésanté a permis de faire chuter le taux de bébés prématurés de moitié, passant de 18,4% en 2007 à 8,5% en 2011 (Beauchamps Martin, 2011), mais ces bébés restent tout de même à risque de développer certains retards. Économiquement parlant, le développement de la communauté Atikakekw se voit également ralenti par un faible taux d’activité de la population et un taux de chômage plutôt élevé: 39,9 % à Manawan, comparativement à 65,1 % au Québec pour le taux d’activité selon l’étude de 1992 (Statistiques Canada, 1992). Pour ce qui est du taux de chômage, on l’estimait à 22% en 2006 (Conseil des Atikamekws de Manawan, 2014). Qui plus est, 65% de la population de la réserve recevait l’aide sociale en 2006 (Conseil des Atikamekws de Manawan, 2014). Concernant 2011, le Conseil des Atikamekws de Manawan précise que le revenu moyen de la population de la communauté et d’environ la moitié de celui des Québécois (Conseil des Atikamekws de Manawan, 2014). Bref, leur environnement se voit inhiber, ce qui le rend peu stimulant pour le développement de ces membres et nous ramène à nouveau au modèle de résilience et vulnérabilité.

Laurence Blanchette

Double mauvais sort

Pour chaque société, les approches interactionnistes permettent de rendre compte de l’interaction de l’environnement et de la biologie en ce qui a trait au développement de l’être humain. Effectivement, on constate que les phénomènes de nature et de culture n’agissent pas indépendamment l’un de l’autre. Au contraire, on observe une fusion entre les influences de ces deux facteurs pour expliquer certains comportements de l’individu (Bee et Boyd, 2011, p10). Les modèles de la vulnérabilité (associés aux facteurs de risque) et de la résilience (associés aux facteurs de protection) en viennent justement à approfondir cette relation d’interdépendance du développement humain(Bee et Boyd, 2011, p.11).

Du point de vu psychologique, Boris Cyrulnik en est venu à définir le terme résilience par «la capacité de surmonter un environnement difficile ou une expérience traumatisante»(Bee et Boyd, 2011, p.11). Plusieurs théoriciens défendent les modèles de résilience et de vulnérabilité pour expliquer les différences de comportements entre les individus d’un même milieu. Plus précisément, un enfant peut naître avec certains facteurs de protection (tempérament facile, bonne coordination, etc.), mais aussi avec certaines faiblesses (allergies, tendances héréditaires à l’alcoolisme, anomalies physiques, etc.) qui en viennent à lui procurer ou non une plus grande capacité d’adaptation ou de souplesse et sont déterminants du fait qu’un même environnement puisse avoir des effets différents selon les caractéristiques d’un enfant (Bee et Boyd, 2011, p.11). Frances Horowitz a établi un modèle de cette interaction entre vulnérabilité, résilience et environnement pour expliquer les résultats développementaux possibles d’un enfant.

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Modèle Vulnérabilité-Résilience. Helen BEE et Denise BOYD, Les Âges de la vie : psychologie du développement humain, 4e édition, Saint-Laurent, Éditions du Renouveau pédagogique, 2011, p.10

 Entre autres, on observe que la combinaison de divers facteurs de facilitation et de vulnérabilités en viennent à interagir ensemble. Plus exactement, un enfant considéré comme étant résilient (peu de faiblesses, beaucoup de facteurs de protection) peut très bien réussir à se développer dans un milieu «peu stimulant» (Bee et Boyd, 2011, p.12). Il en va de même pour un enfant vulnérable: il peut très bien réussir à s’épanouir dans un environnement très facilitant. Le problème se présente lorsqu’un enfant fait face au phénomène de double mauvais sort, soit un enfant vulnérable grandissant dans un milieu peu stimulant (Bee et Boyd, 2011, p.11). C’est malheureusement lorsque cette situation apparaît qu’un enfant présente de faibles résultats développementaux.

Erika Palamaro, 2015
Dans les rues de Manawan. Erika Palamaro, 2015

Effectivement, le fait que l’environnement soit peu propice à l’épanouissement des individus (insalubrité des établissements scolaires(Olivier, 2012), malpropreté dans les rues, violence, chômage important, etc.) auquel s’additionne des facteurs de vulnérabilité chez l’enfant (prédispositions héréditaires liées à l’alcoolisme ou la toxicomanie des parents, tempérament difficile, etc.) en viennent à entraver le développement des individus, les pénalisant ainsi au niveau scolaire, social et économique. Ces observations nous poussent donc à déduire que le problème qui frappe présentement les communautés autochtones est précisément un phénomène de double mauvais sort, ces derniers étant vulnérables et vivant dans un environnement peu stimulant.

Laurence Blanchette

Portrait de la communauté

Ayant choisi de travailler sur la situation des Atikamekws pour notre projet de fin de diplôme d’études collégiales. J’ai débuté ma recherche pour découvrir ce peuple qui vit dans la même province que nous. Les Atikamekws font partie de la tribu algonquienne. La communauté Atikamekw est répartie sur trois réserves : Opitciwan, Wemotaci et Manawan. Au départ, j’ai découvert que le mot «Atikamekw» signifie poisson blanc et le mot Manawan signifie l’endroit où l’on cueille des œufs. Ils ont été appelés comme cela, car ce peuple mange beaucoup de corégone, un poisson blanc. Ce peuple est aussi appelé Têtes-de-Boule. Pour certains, ces deux noms réfèrent au même peuple alors que pour d’autres, il y a un peuple nommé Atikamekw et un autre nommé Têtes-de-Boule. Il y a deux hypothèses à ce sujet : les Atikamekw seraient disparus et remplacés par les Têtes-de-Boule après des attaques iroquoises et des maladies ou les Atikamekw auraient tout simplement changé de nom avec le temps (Patrimoine canadien, 2006-2015, www.manawan.org/accueil). Lors de l’arrivée de Jacques Cartier, la tribu était située sur «la partie Sud des rives du St-Laurent, de la hauteur des Grands Lacs jusqu’à la région (sud) de Montréal» (Patrimoine canadien, 2006-2015, www.manawan.org/accueil). Maintenant, les Atikamewks sont établis au centre de la province du Québec. Le village de Manawan est situé au nord de Saint-Michel-des-Saints, où il faut prendre un chemin forestier et y effectuer 90 kilomètres pour finalement atteindre la réserve. Aujourd’hui, le territoire de la nation Atikamekw comprend 80 000 kilomètres carrés (Radio-Canada, 2014).

Élisabeth

Le corégone

Source de l’image : «Coregonus  noyi», Wikipédia.org, [En ligne], http://ca.wikipedia.org/wiki/Coregonus (page consultée le 16 avril 2015)

 

 

Éditorial: La Nation Atikamekw, un peuple ignoré?


Kwe!

Au cours de la session d’automne 2014, nous avons eu la chance de pouvoir nous inscrire à un projet bien particulier dans le cadre de notre cours de Démarche d’intégration en Sciences humaines. Nous nous sommes donc retrouvés, dix étudiants intéressés par la question autochtone, près à faire un projet intégrateur à ce sujet et à séjourner dans la communauté atikamekw de Manawan.

Dès le premier cours de la session d’hiver, notre équipe s’est formée . Toutes les quatre étant allumées au sujet des défis sociaux dans cette communauté, nous avons décidé de dédier notre projet à la culture et aux rites ainsi qu’aux problématiques face à la santé, l’éducation et à la pauvreté de cette nation.

En premier lieu, pour chacun de nos sujets, nous nous sommes posées la question suivante: «Quelles sont les causes et les conséquences des défis sociaux chez les Atikamekws et quelles sont les initiatives mises en place par la communauté afin de les surmonter?». Nous avons donc commencé par faire une liste des concepts que nous connaissons déjà à ce sujet en lien avec des matières de Sciences humaines et nous avons défini les sous-thèmes sur lesquels chacune voulait travailler. Ainsi, nous avons décidé de nous pencher sur les problématiques qui nous semblaient les plus présentes dans les communautés autochtones, soit les troubles de santé mentale, la toxicomanie et le suicide abordés par Laurence, les problèmes liés à la pauvreté présentés par Éloïse, et finalement les défis rencontrés dans le domaine de l’éducation avec Camille. Afin de bien renseigner le lecteur et de bien mettre en contexte notre projet, Élisabeth a tout d’abord bien expliqué l’historique et la culture de la nation atikamekw.

Par la suite, chaque membre de l’équipe a effectué  une recherche bibliographique afin de trouver des sources intéressantes à la mise sur pied de notre projet intégrateur. À la suite de ces recherches, nous étions plus en mesure de cerner les problématiques sociales présentes chez les peuples de premières nations, plus particulièrement au sein de la communauté atikamekw de Manawan. Cette première étape de notre travail s’est terminée avec la remise de notre rapport préliminaire. À la suite des corrections émises par notre enseignante sur ce premier travail, nous avons pu cerner les points à améliorer en vue de la publication de ce blogue. La date du départ pour Manawan approchant et étant de plus en plus fébriles face à la hâte de vivre cette expérience extraordinaire, nous avons dressé une liste des choses à améliorer, et nous nous sommes préparées, par le biais de formations, de réunions lors des pauses communes, et de discussions en équipe, à la rencontre imminente avec  la communauté.

Finalement, le moment tant attendu est arrivé! Du 6 au 9 avril, nous sommes partis, notre équipe, six autres étudiants et deux professeures, pour Manawan. Lors de ce séjour, nous avons eu la chance de nous entretenir avec de nombreux intervenants dans les domaines de la santé et de l’éducation en plus de rencontrer et de discuter avec des gens de la communauté, et ainsi avons pu ajouter des informations prises sur le terrain à celles que nous avons trouvées lors de notre recherche documentaire.

À la lumière de nos recherches et de nos rencontres à Manawan, nous sommes dans la capacité de dire que cette communauté, comme beaucoup d’autres communautés autochtones, se trouve dans une  situation de vulnérabilité constante. Que cela soit dans n’importe quel domaine, les communautés autochtones sont toujours mises en état de dépendance face au gouvernement fédéral, ce qui est une cause très importante de la pauvreté du peuple. De plus, si le Québec se décrit comme une nation tolérante et ouverte aux autres cultures, il ne l’est pas envers les communautés autochtones. En effet, de nombreux préjugés sont encore existants aujourd’hui, et le racisme est très présent envers les autochtones. Pourquoi, en 2015, défend-on les droits des immigrants, en gardant les préjugés contre les peuples qui habitent notre territoire depuis toujours, en les excluant? Pour nous, cette situation est totalement aberrante, et nous croyons que le premier pas pour aider les autochtones à  se sortir de la misère est de passer par-dessus les préjugés et les différences de culture, afin d’entretenir une relation d’entraide et non de méfiance. Nous croyons aussi que la loi sur les Indiens contribue à l’injustice vécue par les premières nations est se devrait d’être révisée afin de réduire les tensions entre les autochtones et les Québécois/Canadiens, et contribuerait à améliorer les conditions de vie des premiers.

Pour finir, notre séjour à Manawan toujours dans la tête et dans le coeur, nous sommes impatientes de partager avec vous notre expérience et souhaitons de tout coeur vous sensibiliser face à cette problématique, et ainsi faire un pas de plus vers l’abolition des nombreux préjugés malheureusement toujours présents dans notre société.

Camille Saucier
Éloïse Gingras
Laurence Blanchette
Élisabeth Leblanc

 

 

Mon portrait

gtrgrtgrJe m’appelle Camille Saucier-Bariteau, étudiante en Sciences humaines profil Individu société monde.

Je suis membre de l’équipe dont le projet traitera des défis sociaux rencontrés par les peuples Atikamekws. De plus, je ferai un séjour dans la communauté de Manawan en avril, ce qui j’en suis sure sera une expérience exceptionnelle!

Je pratique la danse depuis l’âge de deux ans, et j’en suis encore passionnée!

Finalement,  je souhaite poursuivre mes études au baccalauréat en psychologie l’année prochaine, car aider les gens autour de moi me passionne énormément.