L’évolution du territoire autochtone

Les autochtones et les gouvernements, tant canadien que québécois, ont eu des discussions houleuses depuis le début concernant la question du territoire. Comme nous verrons dans la présente section, au fil du temps les autochtones ont peu à peu perdu le territoire sur lequel ils vivaient pour être placés dans des réserves. En même temps que ce processus de confinement des différentes tribus par les gouvernements, les autochtones ont répondu par des mouvements de revendications territoriales. Dans cette section, nous traiterons des deux processus, pour le confinement nous ferons un bref historique de traités et de lois qui ont forcé les autochtones à s’établir dans un territoire de plus en plus restreint, pour la réponse autochtone, nous nous attarderons principalement sur deux processus de revendications territoriales autochtones.

 

La signature de traités

 

Avant l’arrivée des Européens en Amérique, tout le continent appartenait aux différents peuples autochtones. Avec l’arrivée des Européens, la situation a changée, les différents lieux de colonisation de ceux-ci ont forcé les autochtones à s’établir ailleurs. Le premier traité qui fait référence à un accord territorial entre Autochtones et Européens est le Traité d’Albany de 1701, connu également sous le nom de Nanfan Treaty. Ce traité stipule que les Iroquois ont cédé les terres au sud des Grands Lacs à la couronne britannique en échange d’une protection militaire de la part des Britanniques et d’un libre-accès aux terres concernées par le traité pour la chasse et la pêche (Nanfan, 1701) (Affaires autochtones et développement du Nord Canada, 2011). Ce traité ne limitait pas le territoire des Iroquois, mais il est une introduction au processus de colonisation des terres autochtones par les colons européens.

proclamation
Carte du territoire divisé selon la Proclamation Royale de 1763 Source: Anne-Marie PANASUK et Jean-René PROULX, Carte no.1 La Proclamation Royale, [En ligne], http://classiques.uqac.ca/contemporains/savard_remi/canada_derrire_epopee_autochtones/canada_tdm_figures.html, (Page consultée le 25 février 2015)
Le premier document qui attribue officiellement un territoire aux peuples autochtones de l’Amérique du Nord est la Proclamation Royale de 1763. Cette Proclamation a attribué un vaste territoire aux Autochtones. Ce territoire s’étend de la Mer du Labrador et de la Terre de Rupert au nord jusqu’à la Floride Ouest au sud, et des Treize Colonies à l’est jusqu’au fleuve du Mississippi à l’est. Sur ce territoire, aucune colonie ne peut être fondée et aucun échange commercial ne peut être fait avec les peuples autochtones sans l’accord du département des Indiens (Affaires autochtones et développement du Nord Canada, 2011). Cette disposition limite grandement les possibilités économiques des Autochtones, car le département des Indiens a ainsi la décision finale sur qui est autorisé à échanger avec ceux-ci, ce qui pourrait causer une limitation sur les marchandises disponibles pour le troc.

En 1850, deux traités importants sont signés, les traités Robinson-Huron et Robinson-Supérieur. Ces traités avaient pour but de s’approprier les terres au nord-est des Lacs Huron et Supérieur dans le but de faciliter l’exploitation minière de cette région. Ces traités, qui ont été signés avec des tribus membres de la nation ojibway, leur assurent un revenu annuel, une annuité, suite à la signature en échange de la cession des terres. Les tribus qui ne voulaient pas signer les traités étaient menacées de la prise de leur territoire sans rétribution monétaire, cette menace a été utilisée avec les tribus vivant sur les rives du lac Huron. Les tribus gardaient leurs droits de chasse et pêche sur le territoire tant qu’aucune colonie n’était établie sur celui-ci et recevait un territoire, une réserve, sur lequel habiter (Affaires autochtones et développement du Nord Canada, 2011).

carte traite
Carte des différents traités territoriaux signés avant 1975 Source: AFFAIRES AUTOCHTONES ET DÉVELOPPEMENT DU NORD CANADA, Traités pré-1975 au Canada, [En ligne], 2013, http://www.aadnc-aandc.gc.ca/fra/1100100032297/1100100032309 (Page consultée le 25 février 2015)
En 1867, avec l’Acte de l’Amérique du Nord Britannique (AANB), le gouvernement fédéral est devenu le responsable officiel des relations avec les peuples autochtones sur son territoire. À la suite de cet Acte, plusieurs traités dit « numérotés » furent signés. Ces traités font suite à la vente de la Terre de Rupert par la Compagnie de la Baie d’Hudson au Dominion du Canada en 1869. Cette vente faisait en sorte que l’implantation de colonies dans ce territoire était maintenant permis, les Autochtones et les Métis de cette région perçurent cette vente comme la « vente de leurs terres traditionnelles sans qu’ils aient été consultés et sans leur consentement » (Affaires autochtones et développement du Nord Canada, 2011). Pour remédier à cette situation et pour pouvoir coloniser ce territoire, la Couronne a entrepris la signature de 11 traités entre 1871 et 1921 sous la même formule que les traités Robinson. Ces traités concernent un vaste territoire englobant le nord de l’Ontario, le Manitoba, la Saskatchewan, l’Alberta et les Territoires du Nord-Ouest actuels. Ces traités offraient aux peuples autochtones les ayant signés « des terres de réserves, des annuités et le droit  et de chasse et pêche sur les terres de la Couronne inoccupées » (Affaires autochtones et développement du Nord Canada, 2013). Le gouvernement fédéral leur proposait également de se sédentariser dans les réserves en apprenant l’agriculture et en recevant une éducation occidentale dans les écoles. Ces traités avaient une grande valeur pour le Dominion du Canada, car en plus de d’ouvrir le Nord-Ouest Canadien à la colonisation, le gouvernement fédéral pouvait maintenant exploiter les ressources naturelles présentes sur ce territoire, par exemple les terres arables des Prairies canadiennes et les minerais des Territoires du Nord-Ouest(Affaires autochtones et développement du Nord Canada, 2013).

La Nation atikamekw a dû faire face à divers atteintes à son territoire ancestral au cours des 19e et 20e siècles. Il y a eu premièrement la construction d’un chemin de fer qui a permis une accessibilité plus grande pour les allochtones au territoire du Nitaskinan. Il y a également eu les concessions de territoire à des corporations pour qu’elles y exploitent les ressources forestières. En 1918, il y a eu la construction du barrage de la Loutre qui a créé le réservoir Gouin ce qui a grandement réduit la superficie habitable des terres ancestrales atikamekw(Poirier, 2000).

En 2012, le gouvernement fédéral a proposé des modifications à la Loi sur les Indiens et d’autres lois avec les projets de loi omnibus C-38 et C-45. Ces projets de loi visaient entre autre à modifier le statut des terres des réserves, elles sont maintenant considérées comme louées, ce qui permet de louer plus facilement les terres à d’autres personnes ou organismes non-autochtones et diminue les recours que peuvent avoir les autochtones dans ces situations. Le projet de loi C-38 a également modifié la façon dont sont évalué les projets énergétiques sur des terres autochtones, il fait en sorte que les peuples autochtones ont moins d’opportunités pour émettre leurs opinions vis-à-vis ces projets. Pour les projets énergétiques mineurs, les examens fédéraux peuvent être substitués par des examens provinciaux où les normes sont souvent moins rigoureuses et la participation des Autochtones est moins sollicitée.  Les projets de lois modifient également la Loi sur les voies navigables, où avec ce projet de loi, moins de cours d’eau sont protégés, ce qui fait en sorte que les cours d’eau qui ne sont plus protégés peuvent être développés. Toutes ces modifications entrainent une perte d’autonomie et de pouvoir des Autochtones sur leurs terres ancestrales (Assemblée des Premières Nations).

 

Les revendications territoriales autochtones

 

Les peuples autochtones ne sont pas restés sans réponse à leur perte de territoire. À plusieurs reprises au cours de ce processus de confinement des Autochtones dans les réserves, ceux-ci ont répondu par des revendications territoriales souvent accompagnées de moyens de pressions pour se faire entendre par le gouvernement. Dans cette section, nous traiterons de différentes revendications autochtones, soit certaines réponses aux traités évoqués précédemment, la Crise d’Oka, le mouvement Idle No More et le mouvement atikamekw.

La notion du territoire est très importante pour les Autochtones, car c’est un vecteur important de leur culture. Les autochtones ont adapté leur mode de vie selon leur territoire, par exemple les nations algonquiennes, dont les Atikamekws font partie, sont traditionnellement nomades à cause de la migration du gibier et de la rudesse des hivers, tandis que les nations iroquoiennes sont plutôt sédentaires  cause de leur pratique de l’agriculture. De plus, les Autochtones considèrent la terre comme leur mère et qu’ainsi elle leur enseigne comment vivre. Cela fait en sorte que les Autochtones entretiennent un lien très étroit avec le territoire qu’ils habitent et donc qu’ils tiennent tant à le garder intact (Thibault Girard, 2009).

Le 9 septembre 2014, date du 164e anniversaire du traité Robinson-Huron, différents chefs autochtones, dont la bande a signé ledit traité, ont intenté une action en justice face à la Couronne. Cette action vise à ce que le montant des annuités que le gouvernement fédéral leur doit en échange des droits sur leurs terres ancestrales soit augmenté comme le voulait le traité signé en 1850. L’augmentation devait se faire par rapport au niveau d’utilisation et le développement des terres par les colons européens, aujourd’hui les allochtones. Le montant de l’annuité en 1874, première année de perception des annuités par les autochtones, était de 4$, ce montant n’a jamais augmenté depuis. Les chefs ont décidé d’entamer ce processus juridique puisqu’au cours des dernières années, plusieurs entreprises ont engendré de grands profits suite à l’exploitation minière et forestière dans la région (Restoule, 2014).

En 1990 a eu lieu la Crise d’Oka. Cette crise a été déclenchée par la volonté de la municipalité de Deux-Montagnes de construire un projet domiciliaire et d’agrandir le golf municipal sur des terres convoitées par le conseil de bande de Kanesatake. La cause de ce conflit est souvent mal définie (et plusieurs supposent que c’est à cause que la municipalité voulait construire sur un cimetière mohawk, en réalité la municipalité prévoyait agrandir le cimetière, mais le conseil de bande et la municipalité ne se sont pas entendus sur les modalités). Pour montrer leur opposition au projet, les Mohawks de Kanesatake ont entrepris de bloquer un chemin de terre, tandis que les Mohawks de Kahnawake ont bloqué le pont Mercier pour montrer leur appui. Le matin du 11 juillet 1990, alors que les Mohawks bloquaient le chemin de terre, il y a eu un affrontement avec les policiers de la Sécurité du Québec. Dans cet affrontement, il y a eu un mort chez les policiers. Cette réponse autochtone a été la plus violente des récentes années et montre que les Autochtones sont déterminés dans leurs luttes pour la reconnaissance de leurs droits (Hébert, 2009).

idle no more
Manifestation du mouvement Idle No More Source: https://www.flickr.com/photos/bcpaterson/8318806332/

Le mouvement Idle No More, qui en français veut dire « jamais plus l’inaction », est parti en 2012 suite au dépôt du projet de loi C-45 et est l’initiative de quatre femmes de la Saskatchewan, deux autochtones et deux allochtones. Ce mouvement a mis en place une escalade des moyens de pressions pour que les voix autochtones se fassent entendre dans le débat entourant le projet de loi C-45. Ils ont par exemple entrepris d’envoyer des lettres au Premier Ministre, M. Harper, d’organiser des manifestations et des blocages de routes. Mme Spence, une des leaders du mouvement, a également entrepris une grève de la faim.  Le Nouveau Parti Démocratique, le Parti Libéral du Canada et l’Association des Premières Nations ont émis une déclaration d’appui à la cause (McKenzie, 2013). Le mouvement a forcé le gouvernement Harper de tenir un sommet avec les Premières Nations afin de discuter des relations entre autochtones et allochtones suite aux traités, des droits autochtones et de développement économique (La Presse Canadienne, 2013). Selon Widia Larivière, une des leaders du mouvement au Québec, Idle No More a apporté une plus grande visibilité aux enjeux et revendications autochtones, mais il reste, selon elle, encore beaucoup de travail à faire sur le plan politique pour que les droits autochtones soient respectés dans les nouvelles législations proposées par le gouvernement fédéral (Larivière, 2014).

Le mouvement de revendication territorial atikamekw date des 1980 avec la création de divers institutions pour s’affirmer dans différentes sphères de la vie.  Au niveau politique, la Nation atikamekw a créé Atikamekw Sipi : le Conseil de la Nation atikamekw. Ces organismes ont révolutionné les relations entre autochtones et les dirigeants allochtones (Poirier, 2000). Plus récemment, les Atikamekws ont revalorisé le rôle du ka nikaniwitc, le chef de territoire chez eux: c’est par lui que les décisions concernant le territoire du Nitaskinan doivent passer. Cette revalorisation a permis de faciliter les négociations avec l’État canadien, car pour les Autochtones, pour bien pouvoir gérer un territoire, il faut également bien le connaitre et ceci fait partie des compétences du ka nikaniwitc (Houde, 2014). Selon l’analyse que fait les Atikamekw de ce qu’est un droit ancestral sur un territoire, ils ont défini qu’avoir un droit ancestral sur un territoire leur permettait de se déclarer souverain sur ce territoire (Houde, 2014). Suite à cette interprétation des droits ancestraux, les Atikamekws ont déclaré leur souveraineté sur leur territoire ancestral, soit le Nitaskinan, le 8 septembre 2014. Cette déclaration de souveraineté fait en sorte que pour tout projet d’exploitation des ressources naturelles et de développement sur le territoire du Nitaskinan, les Atikamekws veulent être consultés. Ils veulent également que tout projet sur ce territoire nécessite l’approbation de leur Nation pour que celui ait lieu (Awashish, 2014). Avant de faire cette déclaration, les Atikamekws ont bloqué des routes donnant accès à des chantiers forestiers sur leur terrtitoire en 2012 pour forcer le gouvernement québécois à reconnaître leurs droits territoriaux sur le Nitaskinan(ICI Radio-Canada, 2014). Les chefs atikamekws se sont fait entendre en avril dernier à l’ONU concernant leur volonté de souveraineté territoriale. Durant leur présentation à l’Instance permanente sur les questions autochtones, ils ont fait valoir que les autochtones ont le droit au « consentement libre préalable et éclairé » et de ce fait, ils doivent consentir à toute exploitation de leur territoire avec que celle-ci est lieu (Tremblay, 2015).

Médiagraphie

  1. Livres

GAGNON, Alain-G. et Guy ROCHER, dir.  Regard sur la Convention de la Baie-James et du Nord québécois, Montréal, Éditions Québec-Amérique inc., 2002, 302 p.

LEPAGE, Pierre, Mythes et réalités sur les peuples autochtones, 2 e édition, 2011

PAPALIA, Diane E., Sally W. OLDS et Ruth D.FELDMAN, adaptation par Annick BÈVE, Psychologie du développement humain, 7e édition, [s.l] édition Chenelière McGraw-Hill, 2010, p.192

 

  1. Sites Internet

ALLÔ PROFS, « La Proclamation royale et ses conséquences », 2013, [En ligne]                http://bv.alloprof.qc.ca/histoire/histoire-et-education-a-la-citoyennete-(2e-cycle-du-secondaire)/le-changement-d’empire-(1760-1791)/la-proclamation-royale-(1763)-et-ses-consequences.aspx (page consultée le 20 avril 2015)

 CANADA, Affaires autochtones et Développement du Nord Canada, La convention de la Baie James et du Nord québécois et la convention du nord-est québécois, 2010, [En ligne] https://www.aadnc-aandc.gc.ca/fra/1100100030830/1100100030835 (page consultée le 22 avril 2015)

 CANADA, AFFAIRES AUTOCHTONES ET DÉVELOPPEMENT DU NORD CANADA, « Les Traités numérotés (1871-1921) », dans Affaires autochtones et développement du Nord Canada, [En ligne], http://www.aadnc-aandc.gc.ca/fra/1360948213124/1360948312708 (Page consultée le 23 février 2015)

CANADA, AFFAIRES AUTOCHTONES ET DÉVELOPPEMENT DU NORD CANADA, «Les Traités Robinson et les traités Douglas (1850-1854) », dans Affaires autochtones et développement du Nord Canada, [En ligne],  http://www.aadnc-aandc.gc.ca/fra/1360945974712/1360946016409 (Page consultée le 23 février 2015)

CANADA, AFFAIRES AUTOCHTONES ET DÉVELOPPEMENT DU NORD CANADA, «L’histoire des traités au Canada », dans Affaires autochtones et développement du Nord Canada, [En ligne], https://www.aadnc-aandc.gc.ca/fra/1314977704533/1314977734895 (Page consultée le 23 février 2015)

CANADA, MINISTÈRE DE LA JUSTICE, Loi sur les Indiens, Ottawa, 1985, [En ligne], http://laws.justice.gc.ca/fra/lois/I-5/page-1.html  (Page consultée le 21 et 22 février 2015)

COMMISSION D’ÉTUDE SUR LA GESTION DE LA FORÊT PUBLIQUE QUÉBÉCOISE. Chapitre 8 – Les Autochtones et la gestion forestière, 2004, http://www.commission-foret.qc.ca/rapportfinal/chapitre_8.pdf (22 février 2015)

DUFOUR, JULES, Les Autochtones et la reconnaissance de leurs droits et de leurs valeurs culturelles, [En ligne], http://www.panorama-quebec.com/cgi-cs/cs.waframe.content?topic=27083&lang=1 (page consultée le 1er février 2015)

QUÉBEC, MINISTÈRE DES FORÊTS, DE LA FAUNE ET DES PARCS, La gestion forestière et les communautés autochtones, [En ligne], http://mffp.gouv.qc.ca/forets/gestion/communautes-autochtones.jsp, (page consultée le 1er février 2015)

QUÉBEC, Développement durable, Environnement et Lutte contre les changements climatiques, Évaluation environnementale des projets en milieu nordique, 2015, [En ligne] http://www.mddelcc.gouv.qc.ca/evaluations/mil-nordique/#haut (page consultée le 22 avril 2015)

RESTOULE, Mike, « Les chefs du traité Robinson-Huron déposent une déclaration contre l’Ontario et le Canada pour demander à la Couronne d’honorer ses promesses et de verser les revenus tirés des ressources du territoire désigné dans le traité », dans Assemblée des Premières Nations, [En ligne],

http://www.afn.ca/index.php/fr/nouvelles-et-medias/dernieres-nouvelles/les-chefs-du-traite-robinsonhuron-deposent-une-declaration-contre-lontario-et-le-canada-pour-demander-a-la-couronne-dhonorer-ses-promesses-et-de-verser-les-revenus-tires-des-ressources-du-territoire-designe-dans-le-traite (Page consultée le 24 février 2015)

SALÉE, DANIEL, L’État québécois et la question autochtone, [En ligne], http://classiques.uqac.ca/contemporains/salee_daniel/Etat_qc_question_autochtone/Etat_qc_question_autochtone_texte.html (page consultée le 1er février 2015)

SOCAM, Société de communication Atikamekw-Montagnais, « Festival de musique autochtone», septembre 2010, [En ligne] http://www.socam.net/mikuan_sept2010.html (page consultée le 20 avril 2015)

Ici Radio-Canada.ca, Commission de vérité et réconciliation-morts dans les pensionnats autochtones, [En ligne] http://ici.radio-canada.ca/nouvelles/societe/2013/04/26/002-pensionnats-autochtones-morts.shtml (page consultée le 23 février 2015)

 

  1. Articles de journal en ligne

ALLARD, Michel, «Il y a 70 ans, l’école devenait obligatoire», Journal le Devoir, 25 mai 2013, [En ligne] http://www.ledevoir.com/societe/education/379028/il-y-a-70-ans-l-ecole-devenait-obligatoire (consulté le 9 février)

LAFORTUNE, Pascal. « Autochtones et racisme, deux mots qui vont toujours de paire », Journal(I) Média ,12 février 2013, [En ligne], http://journalimedia.uqam.ca/autochtones-et-racisme-deux-mots-qui-vont-toujours-de-paire/ (Page consultée le 12 février 2015).

LA PRESSE CANADIENNE, « Harper va rencontrer les Premières Nations vendredi prochain », La presse, 4 janvier 2013, [En ligne], http://www.lapresse.ca/le-soleil/actualites/politique/201301/04/01-4608374-harper-va-rencontrer-les-premieres-nations-vendredi-prochain.php?utm_categorieinterne=trafficdrivers&utm_contenuinterne=cyberpresse_lire_aussi_4609029_article_POS4 (Page consultée le 25 février 2015)

 

  1. Audiovisuel

HIGGINS, Olivier, Mélanie CARRIER, Québekoisie, Canada, MÖ Film, 2013, 1h21, couleur, DVD.

PASCAL, Léa.  Jolianne Ottawa, Québec, Productions Nikan inc., 2005, 24 min., coul., émission de télévision

 

  1. Articles de périodiques en ligne

HÉBERT, Martin, dir., « La crise d’Oka de 1990 », Recherche amérindiennes au Québec, [En ligne], vol. 39, no 1-2 (2009), p.129-135, dans Érudit (Page consultée le 24 février 2015)

HOUDE, Nicolas, « La gouvernance territoriale contemporaine du Nitaskinan : tradition, adaptation et flexibilité », Recherches amérindiennes au Québec, [En ligne], vol. 44, no 1 (2014), p.23-33, dans Érudit (Page consultée le 25 février 2015)

LARIVIÈRE, Widia, « Idle No More Québec, un an plus tard», À babord!, [En ligne],  https://www.ababord.org/Idle-No-More-Quebec-un-an-plus (Page consultée le 25 février 2015)

MCKENZIE, Gérald, « Idle No More», À babord!, février 2013,  [En ligne], https://www.ababord.org/Idle-No-More (Page consultée le 25 février)

POIRIER, Sylvie, « Contemporanéités autochtones, territoires et (post)colonialisme : réflexions sur des exemples canadiens et australiens », Anthropologie et sociétés, [En ligne], vol. 24, no 1 (2000), p.137-153, dans Érudit (Page consultée le 25 février 2015)

 

  1. Audio

AWASHISH, Karine,« Le décrochage scolaire», L’avenir est indien, Radio-Canada Première, diffusion le 15 janvier 2012. http://ici.radio-canada.ca/emissions/l_avenir_est_indien/2011-2012/document.asp?idDoc=193954 (consulté le 16 février 2015)

 

  1. Documents en ligne

ASSEMBLÉE DES PREMIÈRES NATIONS, Loi fédérale omnibus : Projet de loi C-38 : Loi sur l’emploi, la croissance et la prospérité durable et Projet de loi C-45 : Loi de 2012 sur l’emploi et la croissance, [En ligne], http://www.afn.ca/uploads/files/12-12-18_omnibus_summary_next_steps_ff.pdf (Page consultée le 24 février 2015)

AWASHISH, Constant et al. Déclaration de souveraineté d’Atikamekw Nehirowisiw, [En ligne], http://www.atikamekwsipi.com/fichiers/File/declaration_souverainete_signe.pdf (Page consultée lw 25 février 2015)

«Budget 2013-2014», Commission scolaire de la Capital [En ligne] http://www.cscapitale.qc.ca/organisation/documents/Budgetinitialofficiel2013-2014.pdf (consulté le 4 février 2015)

Le Canada en devenir, « Les problèmes autochtones découlant de la colonisation de l’Ouest », Notre mémoire en ligne, [En ligne] http://www.canadiana.ca/citm/specifique/abprobsprairie_f.pdf (page consultée le 13 février 2015)

©CENTRE DE COLABORATION NATIONALE SUR LA SANTÉ AUTOCHTONE(CCNSA) . Comprendre le racisme, [En ligne], 2013, http://www.nccah/ccnsa.ca/Publications/Lists/Publications/Attachments (page consultée le 6 février 2015)

©CENTRE DE COLABORATION NATIONALE SUR LA SANTÉ AUTOCHTONE (CCNSA) . L’effet du racisme sur les autochtones et ses conséquences, [En ligne], 2013, http://www.nccah/ccnsa.ca/Publications/Lists/Publications/Attachments (page consultée le 6 février 2015)

© CENTRE DE COLABORATION NATIONALE SUR LA SANTÉ AUTOCHTONE (CCNSA) . Politiques, programmes et stratégies contre le racisme envers les autochtones, [En ligne], 2013, http://www.nccah/ccnsa.ca/Publications/Lists/Publications/Attachments (page consultée le 6 février 2015)

Conseil en éducation des premières nations, Histoire de réussite : programme des partenariats en éducation, [En ligne] http://www.cepn-fnec.com/PDF/CEPN/PPE-Bruno-FR_web.pdf (consulté le 16 février 2015)

École secondaire Otapi, Plan de réussite, [En ligne] http://www.otapi.ca/media/Plan_reussite_2012_2013.pdf (consulté le 16 février 2015)

FORCHEMEX, Projet de scierie à Wemotaci, [En ligne] http://www.forchemex.ca/source/projet%20de%20référence%20foresterie%20projet%20de%20scierie%20a%20Wemotaci.pdf (page consultée le 22 avril 2015)

GAUTHIER, Roberto, Miriame BLACKBURN, favoriser l’accès aux études supérieur pour les étudiants des premières nations,  [En ligne] http://www.aqpc.qc.ca/UserFiles/File/Vol27%20No4/GauthierBlackburn-Vol_27-4.pdf (Page consultée le 2 février 2015)

HALDANE, Scott, George LAFOND et Caroline KRAUSE, «faire mieux pour les élèves des premières nations : une priorité nationale », Rapport du Panel national sur l’éducation primaire et secondaire des Premières Nations pour les élèves dans les réserves, [En ligne] http://www.aadnc-aandc.gc.ca/DAM/DAM-INTER-HQ-EDU/STAGING/texte-text/nat_panel_final_report_1373997803969_fra.pdf (consulté le 2 février)

KIRMAYER Laurence J., BRASS Gregory M., HOLTON Tara, PAUL Ken, SIMPSON Cori et TAIT Caroline. « Suicide chez les Autochtones au Canada », Fondation autochtone de guérison, 2007, [En ligne] http://www.fadg.ca/downloads/le-suicide.pdf  (page consultée le 20 février 2015)

NANFAN, John, Deed from the Five Nations to the King of their Beaver Hunting Ground, [En ligne], http://www.sixnations.ca/LandsResources/NanFanTreaty.pdf (Page consulée le 23 février 2015)

RICHARD, John, Aboriginal Educationin Quebec: A Benchmarking Exercise, [En ligne], http://www.cdhowe.org/pdf/Commentary_328.pdf (consulté le 9 février 2015)

 

  1. Notes de cours

DERET, Anne. Notes de cours : Session automne 2012, Montréal, 2012

LAFERTÉ, Nathalie. Recueil de textes et notes de cours : Session automne 2013, Montréal, 2013

LAFERTÉ, Nathalie, Recueil de textes et notes de cours : Session hiver 2014, Montréal 2014

 

  1. Publications gouvernementales

CANADA, AFFAIRES AUTOCHTONES ET DÉVELOPPEMENT DU NORD CANADA, L’histoire des traités au  Canada, Gatineau, 2011, 14 p.

CANADA, AFFAIRES AUTOCHTONES ET DÉVELOPPEMENT DU NORD CANADA, Les traités conclus avec les Autochtones au Canada, Ottawa,  2010

CANADA, BIBLIOTHÈQUE DU PARLEMENT, Les autochtones : Historique des lois discriminatoires à leur endroit, Ottawa,  1987, révisé en 1991, 26 p.

CANADA, Gouvernement du Canada, Affaires autochtones et développement du Nord, Les Premières nations au Canada, 17 octobre 2013 [En ligne], https://www.aadnc-aandc.gc.ca/fra/1307460755710/1307460872523 (page consultée le 13 février 2015)

CANADA, Statistiques Canada, Les peuples autochtones au Canada : Premières nations, métis et Inuits, 2011, [En ligne] http://www12.statcan.gc.ca/nhs-enm/2011/as-sa/99-011-x/99-011-x2011001-fra.cfm (page consultée le 13 février 2015)

 

 

Conclusion

En somme, le portrait actuel des Autochtones au Québec est complexe et difficile à définir en seulement quelques lignes. Nous avons vu dans la première partie de ce travail que l’arrivée des Européens en Amérique a grandement bouleverser les habitudes de vie des Amérindiens et que les diverses tentatives d’assimilation ont laissées des séquelles permanentes aux Autochtones. De plus, nous avons vu que le racisme envers les Premières nations, qui remonte à l’époque des premiers colons, est encore très présent et se fait ressentir dans diverses milieux comme l’éducation et la santé. Outre le racisme, d’autres problèmes majeurs, d’ordre principalement économique et politique, affectent l’éducation que reçoivent les Amérindiens. Cependant, ceux-ci font preuve d’une persévérance incroyable et réussisse à garder leur culture et leur langue en vie, tout en se battant pour des services de qualités.

Dans la seconde moitié du travail, nous avons pu constater que l’identité amérindienne est complexe et difficilement définissable. De plus, nous avons pu constater, grâce à une brève historique des lois et des traités, que les relations politiques entre les gouvernements et les autochtones ont toujours été complexe, mais que peu à peu les relations s’améliorent. Cependant, plusieurs mouvements luttent encore pour une meilleure gestion du territoire et faire reconnaitre leur souveraineté sur celui-ci. Finalement, il y a une lueur d’espoir quant au partenariat économique entre les allochtones et les autochtones, tel que démontré par la Convention de la Baie James et du Nord québécois. Malgré la diversité des problèmes et des domaines connexes à ceux-ci, les solutions semblent se regrouper en deux catégories principales, soit une meilleure collaboration entre les gouvernements et les peuples autochtones, et l’obtention d’une réelle autonomie politique pour ceux-ci. Alors, malgré toutes les difficultés vécues, nous voyons que les Autochtones persévèrent et continuent de lutter pour de meilleures conditions politiques et de vie, Il sera donc intéressant de voir l’évolution des relations entre les autochtones et les gouvernements sachant que des élections fédérales arrivent à grands pas et qu’un nouveau gouvernement pourrait être élu.

Réalisé par Christophe Tellier

Éditorial

Chaque pays, État ou nation est composé de divers groupes culturels aux origines distinctes ayant chacun leur apport au développement de leur milieu de vie. Au Québec, comme au Canada ainsi que dans la majorité de pays issus de la colonisation, la mosaïque culturelle, qu’elle soit composée d’origines récentes ou lointaines, est très importante. Les Premières Nations du Canada se sont établis sur le territoire bien avant que celui-ci devienne un pays. Par contre, ce n’est que récemment dans l’histoire qu’ils ont été reconnus comme peuple indigène et que leurs revendications territoriales ainsi que leurs droits fondamentaux ont commencé à être pris en compte. En tant que citoyens canadiens et québécois, grand nombre d’entre nous ignore les conditions dans lesquelles les Autochtones vivent de nos jours ainsi que les enjeux auxquels ils font face quotidiennement. C’est donc dans cette optique que nous sommes allés, en avril 2015, dans la communauté Atikamekw de Manawan au Québec, située au Nord-Ouest de la municipalité de Saint-Michel-des-Saints dans la région administrative de Lanaudière. Ce périple de courte durée en territoire Atikamekw a eu pour but de nous permettre d’en apprendre davantage quant à la culture et à la réalité de cette communauté Autochtone par le biais de l’observation et de rencontres. De plus, cette visite nous a permise d’alimenter les recherches préalablement faites quant à la question autochtone. Cette recherche s’est effectuée dans le cours de Démarche d’intégration des acquis.

 

Le but principal de ce cours est de démontrer l’utilisation des capacités de rétention, de transfère et de métacognition illustrant nos connaissances et nos apprentissages au cours de nos études collégiales en sciences humaines. À cet effet, la rétention consiste en une rétrospective des savoirs acquis au cours de nos études, que ce soit dans nos cours de sociologie, de géographie, de politique, d’économie ou de psychologie. Cette dernière ne serait primordiale si elle n’était pas complémentée par le transfert des concepts et des connaissances acquise dans les cours mentionnés ci-haut. Le transfert permet d’intégrer et de développer des liens entres différents sujets par le biais de savoirs provenant de différents domaines, ainsi que de les appliquer dans d’autres contextes, comme par exemple, d’user de concepts appris en sociologie et en politique pour comprendre et illustrer davantage la situation des autochtones au Québec. Enfin, la métacognition permet d’effectuer l’analyse des habiletés de chacun d’effectuer les actions précédentes. La métacognition constitue donc le pilier des parties individuelles composant ce rapport préliminaire. Le sujet de recherche sur lequel porte ce rapport est le suivant : représenter les différents enjeux et les diverses conditions de vies de la population Autochtone du Québec. Les questionnements ayant mené à l’élaboration de ce sujet sont étroitement liés aux enjeux auxquels les autochtones font face actuellement. Autrement dit, les questions à l’origine de cette recherche sont celles du racisme, de la toxicomanie et des dépendances, des droits, de l’éducation, des revendications territoriales, la perte d’identité et des relations économiques entre les autochtones et les allochtones, pour en nommer quelques uns. L’objectif principal de nos recherches consiste en la construction d’un portrait actuel de la réalité des Autochtones en territoire québécois. Ainsi, nous sommes pour une valorisation de l’autonomie des autochtones tant au niveau législatif, territorial, qu’éducatif.

 

Conclusion

Les organismes génétiquement modifiés font partie de notre quotidien sans même qu’on le sache créant ainsi plusieurs controverses dans le monde actuel de l’agriculture. L’Homme voulant permettre à l’humanité une meilleure stabilité agroalimentaire, a créé des organismes dont nous avons joué avec la génétique pour lui permettent d’être à son plus performant. Toutefois, cette avancée scientifique est la conséquence de la monopolisation agro-industrielle de la plus grande compagnie de semence au monde, Monsanto. En effet, cette multinationale amène l’agriculture à perdre toute signification sociale, environnementale et économique. Monsanto se dit être défenseur du développement durable, pourtant ses semences nourrissent la planète de manière à la tuer. Au tout début, Monsanto était une industrie qui développait des agents chimiques et qui s’est changé au fils des années en industrie de biotechnologique d’organisme génétiquement modifié. En plus d’être une méthode d’agriculture très nocive pour l’environnement, Monsanto contrôle entièrement la manière d’administration des agriculteurs qui achètent ses semences. L’influence de Monsanto est autant chez les petits paysans que chez les gouvernements, il arrive à les sensibiliser ses par ses nombreuses publicités mensongères que celui-ci diffuse. C’est par les actions sociales que les communautés internationales peuvent acquérir une autonomie dans le cadre de l’agriculture. En effet, les grandes organisations luttant contre Monsanto permettent aux concitoyens d’avoir un jugement plus clair sur les organismes génétiquement modifiés. En réalité, c’est grâce à ses organisations que plusieurs alternatives se mettent en place d’année en année. L’agriculture biologique est l’alternative la plus réalisable face à la lutte contre les OGM. Il faut également mentionner qu’un régime agraire national, étant une seconde alternative faisable, permettrait une plus grande souveraineté alimentaire aux communautés internationales. Le système mondial d’agriculture doit être repensé parce que présentement il y a trop d’inégalité socio-économique, trop de dommage à l’environnement et trop peu d’influence paysanne au sein des gouvernements. Il faut appliquer le concept de développement durable maintenant pour les générations futures qui auront besoin, eux aussi, de l’agriculture pour leur subsistance.

Entrevues avec les Atikamekws de Manawan: les points à retenir

D’abord, Annick Flammand qui est agente de liaison d’emplois et conseillère au Conseil de bande a souligné le fait que les jeunes ne voient pas de possibilités d’emplois dans la communauté. Malgré leurs efforts à développer l’entreprenariat, cela reste difficile puisqu’ils doivent toujours demander la permission car ils ne possèdent rien en ce qui concerne la réserve. Mme Flammand ajoutait que « si on veut sortir la nation de la pauvreté, il faut être autonomes ». Or, les gouvernements maintiennent la communauté dans un état de dépendance. Ensuite, Kevin Dubé et Thérèse Niquay affirmaient, concernant le territoire ainsi que la gestion et l’exploitation de ce dernier, qu’il manquait les outils nécessaires et que la traduction des préoccupations (connaissance de la langue Atikamekw, des territoires familiaux et importance des chefs de territoires dans la gestion territoriale) était inadéquate. Aussi, ils considèrent la cogestion comme une des meilleures solutions s’offrant à eux, en plus d’essayer de se créer des alliés en ce qui a trait à la protection de leurs milieux de vie. Parallèlement à cela, ils tentent de préserver le caractère sacré de leur territoire et que le manque de respect à ce dernier est pour eux une atteinte à leur dignité.

Évolution drastique du mode de vie autochtone

Blessures du passé chez les Autochtones

            Aujourd’hui, bien des choses ont changées chez les Autochtones. Ils vivaient en parfaite harmonie avec la nature, même si bien sûr ils vivaient certains conflits avec d’autres clans rivaux. Leur vie était pourtant équilibrée et ils vivaient bien selon leur culture, mais tout cela changea le jour où ils entrèrent en contact avec les colons qui arrivèrent par navires de l’Europe. En effet, l’exploration et la migration des européens sur les terres des Premières nations changera radicalement leurs vies à tout jamais.

            Tout a commencé au 16e siècle quand les Européens sont revenus en Nouvelle-France pour finalement s’installer sur ces terres dans le but de les coloniser. Le fait que les terres détenaient de nombreuses ressources en abondance, telles que des fourrures d’animaux que les Amérindiens chassaient et bien d’autres, avaient certainement attiré une grande quantité de marchands à venir s’y installer. Le contact entre les Européens et les Autochtones s’était fait très rapidement. Le temps de le dire, ils avaient déjà mis sur place un commerce de fourrures et de marchandises européennes. Puis, le temps avança, des colonies se créèrent, ainsi que des alliances avec les Premières nations afin de protéger leurs intérêts commerciaux.  Non seulement des alliances commerciales venaient d’être créées, mais peu de temps après ces alliances devenaient aussi militaires.  En effet, la traite des fourrures était très importante et rapportait beaucoup aux Européens, mais aussi aux Premières nations qui recevaient en échange des armes à feu, ainsi que des articles en fer. Lors des 16e et 17e siècles, il eut de nombreux conflits entre les Français et les Anglais dans le but d’avoir le plein pouvoir sur la Nouvelle-France (Affaires autochtones et développement du Nord, 2013). En effet, les Français avaient pour alliés les Atikamekws et les Anglais, les Iroquois. Cela créait encore plus de tensions entre les différentes familles autochtones qui voyaient une vraie rivalité quant aux territoires défendus par chacun.

            Entre 1760 et 1763, les Anglais avaient conquis l’ancienne colonie française grâce à leur régime militaire. C’est en 1763 qu’a été signé le traité de Paris qui faisait de la Grande-Bretagne l’heureux propriétaire de l’ancienne colonie française. Peu après était rédigée la Proclamation royale qui mettait sur papier certains termes au sujet de la vie politique, économique et territoriale du pays. La Proclamation royale était aussi surnommée « la grande charte amérindienne » et ce, d’après l’importance qu’on accordait aux Premières nations. Après les rébellions amérindiennes de Pontiac, le roi jugea qu’il était mieux de les laisser tranquille en leur laissant un vaste territoire qui servait de traite de fourrure et où ils pouvaient chasser et pêcher. Pour être certain que les colons des Treize colonies n’essaient pas de s’approprier le territoire autochtone, le roi stipulait que les Autochtones étaient sous sa protection (La Proclamation royale et ses conséquences, 2013).

Territoire amérindien que leur laissa le roi de Grande-Bretagne en 1763, lors du traité de Paris Source : Allô prof, http://bv.alloprof.qc.ca/histoire/histoire-et-education-a-la-citoyennete-(2e-cycle-du-secondaire)/le-changement-d'empire-(1760-1791)/la-proclamation-royale-(1763)-et-ses-consequences.aspx
Territoire amérindien que leur laissa le roi de Grande-Bretagne en 1763, lors du traité de Paris
Source : Allô prof, http://bv.alloprof.qc.ca/histoire/histoire-et-education-a-la-citoyennete-(2e-cycle-du-secondaire)/le-changement-d’empire-(1760-1791)/la-proclamation-royale-(1763)-et-ses-consequences.aspx

 

                  En cinquante ans à peine, les colons étaient plus nombreux que les Premiers peuples en Amérique. En effet, plus les colonies s’agrandissaient et plus elles réclamaient les terres appartenant aux Autochtones. C’est alors pour la première fois que les colonies vues les Premières nations non pas comme des alliées, mais plutôt comme un obstacle à leur croissance. Ces dernières se sont retrouvées peu à peu dépossédées des terres qui leurs appartenaient. Les Autochtones étaient désormais restreints à quelques petites parcelles de terre où régnait la pauvreté. Ces petites parcelles sont par la suite devenues des réserves autochtones.

           Vers 1820 débuta l’assimilation des Premiers peuples par les Européens. En effet, les Britanniques qui se croyaient nettement supérieurs décidèrent qu’il était de leur devoir de civiliser les Autochtones. Ils convertirent donc ces derniers au Christianisme et à l’agriculture, car selon eux, c’était la meilleure vie que tous pouvaient mener. Cela amena comme résultat la perte de leurs valeurs et de leurs modes de vie traditionnels, ainsi que la fin de leur vie nomade.

           Un peu plus tard en 1883, l’éducation des Premiers peuples se faisait désormais par l’intermédiaire des pensionnats dans le simple but de les civiliser et les assimiler. Dans ces pensionnats, les enfants autochtones apprenaient la même culture que les enfants canadiens. Ces derniers étaient forcés à renoncer à leurs langues, à leurs tenues vestimentaires, à leurs croyances spirituelles, ainsi qu’à leur mode de vie traditionnel. Les enfants autochtones commençaient l’école vers l’âge de 4 ans et finissaient à l’âge de 17 ans. À chaque année, ils passaient 10 mois consécutifs aux pensionnats et donc, pendant tout ce temps ils n’avaient aucun contact avec leurs familles. Lors de leur retour à la maison après la fin d’une année scolaire, ils se retrouvaient complètement perdus face à la culture canadienne qu’on leur avait imposée et la culture autochtone dont pratiquaient encore leurs parents. Cela n’affectait pas juste les enfants, mais aussi les parents car le gouvernement leur enlevait leurs enfants pendant des années et cela provoquait beaucoup de tension dans ces familles. Non seulement les enfants avaient perdu tous liens avec leur culture d’origine, mais aussi leurs noms. En effet, dans les pensionnats on gardait uniquement la première lettre de leur prénom à laquelle s’ajoutait ensuite un numéro (ex. : A250). De plus, on leur coupait tous les cheveux courts afin de tous les soumettre radicalement à la culture européenne. Ce geste était en quelque sorte un sacrilège pour la culture des Premiers peuples, car jamais on ne leur coupait les cheveux sans raison. Pour eux, les pensionnats furent dévastateurs. Le résultat final fut la perte complète de leur identité. On dénombre plus de 150 000 Autochtones, jusqu’à tout récemment en 1996, qui ont passés leur enfance dans ces pensionnats. Beaucoup de jeunes enfants dans ces pensionnats ont été abusés et même tués. En effet, d’après la Commission de vérité et réconciliation, on recense au total 4134 morts dans les pensionnats autochtones dans tout le Canada (Affaires autochtones et développement du Nord, 2013).

Période d'étude au pensionnat indien catholique de Fort Resolution,  dans les Territoires du Nord-Ouest, au début du 20e siècle   Photo :  Bibliothèque et Archives Canada/PA-042133  Source : http://ici.radio-canada.ca/nouvelles/National/2012/02/24/001-commission-verite-reconciliation-rapport-interimaire.shtml
Période d’étude au pensionnat indien catholique de Fort Resolution,
dans les Territoires du Nord-Ouest, au début du 20e siècle
Photo : Bibliothèque et Archives Canada/PA-042133
Source : http://ici.radio-canada.ca/nouvelles/National/2012/02/24/001-commission-verite-reconciliation-rapport-interimaire.shtml

 

           Pour revenir aux Européens qui les ont colonisés et assimilés, ils croyaient que le fait de les soumettre à une réforme sociale et de faire partie d’une société, plus avancée que la leur, leur permettrait quelques avantages meilleurs que celui de pouvoir continuer à pratiquer leur culture. Les colons se permettaient ainsi d’imposer bien des choses aux Autochtones, car ils se croyaient nettement supérieurs et avancés au niveau culturel (Les problèmes autochtones découlant de la colonisation de l’Ouest, 2012).

         Ce concept de supériorité qui les habite pourrait être définit comme étant de l’ethnocentrisme. Cela s’explique dans le fait que les colons européens ont privilégiés les valeurs et les normes propres à leur groupe d’appartenance pour ainsi en faire le seul modèle de référence et ensuite porter des jugements négatifs et dévalorisants sur les autres ethnies, dans ce cas sur les Autochtones (Laferté, 2014). Ainsi, les Européens avaient l’emprise sur les Premières nations et en ont grandement bénéficiés à leur profit. En effet, la colonisation a permis l’expansion en puissance des colonies en Amérique. Du point de vue des Autochtones, rien ne leur a vraiment été bénéfique. Au contraire cela leur a apporté plusieurs problèmes majeurs, dont le premier étant la perte de leurs droits et de leurs terres. Le second plus important est l’arrivée de multiples maladies qu’ont ramené les colons d’Europe. En effet, les Autochtones n’avaient jamais été exposés à des maladies, telles que la tuberculose et la petite vérole et donc n’avaient aucune immunité pour les combattre. Beaucoup ont alors succombés très rapidement des maladies rapportées d’Europe. De plus, ces maladies ont aussi servi d’arme biologique pour les Britanniques qui offraient des couvertes infectées aux Autochtones afin de les rendre inaptes au combat. Par la suite, le fait de vivre dans des réserves n’a pas aidé leur cause, car le contact était plus étroit puisque tous fréquentaient les mêmes lieux publics. C’est environ la moitié de la population autochtone au Canada qui s’est fait anéantir par les maladies à l’époque de la traite des fourrures (Les problèmes autochtones découlant de la colonisation de l’Ouest, 2012).

              Bref, les Autochtones ont été alliés aux premiers arrivants en Amérique, ce qui leur a permis d’échanger mutuellement des savoirs qui ont été bénéfiques pour les deux parties. Par contre, les Premières nations qui n’avaient pas la notion de possession de la terre, se sont faites colonisées et assimilées de plusieurs façons bien particulières qui résultent d’une perte de leur culture d’origine. De plus, même les générations actuelles subissent les conséquences du passé  et vivent de nombreux problèmes dans les réserves.

 

Coupure générationnelle chez les Autochtones

            La grande majorité des gens habitant au Québec, mais aussi partout ailleurs au Canada, ne se rendent pas nécessairement compte que la terre où ils habitent présentement était autrefois celle des Autochtones. En effet, peu de gens en connaisse au sujet des Premières nations qui occupaient le territoire bien avant nous. C’est dans le but de démystifier nos hypothèses à leur sujet que nous sommes allés à leur rencontre. Ce fut un court séjour, mais amplement suffisant pour faire de nombreuses constatations suite à nos recherches.

            Ces gens ont un lourd passé que très peu connaisse en détail et qui leur amène aujourd’hui de nombreux problèmes sociaux et culturels. Afin de comprendre leur vie actuelle il est d’une grande importance de connaître leur culture d’origine. Tout d’abord, puisqu’il y a de nombreuses familles autochtones au Canada et que leur culture varie selon leur langue, ainsi que leur position géographique, il sera alors plus précisément question de la culture et de l’histoire des Atikamekws.

            Pour commencer, les Atikamekws font partie de la famille algonquienne. Atikamekw signifie « poisson blanc » faisant référence à la pêche, qui constituait autrefois une des sources premières de leur alimentation. Ce dernier était un peuple nomade qui subsistait de la cueillette de petits fruits, de la chasse et bien évidemment de la pêche. Ces derniers n’avaient pas besoin de beaucoup, car les ressources que leur offrait la nature répondaient amplement à leurs besoins matériels, ainsi que spirituels (Gouvernement du Canada, 2013). Il existe trois communautés atikamekws soit, Manawan, Opitciwan et Wemontaci. Toutes les trois étaient autrefois des postes de traites de fourrures. Il y a de cela plusieurs années, ces communautés vivaient dans des maisons longues, un peu en forme de dôme, qu’ils recouvraient d’écorces et où l’intérieur était recouvert de sapinage et de fourrures afin de créer un isolant assez chaud pour les intempéries.

Profil des communautés Autochtones au Québec Source : www.aadnc-aandc.gc.ca
Profil des communautés Autochtones au Québec
Source : www.aadnc-aandc.gc.ca

 

            À l’époque, leur survie dépendant de la confection d’habits adéquats selon les saisons, mais aussi d’équipements de chasse. Ils confectionnaient tout à la main à partir des ressources  que la nature avait à leur offrir. Tous leurs habits et équipements étaient faits à partir de techniques artisanales. On y retrouvait beaucoup de couleurs et de dessins ayant tous des significations particulières (Conseil des Atikamekw d’Opitciwan, 2008-2009). De plus, décorer leurs habits était un rite de passage qui se préparait longtemps à l’avance en attendant l’arrivée d’un événement bien spécial. Ce n’est pas n’importe quel individu de la communauté qui pouvait participer à un pow wow et même encore aujourd’hui. En effet, le rite de passage pour y avoir accès est long et nécessite de la patience. Il faut durant une année complète confectionner son propre costume en y incorporant une bille à chaque jour, pendant 365 jours. Tous leurs costumes traditionnels sont perlés et pour les danseurs, il y a en plus une coiffe de porc-épic, des os et des plumes qui y sont ajoutés. Durant cette célébration, les danseurs dansent au rythme des tambours. Le pow wow est très important, car il rassemble toute la communauté et les mets en lien avec leur spiritualité (Magasine Mikuen, 2010).

            Aujourd’hui, il y a toujours de telles célébrations et rites de passage dans les réserves atikamekws. À la suite de la rencontre de monsieur Moer, un aîné de la communauté qui consacre sa vie à l’artisanat et la danse lors de pow wow, nous avons pu comprendre que les jeunes s’intéressent de moins en moins à leur culture traditionnelle. M. Moer nous dit qu’il est le seul danseur de la communauté de Manawan et qu’il a beaucoup de misère à essayer de former un groupe de jeunes danseurs pour les prochains événements à venir. Lui-même ayant vécu loin de sa famille, au pensionnat pendant plusieurs années étant enfant, croit que le problème part de la perte d’identité chez les jeunes autochtones. L’évolution forcée et trop rapide du peuple autochtone en serait la cause principale. En effet, de nos jours, les jeunes ne se fient qu’à la technologie. Si par exemple leur bateau à moteur ne fonctionne plus, ils ne prendront pas un canoë d’écorce traditionnel pour aller pêcher, ils préfèreront ne pas y aller et attendre d’avoir un autre bateau à moteur. On voit là l’esprit de consommation qu’ils partagent aujourd’hui. Il y a beaucoup moins de retour aux sources chez les nouvelles générations, nous dit Annick Flamand qui travaille au Conseil de Bande. Elle croit tout de même que les jeunes s’intéressent à certains aspects de leur culture.

            La spiritualité était un élément très important dans leur vie. Le peuple atikamekw vivait en parfaite harmonie avec l’environnement dans lequel il vivait. Tout était précieux et méritait le respect. Encore aujourd’hui, les valeurs que l’on retrouve dans les communautés atikamekws sont l’entraide et le respect. Tous se connaissent et n’hésitent pas à rendre service à leurs voisins et à leurs proches. Dans la culture atikamekw, tous les savoirs ainsi que la langue étaient transmis oralement par les aînés. Ce n’est que récemment que l’on a mis par écrit la langue atikamekw, qui n’est pas tout à fait exacte vu la francisation que l’on en a faite. Malheureusement, de nos jours les aînés ne transmettent plus leurs savoirs aux jeunes dus à leur désintérêt. Ce phénomène chez les jeunes est dû à l’arrivée de la technologie, ainsi que de nombreux problèmes sociaux tels que la perte d’identité affirme Jolianne Ottawa, qui travaille comme infirmière au Centre de Santé de Manawan, lors de notre rencontre. Les aînés n’ont plus la même importance qu’autrefois. Ils sont parfois envoyés à l’hôpital de Joliette pour certains besoins et souvent ils terminent leur vie loin de leur famille. C’est une situation très commune et difficile pour les aînés mentionne Mme Ottawa. Afin de résoudre ce problème, Mme Annick Flamand nous explique que tous travaillent fort au Conseil de Bande pour essayer d’avoir une maison dans la communauté pour les aînés afin qu’ils ne se retrouvent pas loin de leur famille. L’ennui c’est que c’est très difficile d’amener un tel projet à terme dû au manque de financement de la part du gouvernement.

           Même rendu en 2015, certaines personnes croient toujours que les peuples autochtones vivent de ce mode de vie où tout était construit à la main avec les ressources qu’ils trouvaient en pleine nature. La grande majorité ne fait même pas la distinction entre les différentes cultures des différentes familles autochtones. Pour eux, ce sont tous des gens peu évolués qui vivent encore dans des tipis et qui sont vêtu de peaux d’animaux qu’ils ont eux-mêmes chassés. Tout cela est bien évidemment faux, ils sont aussi évolués que nous qui ne vivons pas dans des réserves. Il n’y a pas de distinction entre leur habillement et leur maison qui sont comme les nôtres. Ils ont accès à Internet et sont tous aussi sur les réseaux sociaux, ce qui leur facilite énormément les communications et ce, surtout avec ceux vivant à l’extérieur du territoire atikamekw. Ils sont au même niveau que nous pour la technologie et sont même, comme nous, pris dans un cercle vicieux de la consommation de masse, ce qui contribue malheureusement à la perte de leur culture. Pour ce qui est de l’accès à Internet, les opinions sont partagées au sujet du fait que cela peut être autant bénéfique que mauvais pour les communautés. En effet, certains voient une opportunité de s’ouvrir au monde extérieur et de s’épanouir en acquérant de nouvelles connaissances. D’autres le perçoivent comme une menace pour leur langue et culture qui  intéresse de moins en moins les jeunes. C’est majoritairement les aînés qui craignent les méfaits de la technologie dans leur communauté.

           Les Atikamekws se retrouvent présentement dans une situation difficile et vivent de nombreux problèmes sociaux. Ils vivent un choc d’identité depuis les pensionnats qui leur ont interdits de pratiquer leur culture afin de les assimiler à celle des colonisateurs européens. On perçoit nettement tout le dommage qu’a causé ce processus d’assimilation chez ce peuple. On retrouve dans les réserves beaucoup de problèmes liés à la violence, l’alcool, la toxicomanie, la pauvreté, le décrochage scolaire, ainsi qu’un taux de suicide très élevé chez les jeunes. En ce qui concerne le suicide, il est  au moins deux fois plus élevé chez les jeunes autochtones que dans le reste de la population canadienne. En effet, « pour les Autochtones, le suicide témoigne de la détresse des jeunes. De 10 ans à 29 ans, les jeunes autochtones dans les réserves sont 5 à 6 fois plus à risque de mourir de suicide que leurs semblables faisant partie de la population générale » (Laurence J. KIRMAYER, Gregory M. BRASS, Tara HOLTON, Ken PAUL, Cori SIMPSON et Caroline TAIT, 2007). Il existe un type de suicide bien spécifique dans leur cas. Il s’agit du suicide anomique qui a pour cause une trop grande désintégration du groupe d’appartenance, due au changement radical qu’ils ont vécu (Laferté, 2013). En seulement 50 ans, ils ont passés des tipis à la modernité, ce qui a pour résultat la perte de leurs repères culturels. Les pensionnats ont grandement contribués à cette perte d’identité, qui même encore aujourd’hui affecte les jeunes et les poussent à commettre cet acte. Ce phénomène est intimement lié à une anomie sociale. Ce terme, venant du sociologue Émile Durkheim, désigne un manque d’ordre social d’après l’absence de règles, ainsi qu’un manque d’intégration au sein de la société. Selon Durkheim, « il se trouve une possibilité qu’il y ait une relation entre les conditions sociales de l’individu et le suicide. Le suicide anomique peut survenir dans une société où sévit un manque d’ordre collectif en raison des changements sociaux radicaux auxquels elle est soumise » (Laurence J. KIRMAYER, Gregory M. BRASS, Tara HOLTON, Ken PAUL, Cori SIMPSON et Caroline TAIT, 2007). Le suicide n’est qu’un seul problème parmi tous ceux qui touchent les peuples autochtones et ce, en raison de la suppression de leurs droits il y a déjà plusieurs années de cela.

          Ceux-ci qui étaient autrefois les tout premiers habitants de l’Amérique ne représentent aujourd’hui qu’une très mince partie de la population canadienne. En effet, selon une enquête effectuée sur les ménages au Canada, par Statistiques Canada, seulement 4,3% de la population canadienne totale sont des personnes d’identité autochtone, ce qui représente 1 400 685 individus sur un grand total de 35 158 300 Canadiens en 2011 (Statistiques Canada, 2011). On peut donc concevoir que ces peuples autochtones soient en minorité, non seulement par leur nombre, mais aussi par le fait qu’ils soient mis à l’écart et contrôlés par la société due à une sévère discrimination (Laferté, 2014). Leur minorité et leur écart du reste de la population sont d’une part visibles du fait qu’ils vivent dans des réserves. Ils sont peut-être une minorité à l’échelle du Canada, mais si l’on jette un coup d’œil de plus près dans les réserves, ce sont des communautés qui ne cessent d’augmenter en nombre. À Manawan, on dénombre plus de 2 154 Atikamekws habitant la réserve et ils sont de plus en plus nombreux au cours des années (Les Nations, 2012). La raison est simple, il y a énormément de jeunes filles qui tombent enceintes. Il n’est pas rare de voir une jeune fille de 17 ans qui attend un enfant, nous dit Annick Flamand ayant elle-même vécu cette situation. De plus, la moyenne d’enfants par femme est de cinq enfants, ce qui est énorme et fait augmenter rapidement le nombre d’habitants dans la communauté. Cela résulte d’une population nombreuse et aussi très jeune. En effet, les jeunes représentent un beaucoup plus grand pourcentage que les adultes et les aînés dans les réserves (Statistiques Canada, 2011). En effet, d’après madame Flamand, environ 60% de la population de Manawan est âgée de moins de 35 ans.

Érika Palamaro
Érika Palamaro

          Cela amène un autre gros problème dans ces communautés, qui se trouve à être le surpeuplement. En effet, il n’est pas rare de voir dix personnes vivent dans une seule maison. Parfois les jeunes n’ont même pas de lit, ils doivent attendre leur tour pour aller à la salle de bain le matin pour se préparer avant d’aller à l’école et arrivent même en retard, nous raconte le directeur de l’école secondaire de Manawan, M. Vollant. En effet, la situation des jeunes est bien particulière là-bas et il faut être-là le plus possible pour eux, car il est très facile de décrocher de l’école.

        Ces gens ont longtemps et sont encore soumis au Gouvernement qui maintient un esprit de dépendance grâce à la loi sur les Indiens. Les Autochtones sont dans une situation où l’une des seules façons  de s’en sortir est de quitter la réserve, chose que très peu d’entre eux ont le courage de faire, car ils ne veulent pas quitter leur famille et la réserve reste quand même leur chez soi. Même si plusieurs jeunes partent étudier ailleurs pour leurs études collégiales, universitaires ou pour faire un diplôme d’études professionnel, ils reviennent dans leur communauté dans le but de rester avec leur famille et de s’y trouver un emploi, mais malheureusement dû au manque d’emploi dans les réserves ils tombent sur l’aide sociale. Annick Flamand mentionne le fait qu’il est certain que bien des gens de la communauté aimeraient déménager pour leur permettre de s’épanouir, mais ils restent pour aider la communauté qui est dans le besoin. L’autre solution serait que ces communautés acquièrent leur propre indépendance, car pour l’instant ils ne peuvent rien faire pour améliorer la vie de tous dans les réserves dues au manque de financement de la part du Gouvernement.

              En gros, la situation à ce jour dans les réserves n’est vraiment pas facile. En effet, l’empêchement de pratiquer leur culture, la perte de leurs terres et de leurs droits, ainsi que la modernisation trop rapide ont été des facteurs décisifs en ce qui concerne la perte d’identité chez la population autochtone. Ces gens sont confinés dans les réserves avec tous leurs problèmes. Les intervenants que nous avons rencontrés à Manawan nous on fait comprendre que tous se serrent les coudes pour essayer de mettre sur place plusieurs projets qui contribueraient à améliorer la vie de tous les habitants de la réserve. Ils ne manquent pas d’initiatives, mais ils manquent plutôt de financements et d’aide de la part du Gouvernement. Voilà donc où le problème réside. Malgré tout, nous avons pu remarquer que les Atikamekws sont un peuple fier de leur culture et solidaire entre eux et ce, même s’ils vivent avec les nombreuses blessures du passé qui les affectent encore aujourd’hui.

Stéphanie Collado

Médiagraphie

AAM, Mirko et al., «Les impacts des plantes transgéniques dans les pays en voie de développement et les pays en transition», Revue européenne des sciences sociales, [En ligne], http://ress.revues.org/493 (page consulté le 13 avril 2015)

AGAZZI, Isolda., « En pleine crise alimentaire, le monde selon Monsanto», infoSud Tribut des Droits Humains, 2008,[En ligne], http://www.infosud.org/En-pleine-crise-alimentaire-le,6238 ( Page consultée le 17 avril 2015)

Agriculture biologique : l’avenir, [En ligne], http://www.greenpeace.org/france/fr/campagnes/agriculture-ecologique/solutions/ (Consulté le 19 février 2015)

BOURG, Dominique. « Développement durable », Encyclopædia Universalis, [En ligne], http://www.universalis.fr/encyclopedie/developpement-durable/ (Consultée le 20 mars 2015)

BOSELEY, Sarah. «Renowned cancer scientist was paid by chemical firm for 20 years», The Guardian, 8 décembre 2006, [En ligne],   http://www.theguardian.com/science/2006/dec/08/smoking.frontpagenews, (Page consultee le 15 février 2015)

BRÉVILLE Benoît et BULARD Martine. « Personne ne veut les OGM, sauf les industriels », Monde diplomatique, [En ligne], http://www.monde-diplomatique.fr/2003/04/GEORGE/10086 (Consulté le 20 février 2015)

CANADA, Ontario, Les ministère de l’agriculture, de l’alimentation et des affaires rurles, Introduction à l’agriculture biologique, [En ligne], http://www.omafra.gov.on.ca/french/crops/facts/09-078.htm (Consultée le 16 février 2015)

CANET, Raphaël. «Susan George. Leurs crises, nos solutions», résumé critique, Journal alternatives, 1 novembre 2011, [En ligne], http://journal.alternatives.ca/spip.php?article6431, (Page consulté le 2 mai 2015)

CENTER FOR FOOD SAFETY, <<Monsanto vs U.S  Famers  Report >>,[En ligne],2005, www.centerforfoodsafety.org/search/monsanto-vs-us-farmers-reports , (Page consultée le 27 mars 2015)

CHAMPION Emmanuelle et GENDRON Corinne. «  « Le développement durable » selon Monsanto», [En ligne], 2004, http://www.crsdd.uqam.ca/Pages/docs/29_Le_developpement_durable_selon_Monsanto.pdf (Consulté le 16 février 2015)

COMBAT  MONSANTO, Pour que le monde de Monsanto ne devienne jamais le nôtre, [En ligne], http://combat-monsanto.org/  ( Page consultée le 13 fevrier 2015)

DESMARAIS Noémi,<< Le monde selon Monsanto:Bientôt à l’affiche dans une Assemblée nationale près de chez vous? >> dans MediaTerre, 2009,[Enligne], http://www.mediaterre.org/canada-quebec/actu,20090511101949.html  (Page consultée le 13 avril 2015)

« Fonds documentaire dynamique sur la gouvernance des ressources naturelles de la planète », Réformes Agraires dans le Monde, [En ligne], http://www.agter.org/bdf/fr/thesaurus_dossiers/motcle-dossiers-19.html

FAO,Prix élevés des denrées alimentaires: 75 millions de personnes viennent grossir les rangs de ceux qui ont faim, 2008 , [En ligne],  ftp://ftp.fao.org/docrep/fao/011/i0291f/i0291f02.pdf  (Page consultée le 20 avril 2015)

GÉNÉREUX, Jacques. « Les vraies lois de l’économie : la loi de l’avantage politique comparé», Alternative économiques, [En ligne],  http://www.alternatives-economiques.fr/les-vraies-lois-de-l-economie–16—-la-loi-de-l-avantage-politique-compare_fr_art_155_16534.html

GREENPEACE. «L’étiquetage des OGM n’est pas un mythe!», dans  Greenpeace nos campagnes, [En ligne], http://www.greenpeace.org/canada/fr/campagnes/ogm/Ressources1/Faits-saillants/Letiquetage-des-OGM-nest-pas-un-mythe/  (Page consultée le 18 avril 2015)

GUILMO, Eva et al., «Coton Bio ou coton BT: Une solution pour les paysans pauvres?», [En ligne],  http://www.museum.agropolis.fr/pages/savoirs/cotontransgenique/rapport_controverse.pdf (page consulté le 13 avril 2015)

« Impacts des OGM sur l’environnement et la santé : les preuves. », GREENPEACE, [En ligne], http://www.greenpeace.org/france/PageFiles/266577/les-impacts-des-ogm-sur-l-envi.pdf (Consultée le 16 février 2015)

JEANMART, Monique.  « La faim : un tueur silencieux», ATTAC-QÉBEC bulletin, 25 mai 2009, [En ligne], http://www.quebec.attac.org/spip.php?article539, (Page consultée le 20 avril 2015)

LES AMIS DE LA TERRE, mobiliser résister transformer,[Enligne], http://amisdelaterre.org/ ,(consulté le 15 avril 2015)

MICHAUD, Dominique, « Impact environnemental des cultures transgéniques cultivées au Québec », [En ligne], http://www.mddep.gouv.qc.ca/biodiversite/biosecurite/PARDE-02-11.pdf (Consultée le 16 février 2015)

Monsanto, [En ligne], http://www.monsanto.ca/Pages/default.aspx (Consulté le 15 février 2015)

NASS Meryl, < <Monsanto’s Agent Orange: The Persistent Ghost from the Vietnam War >>, Organic Consumers Association, 2002, [En ligne],   https://organicconsumers.ord/old_articles/Monsanto/agentorange032102.php

NOISETTE Christophe, << le Monsanto Protection Act ne sera pas prolongé >>, infOGM, 2013 [En ligne],http://www.infogm.org/ETATS-UNIS-Le-Monsanto-Protection

NOISETTE Christophe, <<Brésil- La justice refuse à Monsanto le droit de prélever des royalties sur le soja GM >>, infOGM, 2012[En ligne],http://www.infogm.org/BRESIL-La-Justice-refuse-a (Page consultée le 17 avril 2015)

NYU SCHOOL OF LAW,«Every Thirty Minutes: Farmer Suicides, Human Rights, and the Agrarian Crisis in India» , Center for Human Rights and Global Justice & International Human Rights Clinic, 2011,[En ligne] ,  http://www.chrgj.org/publications/docs/every30min.pdf

OMG  GOUVERNEMENT DU QUÉBEC, Source d’information sur les organismes génétiquement modifies, [En ligne], http://www.ogm.gouv.qc.ca/index.htm (Page consultée le 20 avril 2015)

PARSAI Gargi, «Area under Bt cotton expands; NGOs decry government propaganda»,

Dans The Hindu, 27 juillet 2011,[ En ligne],  http://www.thehindu.com/todays-paper/tpnational/article2297527.ece (Page consultee le 20 avril 2015)

PELLETIER, Réal., La Presse d’ailleurs, «Mine de rien, le nombre absolu d’affamés dans le monde a recommencé à grimper», dimanche 27 juin 2004

PETIT, Michel. «L’adoption en moins de dix ans du coton BT en Inde: un record mondial», [En ligne], http://cairn.info/article_p.php?ID_ARTICLE=QUAE_PETIT_2011_01_0047 (page consulté le 13 avril 2015)

ROBIN, Marie- Monique. «Richard Doll travaillait secrètement pour l’industrie chimique», Arte blogs, 8 septembre 2012, [En ligne ] , http://www.arte.tv/sites/fr/robin/2012/09/08/richard-doll-travaillait-secretement-pour-lindustrie-chimique/ ( Page consultée le 18 avril 2015)

ROBIN, Marie-Monique. Le Monde selon Monsanto, une collaboration de France-Canada-Allemagne, Production Thalie et ARTE France et ONF, 2008, 109 minutes

SEELOW, Soren. « Monsanto, un demi-siècle de scandales sanitaires », Le Monde, numéro et article inconnu, 2013 (Consulté le 20 février 2015)

SOMMET MONDIAL DE L’ALIMENTATION, << Une déclaration du forum des ong adressée au sommet mondial de l’alimentation>>, 1996,[Enligne], http://www.fao.org/wfs/begin/paral/cngo-f.htm

STELLMAN, J.M et al., < <The extent and patterns of usage of Agent Orange and other herbicides in Viêt Nam >>, Nature, volume 422, avril 2003, [En ligne], http://www.nature.com/nature/journal/v422/n6933/full/nature01537.html  (Consulté le 13 avril 2015)

SUISSE, Confédération suisse, Office fédérale de l’agriculture OFAG, [En ligne], http://www.blw.admin.ch/themen/01037/index.html?lang=fr (Consulté le 20 février 2015)

VIA CAMPESINA, La voix des paysans et paysannes du monde, ,[Enligne] , http://viacampesina.org/fr/ ,(Page consultée le 11 avril 2015)

ZACUNE, Joseph. « Combattre Monsanto : Résistance populaire au pouvoir de l’industrie agroalimentaire à l’heure de ‘l’économie verte’ et du changement climatique », [En ligne], 2012, http://www.viacampesina.org/downloads/pdf/fr/Monsanto-Publication-FR-Final-Version.pdf, (Consulté le 24 février 2015)

ZIEGLER, Jean. « Le massacre de la faim se déroule dans une normalité glacée», L’Humanité, 5 février 2011, [En ligne],  http://www.radio-canada.ca/ nouvelles /ScienceSante/2006/06/ 02/024 accueil-planete-sida.shtml,   ( Page consultée le 17 avril 2015)

 

 

Nos recommandations

Suite à nos recherche, nous proposons les recommandations suivantes:

Étant donné la prévalence du système capitaliste dans un contexte de mondialisation grandissante, le Forum social mondial propose que« l’agriculture soit exclue du champ de négociations de l’OMC» (Ramonet, 2003, p.197). Ainsi, les intérêts des citoyens prélaveraient sur ceux des multinationales et l’OMC (Organisation Mondiale du Commerce) ne pourraient pas intervenir. Nous recommandons que chaque pays ait le droit d’ouvrir son marché ou non, et ainsi mettre en place des mesures protectionnistes, tels des quotas sur les importations, l’instauration de normes abusives ou encore de politiques d’achat préférentiels, dans le but de protéger leur marché national et leurs agriculteurs. De plus, nous recommandons la promotion d’une bonne gouvernance qui défend les intérêts des citoyens, et non pas ceux des multinationales (Laferté, 2015). Pour ce faire, nous incitons les citoyens à s’exprimer, se mobiliser, car c’est ainsi que nous pouvons transformer notre milieu et nous faire entendre. Plus concrètement, nous proposons la création d’un comité dédier à la promotion de l’altermondialisation qui soit composé de citoyens engagés.

 
Étant donné le manque de soutient agricole des gouvernements mondiaux, la IFOAM (International Federation of Organic Agriculture Movements) doit travailler davantage sur un aide au développement des secteurs agricoles biologiques afin de guider les agriculteurs dans une bonne position et dans des programmes adaptés pour eux qui leur permettraient de travailler en collectivité tout en échangeant leurs connaissances agricoles. La IFOAM doit également travailler sur plus de mouvements biologiques pour informer la population mondiale de la situation agricole présente, et promouvoir en finançant des projets agricoles de proximités et de collectivités comme des jardins biologiques communautaires.

 
Étant donné le manque de réglementations des gouvernements à travers le monde en matière d’agriculture biologique, la FAO doit promouvoir un système de normalisation pour amener les gouvernements des pays développés à imposer des politiques en faveur de l’agriculture biologique puisqu’ils sont les grandes puissances dans le domaine agraire. La FAO doit permettre une meilleure accessibilité de l’information agricole en fournissant un soutien technique au pays en besoin. Il est dit que l’agriculture urbaine biologique donnait plusieurs opportunités d’emploi, ainsi la FAO doit mettre en place des programmes pour introduire ce type d’agriculture dans des lieux défavorisés tel que le Libéria ou le Burkina Faso.

 
Étant donné que le Canada ne s’intéresse pas au développement durable en agriculture, la MAPAQ (Le ministère de l’Agriculture, des Pêcheries et de l’Alimentation du Québec) doit mettre en place un système alimentaire durable par l’éducation et sensibilisation collective. Ainsi, la MAPAQ doit financer des projets d’agriculture urbaine biologique qui nous permettrait d’être autonome en matière agricole tout en nous assurant une sécurité alimentaire.

 

Étant donné que la multinationale américaine Monsanto détient un monopole presque total, nous recommandons que l’ONU propose un projet de résolution à son Assemblée générale visant à rendre l’accès à l’alimentation un droit humain fondamental. Tous les pays de la planète doivent être visés par ce projet, mais particulièrement les pays développés de l’Occident comme les États-Unis, où siègent les quartiers généraux de Monsanto. En raison de la richesse disproportionnelle des occidentaux à celle du reste de la planète, on aimerait que la nourriture soit mieux répartit. Les occidentaux doivent arrêter de s’accaparer la richesse au détriment des pays moins bien nantis tels les pays d’Afrique comme le Libéria ou le Burkina Faso. Ce projet de résolution pourrait être bénéfique, dans l’optique où il procurerait un levier politique assez substantiel aux États qui ratifieraient cette résolution pour qu’ils aient le pouvoir de contraindre les entreprises privées, notamment Monsanto, à partager leur actifs avec les petits agriculteurs.

 
Étant donné la situation en Inde, le Ministère de l’environnement indien devrait mettre en place une réforme agraire afin de revoir les normes associées à ce secteur. Cette réforme contraindrait les entreprises privées comme Monsanto à revoir les composantes de leur produits nocifs pour l’environnement s’il veule espérer continuer à œuvrer en Inde, en raison des nouvelles restrictions. De plus, étant donné le monopole de Monsanto sur les semences, nous recommandons que le gouvernement indien fixe un prix auquel les semences devraient être vendues par les entreprises privées.

 

Étant donné le fait que le Canada s’avère être le quatrième plus grand cultivateur d’OGM au monde, on peut comprendre qu’une quantité énorme de produits génétiquement modifiés se retrouvent dans nos paniers d’épicerie. Cependant, il n’existe aucune norme visant à rendre l’étiquetage des produits transgéniques obligatoire au Canada.  En effet, la seule norme en vigueur à ce sujet est celle mise en place par Santé Canada, qui oblige l’étiquetage des aliments GM si ces derniers comportent un risque pour la santé. Cela signifie qu’une importante partie de la consommation des produits génétiquement modifiés a des risques de se faire à l’insu du consommateur lui-même. Pour mettre fin au règne de l’agro industrie, il faut minimalement savoir que notre nourriture contient des OGM !  Ce faisant, nous recommandons au Ministère de la Santé de mettre en place une loi obligeant l’étiquetage véridique, non trompeuse et claire  de chaque produit contenant des OGM.  Avec ou sans risque sur la santé, ces derniers engendrent des risques environnementaux et sociaux qu’il faut tout de même considérer. Pour faciliter la vérification de l’authenticité des étiquettes, nous recommandons également au gouvernement du Canada de mettre en place un système de traçabilité dans la chaîne alimentaire. Ainsi, il y aurait une garantie que les produits ont passés des tests dans des laboratoires indépendants. Dès lors, nous serons en mesure de s’assurer à 100% que nos aliments ne contiennent aucun OGM. Si les produits transgéniques sont éventuellement étiquetés, nous recommandons à toute la population de boycotter ces produits qui proviennent de multinationales qui s’enrichissent au détriment des autres (telle que l’entreprise de Monsanto). (Greenpeace,2009 ; OGM gouvernement du Québec , 2014)

Étude de cas: Séralini et ses rats

 L’expérience de Séralini

La question concernant les répercussions des OGM sur la santé des humains a été soulevée maintes fois, et ce, par plusieurs acteurs sociaux, mais personne n’avait vraiment réalisé une étude longitudinale permettant de les observer dans la réalité.  Le professeur Gilles-Eric Séralini a été le tout premier chercheur à rendre publique une étude de deux ans, contrairement à celles portant seulement sur 3 mois, préalablement réalisés par diverses firmes agroalimentaires (notamment par Monsanto). Cela a donc permis une plus grande fiabilité des données recueillies (car la durée de l’expérience était nettement prolongée), malgré que la véridicité des résultats qu’elle a dévoilés reste encore fortement controversée.  (Garlic, 2012)

L’étude a porté sur des rats, en raison que ces petits rongeurs affichent un système organisationnel des différentes composantes de leurs organismes très semblables à celui de l’humain. En effet, leur corps réagit  d’une manière très similaire à celui d’un humain et donc, serait porté à réagir tout aussi pareil. C’est pourquoi 200 rats albinos ont été utilisés pour la réalisation de cette étude, dont 100 mâles et 100 femelles. Monsieur Séralini et ses collaborateurs ont divisé cet échantillon en trois catégories bien différentes : une dans laquelle les rats ont été nourris avec du maïs NK603 et traité ou non avec l’herbicide Roundup, la seconde  dans laquelle les rats ont été nourris normalement, mais abreuvés avec de l’eau contaminée par trois doses différentes de Roundup, et finalement la dernière, où les rats n’étaient que simplement un groupe témoin, où ils mangeaient du maïs et buvaient de l’eau non modifiée. Dix groupes ont été formés à partir de ces trois catégories. Les résultats prélevés étaient renversants : les rats  faisant partie des deux catégories où le recours aux OGM était présent, démontraient à la fin de l’étude des anomalies non négligeables. Les rats mâles souffraient d’atteintes du foie et des reins, tandis que les femelles souffraient de tumeurs mammaires importantes. Les rats nourris par des OGM ont eu une espérance de vie plus courte que celle faisant partie de la normalité. Cette étude a été réalisée en quasi-clandestinité, car les chercheurs ont reçu les semences transgéniques de la part d’un lycée agricole canadien. En effet, ils voulaient éviter à tout prix d’avoir recours au fabricant Monsanto et à la participation des pouvoirs publics, de peur qu’ils tentent de leur mettre des bâtons dans les roues ou que cela ne soit pas aussi représentatif qu’ils s’étaient donnés comme objectif. (Sergent et Réju, 2012)

L’étude des rats du professeur Séralini a d’abord été publiée en 2012, dans la fameuse revue Food and Chemical Toxicology,  qui a ensuite décidé de la retirer, puisqu’elle remettait en cause la méthodologie utilisée lors de cette expérience. Deux reproches principaux ont été soulevés et appuyés notamment par Gérard Pascal (directeur de recherche et spécialiste de l’Inra de la sécurité alimentaire), soit d’une part, le nombre insuffisant d’animaux par lot (les dix groupes) et la souche des rats (Sprague-Dawley) qui était connue pour développer spontanément des cancers.  (Garlic, 2012)

Pour sa défense, le professeur Séralini, appuyé, par Dr Joël Spiroux affirme, en réponse à la première critique que l’échantillon de 200 rats, divisés en 20 rats par lot était exactement le même ratio lors de l’étude  de trois mois réalisés par la frime Monsanto, et défend qu’ils se sont davantage attardés sur les paramètres toxicologiques que ce dont avait effectué Monsanto. Aussi, le facteur économique a pesé dans la balance, car l’étude a couté 3.2 millions d’euros et pour travailler avec davantage de rats, il aurait fallu débourser une plus grande somme encore, ce dont ils ne pouvaient pas se permettre. En réponse au type de rats employé, les chercheurs ont expliqué que c’est la sorte de rats utilisés partout dans le monde servant spécifiquement aux recherches toxicologiques. En effet, il semble que ces rats sont reconnus pour être stables au niveau biologique et physique, ce qui permet de tirer de meilleurs résultats d’expériences en laboratoire. Selon ces derniers, l’étude à démontrer que les tumeurs des groupes traités se déclencherait dès le 4e mois et deviendrait significative au 11e et au 12e mois, ce qui correspond à l’âge de 35 à 40 ans chez les humains. Ce qui consiste une grosse différence, car la normalité de l’apparition de tumeurs chez les rats apparaitrait vers le 23e mois et le 24e mois. (Bertrand, 2012)

De plus, monsieur Séralini sème même le potentiel doute que le retrait de son étude dans la revue Food and Chemical Toxicology pourrait être en lien avec l’arrivée en 2013, d’un ex-cadre de Monsanto au sein du comité éditorial de la revue. En effet, il s’agit d’un dénommé Monsieur Goodman, biologiste de profession, et chargé dorénavant de participer activement en donnant son avis sur les articles dont le sujet est les biotechnologies. Par contre, ce dernier est un ex-travaillé de Monsanto, et plusieurs traces de sa carrière laisse entendre qu’il tente « de convaincre les gouvernements d’adopter des es méthodes d’évaluations des risques peu contraignantes pour les firmes commercialisant OGM » (Sergent et Réju, 2012, p. 19). À ce sujet, monsieur Spiroux déclare : « On n’a pas de preuve écrite que c’est Goodman qui a mené la danse, mais on n’est pas niais, on sait comment les messages passent, dans un bon restaurant » (Sergent et Réju, 2012, p. 19), phrase qui laisse place à bien des sous-entendus.

Heureusement pour Séralini et ses chercheurs, cette étude a revu le jour dans la revue Environmental Sciences Europe (groupe Springer), cependant celle-ci a presque aussitôt relancé les différents acteurs du monde agroalimentaire à se confronter une seconde fois à propos de ces résultats qui ne font pas l’unanimité.  (Garlic, 2012)

Est-ce que ces résultats sans l’être à 100% ont un fondement de vérité? Jusqu’à où nous pouvons nous questionner sur la  qui peut être présent dans le domaine des biotechnologies? N’est-ce pas inquiétant?

Ce qui semble être primordial, c’est que nous devons nous questionner sur les répercussions sur notre santé, du petit pourcentage, aussi faible soit-il, de nocivité des OGM. Aussi, il semble important de pousser dans le sens qu’une meilleure recherche soit réalisée, et qui répond à tous les critères qui lui permettront d’être jugée valide. Une certaine méfiance quant au discours mensonger que peuvent tenir les grandes firmes comme Monsanto, peut tenter de cacher la vérité pour ne pas salir son image.