Entrevue

Nous avons eu la chance d’assister à la conférence animée par Marianne-Sarah Saulnier , qui est doctorante en ethnomusicologie. Celle-ci, pour sa thèse de doctorat, a décidé  d’entreprendre un projet  de voyage en Inde, plus précisément au Rajasthan. Cependant, plusieurs contraintes s’imposaient à elle si elle voulait assurer sa sécurité. L’Inde est, tout d’abord, le deuxième pays le plus dangereux du monde plus particulièrement pour les femmes. Ainsi, un couvre-feu est imposé aux femmes à partir de 19h00, ce qui signifie que la sécurité physique n’est pas assurée à celles qui prennent le risque de s’exposer après l’heure du couvre-feu. Après s’être assurée d’être capable de vivre sécuritairement en fonction de leurs normes culturelles, elle a décidé de s’intéresser à la femme cobra. La femme cobra remplace depuis quelques décennies le véritable cobra lors de la cérémonie du charmeur de cobra. Ces charmeurs de cobras font plus spécifiquement partie d’une certaine caste; les gitans Kalbeliya. Effectivement, en Inde, 4 différentes castes voient le jour, soit les prêtres qui sont au sommet de la pyramide, suivis des professeurs, des ouvriers et finalement des servants. Un dernier groupement d’individus existe, mais ceux-ci ne sont même pas considérés dans la pyramide des castes étant donné leur rôle social plutôt «grotesque». Les gitans Kalbeliya en font partie  à cause de leur métier de charmeur de serpents. Cette tradition existe depuis des centaines d’années et a été modifiée par l’arrivée des femmes qui remplacent le serpent en dansant. Au cours de son voyage, elle s’est intéressée au phénomène social et culturel de la femme cobra. En effet, en Inde, la femme a longtemps été considérée comme un objet et l’est encore tout dépendant de la région. Selon le Kamasutra, un recueil écrit dans le cadre de la religion hindouiste, les femmes ont différents rôles. Tout d’abord, la femme a deux rôles principaux, soit être gardienne de maison et gardienne de culture. Pour qu’une femme soit gardienne de maison, celle-ci doit être pure, et ne doit pas savoir lire ni écrire. Évidemment, il est facile de constater que la religion hindouiste encourage la femme à demeurer innocente et ignorante. Grâce à cette conférence, nous avons compris davantage la réalité atroce des femmes indiennes dans le sens où les expériences de la conférencière confirmaient nos hypothèses quant aux restrictions qui s’appliquent aux femmes indiennes comme le couvre-feu et le rôle diminutif qu’on leur accorde comme simple gardienne de maison. Cependant, le fait que les femmes aient remplacé les cobras dans la tradition des charmeurs de serpents signifie que la femme accède tranquillement à une ascension sociale vu qu’auparavant les seules femmes qui avaient le droit de danser étaient les prostituées qui étaient très mal vues. Aujourd’hui, les femmes cobras sont des femmes relativement respectées par la société, ce qui est une énorme amélioration.

 

Mouvements contestataires féministes

Femmes_adivasies,_Gwalior,_India

Source: Auteur inconnu, http://commons.wikimedia.org/wiki/File%3AFemmes_adivasies%2C_Gwalior%2C_India.jpg

 

Catherine McConnell

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