Archives de catégorie : L’homophobie

Éditorial

            Lorsque le temps est venu de décider quel serait notre sujet pour notre projet d’intégration, il n’y a pas eu une seule seconde d’hésitation. Nous allions faire notre recherche sur l’homophobie. Il existe plusieurs types de discrimination dans le monde. Cependant, alors que l’on s’entend presque tous pour dire que le racisme est inacceptable, l’utilisation des expressions, «fif» et «tapette », sont plutôt courantes dans la vie quotidienne et assez banalisées. C’est ce qui nous a le plus frappées lors de notre recherche : l’homophobie est complètement banalisée. 40 % des suicides et des tentatives de suicide chez les adolescents seraient liés à des problématiques concernant leur orientation sexuelle. Les homosexuels sont victimes d’oppression sociale, de discrimination et de violence pouvant aller jusqu’à un homicide, mais l’homophobie est encore quelque chose de banale. Nous avons centralisé notre recherche sur l’homophobie, particulièrement, au Québec. Notre objectif de recherche est de tenter de dépeindre l’homophobie avec ses causes, son histoire et les facteurs qui l’ont fait évoluer. D’où vient l’homophobie? Pourquoi est-ce qu’il y en a encore de nos jours? Que peut-on faire pour l’éliminer? Autant de questions auxquelles nous avons tenté de répondre. Après avoir épluché plusieurs ouvrages de spécialistes en sociologie, de groupes militants contre l’homophobie, d’historiens, et surtout en utilisant nos connaissances acquises lors de nos études au cégep, nous espérons avoir réussi notre objectif. Merci énormément de prendre le temps de nous lire, nous espérons que nos articles vous sensibiliseront un peu plus sur le fléau qu’est l’homophobie.

Myriam Laferrière et Catherine Néron

Histoire des droits des homosexuels au Canada

Avant les années 1960

De 1885 à 1967, au Canada, l’amendement Labouchère, qui est instauré par un radical, nommé Henry Du Pré Labouchère, dans le Criminal Law Amendments, qualifie les relations entre deux hommes de « grossières indécences ». Ces dernières peuvent mener un individu à passer deux ans en prison avec ou sans travaux forcés (glbtq, 2005, para. 2).

L’homosexualité était un sujet tabou et quelque chose de fortement rejeté par la société, en grande partie à cause de la religion chrétienne. En effet, pour la religion judéo-chrétienne, les relations sexuelles ne doivent qu’être un acte de procréation. Il est donc évident que toute relation entre deux personnes de même sexe est un pêché. Le Québec, avant la Révolution tranquille, était complètement soumis au pouvoir de l’Église. La population voyait donc la diversité sexuelle comme un pêché et ceux qui la pratiquaient, comme des pêcheurs. Cette réalité avait pour effet d’encourager les homosexuels et les lesbiennes à se marier avec une personne du sexe opposée contre leur volonté ou à devenir des membres de l’Église catholique (CÉRIS, 2010, p. 3-4).

Pour n’aider en rien, l’homophobie était aussi présente en médecine et en psychologie. Par exemple, on utilisait la thérapie comportementaliste pour tenter de «guérir» les hommes et les femmes de leur homosexualité. La thérapie par aversion était la plus populaire. Elle consistait à faire en sorte que les patients associent leur désir sexuel envers une personne de même sexe à une sensation désagréable. Les électrochocs étaient souvent utilisés. On pouvait aussi utiliser la castration chimique. Toutes ces méthodes comportaient de nombreux effets négatifs sur la santé physique et mentale des patients. Un des scientifiques qui s’est beaucoup impliqué dans ce genre de « thérapie » est le docteur Seligman qui constatera, beaucoup trop tard, qu’elles ne fonctionnent pas (E.P Seligman, 1993, p.156).

Au Québec, l’homosexualité est donc mal vue par l’ensemble des paliers de la société. Un homosexuel est un criminel pour la loi, un malade mental pour la médecine, un pêcheur pour l’Église et un être exclu pour la population. Chaque jour, au moins une cause d’homosexualité est entendue devant les tribunaux.

À partir des années 1960

Les années 1960 sont un grand tournant pour le droit des homosexuels partout au Canada. Le Québec est en pleine révolution tranquille et il se libère de l’emprise de la religion catholique. Les mentalités s’ouvrent de plus en plus sur plusieurs sujets, entre autres, l’homosexualité. En 1968, Radio-Canada interroge, pour la première fois, des homosexuels et des lesbiennes lors d’une entrevue à la télévision. Même si cette émission est une preuve d’une plus grande ouverture d’esprit sociale, l’une des invitées, Jeannine Mahès, est emprisonnée, puis elle est installée dans un institut psychiatrique, pour finalement perdre la garde de sa fille. Elle ne la reverra que quinze ans plus tard (Rainville, 2012).

Cette affaire a fait beaucoup de bruits. Cependant, c’est la cause d’Everett George Klippert qui change réellement les choses. Accusé d’homosexualité, il se rendra jusque devant la Cour suprême du Canada pour défendre sa cause. Il sera la dernière personne emprisonnée pour homosexualité, car le ministre de la Justice de l’époque, Pierre Elliott Trudeau, réforme le Code criminel du Canada en 1969. En effet, il présente le Bill omnibus et insiste sur le fait que : « ce qui se fait entre deux adultes consentants, ça ne regarde pas la police » (Dusseault, 2008). Cette citation fut souvent utilisée, car elle reflète parfaitement le début du libéralisme sexuel.

De plus, c’est en 1973 que l’association des psychiatres américains ne considère plus l’homosexualité comme une maladie mentale, l’O.M.S. ne fait de même qu’en 1991 (E.P Seligman, 1993, p.156).

Myriam Laferrière

Des années 2000 à aujourd’hui

Suite au procès M v. H, en 1999, la Cour suprême a stipulé que « les couples de personnes de même sexe doivent bénéficier des mêmes droits que les couples de personnes de sexes opposés, même lorsque ces personnes sont des conjoints de fait » (Rau, 2014, para. 3). M. et H. sont deux femmes qui étaient précédemment en relation amoureuse et qui vivaient ensemble dans une maison qu’elles avaient achetée ensemble. Lors de leur séparation, une des deux femmes voulait recevoir une pension qui provenait de la « Family Law Act », mais dans cette loi, le terme « spouse » (conjoints) référait à un couple hétérosexuel. Cela était discriminatoire puisque le terme n’englobait pas les couples homosexuels. Cela a eu comme répercussion, qu’en 2000, « le gouvernement fédéral [a] adopt[é] le projet de loi C-23 et [a] align[é] la législation fédérale sur cette décision » (Cours suprême du Canada, 1999). Par la suite, plusieurs politiciens ont affirmé ouvertement être homosexuels. Par exemple, « en 1998, Glenn Murray devient le premier maire ouvertement homosexuel d’une grande ville d’Amérique du Nord lors de son élection au poste de maire de Winnipeg » (Cours suprême du Canada, 1999).

De plus, la loi qui interdit le mariage entre deux personnes du même sexe est révoquée dans la province de l’Ontario en 2002. Le mariage homosexuel est finalement légal, au Canada, pour l’Ontario, en 2002, pour la Colombie-Britannique, en 2003, et pour le Nunavut, les Territoires du Nord-Ouest, l’Alberta et l’Île-du-Prince-Édouard, en 2005. De plus, le premier mariage entre deux personnes de même sexe voit le jour en l’Ontario.

De plus, le 20 juillet 2003, le projet de loi C-28, qui légalise les mariages gais, a été mis en place comme loi fédérale  (Parlement du Canada, 2003). Les lois provinciales préalablement établies sont donc maintenant appuyées par le fédéral. Depuis cette date, le Canada est devenu le quatrième pays au monde à autoriser le mariage gai.

Toutefois, « En 2008, le Canada [a] fait passer l’âge du consentement sexuel de 14 à 16 ans », mais « [l]’âge du consentement pour les relations sexuelles anales [est] rest[é] néanmoins à 18 ans, ce qui [a] entraîn[é] des accusations de discriminations contre les jeunes homosexuels »  (Rau, 2014, para. 6).  Cela a amené beaucoup de réactions de la part des homosexuels et des défenseurs pour l’égalité entre les couples homosexuels et hétérosexuels.

De ce fait, de 2010 à aujourd’hui, plusieurs organismes se sont donné corps et âme pour essayer de faire valoir les droits des homosexuels et des transgenres, surtout dans leur lutte contre l’intimidation, principalement dans les écoles. Ces luttes ont eu comme répercussion que l’Ontario et le Manitoba ont adopté des lois, en 2012 et en 2013, pour contrer l’intimidation dans les écoles. Ces lois stipulent que « toutes les écoles financées par des subventions publiques, y compris les écoles religieuses, [doivent] accept[er] les alliances homosexuelles-hétérosexuelles dirigées par les élèves » (Rau, 2014, para. 8).

histoire

Catherine Néron

Histoire des droits des homosexuels à l’internationale

            Aujourd’hui, l’homosexualité est encore pénalisée dans beaucoup trop de pays. Les sentences vont de 10 de prisons à la peine de mort selon les pays. C’est en Afrique où l’homosexualité est le plus pénalisée puisqu’en 2010, pour ce seul continent 39 pays sur 53 étaient contre l’homosexualité et la pénalisait. De plus, les pays qui persécutent les homosexuels sont la Mauritanie, le Soudan, les 12 états du Nigeria, les parties méridionales de la Somalie, l’Arabie Saoudite, l’Iran et le Yémen. Le deuxième continent à condamner fortement l’homosexualité est l’Asie puisque 22 pays et territoires de cette région pénalisent l’homosexualité. Le sort des homosexuelles est beaucoup mieux en Amérique du Nord puisqu’aujourd’hui le Québec accepte le mariage homosexuel et la reconnaissance des gays. Finalement, en 2010, lors du Conseil des Droits de l’Homme des Nations Unies à Genève, 85 pays ont accepté  pour la première fois de signer une déclaration qui a pour but la dépénalisation universelle de l’homosexualité.  Finalement, comme nous avons pu voir lors des Jeux olympiques de Sotchi, la Russie n’est vraiment pas ouverte d’esprit face à la diversité sexuelle, mais grâce aux technologies, maintenant, nous pouvons voir ce qui se passe dans les autres pays et nous avons plus de pouvoir en ce qui concerne les décisions des autres pays (Note de cours de Natalie Laferté, Hiver 2015).

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Source: ILGA, http://ilga.org/

Catherine Néron

Les causes connues de l’homophobie

Peur d’être soi-même, bisexuel ou gai

Depuis 1904, plusieurs psychanalystes, comme Thamy Ayouch, ont mis de l’avant une hypothèse selon laquelle l’homophobie est un système de défense mis en place par un individu qui ne veut pas assumer sa propre bisexualité. Une expérience américaine de l’Université de Georgia a été menée sur la question. L’expérience consistait à montrer des vidéos pornographiques homosexuelles à 35 hommes homophobes et à 29 hommes qui se disent non homophobes. On observait alors les réactions physiques de ces derniers. Les résultats ont montré que 44 % des hommes se disant non homophobes ont montré des signes d’excitation, contre 80 % de ceux se déclarant homophobes. De plus, 24 % des non homophobes étaient complètement en érection, contre 54 %, pour les homophobes (E. Adams, W. Wright, & A. Lohr, 1996, p.440-445). Les hommes qui se disaient homophobes semblaient donc être ironiquement ceux qui ont présenté le plus de réactions montrant du désir envers les ébats amoureux homosexuels.

Peur des caractéristiques féminines

Avant d’expliquer les relations entre le sexisme et l’homophobie, j’aimerais différencier deux concepts clés : le genre et le sexe. Le genre et le sexe sont deux entités indépendantes (Stoller, 1989). La biologie nous donne, généralement, soit un sexe mâle (pénis), soit un sexe femelle (ovaire). Le genre est composé de chacune des qualités que l’on attribue à un sexe. Un exemple connu est que les femmes sont douces et que les hommes sont compétitifs.

Plusieurs spécialistes croient que l’homophobie est une forme de sexisme. Elysabeth Badinter, une philosophe française, a d’ailleurs écrit pour appuyer cette théorie que, lorsqu’un homme voit un autre homme efféminé, cela « déclenche une prise de conscience de leurs propres caractéristiques féminines, telles la passivité ou la sensibilité, qu’ils considèrent comme des signes de faiblesse » (Badinter, 1992, p.177). Cette explication pourrait aussi nous faire comprendre pourquoi le taux d’homophobie est plus fort chez les hommes que chez les femmes. En effet, l’homophobie aurait un lien avec le sexisme qui favorise les caractéristiques masculines plutôt que celles féminines.

Certains vont encore plus loin en indiquant que l’homophobie est un mur de protection qui assure la domination du genre masculin sur le genre féminin. De ce fait, la société semble fonctionner selon le principe suivant : si tu ne possèdes pas des caractéristiques masculines (le genre masculin), tu es une femme, même si tu as un pénis. Par une suite logique, aimer les hommes est une caractéristique féminine, un homosexuel est donc une « femme ». C’est cette idée qui est effrayante pour un homophobe, car elle met en lumière un monde où il n’existe aucun rapport de force entre les deux sexes. Ainsi, il devient possible pour lui-même de ne plus être dominant. L’homophobie est donc une peur de perdre sa domination sur l’autre sexe ( Welzer-Lang, Dutey, & Dorais, 1994, p.62).

Michel Dorais http://www.lefil.ulaval.ca/img/sommaire/33199_Dorais_Michel.gif


Myriam Laferrière

Différents milieux sociaux où l’homophobie se développe

L’homophobie dans le milieu scolaire au Québec

Il est important de comprendre l’importance que joue l’éducation dans le développement des mentalités homophobes au Québec. En effet, c’est à l’école que notre ouverture et notre tolérance ou que notre fermeture d’esprit et notre intolérance se forment. Malheureusement, lorsque l’on parle de sexualité à l’école, il y a un certain hétérosexisme qui fait en sorte que l’on n’aborde presque jamais les relations d’un point de vue homosexuel (Chouinard, 2011, p.18).

De ce fait, selon une analyse de Temple, faite en 2005, sur 700 pages de manuels scolaires québécois recensées représentant le thème de la sexualité humaine, 95 % de leur contenu ne fait pas référence à la sexualité ou aux relations entre deux personnes de mêmes sexes. Pour le 5 % restant, 80 % des pages y font référence de manière négative (Temple, 2015).

En plus d’être mal représentée par les manuels, l’homosexualité n’est pas souvent bien représentée par les travailleurs en milieu scolaire. Selon une recherche faite au Québec, en 2005, sur 139 intervenants en milieu scolaire, 34 % des personnes interrogées affirment faire des blagues qui ont pour sujet l’homosexualité, alors que plus de la moitié des hommes semble faire des blagues homophobes, seulement 19 % des femmes disent «raconter des histoires de “tapette”» (A. Grenier, 2005)

Bref, le milieu scolaire au Québec semble favoriser la stigmatisation des jeunes homosexuelles. Les manuels utilisés ne favorisent pas l’acceptation de la diversité sexuelle et les commentaires des enseignants peuvent mener à une augmentation du nombre de caméléons dans les écoles et à repousser la révélation de l’homosexualité des jeunes (Dorais & Verdier, 2005, p.47).  D’ailleurs, « 40 % des suicides et des tentatives de suicide chez les adolescents seraient liés à des problématiques concernant leur orientation sexuelle » (Laferté, 2014).

Le monde des sports

Un autre aspect à prendre en compte, lorsque l’on parle d’homophobie, c’est la participation des gens à des activités sportives. Les mineurs faisant partie d’équipes sportives sont plus à risque de développer des préjugés envers les personnes non hétérosexuelles que les autres jeunes de leur âge (Chouinard, 2011, p.30). Selon une recherche faite aux États-Unis, sur 1470 étudiants, les jeunes faisant partie d’une équipe sportive sont presque trois fois plus susceptibles de développer des attitudes et des comportements homophobes que leurs confrères. Toutefois, ces statistiques ne sont vraies que pour les garçons et non pour les filles. Il semble donc y avoir un lien entre les sports d’équipes et l’homophobie chez les garçons. Plusieurs chercheurs ont avancé que ces statistiques démontrent que les vieilles idées de ce que devrait être la virilité ou la masculinité sont encore transmises dans les sports (E. Wagner & Osborne, 2007, p. 597-613).

Selon les auteurs du livre La peur de l’autre en soi, le milieu des sports est, pour les garçons, le début de leur apprentissage des valeurs «d’homme». Le début des activités sportives semble être le commencement de l’apprentissage du garçon des « règles et [du] savoir-faire, [du] savoir-être homme » (Welzer-Lang, Dutey, & Dorais, 1994, p. 24-25). D’ailleurs, selon une étude commandée par l’association Paris Foot Gay, 41 % des joueurs de football (soccer) professionnel ont des sentiments d’hostilité à l’égard des homosexuels.

Myriam Laferrière

Les campagnes de sensibilisations pour contrer l’homophobie

fifi, c'est le nom d'un chien
Source : Gai écoute, « Fifi, c’est le nom d’un chien », 1997, [affiche_fifi_300], sur le site gai écoute, [En ligne], http://www.fondationemergence.org/default.aspx?scheme=71
ceci est une tapette
Source : Gai écoute, « Ceci est une tapette », 1997, [affiche_tapette_300], sur le site gai écoute, [En ligne], http://www.fondationemergence.org/default.aspx?scheme=70

Les campagnes de sensibilisations contre l’homophobie au Québec ne datent pas d’hier. Au contraire, la Fondation Émergence fait des campagnes de sensibilisations, chaque année, depuis 1997. Ses deux premières campagnes (« ceci est une tapette » (Gai écoute, para.1) et « Fifi, c’est le nom d’un chien » (Gai écoute, para.1)) ont eu comme moyen de communication de grandes affiches publicitaires. Elles avaient pour but de « défaire des préjugés tenaces » (Gai écoute, para.1) qui sont associés aux mots tapette et fifi (souvent réduit au mot fif), par exemple.

Par la suite, cette même fondation a fait plusieurs autres campagnes de sensibilisations jusqu’à sa dernière en 2014 « J’aime mes deux mamans » et « J’aime mes deux papas ». Ces dernières campagnes devaient expliquer que l’homoparentalité est un phénomène présent dans nos sociétés.

Ce n’est pas seulement la Fondation Émergence qui crée des campagnes publicitaires pour sensibiliser la population sur le phénomène de l’homophobie. Le gouvernement du Québec a fait, lui aussi,  des campagnes de sensibilisations dans les années passées. La plus récente a été faite en 2013. Pour cette campagne, le gouvernement a choisi de se diversifier dans les choix de médias pour atteindre davantage de personnes dans son marché cible. Donc, elle se divise en deux publicités françaises à la télévision, un message anglophone à la radio et un site internet bilingue (Gouvernement du Québec, 2013, p.3).

Suite à cette campagne, un sondage a été fait par la firme de recherche SOM sur la population du Québec pour savoir ce qu’ils en pensaient et pour savoir s’ils avaient été sensibilisés. Les individus ont été divisés en 2 grandes régions (Région métropolitaine de recensement (RMR) de Montréal et ailleurs au Québec (Gouvernement du Québec, 2013, p.3)). En tout, il y a eu 1011 répondants. Une entrevue téléphonique a été faite pendant 8 jours du 22 au 29 avril 2013. La marge d’erreur maximale pour l’ensemble des répondants est de 3,7 % et son niveau de confiance est de 95 %.

Selon le profil sociodémographique, plus de la moitié des répondants sont âgés de 54 ans et moins. Le sexe des répondants se divise presque également en deux. Les répondants ont, à 60 %, une scolarité équivalente à un diplôme d’études secondaires et moins et 79 % des répondants ont comme langue maternelle le français seulement. Finalement, plus de la moitié des répondants (60 %) sont des travailleurs et près de la moitié des répondants (46 %) ont un salaire annuel de 60 000 $ et plus.

D’abord, les répondants ont été questionnés une première fois au sujet de leur opinion sur l’homophobie. Puis, la firme SOM leur a fait écouter la campagne de sensibilisation sur l’homophobie. Par la suite, les répondants ont été questionnés une deuxième fois.

Suite à ce sondage, la firme a pu conclure que la perception des Québécois sur les diversités sexuelles n’est pas toujours positive. Même si les Québécois se disent très (40 %) ou assez (49 %) ouvert à la diversité sexuelle, seulement 35 % des répondants ont mentionné qu’ils seraient à l’aise d’apprendre que leur enfant est bisexuel. De plus, près des trois quarts des répondants (73 %) ont dit qu’ils seraient inconfortables à la vue de deux hommes qui s’embrassent dans la rue. Par contre, les Québécois sont beaucoup plus à l’aise lorsque l’homosexualité ne touche pas un membre de leur famille. Par exemple, 66 % des répondants ont dit qu’ils seraient très à l’aise de travailler avec un collègue homosexuel. Il est aussi intéressant de noter que les hommes et les personnes âgées de 65 ans et plus sont moins ouverts d’esprit et qu’ils sont moins à l’aise (Gouvernement du Québec, 2013, p.39).

Enfin, la campagne de sensibilisation produite par le gouvernement a été très bien comprise par les répondants. « L’évaluation de la campagne de lutte contre l’homophobie du ministère de la Justice montre de très bons résultats, en particulier en ce qui a trait à la pénétration de la campagne : plus des trois quarts, des adultes québécois (76 %) ont été rejoints par l’une ou l’autre des composantes » (Gouvernement du Québec, 2013, p.40). Toutefois, moins d’un répondant sur cinq (18 %) a affirmé que les publicités l’ont poussée à réfléchir à ses propres attitudes envers la diversité sexuelle (Gouvernement du Québec, 2013, p.40).

Catherine Néron

Les organismes communautaires qui ont luttés pour les droits des homosexuels

           Dans les dernières années, plusieurs organismes communautaires venant en aide aux personnes homosexuelles se sont créés. Aujourd’hui, il existe plus de 130 organismes communautaires qui ont comme mandat de venir en aide aux lesbiennes, aux gais, aux bisexuels et aux transsexuels (Gouvernement du Québec, 2013, p.8). De plus, ces organismes constituent 11.5 % de tous les organismes communautaires au Québec (Gouvernement du Québec, 2013, p.8). Dans ce texte, nous vous présenterons trois organismes de Montréal qui ont comme mission commune l’éradication de l’homophobie.

            Le premier organisme, que nous allons vous présenter, a servi à contrer les préjugés faits aux homosexuels. C’est l’organisme CCGLM. Cet acronyme signifie « le Centre Communautaire des Gais et Lesbiennes de Montréal » (CCGLM, para.1). Cet institut est un organisme à but non lucratif. Il a été fondé le 17 août 1988. Donc, cela fait maintenant environ 26 ans qu’il a été mis sur pied. « Concrètement, le CCGLM a pour but d’offrir à la communauté LGBT de Montréal un lieu commun où se regroupent des organismes et des individus qui souhaitent améliorer le vécu des personnes homosexuelles et transidentitaires (transsexuels et transgenres) par le biais de l’éducation, l’information et la recherche » (CCGLM, para.2).

            Le deuxième organisme a cherché à lutter les préjugés faits aux homosexuels, c’est le Gris Montréal. Cet organisme à but non lucratif est un « Groupe de Recherche et d’Intervention Sociale ». Leur mission générale est « de favoriser une meilleure connaissance des réalités homosexuelles et bisexuelles et de faciliter l’intégration des gais, lesbiennes, bisexuels et bisexuelles dans la société » (Gris Montréal, para.1). Selon eux, pour bien éliminer les préjugés, il faut commencer chez les jeunes. C’est pour cette raison que « le GRIS-Montréal a choisi de s’adresser principalement aux jeunes en milieu scolaire afin de leur offrir en priorité ses services de démystification de l’homosexualité et de la bisexualité » (Gris Montréal, para.1).

            Le troisième organisme a tenté, à l’origine, de contrer « les abus et les sévices dont étaient victimes les gais et les lesbiennes » (CQGL, para.1). Cet organisme, c’est le Conseil québécois LGBT (CQGL). Auparavant, ils étaient connus sous le nom de « la Table de Concertation des Lesbiennes et Gais du Québec » (TCLGQ) (CQGL, para.1). Cet organisme a eu un impact important sur le changement des mentalités des Québécois au sujet de l’homosexualité puisqu’il a fait plusieurs rapports pour éduquer la population à cette diversité sexuelle. Il a, aussi, fait beaucoup de pression auprès du gouvernement pour que ceux-ci change les lois pour favoriser les personnes homosexuelles. Leur but était de « répondre au besoin des communautés lesbiennes et gaies [en se dotant] d’un organisme d’action sociopolitique visant la reconnaissance de leurs droits » (CQGL, para.1).

           Les droits des homosexuels ont beaucoup changé grâce à la Fondation Émergence. Cet organisme à but non lucratif a été très présent tout au long de la lutte contre l’homophobie. Ceux-ci sont surtout reconnus pour leur création de la journée internationale contre l’homophobie en 2003 (Fondation émergence, para.1). Maintenant, cette fondation a pour but de « consulter les personnes et les groupes intéressés », de « concevoir des campagnes de communication », de « proposer les thèmes des campagnes, de rechercher des porte-parole », de « produire et distribuer du matériel promotionnel », de « développer des outils », de « rechercher des commanditaires », de « concevoir et mettre à joue un site Internet », de « tenir à jour un état de la situation sur l’homophobie », de « promouvoir la recherche sur l’homophobie » (Fondation émergence, para.3), etc. Bref, ils ont été très importants dans l’histoire des homosexuels.

           Jasmin Roy, une célébrité québécoise très connue dans son milieu, est le premier artiste québécois à s’affirmer homosexuel. Celui-ci a fait changer beaucoup les mentalités des Québécois et les droits des homosexuels. Maintenant, cet artiste est beaucoup moins présent sur la scène culturelle, mais il fait maintenant partie de la Fondation Jasmin Roy, créée par lui-même en novembre 2010 (Fondation Jasmin Roy, 2012, p.2). Cette fondation vient en aide aux jeunes homosexuels. Avec cette fondation, M. Roy fait maintenant plusieurs conférences dans les écoles pour contrer l’homophobie et l’intimidation faites aux homosexuels dans les écoles.

Catherine Néron

Recommandations et solutions retenues pour contrer l’homophobie

Réformer les milieux scolaires

Comme nous l’avons vu dans l’article Différents milieux où l’homophobie se développe, les milieux scolaires, au Québec, ne sont pas encore très bien formés pour éviter l’intolérance face aux différentes orientations sexuelles. Il serait, d’abord, important de former le personnel en milieu scolaire pour les sensibiliser à l’homophobie et donner une démarche précise à suivre lorsque des cas de discriminations ou d’intimidation ont lieu à l’endroit des homosexuels. Il serait aussi intéressant de faire plus d’ateliers dans les écoles pour discuter de la diversité sexuelle (Chouinard, 2011, p.90-91).

Aussi, les manuelles de biologie ou de psychologie humaine devraient mieux informer les élèves de ce qu’est l’homosexualité ou la bisexualité dans un cadre plus positif.

Enfin, nous devrions informer les jeunes dans les écoles sur la diversité sexuelle. Ainsi, les préjugés et l’intolérance appris dans la famille, les équipes sportives ou la rue ne prendront pas le dessus sur « une éducation incitant au respect de soi et des autres » (Welzer-Lang, Dutey, & Dorais, 1994, p.62).

Changer le milieu sportif

Étant donné les statistiques qui nous montrent que l’homophobie est étroitement liée aux sports d’équipes chez les garçons, nous croyons que les associations sportives devraient s’assurer d’une meilleure sensibilisation de leurs entraineurs pour éliminer les mentalités archaïques qui mettent en valeur une vision fermée et très restrictive de ce qu’est un « vrai homme ». Ainsi, il y aurait une diminution de la pression sur les jeunes sportifs qui n’aurait plus à se conformer à ce genre de stéréotype, mais aussi une diminution de comportements et de mentalités homophobes.

Un exemple appliqué en France est la Charte contre l’homophobie dans le sport. En effet, cette charte oblige les institutions sportives à s’engager activement contre la discrimination à l’égard des homosexuelles. Elle comprend 6 articles d’obligations soit :

  • Reconnaitre l’homophobie comme contraire aux principes universels de protection des Droits de l’Homme.
  • Sanctionner toute attitude homophobe.
  • Promouvoir la diversité dans le sport et assurer la diffusion de messages sur la tolérance.
  • Apporter de l’aide à ceux qui évoluent dans le sport qui pourrait être intimidé en raison de leur orientation sexuelle réelle ou supposée.
  • Mettre en place des modules éducatifs sur la lutte contre toutes les discriminations
  • Recenser les actes d’homophobie et en référer régulièrement au ministère chargé des sports afin de constater l’évolution des comportements dans le sport et d’ajuster les actions à entreprendre.

Myriam Laferrière

Reconnaitre la réalité des minorités sexuelle

Depuis quelques années, le gouvernement du Québec s’est mis comme but d’informer la population québécoise au sujet de l’homophobie et des diversités sexuelles. Présentement, ce gouvernement essaie de contrer l’intimidation faite à ceux-ci par un plan d’action qu’ils se sont mis. Dans leur plan d’action, leur premier objectif est de « sensibiliser et d’éduquer la population aux diversités sexuelles par la tenue de campagnes médiatiques de sensibilisation traitant de l’homophobie » (Gouvernement du Québec, 2011-2016, p.8). De plus, il suggère de réaliser des « activités de sensibilisations sur les réalités des personnes de minorités sexuelles et des familles homoparentales » (Gouvernement du Québec, 2011-2016, p.8). Ensuite, il propose la tenue d’activités de formations qui inclurait « la prise en compte des problématiques des personnes de minorités sexuelles » (Gouvernement du Québec, 2011-2016, p.8). Aussi, le plan d’action opterait, afin de sensibiliser la population aux diversités sexuelles, pour « la diffusion d’informations sur l’homophobie » (Gouvernement du Québec, 2011-2016, p.8), « le soutien et l’accompagnement » (Gouvernement du Québec, 2011-2016, p.8) pour les personnes à minorités sexuelles, « la collaboration dans l’élaboration d’activités et d’outils de sensibilisations » (Gouvernement du Québec, 2011-2016, p.8) et « l’incitation à la réalisation d’actions pour contrer l’homophobie » (Gouvernement du Québec, 2011-2016, p.8). Le deuxième objectif visé par le plan d’action est de « favoriser la recherche par la mise en place d’une chaire de recherche universitaire sur l’homophobie » (Gouvernement du Québec, 2011-2016, p.8). Aussi, pour ce même objectif, il suggère « la stimulation de projets de recherche sur l’homophobie », « la production de statistiques ciblées sur les réalités des personnes de minorités sexuelles » et « la prise en considération des réalités des personnes de minorités sexuelles lors de la réalisation d’enquêtes et de recherches » (Gouvernement du Québec, 2011-2016, p.8).

 Favoriser le mieux-être

Dans ce même plan d’action, le gouvernement a émis plusieurs solutions qui seraient en lien avec les organismes communautaires qui soutiennent les nombreuses diversités sexuelles présentes au travers du Québec. Il a englobé ces solutions dans une priorité qui s’intitule « Favoriser le mieux-être » (Gouvernement du Québec, 2011-2016, p.9). Dans cette priorité, il y a trois objectifs : « Soutenir les victimes d’homophobie » (Gouvernement du Québec, 2011-2016, p.9), « Favoriser l’adaptation des services publics » (Gouvernement du Québec, 2011-2016, p.9) et « Soutenir l’action communautaire » (Gouvernement du Québec, 2011-2016, p.9). Dans cette partie du plan d’action, le gouvernement du Québec propose une multitude de solutions, dont « la prise en compte des jeunes des minorités sexuelles dans le cadre de mesures visant à contrer le suicide » (Gouvernement du Québec, 2011-2016, p.9), « une formation adéquate du personnel professionnel susceptible d’intervenir auprès des personnes de minorités sexuelles » (Gouvernement du Québec, 2011-2016, p.9), « la promotion d’activités » (Gouvernement du Québec, 2011-2016, p.9), « l’accès à des ressources  adéquates » (Gouvernement du Québec, 2011-2016, p.9), « le maintien de l’aide financière accordée aux organismes communautaires œuvrant auprès des personnes de minorités sexuelles » (Gouvernement du Québec, 2011-2016, p.9), « la participation financière à des projets en provenance du milieu autochtone » (Gouvernement du Québec, 2011-2016, p.9) et « l’établissement d’un portrait des organismes communautaires » (Gouvernement du Québec, 2011-2016, p.9).

Catherine Néron

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