Archives de catégorie : Culture, identité et revendications territoriales chez les Atikamekws de Manawan

Éditorial

Chaque pays, État ou nation est composé de divers groupes culturels aux origines distinctes ayant chacun leur apport au développement de leur milieu de vie. Au Québec, comme au Canada ainsi que dans la majorité de pays issus de la colonisation, la mosaïque culturelle, qu’elle soit composée d’origines récentes ou lointaines, est très importante. Les Premières Nations du Canada se sont établis sur le territoire bien avant que celui-ci devienne un pays. Par contre, ce n’est que récemment dans l’histoire qu’ils ont été reconnus comme peuple indigène et que leurs revendications territoriales ainsi que leurs droits fondamentaux ont commencé à être pris en compte. En tant que citoyens canadiens et québécois, grand nombre d’entre nous ignore les conditions dans lesquelles les Autochtones vivent de nos jours ainsi que les enjeux auxquels ils font face quotidiennement. C’est donc dans cette optique que nous sommes allés, en avril 2015, dans la communauté Atikamekw de Manawan au Québec, située au Nord-Ouest de la municipalité de Saint-Michel-des-Saints dans la région administrative de Lanaudière. Ce périple de courte durée en territoire Atikamekw a eu pour but de nous permettre d’en apprendre davantage quant à la culture et à la réalité de cette communauté Autochtone par le biais de l’observation et de rencontres. De plus, cette visite nous a permise d’alimenter les recherches préalablement faites quant à la question autochtone. Cette recherche s’est effectuée dans le cours de Démarche d’intégration des acquis.

 

Le but principal de ce cours est de démontrer l’utilisation des capacités de rétention, de transfère et de métacognition illustrant nos connaissances et nos apprentissages au cours de nos études collégiales en sciences humaines. À cet effet, la rétention consiste en une rétrospective des savoirs acquis au cours de nos études, que ce soit dans nos cours de sociologie, de géographie, de politique, d’économie ou de psychologie. Cette dernière ne serait primordiale si elle n’était pas complémentée par le transfert des concepts et des connaissances acquise dans les cours mentionnés ci-haut. Le transfert permet d’intégrer et de développer des liens entres différents sujets par le biais de savoirs provenant de différents domaines, ainsi que de les appliquer dans d’autres contextes, comme par exemple, d’user de concepts appris en sociologie et en politique pour comprendre et illustrer davantage la situation des autochtones au Québec. Enfin, la métacognition permet d’effectuer l’analyse des habiletés de chacun d’effectuer les actions précédentes. La métacognition constitue donc le pilier des parties individuelles composant ce rapport préliminaire. Le sujet de recherche sur lequel porte ce rapport est le suivant : représenter les différents enjeux et les diverses conditions de vies de la population Autochtone du Québec. Les questionnements ayant mené à l’élaboration de ce sujet sont étroitement liés aux enjeux auxquels les autochtones font face actuellement. Autrement dit, les questions à l’origine de cette recherche sont celles du racisme, de la toxicomanie et des dépendances, des droits, de l’éducation, des revendications territoriales, la perte d’identité et des relations économiques entre les autochtones et les allochtones, pour en nommer quelques uns. L’objectif principal de nos recherches consiste en la construction d’un portrait actuel de la réalité des Autochtones en territoire québécois. Ainsi, nous sommes pour une valorisation de l’autonomie des autochtones tant au niveau législatif, territorial, qu’éducatif.

 

Évolution drastique du mode de vie autochtone

Blessures du passé chez les Autochtones

            Aujourd’hui, bien des choses ont changées chez les Autochtones. Ils vivaient en parfaite harmonie avec la nature, même si bien sûr ils vivaient certains conflits avec d’autres clans rivaux. Leur vie était pourtant équilibrée et ils vivaient bien selon leur culture, mais tout cela changea le jour où ils entrèrent en contact avec les colons qui arrivèrent par navires de l’Europe. En effet, l’exploration et la migration des européens sur les terres des Premières nations changera radicalement leurs vies à tout jamais.

            Tout a commencé au 16e siècle quand les Européens sont revenus en Nouvelle-France pour finalement s’installer sur ces terres dans le but de les coloniser. Le fait que les terres détenaient de nombreuses ressources en abondance, telles que des fourrures d’animaux que les Amérindiens chassaient et bien d’autres, avaient certainement attiré une grande quantité de marchands à venir s’y installer. Le contact entre les Européens et les Autochtones s’était fait très rapidement. Le temps de le dire, ils avaient déjà mis sur place un commerce de fourrures et de marchandises européennes. Puis, le temps avança, des colonies se créèrent, ainsi que des alliances avec les Premières nations afin de protéger leurs intérêts commerciaux.  Non seulement des alliances commerciales venaient d’être créées, mais peu de temps après ces alliances devenaient aussi militaires.  En effet, la traite des fourrures était très importante et rapportait beaucoup aux Européens, mais aussi aux Premières nations qui recevaient en échange des armes à feu, ainsi que des articles en fer. Lors des 16e et 17e siècles, il eut de nombreux conflits entre les Français et les Anglais dans le but d’avoir le plein pouvoir sur la Nouvelle-France (Affaires autochtones et développement du Nord, 2013). En effet, les Français avaient pour alliés les Atikamekws et les Anglais, les Iroquois. Cela créait encore plus de tensions entre les différentes familles autochtones qui voyaient une vraie rivalité quant aux territoires défendus par chacun.

            Entre 1760 et 1763, les Anglais avaient conquis l’ancienne colonie française grâce à leur régime militaire. C’est en 1763 qu’a été signé le traité de Paris qui faisait de la Grande-Bretagne l’heureux propriétaire de l’ancienne colonie française. Peu après était rédigée la Proclamation royale qui mettait sur papier certains termes au sujet de la vie politique, économique et territoriale du pays. La Proclamation royale était aussi surnommée « la grande charte amérindienne » et ce, d’après l’importance qu’on accordait aux Premières nations. Après les rébellions amérindiennes de Pontiac, le roi jugea qu’il était mieux de les laisser tranquille en leur laissant un vaste territoire qui servait de traite de fourrure et où ils pouvaient chasser et pêcher. Pour être certain que les colons des Treize colonies n’essaient pas de s’approprier le territoire autochtone, le roi stipulait que les Autochtones étaient sous sa protection (La Proclamation royale et ses conséquences, 2013).

Territoire amérindien que leur laissa le roi de Grande-Bretagne en 1763, lors du traité de Paris Source : Allô prof, http://bv.alloprof.qc.ca/histoire/histoire-et-education-a-la-citoyennete-(2e-cycle-du-secondaire)/le-changement-d'empire-(1760-1791)/la-proclamation-royale-(1763)-et-ses-consequences.aspx
Territoire amérindien que leur laissa le roi de Grande-Bretagne en 1763, lors du traité de Paris
Source : Allô prof, http://bv.alloprof.qc.ca/histoire/histoire-et-education-a-la-citoyennete-(2e-cycle-du-secondaire)/le-changement-d’empire-(1760-1791)/la-proclamation-royale-(1763)-et-ses-consequences.aspx

 

                  En cinquante ans à peine, les colons étaient plus nombreux que les Premiers peuples en Amérique. En effet, plus les colonies s’agrandissaient et plus elles réclamaient les terres appartenant aux Autochtones. C’est alors pour la première fois que les colonies vues les Premières nations non pas comme des alliées, mais plutôt comme un obstacle à leur croissance. Ces dernières se sont retrouvées peu à peu dépossédées des terres qui leurs appartenaient. Les Autochtones étaient désormais restreints à quelques petites parcelles de terre où régnait la pauvreté. Ces petites parcelles sont par la suite devenues des réserves autochtones.

           Vers 1820 débuta l’assimilation des Premiers peuples par les Européens. En effet, les Britanniques qui se croyaient nettement supérieurs décidèrent qu’il était de leur devoir de civiliser les Autochtones. Ils convertirent donc ces derniers au Christianisme et à l’agriculture, car selon eux, c’était la meilleure vie que tous pouvaient mener. Cela amena comme résultat la perte de leurs valeurs et de leurs modes de vie traditionnels, ainsi que la fin de leur vie nomade.

           Un peu plus tard en 1883, l’éducation des Premiers peuples se faisait désormais par l’intermédiaire des pensionnats dans le simple but de les civiliser et les assimiler. Dans ces pensionnats, les enfants autochtones apprenaient la même culture que les enfants canadiens. Ces derniers étaient forcés à renoncer à leurs langues, à leurs tenues vestimentaires, à leurs croyances spirituelles, ainsi qu’à leur mode de vie traditionnel. Les enfants autochtones commençaient l’école vers l’âge de 4 ans et finissaient à l’âge de 17 ans. À chaque année, ils passaient 10 mois consécutifs aux pensionnats et donc, pendant tout ce temps ils n’avaient aucun contact avec leurs familles. Lors de leur retour à la maison après la fin d’une année scolaire, ils se retrouvaient complètement perdus face à la culture canadienne qu’on leur avait imposée et la culture autochtone dont pratiquaient encore leurs parents. Cela n’affectait pas juste les enfants, mais aussi les parents car le gouvernement leur enlevait leurs enfants pendant des années et cela provoquait beaucoup de tension dans ces familles. Non seulement les enfants avaient perdu tous liens avec leur culture d’origine, mais aussi leurs noms. En effet, dans les pensionnats on gardait uniquement la première lettre de leur prénom à laquelle s’ajoutait ensuite un numéro (ex. : A250). De plus, on leur coupait tous les cheveux courts afin de tous les soumettre radicalement à la culture européenne. Ce geste était en quelque sorte un sacrilège pour la culture des Premiers peuples, car jamais on ne leur coupait les cheveux sans raison. Pour eux, les pensionnats furent dévastateurs. Le résultat final fut la perte complète de leur identité. On dénombre plus de 150 000 Autochtones, jusqu’à tout récemment en 1996, qui ont passés leur enfance dans ces pensionnats. Beaucoup de jeunes enfants dans ces pensionnats ont été abusés et même tués. En effet, d’après la Commission de vérité et réconciliation, on recense au total 4134 morts dans les pensionnats autochtones dans tout le Canada (Affaires autochtones et développement du Nord, 2013).

Période d'étude au pensionnat indien catholique de Fort Resolution,  dans les Territoires du Nord-Ouest, au début du 20e siècle   Photo :  Bibliothèque et Archives Canada/PA-042133  Source : http://ici.radio-canada.ca/nouvelles/National/2012/02/24/001-commission-verite-reconciliation-rapport-interimaire.shtml
Période d’étude au pensionnat indien catholique de Fort Resolution,
dans les Territoires du Nord-Ouest, au début du 20e siècle
Photo : Bibliothèque et Archives Canada/PA-042133
Source : http://ici.radio-canada.ca/nouvelles/National/2012/02/24/001-commission-verite-reconciliation-rapport-interimaire.shtml

 

           Pour revenir aux Européens qui les ont colonisés et assimilés, ils croyaient que le fait de les soumettre à une réforme sociale et de faire partie d’une société, plus avancée que la leur, leur permettrait quelques avantages meilleurs que celui de pouvoir continuer à pratiquer leur culture. Les colons se permettaient ainsi d’imposer bien des choses aux Autochtones, car ils se croyaient nettement supérieurs et avancés au niveau culturel (Les problèmes autochtones découlant de la colonisation de l’Ouest, 2012).

         Ce concept de supériorité qui les habite pourrait être définit comme étant de l’ethnocentrisme. Cela s’explique dans le fait que les colons européens ont privilégiés les valeurs et les normes propres à leur groupe d’appartenance pour ainsi en faire le seul modèle de référence et ensuite porter des jugements négatifs et dévalorisants sur les autres ethnies, dans ce cas sur les Autochtones (Laferté, 2014). Ainsi, les Européens avaient l’emprise sur les Premières nations et en ont grandement bénéficiés à leur profit. En effet, la colonisation a permis l’expansion en puissance des colonies en Amérique. Du point de vue des Autochtones, rien ne leur a vraiment été bénéfique. Au contraire cela leur a apporté plusieurs problèmes majeurs, dont le premier étant la perte de leurs droits et de leurs terres. Le second plus important est l’arrivée de multiples maladies qu’ont ramené les colons d’Europe. En effet, les Autochtones n’avaient jamais été exposés à des maladies, telles que la tuberculose et la petite vérole et donc n’avaient aucune immunité pour les combattre. Beaucoup ont alors succombés très rapidement des maladies rapportées d’Europe. De plus, ces maladies ont aussi servi d’arme biologique pour les Britanniques qui offraient des couvertes infectées aux Autochtones afin de les rendre inaptes au combat. Par la suite, le fait de vivre dans des réserves n’a pas aidé leur cause, car le contact était plus étroit puisque tous fréquentaient les mêmes lieux publics. C’est environ la moitié de la population autochtone au Canada qui s’est fait anéantir par les maladies à l’époque de la traite des fourrures (Les problèmes autochtones découlant de la colonisation de l’Ouest, 2012).

              Bref, les Autochtones ont été alliés aux premiers arrivants en Amérique, ce qui leur a permis d’échanger mutuellement des savoirs qui ont été bénéfiques pour les deux parties. Par contre, les Premières nations qui n’avaient pas la notion de possession de la terre, se sont faites colonisées et assimilées de plusieurs façons bien particulières qui résultent d’une perte de leur culture d’origine. De plus, même les générations actuelles subissent les conséquences du passé  et vivent de nombreux problèmes dans les réserves.

 

Coupure générationnelle chez les Autochtones

            La grande majorité des gens habitant au Québec, mais aussi partout ailleurs au Canada, ne se rendent pas nécessairement compte que la terre où ils habitent présentement était autrefois celle des Autochtones. En effet, peu de gens en connaisse au sujet des Premières nations qui occupaient le territoire bien avant nous. C’est dans le but de démystifier nos hypothèses à leur sujet que nous sommes allés à leur rencontre. Ce fut un court séjour, mais amplement suffisant pour faire de nombreuses constatations suite à nos recherches.

            Ces gens ont un lourd passé que très peu connaisse en détail et qui leur amène aujourd’hui de nombreux problèmes sociaux et culturels. Afin de comprendre leur vie actuelle il est d’une grande importance de connaître leur culture d’origine. Tout d’abord, puisqu’il y a de nombreuses familles autochtones au Canada et que leur culture varie selon leur langue, ainsi que leur position géographique, il sera alors plus précisément question de la culture et de l’histoire des Atikamekws.

            Pour commencer, les Atikamekws font partie de la famille algonquienne. Atikamekw signifie « poisson blanc » faisant référence à la pêche, qui constituait autrefois une des sources premières de leur alimentation. Ce dernier était un peuple nomade qui subsistait de la cueillette de petits fruits, de la chasse et bien évidemment de la pêche. Ces derniers n’avaient pas besoin de beaucoup, car les ressources que leur offrait la nature répondaient amplement à leurs besoins matériels, ainsi que spirituels (Gouvernement du Canada, 2013). Il existe trois communautés atikamekws soit, Manawan, Opitciwan et Wemontaci. Toutes les trois étaient autrefois des postes de traites de fourrures. Il y a de cela plusieurs années, ces communautés vivaient dans des maisons longues, un peu en forme de dôme, qu’ils recouvraient d’écorces et où l’intérieur était recouvert de sapinage et de fourrures afin de créer un isolant assez chaud pour les intempéries.

Profil des communautés Autochtones au Québec Source : www.aadnc-aandc.gc.ca
Profil des communautés Autochtones au Québec
Source : www.aadnc-aandc.gc.ca

 

            À l’époque, leur survie dépendant de la confection d’habits adéquats selon les saisons, mais aussi d’équipements de chasse. Ils confectionnaient tout à la main à partir des ressources  que la nature avait à leur offrir. Tous leurs habits et équipements étaient faits à partir de techniques artisanales. On y retrouvait beaucoup de couleurs et de dessins ayant tous des significations particulières (Conseil des Atikamekw d’Opitciwan, 2008-2009). De plus, décorer leurs habits était un rite de passage qui se préparait longtemps à l’avance en attendant l’arrivée d’un événement bien spécial. Ce n’est pas n’importe quel individu de la communauté qui pouvait participer à un pow wow et même encore aujourd’hui. En effet, le rite de passage pour y avoir accès est long et nécessite de la patience. Il faut durant une année complète confectionner son propre costume en y incorporant une bille à chaque jour, pendant 365 jours. Tous leurs costumes traditionnels sont perlés et pour les danseurs, il y a en plus une coiffe de porc-épic, des os et des plumes qui y sont ajoutés. Durant cette célébration, les danseurs dansent au rythme des tambours. Le pow wow est très important, car il rassemble toute la communauté et les mets en lien avec leur spiritualité (Magasine Mikuen, 2010).

            Aujourd’hui, il y a toujours de telles célébrations et rites de passage dans les réserves atikamekws. À la suite de la rencontre de monsieur Moer, un aîné de la communauté qui consacre sa vie à l’artisanat et la danse lors de pow wow, nous avons pu comprendre que les jeunes s’intéressent de moins en moins à leur culture traditionnelle. M. Moer nous dit qu’il est le seul danseur de la communauté de Manawan et qu’il a beaucoup de misère à essayer de former un groupe de jeunes danseurs pour les prochains événements à venir. Lui-même ayant vécu loin de sa famille, au pensionnat pendant plusieurs années étant enfant, croit que le problème part de la perte d’identité chez les jeunes autochtones. L’évolution forcée et trop rapide du peuple autochtone en serait la cause principale. En effet, de nos jours, les jeunes ne se fient qu’à la technologie. Si par exemple leur bateau à moteur ne fonctionne plus, ils ne prendront pas un canoë d’écorce traditionnel pour aller pêcher, ils préfèreront ne pas y aller et attendre d’avoir un autre bateau à moteur. On voit là l’esprit de consommation qu’ils partagent aujourd’hui. Il y a beaucoup moins de retour aux sources chez les nouvelles générations, nous dit Annick Flamand qui travaille au Conseil de Bande. Elle croit tout de même que les jeunes s’intéressent à certains aspects de leur culture.

            La spiritualité était un élément très important dans leur vie. Le peuple atikamekw vivait en parfaite harmonie avec l’environnement dans lequel il vivait. Tout était précieux et méritait le respect. Encore aujourd’hui, les valeurs que l’on retrouve dans les communautés atikamekws sont l’entraide et le respect. Tous se connaissent et n’hésitent pas à rendre service à leurs voisins et à leurs proches. Dans la culture atikamekw, tous les savoirs ainsi que la langue étaient transmis oralement par les aînés. Ce n’est que récemment que l’on a mis par écrit la langue atikamekw, qui n’est pas tout à fait exacte vu la francisation que l’on en a faite. Malheureusement, de nos jours les aînés ne transmettent plus leurs savoirs aux jeunes dus à leur désintérêt. Ce phénomène chez les jeunes est dû à l’arrivée de la technologie, ainsi que de nombreux problèmes sociaux tels que la perte d’identité affirme Jolianne Ottawa, qui travaille comme infirmière au Centre de Santé de Manawan, lors de notre rencontre. Les aînés n’ont plus la même importance qu’autrefois. Ils sont parfois envoyés à l’hôpital de Joliette pour certains besoins et souvent ils terminent leur vie loin de leur famille. C’est une situation très commune et difficile pour les aînés mentionne Mme Ottawa. Afin de résoudre ce problème, Mme Annick Flamand nous explique que tous travaillent fort au Conseil de Bande pour essayer d’avoir une maison dans la communauté pour les aînés afin qu’ils ne se retrouvent pas loin de leur famille. L’ennui c’est que c’est très difficile d’amener un tel projet à terme dû au manque de financement de la part du gouvernement.

           Même rendu en 2015, certaines personnes croient toujours que les peuples autochtones vivent de ce mode de vie où tout était construit à la main avec les ressources qu’ils trouvaient en pleine nature. La grande majorité ne fait même pas la distinction entre les différentes cultures des différentes familles autochtones. Pour eux, ce sont tous des gens peu évolués qui vivent encore dans des tipis et qui sont vêtu de peaux d’animaux qu’ils ont eux-mêmes chassés. Tout cela est bien évidemment faux, ils sont aussi évolués que nous qui ne vivons pas dans des réserves. Il n’y a pas de distinction entre leur habillement et leur maison qui sont comme les nôtres. Ils ont accès à Internet et sont tous aussi sur les réseaux sociaux, ce qui leur facilite énormément les communications et ce, surtout avec ceux vivant à l’extérieur du territoire atikamekw. Ils sont au même niveau que nous pour la technologie et sont même, comme nous, pris dans un cercle vicieux de la consommation de masse, ce qui contribue malheureusement à la perte de leur culture. Pour ce qui est de l’accès à Internet, les opinions sont partagées au sujet du fait que cela peut être autant bénéfique que mauvais pour les communautés. En effet, certains voient une opportunité de s’ouvrir au monde extérieur et de s’épanouir en acquérant de nouvelles connaissances. D’autres le perçoivent comme une menace pour leur langue et culture qui  intéresse de moins en moins les jeunes. C’est majoritairement les aînés qui craignent les méfaits de la technologie dans leur communauté.

           Les Atikamekws se retrouvent présentement dans une situation difficile et vivent de nombreux problèmes sociaux. Ils vivent un choc d’identité depuis les pensionnats qui leur ont interdits de pratiquer leur culture afin de les assimiler à celle des colonisateurs européens. On perçoit nettement tout le dommage qu’a causé ce processus d’assimilation chez ce peuple. On retrouve dans les réserves beaucoup de problèmes liés à la violence, l’alcool, la toxicomanie, la pauvreté, le décrochage scolaire, ainsi qu’un taux de suicide très élevé chez les jeunes. En ce qui concerne le suicide, il est  au moins deux fois plus élevé chez les jeunes autochtones que dans le reste de la population canadienne. En effet, « pour les Autochtones, le suicide témoigne de la détresse des jeunes. De 10 ans à 29 ans, les jeunes autochtones dans les réserves sont 5 à 6 fois plus à risque de mourir de suicide que leurs semblables faisant partie de la population générale » (Laurence J. KIRMAYER, Gregory M. BRASS, Tara HOLTON, Ken PAUL, Cori SIMPSON et Caroline TAIT, 2007). Il existe un type de suicide bien spécifique dans leur cas. Il s’agit du suicide anomique qui a pour cause une trop grande désintégration du groupe d’appartenance, due au changement radical qu’ils ont vécu (Laferté, 2013). En seulement 50 ans, ils ont passés des tipis à la modernité, ce qui a pour résultat la perte de leurs repères culturels. Les pensionnats ont grandement contribués à cette perte d’identité, qui même encore aujourd’hui affecte les jeunes et les poussent à commettre cet acte. Ce phénomène est intimement lié à une anomie sociale. Ce terme, venant du sociologue Émile Durkheim, désigne un manque d’ordre social d’après l’absence de règles, ainsi qu’un manque d’intégration au sein de la société. Selon Durkheim, « il se trouve une possibilité qu’il y ait une relation entre les conditions sociales de l’individu et le suicide. Le suicide anomique peut survenir dans une société où sévit un manque d’ordre collectif en raison des changements sociaux radicaux auxquels elle est soumise » (Laurence J. KIRMAYER, Gregory M. BRASS, Tara HOLTON, Ken PAUL, Cori SIMPSON et Caroline TAIT, 2007). Le suicide n’est qu’un seul problème parmi tous ceux qui touchent les peuples autochtones et ce, en raison de la suppression de leurs droits il y a déjà plusieurs années de cela.

          Ceux-ci qui étaient autrefois les tout premiers habitants de l’Amérique ne représentent aujourd’hui qu’une très mince partie de la population canadienne. En effet, selon une enquête effectuée sur les ménages au Canada, par Statistiques Canada, seulement 4,3% de la population canadienne totale sont des personnes d’identité autochtone, ce qui représente 1 400 685 individus sur un grand total de 35 158 300 Canadiens en 2011 (Statistiques Canada, 2011). On peut donc concevoir que ces peuples autochtones soient en minorité, non seulement par leur nombre, mais aussi par le fait qu’ils soient mis à l’écart et contrôlés par la société due à une sévère discrimination (Laferté, 2014). Leur minorité et leur écart du reste de la population sont d’une part visibles du fait qu’ils vivent dans des réserves. Ils sont peut-être une minorité à l’échelle du Canada, mais si l’on jette un coup d’œil de plus près dans les réserves, ce sont des communautés qui ne cessent d’augmenter en nombre. À Manawan, on dénombre plus de 2 154 Atikamekws habitant la réserve et ils sont de plus en plus nombreux au cours des années (Les Nations, 2012). La raison est simple, il y a énormément de jeunes filles qui tombent enceintes. Il n’est pas rare de voir une jeune fille de 17 ans qui attend un enfant, nous dit Annick Flamand ayant elle-même vécu cette situation. De plus, la moyenne d’enfants par femme est de cinq enfants, ce qui est énorme et fait augmenter rapidement le nombre d’habitants dans la communauté. Cela résulte d’une population nombreuse et aussi très jeune. En effet, les jeunes représentent un beaucoup plus grand pourcentage que les adultes et les aînés dans les réserves (Statistiques Canada, 2011). En effet, d’après madame Flamand, environ 60% de la population de Manawan est âgée de moins de 35 ans.

Érika Palamaro
Érika Palamaro

          Cela amène un autre gros problème dans ces communautés, qui se trouve à être le surpeuplement. En effet, il n’est pas rare de voir dix personnes vivent dans une seule maison. Parfois les jeunes n’ont même pas de lit, ils doivent attendre leur tour pour aller à la salle de bain le matin pour se préparer avant d’aller à l’école et arrivent même en retard, nous raconte le directeur de l’école secondaire de Manawan, M. Vollant. En effet, la situation des jeunes est bien particulière là-bas et il faut être-là le plus possible pour eux, car il est très facile de décrocher de l’école.

        Ces gens ont longtemps et sont encore soumis au Gouvernement qui maintient un esprit de dépendance grâce à la loi sur les Indiens. Les Autochtones sont dans une situation où l’une des seules façons  de s’en sortir est de quitter la réserve, chose que très peu d’entre eux ont le courage de faire, car ils ne veulent pas quitter leur famille et la réserve reste quand même leur chez soi. Même si plusieurs jeunes partent étudier ailleurs pour leurs études collégiales, universitaires ou pour faire un diplôme d’études professionnel, ils reviennent dans leur communauté dans le but de rester avec leur famille et de s’y trouver un emploi, mais malheureusement dû au manque d’emploi dans les réserves ils tombent sur l’aide sociale. Annick Flamand mentionne le fait qu’il est certain que bien des gens de la communauté aimeraient déménager pour leur permettre de s’épanouir, mais ils restent pour aider la communauté qui est dans le besoin. L’autre solution serait que ces communautés acquièrent leur propre indépendance, car pour l’instant ils ne peuvent rien faire pour améliorer la vie de tous dans les réserves dues au manque de financement de la part du Gouvernement.

              En gros, la situation à ce jour dans les réserves n’est vraiment pas facile. En effet, l’empêchement de pratiquer leur culture, la perte de leurs terres et de leurs droits, ainsi que la modernisation trop rapide ont été des facteurs décisifs en ce qui concerne la perte d’identité chez la population autochtone. Ces gens sont confinés dans les réserves avec tous leurs problèmes. Les intervenants que nous avons rencontrés à Manawan nous on fait comprendre que tous se serrent les coudes pour essayer de mettre sur place plusieurs projets qui contribueraient à améliorer la vie de tous les habitants de la réserve. Ils ne manquent pas d’initiatives, mais ils manquent plutôt de financements et d’aide de la part du Gouvernement. Voilà donc où le problème réside. Malgré tout, nous avons pu remarquer que les Atikamekws sont un peuple fier de leur culture et solidaire entre eux et ce, même s’ils vivent avec les nombreuses blessures du passé qui les affectent encore aujourd’hui.

Stéphanie Collado

Le racisme envers les autochtones

Le racisme est une injustice sociale basée sur des opinions fausses, mais profondément ancrées par rapport aux gens et à leur valeur sociale (CCSNA, 2014, p.1).  En effet, les Autochtones au Canada ont subi cette injustice dans des contextes historiques et actuels. Cette partie du rapport tentera de mettre l’accent sur les préjugés actuels et leur impact sur la communauté autochtone. Le racisme se définit comme étant «une idéologie fondée sur une croyance qu’il existe entre les groupes humains, les races : comportement inspiré par cette idéologie» (Larousse, 2015).

Erika Palamaro
Erika Palamaro

Depuis leurs premiers contacts avec les Européens, les Autochtones ont été victimes de racisme qui a eu des effets néfastes sur tous les aspects de leur vie et de leur bien-être. Le concept de race est nouveau dans les sociétés occidentales. Effectivement, en Europe, vers la fin du 16e siècle, tout ce qui définissait quelqu’un était la langue et la religion. Le concept de race en lien avec l’identité n’existait pas avant que les Européens commencent à faire de la colonisation sur d’autres continents. Durant cette période de colonisation, en observant les allochtones et les autochtones, il y a une distinction entre les deux races basées sur les différences de celles-ci.  Ces recherches ont provoqué une nouvelle idéologie que nous connaissons très bien sous la forme de racisme (CCSNA, 2014, p.1). À l’arrivée du 19e siècle, le mot «race» a été utilisé pour classifier et a maintenir des hiérarchies sociales basées sur la discrimination. Malgré cela, ces classifications ont continué à survivre jusqu’à l’âge contemporain. Ainsi, les différences raciales se retrouvent en biologie dans la composition physique, par exemple la couleur de peau, la forme des yeux et ainsi de suite. De plus, la langue et la culture que partage une race consiste de certaines caractéristiques communes qui aident à l’identification de celle-ci.

Formes de racisme

Racisme épistémique: Cette forme de racisme se classifie parmi l’étude de l’épistémologie, qui est l’étude des connaissances. Cette forme de racisme est importante parce que la domination par l’occident favorise la croyance que la culture occidentale est supérieure à lui qu’elle domine. Ainsi,  avec ces genres de recherches avancés, les Autochtones ont été ciblés comme étant des «sauvages» : moins évolué et moins intelligent que les Européens.

Racisme relationnel : Le mot relationnel se définit comme étant quelque chose qui est relatif à une relation (CCM BENCHMARK, 2015), donc ce que les êtres humains vivent chaque jour. Cette forme de racisme est dite la plus commune. Effectivement, ce type de racisme se passe lorsque quelqu’un subit les  conséquences d’un acte discriminatoire  provenant d’une personne qu’elle voit dans son quotidien. (CCSNA, 2013, p.4) Ce genre de comportement inclut les agressions physiques, les insultes et les agressions sexuelles. Par exemple, le racisme est rationnel est observé quand une personne se fait suivre par une employée dans un magasin, sous le doute du vol, sans  y avoir de raison valable.

Racisme  structurel : La définition de structurel va comme suit : qui est relatif à une structure (Linternaute, 2015). Donc, cette forme de racisme émerge lorsqu’un groupe domine, et avec ce nouveau pouvoir qu’il a, il impose des lois, des politiques, des règles qui ne font pas preuve d’équité. Celle-ci fonctionne avec des pratiques qui sont soutenues par des idéologies racistes (CSSNA, 2013, P.4). Par ailleurs, la loi sur les Indiens suit ce type de racisme parce que les lois qui ont été imposées sur eux n’ont jamais été approuvées pour les Autochtones. En effet, le gouvernement impose cette loi, avec le pouvoir en se basant sur leurs stéréotypes (dont l’alcoolisme, leur paresse et leur comportement irresponsable).

Exclusion sociale : L’exclusion sociale va restreindre et prohiber des groupes spécifiques, de façon physique et sociale, de faire partie du système éducationnel, politique et économique. Ceci fait en sorte que les groupes qui vivent une injustice raciale sont désavantagés parce qu’ils n’obtiennent pas les mêmes ressources que les autres, ce qui va leur permettre d’avancer dans la société. Par ailleurs, on retrouve l’exclusion sociale souvent avec l’habitation, les possibilités quant à l’éducation, d’emploi, de justice et les soins de santé. Par exemple, on remarque que l’exclusion sociale des autochtones est évidente parce qu’ils sont des citoyens vivant sous la garde du gouvernement fédéral (CSSNA, 2013, p.5).  Assurément, les peuples autochtones se sentent exclus, car ils ne sont pas considérés comme des citoyens canadiens à part entière.

Racisme symbolique : Ce type de racisme est moins direct, c’est une forme plutôt mineure, mais qui a les mêmes conséquences du racisme en fin de compte. La plupart du temps, ceux qui expriment cette forme de racisme, ne le pense pas parce qu’ils maintiennent les normes de la société. Ainsi, ils démontrent des attitudes similaires malgré leur but, et donc manifeste le racisme qu’ils évoquent. Par exemple, le racisme symbolique serait de supporter des lois qui évoquent du racisme, mais de le faire de manière subtile. Entres-autres, supporter des causes comme les programmes de services de santé non assurés (CSSNA, 2013, p. 6).

Racisme corporel : Cette forme de racisme s’identifie par l’angoisse que provoquent la discrimination, la violence sociale et l’aliénation (CSSNA, 2013, p.6). En effet, ceci cause des fortes réactions physiques et psychologiques pour les gens qui en sont victimes. Par ailleurs, dans la création raciale d’un «État-providence pour les Autochtones», à cause de l’emprisonnement des peuples autochtones dans les systèmes coloniaux, il y a une grande majorité de problèmes liés aux maladies, aux blessures et aux décès prématurés (CSSNA, 2013, p.6).

Daltonisme : La définition exacte du mot «daltonisme» est une anomalie de la vue caractérisée par une confusion de certaines couleurs. Malgré cette définition, quand ce mot est défini en lien au racisme, le mot daltonisme veut dire que c’est les différences raciales ne sont pas importantes (CSSNA, 2013, p.6). C’est une forme plus subtile que la ségrégation et d’autres formes de racisme. Le daltonisme qui est le concept de l’«inexistence» des races présente la race comme étant une invention sociale. Malgré le concept des races étant réfuté, ceci ne tient pas en compte du racisme qui surgit dans la société chaque jour. Par conséquent, les inégalités sont prolongées parce que ça ne reconnait pas que les gens se font traiter différemment en fonction de leur catégorie ethnique. En effet, les gens qui souffrent d’injustice raciale sont victimes de discrimination systématique, tandis que les blancs vont être favorisés, à cause de leur couleur de peau. Les statistiques nationales liées à l’éducation et à l’emploi supportent la réalité de cette différence d’attitude envers les autochtones.  Par ailleurs, d’après Mme Dupuisporte-parole du Mouvement Idle No More,  le racisme aujourd’hui en est un d’omission. Elle déplore que, dans le système d’éducation, on commence l’histoire du Québec en 1534 alors que les communautés autochtones étaient déjà présentes depuis 7 000 ans au Québec et 15 000 ans au Canada. Elle s’étonne que la participation des autochtones à l’économie canadienne et québécoise soit écartée de l’enseignement dans nos écoles (WordPress, 2015).

Où retrouve-t-on ce racisme?

Le racisme se retrouve partout, mais il y a des manifestations plutôt évidentes dans certains secteurs dont: les politiques gouvernementales, le système d’éducation,  les services médicaux et le système judiciaire.

Les politiques gouvernementales : l’exemple le plus évident du racisme envers les Autochtones a été la Loi sur les Indiens appliqués en 1876 par le gouvernement canadien. D’ailleurs, mon coéquipier Christophe Tellier a abordé le sujet de la Loi sur les indiens dans son article l’«Identité Autochtone et historique des lois».  Le racisme structurel est à l’origine des politiques qui vont renforcer ou même créer la discrimination. Cette loi prétendait protéger les droits des autochtones, cependant la Loi sur les Indiens imposait une structure fédérale pour exercer un contrôle sur leurs identités, leurs terres, leurs langues, leurs pratiques culturelles et leurs ressources. Entre autres, cette loi a brimé tous les droits des Autochtones. Nous retrouvons souvent le racisme parmi les politiques gouvernementales, la loi sur les Indiens ne comptait seulement un exemple pertinent (CCSNA, 2013, p.5).

Le système d’éducation : Le racisme structurel est davantage présent dans le système d’éducation, et ce, par les institutions.

Erika Palamaro, 2015
Erika Palamaro, 2015

Une des formes les plus reconnues de racisme au niveau institutionnel était le système des pensionnats, qui avait pour but d’assimiler les enfants autochtones. Originellement, les gouvernements canadiens se sont entendus sur une éducation riche en tradition autochtone pour l’enseignement des enfants, tandis qu’à la place de faire cela, ils ont imposé des pensionnats qui visaient à «tuer l’Indien dans l’enfant» (CCSNA, 2013, p.4) .

Les services de santé : On retrouve aussi le racisme dans les services de santé. Beaucoup d’autochtones ne vont pas se faire soigner dans des hôpitaux hors de la réserve parce qu’ils ne sont pas respectés. Plusieurs autochtones ont vécu des expériences négatives quand ils étaient malades. Des exemples de discrimination vont comme suit : moins de renvois à des spécialistes, plus de temps à attendre un spécialiste et des traitements insultants envers les Autochtones (CCSNA, 2013, p.8). Selon un article de Huffington Post Québec, Dre Janet Smylie, une médecin métisse dans le système de santé canadien affirme que les stéréotypes auprès des Autochtones vont nuire à la santé de ceux-ci. Elle dit que leur cas d’injustice est si extrême, qu’ils doivent développer des stratégies afin de se faire admettre en urgence. Alors, ils finissent souvent par abandonner sur les soins qu’ils nécessitent. (Radio-Canada, 2015

Le système judiciaire: Les politiques racistes viennent s’ajouter au système judiciaire et le racisme envers les autochtones se poursuit, même en Cour judiciaire.  C’est ainsi qu’un Autochtone dit coupable d’infractions a plus de chance de recevoir une peine d’emprisonnement que quelqu’un d’allochtone (CCSNA, 2013, p.8).  De toute évidence, les Autochtones sont ceux qui représentent le groupe le  moins représenté dans le système judiciaire. Ainsi, les préjugés auxquels les Autochtones doivent faire face peuvent notamment motiver les autorités à contester les motifs et la crédibilité de la victime.

Le racisme se manifeste sous quelle forme?

Au Canada, le racisme autochtone se manifeste de plusieurs façons :

Stéréotypes :

Erika Palamaro, 2015
Erika Palamaro, 2015

Il y a plusieurs stéréotypes négatifs associés à la culture autochtone, par exemple, l’abus d’alcool, la dépendance de drogues, le taux élevé de chômage et la violence. Une idée qui continue de se propager c’est que les Autochtones sont dépendants de l’État et qu’ils sont réellement heureux de ne pas avoir à gérer leur argent, et de tous laisser gérer leurs affaires par le gouvernement.

Erika Palamaro, 2015
Erika Palamaro, 2015

Ces stéréotypes engendrent non seulement des problèmes d’humiliation pour les autochtones, mais aussi ne respecte pas l’autonomie des autochtones quant à leur droit légitime à l’autodétermination. Les médias font beaucoup pour propager ces fausses associations, les médias ont souvent falsifié des aspects historiques. Donc, ceux qui décident dans les groupes de média peuvent choisir à contribuer, à améliorer ou même à polluer l’opinion publique.

Stigmatisation : Selon la définition du dictionnaire la stigmatisation c’est la «Mise à l’écart d’une personne pour ses différences qui sont considérées comme contraires aux normes de la société»(Linternaute, 2015) .Le résultat est justifié par les stéréotypes coloniaux, ancrés dans une mentalité de division «nous contre eux». Par exemple, dans le film de Disney «Pocahontas», la stigmatisation est présente par l’idée de supériorité de l’homme blanc. Dans le film, Pocahontas est une autochtone, qui tombe en amour avec l’ennemi, le blanc. Le film représente une division des deux races, et raconte une histoire d’amour impossible autour de celui-ci.

Violence : Le racisme se manifeste aussi par des actes de violence auprès d’une personne ou d’un groupe, relatif aux caractéristiques raciales de ceux-ci. Dans l’histoire des Autochtones, on retrouve de nombreux cas envers ce peuple par les colons. Par exemple, un cas qui a bouleversé les peuples autochtones était celui de l’expérience vécue par la communauté Mi’kmaq en Nouvelle-Écosse. Les Mi’kmaq ont occupé pendant des milliers d’années leurs terres, qui regroupait les provinces atlantiques : Nouvelle-Écosse, Nouveau-Brunswick, Île-du Prince-Édouard et Terre-Neuve. Ils vivaient tous près des cours d’eau qui constituaient leur forme de voie de communication; en canot. La nature leur offrait tous ce dont ils avaient besoin : la chasse, la pêche et la terre, ils ne représentaient donc aucune menace. Les premiers colons sont alors arrivés et ont compté sur les connaissances des Mi’kmaq mais leur croissance démographique rapide a causé énormément de problèmes pour ce peuple autochtone (Nouvelle-ecosse.com, 2014). En 1749, Edward Cornwallis a été nommé gouverneur de la Nouvelle-Écosse, et fondateur de Halifax. Après l’Arrivée des blancs, les allochtones et les Autochtones viennent rapidement à s’affronter et Cornwallis envoie des soldats pour repousser les Mi’kmaq loin de la colonie. Ceci ne suffit pas à les éliminer de leur chemin, donc le fondateur publie une instruction sous le nom de la «Proclamation de la scalpation». Effectivement, Edward Cornwallis va payer quiconque qui tuera de manière inhumaine un Mi’kmaq, autant les adultes que les enfants, pour les expulser de la Nouvelle-Écosse (Nouvelle-ecosse.com, 2014). Avant ceci, la population entière de la Nouvelle-Écosse c’était des Mi’kmaq, et aujourd’hui ils représentent moins de 2% de la population de la Nouvelle-Écosse.

Structure de la société canadienne: Le racisme se manifeste dans la structure de notre société, et ceci se voit surtout dans les institutions et processus politiques, économiques et sociaux. Néanmoins, la structure de notre société est visiblement différente de ceux des autochtones. À ce sujet, ce qui forme une culture, ou une société c’est l’ensemble des personnes qui partagent les mêmes valeurs. D’abord, les valeurs des allochtones et des autochtones se distinguent de plusieurs façons.   Du côté des Autochtones, l’attachement à la terre, propriété collective de la communauté, la terre est vue comme étant une mère nourricière, tandis que les allochtones eux privilégient la propriété privée des terres afin d’exploiter les ressources naturelles. Une autre différence entre les valeurs des autochtones et les blancs c’est leur vie dépend des différentes saisons, à l’égard des blancs qui eux vivent selon l’efficacité et la technologie (Laferté, Recueil de texte, 2014). Ensuite, il y a plusieurs autres différences qui font en sorte que le racisme structurel devient plus facile. Effectivement, l’établissent de «réserves indiennes» représentent un exemple parfait de racisme structurel, et le manque d’investissement adéquat dans ces réserves aussi maintiennent des conditions désavantageuses.

Mouvement «Idle No More»

Au Québec, on retrouve le mouvement Idle No More (Encyclopédie, 2014). Ce mouvement trouve son origine de quatre femmes autochtones à Saskatoon. Par ailleurs, lors de l’adoption de la Loi omnibus C-45, qui inclut des amendements d’injustices en relation aux droits des Autochtones. D’après celle-ci, la permission de la déréglementation en cas de développement industriel et permettrait à des entreprises d’acheter ou de vendre des terrains situés dans les réserves dans tenir compte des communautés installées sur ces terres ou sans compensation à leur égard. Cette loi ne tient pas en compte les droits des Autochtones, les communautés ont revendiqué ceci et le mouvement s’est répandu grâce aux réseaux sociaux (Wikipédia, 2015). La porte-parole de ce mouvement s’appelle Mélissa Dupuis et celle-ci dit que la charte contredit les valeurs autochtones et «ne représente pas du tout la grandeur que le Québec peut avoir et ça ferme la conversation entre les peuples autochtones et québécois alors que nous sommes censés être un peuple fondateur» (Radio-Canada, 2015). C’est ainsi que le mouvement Idle No More encourage les membres des Premières Nations d’être fières de leurs symboles spirituels, religieux et culturels.

Entrevue auprès des intervenantes dans le domaine de la santé

Erika Palamaro, 2015
Erika Palamaro, 2015

À la suite d’un séjour sur la réserve autochtone de Manawan, j’ai pu constater que mes recherches par rapport aux injustices dans le domaine de santé ont été vérifiées et confirmées. C’est ainsi que nous avons rencontré deux infirmières et la directrice des services professionnels sur la réserve de Manawan. Les trois femmes que nous avons passées en entrevue sont Madame Francine Mor, directrice des services professionnels (à la gauche), madame Jacinthe Petiquay, infirmière (au centre) et finalement madame Jolianne Ottawa, infirmière (à la droite).  Elles ont dit que le racisme envers les autochtones est très présent dans leur domaine, même plus que dans tous les autres. Ceci a été constaté dans mes recherches, d’ailleurs les femmes ont parlé d’expériences qui leur sont arrivées en tant qu’infirmières autochtones. Par exemple, quand elles parlent à des docteurs blancs des hôpitaux, les docteurs ne les prennent pas au sérieux puisqu’elles sont autochtones. Un enjeu important auquel elles font face est celui du manque d’ambulance dans la communauté.

Erika Palamaro,2015

Madame Jolianne Ottawa, en décrivant la situation des ambulances, nous dit : «Nous essayons  de toutes les manières possibles d’avoir une ambulance dans notre communauté. Nous sommes une population d’environ 2000 personnes, et nous n’en avons pas. On trouve ça ridicule. » Cela est un enjeu qu’elles doivent faire face parce que sans ambulance dans la réserve, tout devient compliqué. Quand une femme accouche, elle doit être envoyée deux semaines avant la date de l’accouchement à la ville la plus proche, à St-Michel à environ 1 heure et demi. Les trois femmes nous ont expliqué qu’il y a eu beaucoup de cas d’accouchement dans les ambulances parce qu’ils ne se sont pas rendus. Arrivé dans les hôpitaux de St-Michel, il y a aussi un non-respect des traditions autochtones. Par exemple, les autochtones ramènent le placenta dans la communauté après un accouchement et ensuite le planter dans le sol pour que la plante puisse grandir en même temps que l’enfant. Ceci fait partie d’une ancienne tradition des autochtones, mais n’est pas respecté par les blancs. Bref, il y a plusieurs raisons pour lesquels les autochtones vivent des injustices raciales.

L’éducation chez les autochtones : un défi quotidien


La scolarité est un bien important de nos jours en société. De plus, depuis les années 1988 l’école est obligatoire jusqu’à l’âge de seize ans (ALLARD, 2013)  au Québec. Cependant, il arrive que dans certains milieux par exemple, ceux touchés par la pauvreté, l’éducation ne soit pas une priorité pour plusieurs raisons. Les milieux touchés par la pauvreté sont multiples et il y en a partout dans le monde même au Québec. Lorsque l’on pense au milieu défavorisé au Québec on pense aux quartiers défavorisés de Montréal toutefois, il n’y a pas qu’à Montréal que l’on trouve de la pauvreté dans les réserves autochtones aussi. Par exemple, sur la réserve autochtone de Manawan au Québec, la communauté atikamekw est prise avec les problèmes liée à la condition de pauvreté. C’est-à-dire taux de chômage élevé, problème de toxicomanie et d’alcoolisme, fort taux de décrochage scolaire, etc. L’analyse est simple, pour sortir de la pauvreté il faut de l’argent et pour avoir de l’argent il faut un travail seulement, pour avoir un travail il faut de l’éducation, mais quand l’éducation est un problème tout devient plus compliqués à résoudre. Lorsqu’il est question d’éducation, plusieurs domaines entrent en ligne de compte que l’on soit dans un milieu de vie favorisé ou d’un milieu de vie défavorisé. La question de l’éducation devient encore plus complexe lorsqu’il s’agit de l’éducation chez les autochtones. Il y a la question de l’autonomie gouvernementale, le sous-financement scolaire, la perte d’identité liée à une éducation évangélisatrice, la mise en place d’initiative pour la persévérance scolaire et les revendications liées à l’éducation.

 

réserve autochtone de Manawan avril 2015
réserve autochtone de Manawan avril 2015

 

 

Autonomie gouvernementale

Comme nous l’avons appris lors de nos cours de politique et d’histoire, le Canada possède une structure gouvernementale à deux paliers. Il y a un gouvernement fédéral et un gouvernement pour chaque province et territoire. Dans cette administration, ce qu’il y a comme définition de tâche pour le gouvernement fédéral et ce qu’il y a comme définition de tâche pour le gouvernement provincial est clairement séparé. Par exemple, l’argent, les banques, la poste sont du ressort du gouvernement fédéral et l’éducation, l’agriculture sont du ressort du gouvernement provincial (DERET, 2012). Lorsqu’il s’agit d’une question autochtone, c’est le gouvernement fédéral qui en est le répondant. Pourtant, lorsqu’il est question de l’éducation ce sont les provinces qui sont chargées de ce mandat. L’administration est donc lourde en ce qui concerne l’éducation autochtone. Pour l’argent, c’est le gouvernement fédéral qui la donne, mais pour le programme d’éducation c’est la province qui est responsable de la mise en place des programmes éducatifs pour leur population. Donc pour un problème en apparence simple pour une école allochtone cela devient des complications inutiles pour une école autochtone. L’école doit s’adresser au Conseil de bande pour toute réclamation, et lui doit s’adresser au gouvernement fédéral et/ou provincial selon le problème. C’est entre autres des complications de gestion inutile du genre que les Autochtones réclament le droit de gérer leur éducation (HALDANE, LAFONDE & KRAUSE, 2008) . En effet, le côté politique du problème c’est que les membres des Premières Nations aimeraient l’autonomie : pour pouvoir gérer ce qui se passe dans leur réserve. Et l’un des principaux lieux où il faudrait investir est l’éducation. Cependant, depuis que le projet de loi C-33, déposer le 10 avril 2014 par le gouvernement Harper (SIOUI, 2014), rend cette revendication encore plus importante, car, « cette loi stipule que les écoles autochtones devront ce conformé aux systèmes d’éducation provinciale »(SIOUI,2014). Ce projet de loi est basé sur le fait que les peuples autochtones voulaient l’autonomie en ce qui a trait au contrôle de leur éducation, il s’avère toutefois que le projet de loi ne fait pas l’unanimité puisque celui-ci est en suspens depuis le 5 mai 2014 (GOUVERNEMENT DU CANADA DES AFFAIRES AUTOCHTONES ET DU DÉVELOPPEMENT DU NORD CANADA, 2014).

Le sous financement du système scolaire

Lorsqu’il est question d’éducation, il est surtout question du financement. D’où provient le financement des écoles? Pour ce qui est du Canada, ce sont les provinces qui sont responsables de l’éducation de leur population. Cependant, lorsqu’il est question des réserves c’est le gouvernement fédéral qui s’en occupe( DERET, 2012). Au Canada, il y a un total de 515 écoles autochtones et le budget fédéral pour les écoles est de 689,4 millions par année ( GAUTHIER & BLACBURN,2014) . Bien que ce montant d’argent puisse paraitre tout de même assez colossal, si nous faisons le calcul, ce budget donne aux écoles environ un million trois cent mille dollars par année pour toutes les dépenses scolaire donc les livres, les fournitures, les dépenses liées à l’entretien de l’école, etc. À titre de comparaison, la commission scolaire de la capitale (Québec) reçoit un budget de 316,2 millions pour une centaine d’écoles ce qui fait environ trois millions deux cent mille dollars par école (COMMISSION SCOLAIRE DE LA CAPITAL, 2013). C’est une différence de presque deux millions entre autochtone et allochtone. Il y a donc visiblement un sous-financement des écoles autochtones. Cependant, le gouvernement fédéral « se dit sensible à cette réalité » (GAUTHIER ET BLACKBURN, 2014)  et tente de corriger le tout. Malgré ce bon vouloir de la part du gouvernement, les changements peuvent prendre plusieurs années à voir le jour. Il est certain qu’une des préoccupations majeures de la communauté est l’éducation des enfants, car l’éducation est de nos jours devenue essentielle. Cependant, avec un manque considérable de financement, il est difficile d’offrir les services adéquats aux enfants et il est encore plus difficile de s’occuper des enfants ayant des difficultés scolaires.

La perte d’identité

Si l’on remonte un peu en arrière dans l’histoire autochtone c’est-à-dire en 1892, c’est le début des pensionnats pour les Amérindiens. Ce phénomène s’est produit partout au Canada le but de ces écoles était « l’évangélisation et assimilation progressive des peuples autochtones »(LEPAGE, 2014).

église catholique de Manawan (avril 2015)
église catholique de Manawan (avril 2015)

Le but était donc de détruire les cultures des premières nations afin qu’Amérindiens deviennent des citoyens canadiens. Malgré le fait que leur culture n’a pas été détruite, il n’en reste pas moins que les enfants qui ont fait leur scolarité dans les pensionnats en sont ressorti avec de tristes souvenirs. Ces souvenirs sont marqués « de négligence d’abus et de sévices physiques et sexuels » (LEPAGE, 2014). Plusieurs autochtones en ont été victimes et il est difficile psychologiquement parlant de vivre avec un tel passé. Cette souffrante a pour conséquence de créer une perte d’identité chez les autochtones qui ont vécu les pensionnats. Cette perte d’identité est due à l’éducation évangélisatrice qui condamnait la culture autochtone. En effet, lorsque les enfants étaient dans les pensionnats ils devaient oublier tout ce qui était autochtone pour ne pas être châtier. Toutefois, lorsque ceux-ci revenaient dans leur réserve ils vivaient un « choc culturel », car lorsqu’il était sur leur réserve il était bien d’être autochtone alors qu’ailleurs ce ne l’était pas. Cette perte d’identité a causé bien des problèmes sociaux aux communautés autochtones. Certains pour oublier ce qu’ils avaient vécu dans les pensionnats sont tombés dans l’alcool et la drogue, d’autres se sont suicidés (suicide anomique ou suicide égoïste).

Pour les descendants de cette génération marquée par l’enfer des pensionnats le climat familial n’était pas le meilleur pour l’éducation des enfants. Pour les enfants élevés par un parent ou des parents qui ne possèdent pas de pôle social, il est difficile de se développer dans un milieu sans repère et principalement sans identité. En effet, les enfants qui ont vécu les pensionnats et qui se retrouvent parent n’ont aucune idée comment élever un enfant dû aux trop grandes différences d’éducation qu’ils avaient dans leur école et dans leur famille. C’est bouleversement dans leur enfance crée plus tard des parents de type négligent et distant et d’autre deviennent des parents autoritaires (PAPALIA, OLDS & FELDMAN, 2010). Ces séquelles émotionnelles font donc place à des problèmes sociaux. De plus, lorsqu’une personne a des problèmes sociaux tels que l’alcoolisme ou la toxicomanie le chômage est général une cause ou une conséquence de ces problèmes (LAFERTÉ, 2013). Les enfants, afin d’aider leurs parents, pensent donc plus à faire de l’argent qu’à recevoir une éducation. De plus, pour trouver un emploi payant et en plus sans avoir complété son éducation c’est souvent dans des domaines illégaux. C’est donc un cercle vicieux qui commence. Lorsque ces enfants deviennent adultes, ils restent pris avec leur habitus de classe (LAFERTÉ, 2013)  c’est-à-dire que l’éducation n’est pas une priorité ou ils suivent l’exemple qu’ils ont vu de leurs parents et développent des problèmes de consommation et ainsi de suite pour les générations futures.

En effet, toutes ces années que les autochtones ont vécu une souffrance sociale due à la perte de leur identité les ont conduits à adopter de tels comportements qui se sont transmis de génération en génération. Malgré les efforts pour corriger tout cela, en tentant de garder les enfants à l’école pour leur assurer un avenir meilleur, le taux de décrochage scolaire reste fort. En effet, le décrochage scolaire atteint 43 % pour les autochtones contre environ 15 % pour les allochtones (RICHARD,2011). Cet écart massif, entre les deux cultures, contribue à faire creuser l’écart entre les allochtones et les autochtones dans tous les domaines. Cet écart et ce manque de scolarité n’aident pas les membres des premières nations à sortir de leur condition.

Mise en place d’initiative pour la persévérance scolaire

Cependant, il y a un vent de renouveau dans les communautés autochtones afin de combattre ce cercle vicieux qui est encré depuis trop longtemps chez les peuples des premières nations. Avec tous les problèmes politiques, sociaux, économiques et psychologiques mentionnés précédemment, il est difficile d’accéder à l’éducation lorsque l’on vit sur une réserve.   En effet, l’un des graves problèmes sur les réserves c’est le décrochage scolaire. Le décrochage provient de causes multiples : le manque d’encouragement de la part des parents, la conscience de ne pas avoir de travail dans le futur sur la réserve, le préjuger de « plus l’autochtone performe plus il devient blanc » (VOLANT, 2015), etc. Afin de contrer le décrochage scolaire, plusieurs initiatives ont été mises en place.

Guillaume Volant directeur de l'école secondaire Otapi à Manawan ( avril 2015)
Guillaume Volant directeur de l’école secondaire Otapi à Manawan ( avril 2015)

Par exemple, dans la communauté de Manawan afin d’aider les jeunes de l’école secondaire Otapi on a inclus les parents dans leur programme de persévérance scolaire (ÉCOLE SECONDAIRE OTAPI, 2013). En effet, lorsqu’un jeune se sent appuyé par ces parents, l’envie de les rendre fières et de combler leurs parents active le taux de motivation. C’est pourquoi plusieurs partenariats ont été mis en place avec les villes avoisinantes telles que Joliette et Trois-Rivières (CONSEIL EN ÉDUCATION DES PREMIÈRES NATIONS, 2014). De plus, l’école encourage beaucoup les gens à s’impliquer dans l’école en faisant partie de comités. Il a aussi une grande promotion de la langue et de la culture Atikamekw. De plus, l’école utilise beaucoup de rythme des saisons (6 saisons dans la culture Atikamekw) pour organiser le calendrier scolaire et les activités. Autre fait mentionné par madame Mélanie Petiquay, c’est que les jeunes qui s’impliquent dans les comités ont plusieurs idées et n’attendent que d’être écoutés. C’est donc dans un climat d’ouverture d’esprit à l’égard des jeunes que les adultes de l’école secondaire Otapi écoutent les idées proposer et les adultes suivent les jeunes dans leur projet.

(pour plusieurs exemples d’initiatives mit en place avec les première nation http://www.cepn-fnec.com/PDF/CEPN/PPE-Bruno-FR_web.pdf )

hall d'entrée de l'école secondaire Otapi à Manawan ( avril 2015)
hall d’entrée de l’école secondaire Otapi à Manawan ( avril 2015)
décoration dans la bibliothèque de l'école secondaire Otapi à Manawan ( avril 2015)
décoration dans la bibliothèque de l’école secondaire Otapi à Manawan ( avril 2015)

Les possibilités offertes aux jeunes sont multiples pour les encourager à rester à l’école le plus longtemps possible. Par exemple, il y a le sport, la musique, l’art visuel (peinture, dessin), l’art médiatique (photo, film, etc.) Rivières (CONSEIL EN ÉDUCATION DES PREMIÈRES NATIONS, 2014) tout ce qui a un rapport traditionnel comme la fabrication de raquette (ÉCOLE SECONDAIRE OTAPI, 2013). Cependant, les critères de sélections sont très stricts et seulement quelques « chanceux » peuvent accéder aux échanges entre les écoles hors réserve. En effet, tous ces critères limitent les places disponibles et cela peut en décourager plus qu’un. La bonne nouvelle est que ces partenariats sont des projets pilotes c’est-à-dire qu’il y a de l’espoir pour que le nombre de places disponibles augmente afin d’aider le plus de jeunes possible. Autre fait intéressant, c’est un partenariat avec la ville de Trois-Rivières qui propose un programme pour leur Cégep. Avec de tels programmes en place la réussite scolaire pour les gens qui en bénéficie est pratiquement assurée.

classe d'art plastique à l'école secondaire Otapi à Manawan ( avril 2015)
classe d’art plastique à l’école secondaire Otapi à Manawan ( avril 2015)
classe de secondaire 3  anglais à l'école secondaire Otapi à Manawan ( avril 2015)
classe de secondaire 3 anglais à l’école secondaire Otapi à Manawan ( avril 2015)

Autre preuve de la persévérance scolaire, mais cette fois de la part de la communauté, c’est l’installation d’un réseau de fibres optiques permettant à la communauté de rester en contact avec le monde hors de leur réserve (AWASHISH, 2012). Par ce système il est plus facile d’obtenir des professeurs, car un autre problème des écoles sur les réserves c’est non seulement de conserver les enseignants, mais aussi d’en obtenir. C’est donc par ce réseau de communication que l’école obtient des professeurs : l’enseignant donne un cours par vidéoconférence rendant ainsi les cours plus accessibles. Par exemple, il est difficile pour l’école Otapi d’avoir des enseignants de chimie pour le cours offert en secondaire cinq (AWASHISH, 2012). Rappelons-nous que ce cours n’est pas obligatoire selon le ministère de l’Éducation, donc faute de ne pas avoir de professeurs la classe était annulée ce qui empêchait les étudiants qui avait besoin de ce cours pour aller au Cégep de pouvoir entrer dans le domaine désirer faute de manque de préalable. Mais avec cette nouvelle technologie, les professeurs n’ont plus besoin de ce déplacé ce qui facilite le recrutement d’enseignant.

Revendication liés à l’éducation

Malgré tous les aspects négatifs qui entourent les autochtones, ces nations sont d’une persévérance et d’une détermination remarquable. Comme le dit l’anthropologue Serge Bouchard dans le documentaire Québékoisie « c’est un peuple qui fait preuve de résilience»(HIGGINS & CARRIER, 2013). En effet, les peuples autochtones ont subi plusieurs agressions envers leurs cultures il est donc difficile de croire que leurs cultures existent encore. Si nous prenons l’exemple de la communauté atikamekw de Manawan, plusieurs efforts sont déployés pour changer les choses et aider les jeunes à se construire le meilleur avenir possible. En effet, la communauté tente de mettre en place plusieurs projets pour aider les jeunes et les adultes qui vivent une perte d’identité à renouveler avec les traditions atikamekw.

La communauté atikamekw fait partie des communautés autochtones qui désirent avoir leur autonomie afin de gérer leur communauté. Autre solution qui pourrait aider les communautés c’est de leur offrir du support d’intervenants afin d’atténuer les souffrances sociales de la communauté. La persévérance scolaire est une autre solution pour aider à contrer le décrochage scolaire. Même si cette solution est déjà en partie en place le projet n’est pas parfait par exemple, les places sont limitées. Bien que les choses soit en bonne voie, il reste tout de même des améliorations à faire pour aider au maximum les jeunes.

Autre solution apportée, mais qui n’est pas encore parfaite, c’est l’implication des parents dans la scolarité des jeunes afin de conscientiser toute la communauté à cette étape importante dans la vie des nouvelles générations atikamekw de Manawan. Autre solution possible et qui est demandée depuis longtemps par les autochtones, c’est la création d’une commission scolaire afin qu’ils puissent gérer leur éducation. Certes, la création permettrait non seulement de réduire les complications administratives, mais aussi de conserver les traditions autochtones. Cela leur permettrait de planifier les calendriers scolaires en respectant les fêtes autochtones et leur mode de vie encore relié à la terre (chasse et pêche). De plus, la commission scolaire autochtone pourrait centrer les besoins des étudiants dans les réserves.

 

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http://nouvelles.gc.ca/web/article-fr.do?nid=837329

http://www.afn.ca/uploads/files/13-11-25_open_letter_to_minister_valcourt_final.pdf

http://www.aadnc-aandc.gc.ca/fra/1358799301258/1358799341720

http://www.aadnc-aandc.gc.ca/fra/1358798070439/1358798420982

 

Identité Autochtone et historique des lois

Identité amérindien et historique des lois et traités

Dans l’article qui suit, sera d’abord abordée la notion de l’identité amérindienne en tentant de définir qu’est-ce qu’un Amérindien selon différents acteurs, puis un historique des différentes lois et traités sera fait en abordant les principaux effets de ces décisions et certaines de leurs conséquences. Finalement, je tenterais de donner quelques pistes de solutions en ce qui concerne les lois et les problèmes de celles-ci.

L’identité amérindienne

En premier lieu, il est important de préciser qu’il est extrêmement difficile de donner une définition claire de ce qu’est un Amérindien pour la simple raison que personne ne s’entend pour donner une définition commune à ce que serait un Amérindien. Pour essayer de définir ce que pourrait être un Amérindien, nous allons d’abord regarder la définition du mot «amérindien» selon différentes sources. Si l’on se fie au logiciel de correction grammaticale Antidote, celui-ci définit le mot amérindien comme étant : «Indigène du continent américain» ou encore «Les Indiens d’Amérique ou Amérindiens». Cette définition est toutefois très large et ne peut surement pas aider à définir l’identité amérindienne et sa culture, qui elle prend compte de l’identité individuelle et de l’identité sociale. (Laferté, 2013, p.55A) Nous pouvons dans un deuxième lieu, nous pencher sur qu’est-ce qu’un amérindien au sens des lois canadiennes, principalement au sens de la Loi sur les Indiens. Selon cette loi, pour faire partie du Registre des Indiens, soit être sur la liste des Amérindiens reconnus comme ayant le statut officiel d’Indien, les conditions sont nombreuses et diverses. Quelques-unes des possibles conditions principales pour pouvoir être sur le Registre sont que la personne :

  1. a) elle était inscrite ou avait le droit de l’être le 16 avril 1985;
  2. b) elle est membre d’un groupe de personnes déclaré par le gouverneur en conseil après le 16 avril 1985 être une bande pour l’application de la présente loi;
  3. c) ses parents ont tous deux le droit d’être inscrits en vertu du présent article ou, s’ils sont décédés, avaient ce droit à la date de leur décès.

(La liste exhaustive des conditions peut être trouvée ici dans les articles 6 et 7. De plus, les articles de la loi réfèrent à l’année 1985, car il s’agit de la dernière année où la Loi sur les Indiens a été modifiée.)

Il est cependant important de noter que pour le point b), la Loi sur les Indiens permet aux bandes, donc aux communautés, de définir leurs propres critères d’appartenance de façon distincte à la loi elle-même.  (Canada, 1987) Donc, cette loi, malgré sa complexité, nous permet déjà de cerner un peu mieux qu’est-ce qu’un Amérindien au sens de la loi. De plus, le point b) vient rejoindre la notion d’identité sociale, car il fait référence à l’appartenance à un groupe, donc se rapproche du point central de l’identité sociale qui peut se traduire par le sentiment d’appartenance à un groupe.(Laferté, 2013, p.55A) Nous voyons donc que la notion d’identité et de culture est très large et difficile à cerner. Notamment, parce que ces deux notions prennent plusieurs facteurs en compte, particulièrement la langue, l’histoire, les repaires sociaux et culturels, etc. Il est donc intéressant de se pencher sur comment s’identifie différentes personnes vivant sur des réserves amérindiennes, principalement celle de Manawan. Prenant par exemple le cas de Jolianne Ottawa, femme métisse qui est née en dehors de la réserve, mais qui y est déménager vers ses 15 ans à Manawan. Lors de la fin du reportage fait sur elle dans le cadre de la série Nikan, elle parle de comment elle s’identifie et comment elle se présente quand on lui demande comment elle se définie. Il est intéressant de voir qu’elle reprend des éléments importants de ce qui définit l’identité dans ses explications. En effet, elle explique qu’elle est fière d’appartenir à la communauté de Manwan et qu’elle est fière de celle-ci. De plus, elle explique qu’elle se sent proche de la culture atikamekw et qu’elle se présente non pas comme une métisse, mais comme une Atikamekw à part entière.  Il est donc intéressant de voir que Jolianne Ottawa, s’identifie a plus que ses parents ou son statut légal, mais se rattache aussi à la culture et à la langue. De plus, lors de ma visite à Manawan, j’ai eu la chance de lui parler de ce qu’elle avait dit dans le vidéo et celle-ci m’a confirmée que c’est exactement à cause de ses raisons qu’elle se sent atikamekw. Nous pouvons donc réaliser que la simple définition du programme Antidote et de la Loi sur les Indiens, en ce qui concerne les autochtones, n’est pas assez surtout lorsque l’on se penche sur la question de culture et d’identité chez les autochtones.

Historique des différentes lois et traités concernant les Amérindiens

Depuis l’arrivée en Amérique du Nord des colons européens, plusieurs traités et lois ont été créés et signés entre les peuples autochtones de diverses nations et les colonies anglaises et françaises, puis avec les gouvernements tant fédéraux que provinciaux. D’une part, nous traiterons des divers traités mit en place avant 1763 en faisant un bref historique de celles-ci, puis nous enchainerons avec les diverses lois et traités établis après 1763, en s’attardant sur quelques lois des plus importantes, notamment la Loi sur les Indiens, déjà mentionnée dans la section sur l’identité.

D’abord, de l’arrivée des colons, soit environ 1534, jusqu’en 1763 se furent exclusivement des traités qui furent conclus entre les autochtones et les allochtones. Lors du début de la colonisation, les traités se résumaient généralement à des ententes commerciales, territoriales ou de paix. (Canada, 2011) Deux des traités les plus importants du début du 18e siècle furent signés en 1701. Le premier est le Traité d’Albany, une entente entre la nation iroquoise et les Britanniques dans laquelle les autochtones acceptent de céder leurs terres en échange de droits de pêche et de chasse et d’une protection militaire de la part des Anglais. Peu de temps après, le Traité de la Grande paix de Montréal, en 1701, met fin aux guerres qui faisaient ravage dans la région du bassin des Grands Lacs. (Canada,2011) Cependant, durant la Guerre de Sept Ans les Amérindiens se battent aux côtés des Anglais et des Français, et de nouveaux traités doivent être signés. Le premier traité important signé lors de la guerre est le Traité de Swegatchy, signé en 1760, dans lequel les alliés des Français se déclarent neutres dans le conflit. À la fin de la guerre est aussi signé le Traité de Murray qui protège les intérêts des Hurons-wendat. (Canada, 2011)

En 1763, une première «loi» rentre en vigueur et vient changer les relations entre les allochtones et les autochtones, il s’agit de La Proclamation royale de 1763. Cette proclamation rend d’abord l’achat de terres des Premières Nations illégales, sauf pour la Couronne.  (Canada, 2010) De plus, des frontières bien définies sont mises en place et toutes les terres à l’ouest de celles-ci sont considérées comme appartenant aux Premières Nations. Il s’agit donc du premier traité qui reconnait un droit de terres aux autochtones. En plus, la proclamation vient baliser les échanges entre les colonies et les Amérindiens. (Puis de 1763 à 1867, les traités signés, notamment les Traités Robinson et les Traités Douglas (1850-1854) tournent principalement autour d’accords de droit de chasse et de partage du territoire. (Canada, 2011)

C’est en 1867, avec la création du Dominion du Canada grâce à l’Acte de l’Amérique du Nord britannique de 1867 (AANB), qu’un des tournants les plus importants dans les relations entre les gouvernements et les autochtones prend place. Suite à la création de plusieurs politiques entre 1868 et 1876; et à la fusion d’anciennes politiques, sera adoptée en 1876 la loi la plus importante régissant la vie des autochtones, soit La Loi sur les Indiens. (Canada, 2011)(Canada, 1987) Avant de s’attaquer à l’ampleur de cette loi, notons qu’entre 1871 et 1921 onze traités, nommés les traités numérotés, ont modifié de façon assez importante les territoires amérindiens dans l’ouest du pays et ont permis la construction d’un chemin de fer reliant la Colombie-Britannique à l’Ontario. (Canada, 2010)

Maintenant, attardons-nous en détail sur la Loi sur les Indiens, car pour comprendre les relations entre autochtones et allochtones, cette législation est fondamentale. D’abord, il faut savoir que la loi a été officialisée en 1876, mais qu’elle fût modifiée à plusieurs reprises. La dernière modification date de 1985 et porte principale sur la suppression de la discrimination fondée sur le sexe (les femmes obtiennent les mêmes droits que les hommes) et permet plus d’autonomie politique aux bandes en permettant à celles-ci d’avoir plus de contrôle sur leurs règles d’appartenance respectives. (Canada, 1987) De plus, cette modification affecte aussi les articles réglementaires en ce qui concerne les héritages, car à ses débuts la loi brimait le droit de lègue de façon importante. Par exemple, le Surintendant pouvait refuser que quelqu’un soit héritier, car il était jugé sans bonnes mœurs. (Canada, 1987) Avant 1985, la dernière modification de la loi datait de 1951 et était rendu plutôt désuète.

Au départ, la Loi sur les Indiens visait surtout à favoriser l’assimilation des peuples autochtones qui étaient alors encore considérés comme «sauvage». En effet, cette loi empêchait les gens des Premières Nations de jouir de plusieurs droits, notamment celui de voter, sauf en cas d’émancipation qui m’était terme au statut juridique distinct que la personne possédait avant. C’est notamment pour empêcher cette assimilation que les peuples autochtones ont lutté pour le maintien de ce statut juridique distinct et pour leurs droits ancestraux.

En 1985, la Loi sur les Indiens comportait plusieurs articles qui furent considérés comme discriminatoires à l’égard des autochtones par plusieurs. (Canada, 1987)(Canada, 2011) En effet, celle-ci restreignait les autochtones sur la consommation de boissons alcoolisées, sur le droit de possession de terre et le droit de vote. De plus, les Amérindiens étaient considérés comme sous la tutelle du gouvernement fédéral, car ceux-ci n’étaient pas assez civilisés. En bref, cette loi donnait  au Ministère des Affaires indiennes, maintenant remplacé par le Ministère des Affaires autochtones et Développement du Nord Canada, des pouvoirs accrus en permettant «d’intervenir dans une vaste gamme de questions internes relatives aux bandes et de prendre des décisions stratégiques dans tous les domaines, tels que l’établissement des critères servant à déterminer qui est un Indien, la gestion des terres, des ressources et de l’argent des Indiens, le contrôle de l’accès aux substances intoxicantes et la promotion de la ‘’civilisation’’.» (Canada, 2011)

Même si cette loi, comme l’illustre la dernière citation, régie presque totalement tout ce qui concerne les Amérindiens, d’autres lois ont aussi affecté les amérindiens notamment en ce qui concerne le droit de vote. C’est seulement en 1960 que le droit de vote fédéral a été étendu à tous les Indiens sans exception suite à l’adoption de la Loi modifiant la Loi électorale du Canada. De plus, il fallut attendre 1969, année où le Québec a accordé le droit de vote au provincial aux autochtones, pour que le droit de vote provincial fût accordé aux autochtones dans toutes les provinces du Canada.[22] (Canada, 1987)

La question du droit de vote souligne un autre problème important lors des politiques concernant les autochtones, soit la séparation des pouvoirs entre le palier fédéral et le palier provincial. En effet, chacun de ses paliers a ses compétences propres, mais certaines s’entrecroisent, ce qui rend la gestion de la législation encore plus difficile. Il est aussi intéressant de noter que la Loi sur les Indiens ne s’applique pas à tous les autochtones. En effet, en 1984 est adoptée la Loi sur les Cris et les Naskapis du Québec qui vient remplacer la Loi sur les Indiens en ce qui concerne les Cris et les Naskapis. Cette loi permet notamment «la transmission des biens conformément aux coutumes des Cris». (Canada, 1987) De plus, au Québec c’est la Convention de la Baie-James et du Nord québécois qui régit les ententes avec les Cris.

La Loi sur les Indiens, a aussi amené la création de deux nouvelles instances qui ont bouleversé la vie traditionnelle des autochtones, soit les Conseils de Bandes et les réserves. D’abord, les réserves naissent du désir du gouvernement de sédentariser les autochtones qui étaient pour la plupart sédentaires au départ, notamment les Atikamekw. Ces réserves sont les territoires de la Couronne, donc qui appartiennent au gouvernement canadien, qui sont cédés aux autochtones pour que ceux-ci y vivent et y exercent leurs activités. (ENSEMBLE) Cependant, ces réserves sont souvent surpeuplées, comme la représentante du Conseil de Bande de Manawan nous l’a dit lors de notre visite. De plus, les territoires sont loin d’être ceux qui avaient été mentionnés lors des premiers traités entre le gouvernement et les autochtones.

Lesdites réserves sont sous la responsabilité de l’autre instance créée par la Loi sur les Indiens, soit le Conseil de Bande. Chaque Conseil est responsable d’une réserve et peut être comparé au gouvernement de la réserve. En effet, c’est le Conseil qui est responsable de la santé et de l’éducation sur la réserve, sans oublier que c’est le Conseil qui gère l’argent que la communauté reçoit. (ENSEMBLE) De plus, comme Jolianne Ottawa, elle-même membre du Conseil de Bande de la réserve de Manawan, nous l’a dit lorsque nous l’avons rencontré, c’est suite à des élections que les membres du Conseil sont choisis. C’est aussi le Conseil de Bande qui est responsable de la distribution des maisons, car les maisons n’appartiennent pas aux personnes qui habitent dedans, mais à la communauté comme une représentante du Conseil de Bande de Manawan nous l’a appris lors de notre visite sur la réserve. Il est aussi à noter que c’est le Conseil de Bande qui est responsable des négociations entre la communauté qu’elle représente et les divers gouvernements. (ENSEMBLE) Bref, la Loi sur les Indiens a aussi modifié le fonctionnement politique des peuples autochtones tout en les confinant sur les réserves.

Nous voyons donc que les relations entre les gouvernements et les Premières Nations sont complexes et que les lois entourant les autochtones sont compliquées, sans oublier qu’il existe plusieurs autres traités et réglementations, trop spécifique pour être traités ici, qui eux aussi ont des impacts sur les relations.

Je propose donc comme piste de solution, pour régler les divers problèmes concernant les lois et législations, une solution surement considérée comme extrême ou même radicale soit l’abolition totale de la Loi sur les Indiens et la création d’une nouvelle loi moins obsolète et qui prend en compte les réalités autochtones, spécifiquement en ce qui a trait aux coutumes uniques de chaque nation et sur le désir d’avoir une plus grande autonomie politique. En effet, plusieurs nations revendiquent le droit à une plus grande autonomie politique et qui est mieux placé que les Amérindiens eux-mêmes pour savoir ce dont ils ont besoin. Je crois donc que les Amérindiens devraient avoir plus de pouvoir en ce qui concerne la gestion des ressources, du territoire et des politiques à ce qui a trait aux diverses réserves et à leur territoire ancestral. De plus, il est important de noté qu’une autonomie politique plus rende est réclamée depuis plusieurs années par diverses nations. (Canada, 2010)

En somme, cet article illustre bien la difficulté de définir précisément qu’est-ce qu’un Amérindien et qu’est-ce que l’identité amérindienne. Cependant, des points importants, tant au niveau de la loi que dans le témoignage de Jolianne Ottawa, ressortent et se résume au sentiment d’appartenance, la culture et la langue. Nous voyons alors que l’identité amérindienne est vaste et que même des personnes métisses de sang, comme J.Ottawa, peuvent se sentir Atikamekw plutôt que métisse. De plus, nous avons vu que les traités et lois concernant les Amérindiens ont souvent été complexes, mais aussi discriminatoires à leur endroit. Cependant, de nouvelles attentes comme celle de la Convention de la Baie-James et du Nord québécois montrent que des ententes plus justes sont possibles. Il ne faut seulement pas oublier que la solution pour régler tous ces problèmes réside dans une meilleure coopération entre les Autochtones et les gouvernements et dans une meilleure prise en considération des besoins uniques des Amérindiens.

-Christophe Tellier