Archives de catégorie : Condition des femmes en Inde

Table des matières

  1. Les traditions qui encourage la violence envers les femmes indiennes
    • Les traditions mises en cause
    • Les failles du système judiciaire indien
    • La société patriarcale
    • Valorisation de la pauvreté intellectuelle
    • Violence physique imposée aux femmes
  2. Les conséquences des traditions culturelles
    • Conséquences qu’entraine la dot
    • Tentatives de solution pour contrer la sati
  3. Le contexte social et politique de la violence en Inde
    • Les formes de violences
    • Situation socioéconomique de la femme
    • Situation politique de la femme
  4. Le secret du viol
    • Les traditions ancrées dans la société indienne
    • La corruption policière
    • Un point tournant dans la lutte contre le viol en Inde
  5. La montée du féminisme en Inde
    • Les premiers mouvements féministes
    • Les succès des mouvements et la prise de conscience collective du problème
  6. Médiagraphie
  7. L’ Éditorial
  8. L’ Entrevue
  9. Conclusion et pistes de solutions

Éditorial

 Nous avons basé notre travail sur la problématique suivante : comprendre la violence subie par les femmes en Inde. Effectivement, nous désirons en savoir davantage sur les effets qui ont conduit à cette situation précaire dont sont victimes les femmes indiennes. Ce sujet qui a été très médiatisé récemment, en 2012, suite à un viol collectif qui a laissé la victime sans vie, a attiré notre attention dès le début de notre démarche. En sachant que l’Inde est grandement touché par ce fléau de viols, nous avions envie de comprendre pourquoi est-ce que ce phénomène est omniprésent plus particulièrement dans ce pays. En effectuant nos recherches, c’est avec grand étonnement que nous avons découvert la complexité de la situation. Notre démarche d’intégration s’est, tout d’abord, basée sur de nombreux questionnements que nous avions sur ce sujet tel que : Quels sont les origines de cette maltraitance envers ces femmes? ; Comment cette violence est vécue dans la société actuelle indienne? ; Quelles sont les sortes de violence que subissent ces femmes? ; Est-ce que la situation est en présente évolution dans ce pays?  Quels sont les moyens pris, s’il y en a, par les autorités pour contrer cette situation? En approfondissant toutes ces questions qui nous sont venues en tête, nous avions comme objectif de montrer l’influence de la culture indienne sur la perception qu’ont les femmes d’elles-mêmes et du rôle qu’elles s’octroient dans la société.

En effectuant nos recherches afin de comprendre en profondeur le sujet nous sommes venues en mesure de nous forger une opinion sur celui-ci. C’est en comprenant l’origine de cette violence qui vient des traditions indiennes que l’on parvient à saisir l’importance de l’enjeu auxquelles ces femmes se frappent. Bien entendu que nous croyons que la situation en Inde est inacceptable et mérite que la population mondiale telle l’ONU y accorde davantage d’importance, toutefois, il est nécessaire d’avoir une vue globale du problème et de tenir compte de tous les aspects de la problématique. Effectivement, cette situation est beaucoup plus complexe qu’elle ne le parait, puisqu’une grande partie du problème est dû au silence qui règne parmi les victimes qui ont peur de parler parce que la police est corrompue. Aussi, le soutien qui est omniprésent envers le sexe masculin encourage cette corruption. De plus, l’importance des traditions dans cette culture bloque cette société à évoluer. Bref, en ayant une vue d’ensemble de la problématique, il est possible enfin possible d’exprimer clairement notre point de vue sur la situation. Nous croyons qu’il est nécessaire qu’il y ait une manifestation et un soulèvement des femmes indiennes afin que celles-ci soient entendues dans leur pays, mais aussi mondialement. Puisque la problématique est grandement reliée aux mœurs de la société, c’est uniquement par une révolte citoyenne que la condition des femmes en Inde évoluera. Puisque cette violence se vit culturellement, le changement doit venir du peuple afin que les institutions judiciaires et politiques s’impliquent davantage dans cette situation préoccupante. Donc, comme la violence envers les femmes indiennes est un sujet d’actualité, l’évolution de la condition de celles-ci reste à être déterminé, mais nous croyons que en tant que citoyennes québécoises, que nous devons nous aussi restées vigilantes à la situation des femmes en général dans le monde, car nous ne sommes jamais à l’abri des violences subies par les femmes même si nous vivions en Amérique.

Contexte social et politique de la violence en Inde

Dans le texte qui suit, le contexte socio politique de la violence subit par les femmes indiennes sera développé afin d’en saisir sa complexité et son importance.

La violence dont les femmes indiennes sont victimes est un véritable fléau dans ce pays d’Asie. C’est en comprenant les fondements de cette violence que l’on parvient à saisir la complexité du phénomène. Cette violence s’explique par le fait qu’elle est socialement acceptée dans ce pays, puisqu’elle est encouragée par les croyances religieuses qui placent l’homme en situation de domination. Cette société patriarcale encourage ainsi la diminution sociale de la femme ce qui encourage justement les injustices et la violence envers celles-ci.

1. LES FORMES DE VIOLENCES

Avant tout, il est important de préciser sous quelles formes se manifestent ces violences. Celles-ci sont de formes sexuelles, économiques, verbales, psychologique et physique. Tout d’abord, les violences sexuelles se manifestent principalement suis forme de viol d’une femme par le sexe opposé. Comme nous le verrons dans un autre article, plusieurs viols sont commis collectivement. Ensuite, les femmes sont exploités économiquement, puisqu’elles dépendent financièrement de leur mari, de leur famille ou de leur belle-famille. Il est rare que les femmes possèdent des terres à leur nom et qu’elles soient héritières. Par la suite, la violence verbale prend souvent la forme de menaces de la belle-famille envers sa belle-fille afin de la manipuler à son avantage. Aussi, les violences psychologiques s’apparentent fortement aux abus verbaux dans le sens que les violences psychologiques sont les résultats des violences verbales. Finalement, les violences physiques se manifestent principalement dans la pratique de la dot. De plus, en Inde, il n’est pas rare qu’une femme soit battue. Un rapport des nations unies a dévoilé que 70% des femmes indiennes mariées âgées de 15-49 ans sont battues (U.N. Population Fund). Ce bref survol des différentes violences subit par les femmes permettent de mieux comprendre la situation précaire dans laquelle elles se trouvent.

Il est important de saisir que la violence envers les femmes est un fait social accepté dans ce pays, même si elle demeure un sujet peu abordé et caché par les familles. Effectivement, dans les zones urbaines de l’Inde, 53,3% (Beghdadi) des femmes sont d’accord avec le fait que les hommes exercent de la violence physique envers elles si elles n’exécutent pas adéquatement leurs travaux ménagers, si elles refusent d’avoir un rapport sexuel, si elles désobéissent leur mari et si elles sont infidèles, et cette statistique grimpe à 79,3% (Beghdadi)dans les zones rurales.

2. SITUATION SOCIOÉCONOMIQUE

Cette violence est favorisée par les conditions dans lesquelles sont placées ces femmes. Tout d’abord, sur le plan socioéconomique, la femme possède très peu d’éducation. En Inde 70% des filles âgées de 6 à 10 ans vont à l’école primaire comparativement à 76% des garçons. Le pourcentage diminue considérablement lorsque les filles atteignent l’éducation primaire supérieure puisque seulement 40% d’entre elles y ont accès. (Unicef) En Inde, l’éducation traditionnelle des filles est davantage basée sur le rôle qu’elles doivent tenir dans la famille afin qu’elles deviennent de bonnes épouses. Alors ce que l’on apprend à ces femmes est davantage relié aux travaux ménagers et à la procréation. La raison qui explique pour laquelle ces femmes sont gardées hors des écoles s’explique par les traditions religieuses hindouistes qui viennent des Lois de Manu. «Il y est écrit textuellement : « dans l’enfance, une femme doit être soumise à son père, dans la jeunesse à son mari et lorsque son maitre meurt, à ses fils ; une femme ne doit jamais être indépendante […] une femme n’est pas faite pour être libre » ». Pourtant, dans la religion hindoue, les femmes sont honorées par le biais de déesses, cependant, il faut spécifié que la religion hindoue a une vision ambiguë de la femme puisque celle-ci est à la fois admirée et crainte à cause de sa «sexualité incontrôlée» qui peut souiller la pureté de la caste (Couleur Indienne).

3. SITUATION POLITIQUE

Ensuite, sur le plan politique les femmes sont peu représentées, même si paradoxalement l’Inde a été un des premiers pays à élire une femme comme Première Ministre. On reconnaitra à l’Inde d’avoir permis l’ascension au pouvoir de plusieurs femmes en Inde tel «Indira Gandhi,

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première ministre pendant 16 ans, mais aussi Fatima Beevi, première femme juge à la Cour Suprême de l’Inde, ou encore Mayawasti, une intouchable (caste la plus basse), élue première ministre de l’Uttar Padesh,

By Adityamadhav83 (Own work) [CC BY-SA 3.0 (http://creativecommons.org/licenses/by-sa/3.0)], via Wikimedia Commons
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état le plus grand et le plus peuplé de l’Inde, et en 2007, élection de Pratibha Patil, première femme Présidente de l’Inde. Ou encore deux femmes d’affaires qui dirigent la seconde banque plus importante du pays et qui figurent sur la liste FORBES des femmes d’affaires les plus puissantes de l’Inde.» Malgré cela, les femmes de l’Inde restent encore soumises aux hommes cela étant du à la négligence des forces de l’ordre qui n’appliquent pas correctement les lois parce qu’il y a encore trop de sociétés indiennes qui vivent sous le poids des traditions religieuses. (Femme avenir) Effectivement, avec une population qui est a 80,5% hindouiste (wikipedia), il est sans grandes surprises que ce pays soient aussi fortement axé sur les rites et coutumes religieuses comme la sati et la dot.

En somme, c’est à cause de la situation sociale et économique des femmes indiennes que celles-ci ne sont pas en mesure de se défendent contre les violences qu’elles subissent, car elles sont complètement isolées et remises à elles-mêmes.

 

Maude Boucher-Réhel

 

Les traditions qui encouragent la violence envers les femmes indiennes

Les traditions qui encouragent la violence infligée aux femmes indiennes

  • Les traditions mises en cause

Tout d’abord, il est important de noter que les conditions de vie atroces des femmes indiennes sont principalement dues aux traditions religieuses qu’entretient le peuple indien. En effet, la majorité du peuple indien adhère à la religion hindoue et applique ses fondements de manière intransigeante. Cette application dogmatique de la part des Indiens est responsable de la perception négative que les femmes indiennes ont d’elles-mêmes et de la violence qui leur est imposée. Tout d’abord, la société patriarcale a adoptée plusieurs traditions discriminatoires qui réduisent la place de la femme au sein de la société. En effet, les traditions comme la sati, la dot et la glorification de l’homme dans la religion hindoue affectent l’intégrité de la femme au sein de sa société (Fabienne Hurst, Antoine Mouteau, 2011). En effet, les femmes indiennes sont contraintes à cinq différents types de violence: la violence psychologique, la violence sexuelle, la violence économique, la violence verbale et finalement la violence physique. Cependant, plusieurs d’entre nous, en tant qu’occidentaux, se questionnent à savoir pourquoi les femmes indiennes se contraignent à ces traditions atroces malgré qu’elles vivent dans une démocratie. Barbarie des traditions indiennes: inde 2 Source: Hélène Larrive, Femmes bafoues, battues et autres futilités , 2013,   http://2.bp.blogspot.com/-1q0vf3-KXtw/UrYDM6o5ApI/AAAAAAAASNw/7hPurwQHOF0/s1600/Sans+titre-6.jpg

  • Les failles du système judiciaire indien

Tout d’abord, quoi qu’elles vivent dans une démocratie, le pouvoir de la tradition religieuse hindoue prédomine sur le pouvoir de la démocratie (Libération Monde, 2012). En Inde, la femme obtient le droit de vote en 1952, mais le droit de vote de celle-ci est soumis à quelques contraintes par rapport à celui de l’homme. Cela démontre que judiciairement, la femme est considérée inférieure quoique le gouvernement indien proclame être une démocratie. Il est contradictoire cependant de constater que dans une société «démocratique», des traditions comme la sati et la dot sont encore en vigueur. Plusieurs traditions ont pour but de permettre à la femme d’affirmer sa loyauté et sa soumission à l’homme. De plus, la place que la religion octroie à l’homme est démesurée comparée à celle qu’occupe la femme, de là la supériorité légale de l’homme. Cette inégalité légale entre les hommes et la femmes est donc un exemple de la violence psychologique commise envers les femmes (Philippe Bouissou,2012).

  • La société patriarcale

Tout d’abord, il est important de noter que la société traditionnelle et actuelle est régit par un système patriarcal où les hommes prennent les décisions politiques, familiales et économiques. Au tout début de la société indienne, les femmes étaient interdites à plusieurs activités auxquelles les hommes avaient droit pour prétexte de mythes et de légendes tirés de leur religion. La société indienne tire la plupart de ces fondements de la religion et des mythes sexistes sur lesquels elle se fonde. Par exemple, selon les lois de Manu, le fondateur des lois hindoues, «la femme ne doit jamais être indépendante: enfant, elle doit être soumise à son père ; jeune à son mari ; veuve à ses fils. Une femme fidèle doit vénérer son mari comme un dieu même s’il est dépourvu de vertu ou de qualité, et s’il cherche son plaisir ailleurs.» (Lisa Sabot, 2005).La religion exige donc une soumission totale de la part de la femme quoique son mari lui impose que ce soit de l’intimidation, de la violence, de l’abus sexuel etc. Une étude de l’OMG démontre que les femmes sont elles-mêmes d’accord avec le fait que les hommes aient recours à la violence physique et sexuelle à leur égard pour certaines situations, comme lorsqu’elles refusent d’avoir des relations sexuelles ou lorsque celles-ci leur désobéissent. En effet, 53% des femmes vivant en région urbaine se disent d’accord contre 79,3% des femmes en région rurale (Amira Beghdadi, 2013).  Cette statistique traduit donc la faible estime que les femmes ont d’elle-même qui est causée par le système patriarcal. Matérialisation de la femme: Sri_Chakra_Meru_with_Lajja_Gauri Source: Auteur inconnu, Hindouismo, 2008, http://upload.wikimedia.org/wikipedia/commons/thumb/9/97/Sri_Chakra_Meru_with_Lajja_Gauri.JPG/800px-Sri_Chakra_Meru_with_Lajja_Gauri.JPG

Cette statistique démontre clairement la soumission que celles-ci affichent aux mythes religieux et par conséquent, aux hommes de leur société. De plus, les traditions indiennes vont encore plus loin en termes de domination des hommes sur les femmes. En effet, les propos de la religion hindoue exigent que la femme se soumette à toute forme masculine. Étant donné que la religion sur laquelle la société indienne se base favorise le sexe masculin, les femmes sont exclues et discriminées dans la plupart des états de l’Inde. Leur accès aux domaines cruciaux à leur survie tel que les services de santé, l’éducation, et leur emploi est presque nul puisqu’elles sont victimes de discrimination. Par exemple, le taux d’éducation chez les femmes indiennes est extrêmement faible étant donné que le milieu de l’éducation est presque entièrement réservé aux hommes (Sylvie Dewambrechies, 2004).

  • Valorisation de la pauvreté intellectuelle des femmes

Cependant, un autre facteur influence le niveau d’éducation des femmes indiennes, soit le taux de pauvreté de la région dans laquelle ils grandissent.  Évidemment, le taux d’éducation chez les femmes est très peu élevé à cause du rôle prédominant de la femme dans la société : s’occuper des travaux domestiques, élever les enfants et répondre aux multiples demandes du mari. Par conséquent, les familles n’investissent pas dans l’éducation de leurs jeunes filles étant donné que celles-ci n’ont qu’un seul destin : le mariage. Tout au contraire, quand un couple indien a un enfant de sexe masculin, ceux-ci vont investir le plus possible dans son éducation dans le but de s’enrichir lorsque viendra le moment de marier leur fils étant donné que le montant de la dot qu’ils reçoivent par les parents de leur bru dépend du niveau d’éducation de leur fils (Lisa Sabot, 2005).  Sur ce, il est donc facile de constater que la supériorité de l’homme est ancrée dans leur société pour des raisons mythologiques, religieuses et culturelles. La supériorité sacrée de l’homme entraîne l’application de plusieurs traditions dans la société indienne comme la sati et la dot qui encouragent la violence psychologique à l’endroit des femmes. En ce qui concerne la dot, le système de la dot est en vigueur en Inde depuis des centaines d’années et doit son existence aux cultes musulmans et hindouistes. La dot a cependant évolué entre-temps et ce changement transmet un message plutôt inquiétant. Autrefois, la dot était considérée comme sacrée par la civilisation. En effet, la majorité des castes étaient soumises à la tradition du «prix de la fiancée»1 qui constituait à récompenser la famille de la fille d’avoir perdu un enfant. Non seulement la dot compensait la famille de la mariée et non du marié, mais celle-ci assurait à la mariée une certaine stabilité financière si son mari venait à la quitter ou à décéder. Aujourd’hui la dot a perdu cette signification et désavantage la famille de la mariée. Le statut de la femme indienne et l’expansion économique sont corrélés dans le sens où la femme est aujourd’hui considérée comme une marchandise profitable économiquement au pays. La dot a maintenant le pouvoir d’améliorer le prestige social des familles du marié étant donné que la dot n’a plus de prix fixe, elle varie en fonction de la scolarisation du marié.   La dot a aujourd’hui une importance économique fulgurante. Ce qui pousse la femme à aller vivre dans la famille de son mari, est le fait que ses propres enfants pourront jouir de privilèges liés à cette plus haute caste. Cependant, l’avantage demeure pour les familles du marié qui sont constamment récompensés par l’entremise de «cadeaux». La dot fait donc en sorte que la femme est considérée comme une marchandise et cette pratique enrichit énormément l’économie de l’Inde. Cette violence psychologique et physique envers la femme permet malheureusement à plusieurs familles de s’enrichir et de faire fluctuer l’économie.   Reportage sur la dot:  https://youtu.be/IircvWkoWwg Source: France 24,  Reporteur inconnu, 2008, https://www.youtube.com/watch?v=IircvWkoWwg   Représentation de la sati A_Hindoo_Widow_Burning_Herself_with_the_Corpse_of_her_Husband Source: Auteur inconnu, <Superstition en Inde>,  2005, http://upload.wikimedia.org/wikipedia/commons/c/c1/A_Hindoo_Widow_Burning_Herself_with_the_Corpse_of_her_Husband.jpg

  • Violence physique imposée aux femmes

Pour commencer, la tradition de la sati provient d’un mythe hindou et c’est de cette religion que la culture indienne tire la plupart de ses fondements. «Une épouse, lorsqu’elle est morte la première, attend son mari dans l’au-delà, et si son mari est mort avant elle, ensuite une femme vertueuse [sati] le suit.  » En effet, dans la société actuelle, la sati incite la femme à se brûler vivante sur le bûcher de son mari, car celle-ci a le devoir spirituel d’abandonner la vie terrestre en même temps que son mari. La sati est un excellent exemple de la violence physique et psychologique qui est imposée aux femmes indiennes. Quoique cette pratique religieuse ait été abolie par les autorités coloniales en 1829, cette pratique est toujours présente dans la société. Non seulement cette pratique est présente, mais elle est encouragée et souhaitée par une grande partie des femmes (Robert Hardgrave, 2008). Encore une fois, en tant qu’Occidentaux, nous nous questionnons tant qu’à l’intégrité de cette affirmation. Comment les femmes indiennes peuvent-elles se soumettre à de telles traditions et ne pas contester dans le but d’obtenir leur indépendance? Il est, dans la culture indienne, socialement accepté par les deux sexes que la femme justifie sa vie par l’existence de son mari. Donc, lorsque son mari est vivant, la femme justifie son existence par la satisfaction de son mari alors que lorsque son mari meurt, elle perd tout espoir et désire le rejoindre. Il est donc possible d’affirmer que la religion hindoue dicte la vie des femmes indiennes et les contraint à la soumission.

Les conséquences des traditions culturelles :

  • Conséquences qu’entraîne la dot 

Tout d’abord, il est important de constater que les mariages arrangés unissent souvent une femme à un homme de plus haute caste. Les familles de la mariée souhaitent simplement que leur fille atteindra un niveau social plus élevé, mais ceux-ci sont confrontés à de multiples désavantages. En effet, le montant de la dot dépend du niveau de scolarité du marié. Donc, plus l’homme est scolarisé, plus la  famille du marié accorde de la valeur au montant de la dot qu’ils recevront. Donc, plus l’homme est supérieur à la femme, plus la famille peut être exigeante envers la famille de la mariée et par conséquent envers la nouvelle mariée. Ce qui nous amène à aborder le sujet du «dowry death»  , l’ensemble des tortures que la famille du mari inflige à la mariée, sous différents prétextes et qui peuvent mener jusqu’au meurtre de celle-ci. (Robert Hardgrave, 2008). Ces tortures sont parfois commises parce que la belle-famille ne comble pas leurs exigences ou tout simplement parce que la nouvelle femme de leur fils ne les satisfait pas. Donc, souvent l’ensemble de ces cruautés sont tout simplement commises dans le but de mener la femme à la dépression et donc au suicide.  Aujourd’hui, les demandes de dot sont encore plus élevées qu’il y a 10 ans, ce qui mène au désespoir des couples lorsque le bébé est de sexe féminin. Le système de dot en Inde a de nombreuses conséquences extrêmement néfastes sur l’estime que les femmes ont d’elles-mêmes et sur leur statut social. En effet, ce système de dot est la cause du nombre grandissant d’infanticides dans le nord de l’Inde (Rapport mondial sur le développement, 2009). Au Nord de l’Inde, les traditions qui défavorisent les femmes sont encore plus en vigueur que dans le reste des États de l’Inde, pour cause de l’indice de développement humain qui est extrêmement bas . Ce phénomène d’infanticide consiste soit à tuer un fœtus de sexe féminin ou à tuer à la naissance le bébé. De plus, certaines familles, qui n’ont pas assassiné leur fille à la naissance, la privent et la font vivre dans des conditions pitoyables sans aucune raison valable. Toute cette pratique est due au stress financier que subissent les familles qui offrent leur fille en mariage lors des multiples évènements où ceux-ci doivent faire de multiples offrandes à la belle-famille (Lisa Sabot, 2005).

  • Tentatives de solutions pour contrer la sati 

L’Inde, en 1829, était une colonie britannique et l’empire tentait d’abolir la violence commise envers les femmes. Cependant, malgré l’interdiction de la sati de la part de l’empire britannique, cette tradition est demeurée très présente dans la société des 17e et 18e siècles.  Par exemple, en 1987, une jeune fille dénommée Roop Kanwar s’immole sur le bûcher de son mari défunt . Cette jeune fille, qui s’immolait pour un homme de plus de quarante ans son aîné, a suscité l’attention de beaucoup d’Indiens. C’est effectivement, cet évènement qui a incité les autorités indiennes à adopter la loi «Commission of Sati», qui visait à prévenir tout autre acte de sacrifice. De plus, ce projet de lois visait à éliminer toute forme d’encouragement  ou de glorification de cette pratique (Rohit Parihar,1999). Cependant, suite à cette demande, certains adeptes religieux ont contesté la demande en affirmant devant la Cour suprême que la liberté de religion des hindouistes serait compromise si la sati était interdite. Malheureusement, la Cour suprême n’a toujours pas porté un jugement, ce qui entraîne la société indienne à continuer la pratique et à l’encourager auprès des veuves. Il est donc extrêmement destructeur pour le développement de la société et pour l’évolution de ce pays au niveau international. La perception que l’Inde donne à l’échelle internationale est un pays sexiste où les femmes sont constamment dénigrées peu importe leur niveau d’éducation et leur statut social. Tentatives de solutions pour contrer la sati: 

 

 

 

Catherine McConnell

 

Le secret du viol

Dans cette article, nous nous attarderons sur la culture qui entoure le viol en Inde, ce phénomène très présent mais très peu discuté. Nous tenterons de démystifier le secret qui entoure cet acte impardonnable.

  1. LES TRADITIONS ANCRÉES DANS LA SOCIÉTÉ INDIENNE

La principale raison qui fait que le viol demeure un sujet tabou en Inde est que la plupart du temps les victimes gardent le silence après l’avoir subi. En effet, 66%  des victimes de viol garderaient le silence. La principale raison qui justifie cette statistique est que l’inégalité entre les hommes et les femmes est encouragée par les croyances sociales et religieuses. L’homme possède l’appui de la société d’exercer sa force envers sa femme pour la contrôler et se faire respecter. La femme se retrouve alors seule sans famille ni amis pour la soutenir. Afin de mieux saisir contre quel genre de société les femmes indiennes doivent se battent, développons le laisser-faire politique et la corruption du système judiciaire. ( Beghdadi)

2. LA CORRUPTION POLICIÈRE

Les viols en Inde sont un terrible fléau, puisque ceux-ci font malheureusement partie des mœurs de la société indienne. Effectivement, en Inde il y a un viol toutes les 20 minutes et cela ne compte que ceux qui sont rapportés à la police (Perrault, 2013). De plus, un problème auquel la population doit faire face est qu’au sein de la police, les hommes se protègent entre eux, et par conséquent ne respectent pas les protocoles établis lorsqu’il y a dénonciation d’un viol par soutien pour le sexe masculin (Sabot, 2005). Lors de la dénonciation d’un viol, ce sont les policiers qui doivent jouer le rôle le plus important lorsqu’il est reporté, mais trop souvent ceux-ci ne prennent pas les mesures qui s’imposent dans de telles circonstances. En effet, pour entamer une enquête sur un viol, le policier doit remplir un formulaire nommé le First Information Report (Sabot, 2005). Toutefois, ceux-ci ont tendance à mal remplir ce formulaire, d’oublier de mentionner toutes les informations nécessaires ou même d’omettre de donner une copie du formulaire au plaideur. De plus, la police prend trop de temps à mener l’enquête et elle néglige des informations pertinentes comme des témoignages ou les tests médicaux effectués après le viol. Cela amène à se demander pourquoi la police indienne est aussi corrompue. Une grande part de cette corruption s’explique par l’attitude négligente des policiers face au sort des femmes. Comme mentionné plus haut, le viol en Inde est accepté par la société, ce qui fait en sorte que d’essayer de freiner ce phénomène ne peut pas seulement relever de la législation indienne, mais aussi d’un mouvement social. En 2012, en Inde, de nouvelles lois ont été votées par la chambre basse du Parlement qui établies une peine de 20 ans de prison minimum pour viol en réunion et la peine capitale pour un viol qui aurait amené à une mort ou à de graves séquelles (Kannampilly, 2013). Aussi, il est dit que les policiers ont tendance à protéger davantage ceux faisant partie d’une haute caste et qui sont en pouvoir. Cela fait référence au fait que la police est extrêmement corrompue, puisqu’elle accepte de l’argent en échange de procédures illégales(International Journal of Criminology and Sociological Theory). En effet, cet argent provient souvent d’hommes influents tels que des politiciens. En lien avec ceci, récemment plus de 42 politiciens indiens ont été réélus même s’ils faisaient face à de graves accusations de viols et d’agressions sexuelles(Perrault, 2013). Puisque la police est corrompue, elle n’effectue pas bien son travail de monter des causes pour défendre la victime, donc les tribunaux n’ont pas suffisamment de preuves ou de dossiers détaillés pour accuser le violeur. Ceci est un problème troublant, puisque seulement 4% des accusés d’agressions sont condamnés. Pourtant, il faut dire qu’il existe des lois qui ont été établies ou retirées, dans certains cas, afin d’améliorer le sort des Indiennes. Par exemple, un article de la constitution indienne de 1950 sur l’interdiction de la discrimination basée sur la religion, la race, la caste et le sexe stipule que ces formes de discriminations sont formellement interdites: « The State shall not discriminate against any citizen on grounds only of religion, race, caste, sex, place of birth or any of them»(India constitution) . Toutefois, il est évident que par le fléau de la corruption en Inde, cet article de la constitution n’est pas appliqué, puisque des décisions basées sur ces critères interdits sont faites régulièrement. Aussi, en 1961, le gouvernement indien instaure le Dowry Prohhibition Act  ce qui rend désormais illégal d’exiger la dot. Paradoxalement, dans les années qui ont suivi cette loi, les morts de femmes liées à la dot ont augmenté ce qui prouve que les mœurs indiennes sont ancrées profondément dans cette société (Sabot, 2005). Cependant, ce n’est pas que dans le cadre policier que les mœurs sont profondément ancrées. En 1996, une étude (dont la source est inconnue) faite auprès de juges indiens a révélé que :

  • « 48% pensent qu’il est justifié en certaines occasions pour un homme de battre sa femme
  • 74% croient que le devoir de toute femme est avant tout de préserver sa famille même si elle est victime de mauvais traitements
  • 34% pensent que la dot est une valeur culturelle inhérente à la société indienne
  • 55% estiment que la moralité d’une femme est très importante dans les affaires d’agression sexuelle » (Sabot, 2005)

Ces statistiques témoignent du caractère patriarcal de la société indienne et de son système judiciaire, puisque dans ses valeurs, elle accorde tous les pouvoirs et les droits à l’homme. De plus, le manque de confiance envers la police et le système juridique ainsi que le faible de taux de condamnation fait durer la nonchalance des Indiens face à la loi et attise la peur des victimes à dénoncer leur agresseur.

3. UN POINT TOURNANT DANS LA LUTTE CONTRE LE VIOL EN INDE

La violence en Inde n’est pas qu’une histoire de traditions, elle se vit au jour le jour et elle laisse des répercussions importantes à ses victimes. Le 16 décembre 2012, une jeune fille de 23 ans faisant partie de la classe moyenne et étudiante en kinésithérapie est violemment agressée sexuellement par six hommes à New Delhi en Inde. Quelques jours plus tard, elle en meurt. «Le viol de trop» c‘est de cette façon que Laura-Julie Perrault, journaliste à LaPresse, nomme l’évènement qui a suscité la colère et l’indignation des Indiennes, mais aussi du monde entier (Perrault, 2013). Il aura fallu qu’un évènement aussi tragique survienne pour que la population mondiale soit enfin conscientisée sur le sort des femmes en Inde. Largement médiatisé, le viol de la jeune étudiante a soulevé les foules et depuis des manifestations quotidiennes font rage dans ce pays. C’est la pression de la rue qui a encouragé la dénonciation des viols qui font désormais les manchettes des presses indiennes. Aussi, les politiciens demandent le renforcement des lois telles la peine de mort et la castration chimique des violeurs. De plus, le gouvernement s’empresse de renforcer le système judiciaire afin de mieux administrer les accusations d’agressions sexuelles. Par ailleurs, de nouveaux tribunaux seront ouverts afin de juger rapidement les cas de viols, puisque ces procès pouvaient, au paravent, s’étendre sur plusieurs années (Nessman et Shamara, 2013). Pour ce qui est de l’affaire du viol de l’étudiante, une situation plutôt rare en Inde s’est produite; les quatre hommes accusés du viol ont été condamnés à la peine de mort, alors que le cinquième, un mineur, a écopé de trois ans de prison et le sixième a été retrouvé mort dans sa cellule de prison (Srivastava, 2013).   Malgré la sensibilisation qui a été faite autour de ce viol, un an plus tard un incident semblable est survenu encore une fois dans un autobus. Cette fois, c’est une femme de 29 ans qui a été violée par sept hommes. Encore une fois, c’est le laisser-faire des policiers qui est dénoncé, puisqu’ils ne patrouillent pas les bus de nuit, alors qu’ils le devraient (Singh, 2013).

La sensibilisation de la sphère internationale est un aspect primordial dans cette cause, puisque c’est en informant la population internationale que les gens vont agir et dénoncer de plus en plus de tels actes.

Maude Boucher-Réhel

 

La montée du féminisme en Inde

Depuis, les évènements de 2012, plusieurs mouvements sociaux se sont créés pour la cause des femmes indiennes. D’importants groupes féministes ont contribué à faire avancer la cause de ces femmes. Dans la section qui suit, nous verrons les débuts des mouvements féministes indiens, ceux qui se démarquent par leur importance et les succès de ceux-ci (Tutoya).

  1. LES PREMIERS MOUVEMENTS FÉMINISTES

Les tout premiers mouvements féministes qui sont apparus en Inde se sont dévoilés dans les années qui précèdent l’indépendance de l’Inde en 1947 (Wikipedia). Certains mouvements féministes se joignaient aux campagnes électorales, puisqu’elles estimaient que la liberté des femmes devait passer par un pays libre. Ces mouvements féministes sont la Women’s Indians Association (WIA) apparue en 1917, le National Council of Women in India (NCWI) en 1926 et la All Indian Women’s Conference (AIWC) en 1927 (Mazumdar, 1983). Toutefois, à cette époque d’autres mouvements féministes croyaient qu’il était préférable de ne pas mélanger mouvement féministe et mouvement nationaliste. Ces femmes sont parvenues à faire valoir leurs droits. Ces droits nouvellement acquis, telle l’égalité entre les hommes et les femmes, étaient supposés être ajoutés à la nouvelle constitution. Après l’indépendance, les mouvements féministes semblent s’essouffler, puisque leur but d’avoir égalité entre les sexes sera atteint juridiquement (Sabot, 2005). Cependant, en 1974, un rapport sur la condition des femmes en Inde, le rapport Towards Equality (Banerjee, 2005), démontrera que la condition des femmes indiennes a régressé depuis l’indépendance 27 ans plus tôt. C’est une des pionnières féministes indiennes, Dr Vina Mazumdar (1927-2013),

"Vina Mazumdar" by Source. Licensed under Fair use via Wikipedia - http://en.wikipedia.org/wiki/File:Vina_Mazumdar.jpg#/media/File:Vina_Mazumdar.jpg
« Vina Mazumdar » by Source. Licensed under Fair use via Wikipedia – http://en.wikipedia.org/wiki/File:Vina_Mazumdar.jpg#/media/File:Vina_Mazumdar.jpg

une leader en ce qui concerne l’étude des femmes et du mouvement féministe qui publiera ce rapport. Cette femme se démarquera par le fait qu’elle a combiné le féminisme avec de véritables études scientifiques sur la condition des femmes (Wikipedia). À la suite de la parution de cette étude, les mouvements féministes referont surface, cette fois avec de nouveaux buts à atteindre (Sabot, 2005). Durant la deuxième moitié du 19e siècle, on verra plusieurs groupes féministes se joindre à certains partis politiques afin de faire avancer la cause des femmes. Ce sont principalement les partis marxistes et socialistes qui accepteront l’idée d’égalité entre hommes et femmes sans pour autant s’informer davantage sur les problèmes des femmes indiennes (Mazumdar, 1983). Ces dernières réaliseront qu’elles doivent prendre part à la vie politique du pays, afin que leur sort soit changé, puisque le mouvement féministe doit se faire en partie par l’instauration de lois. Plusieurs partis politiques prendront la cause des femmes au sérieux, tel que le Parti du Congrès, le Parti Janata, le Parti Bharatiya Janata, le Communist Party of India et le Communist Party of India (Marxist). Ces partis autant de droite que de gauche auront tous une mission commune, soit de susciter l’intérêt politique pour la cause des femmes en faisant valoir les droits de celles-ci (Mazumdar, 1983). Aussi, en Inde il existe plusieurs mouvements féministes indépendants de partis politiques. Nous nous attarderons à un mouvement plus en particulier soit le Gulabi Gang.

"Smiles and determination of rural Indian women 3" by McKay Savage - Flickr: smiles and determination of rural Indian women #3. Licensed under CC BY 2.0 via Wikimedia Commons - http://commons.wikimedia.org/wiki/File:Smiles_and_determination_of_rural_Indian_women_3.jpg#/media/File:Smiles_and_determination_of_rural_Indian_women_3.jpg
« Smiles and determination of rural Indian women 3 » by McKay Savage – Flickr: smiles and determination of rural Indian women #3. Licensed under CC BY 2.0 via Wikimedia Commons – http://commons.wikimedia.org/wiki/File:Smiles_and_determination_of_rural_Indian_women_3.jpg#/media/File:Smiles_and_determination_of_rural_Indian_women_3.jpg

Cette organisation fut créée par Sampat Pal Devi. Alors qu’un jour elle aperçoit une voisine se faire battre par son mari, Sampat Pal Devi intervient pour implorer l’homme d’arrêter, malheureusement celui-ci abusera d’elle également. Le lendemain elle retournera voir cet homme accompagné de cinq autres femmes et elles le battront à coup de bâton de bambou. L’évènement se propagera dans la région et rapidement plusieurs femmes demanderont l’aide de Sampat Pal Devi afin qu’elles les défendent (Gulabi Gang). Il est important de préciser que ce mouvement est actif dans la ville d’Uttar Pradesh une région du nord de l’Inde où la culture traditionnelle est omniprésente. Sampat Pal Devi décidera alors de créer un groupe auquel plusieurs femmes adhèreront jusqu’à devenir une organisation de plus de dix mille femmes. En 2006, en voyant la popularité de son groupe, Sampat Pal Devi décidera d’identifier les membres de son groupe par des saris roses pour représenter le féminisme et la force de ce mouvement. Ce groupe d’activistes a pour mission :

  • D’arrêter les mariages des enfants
  • De persuader les familles d’éduquer leur fille
  • D’entrainer les femmes à se défendre
  • De sensibiliser les gens sur les méfaits de la dot
  • De remplir les formulaires FIR contre les agresseurs sexuels
  • De dénoncer les agresseurs
  • D’encourager les femmes à devenir indépendantes financièrement

(Gulabi Gang)

Entre autres, cette organisation a gagné divers prix comme le Godfrey Phillips Bravery Awards pour l’état d’Uttar Pradesh, Uttarakhand et Delhi pour la catégorie de bravoure sociale. Ce prix félicite les gens qui ont participé à des actes de bravoures et de courage dans leur communauté : «The award pretends to recognise the ordinary citizens who have selflessly performed extraordinary, little-known acts of physical bravery and social acts of courage, thereby setting an example for others to follow» (The Hindu). Ensuite, ce groupe a également gagné le Kelvinator 11th GR8! Women Awards qui récompense et reconnait le dévouement des femmes en Inde. Finalement, ce mouvement a aussi remporté le Ahilyabaiholkar Award qui reconnait les accomplissements extraordinaires ce prix est remis par le Ministère des femmes et du Développement des enfants du gouvernement indien. L’apparition de mouvements féministes de la sorte en Inde démontre qu’il y a une véritable dévotion à vouloir changer la condition des femmes en Inde. Cela laisse également présager une évolution de la cause des femmes en Inde dans les prochaines années. Effectivement, dans la prochaine section nous verrons les succès de ces mouvements et les avancements dans la cause de la femme indienne. (Gulabi Gang)

2. LES SUCCÈS DES MOUVEMENTS ET LA PRISE DE CONSCIENCE COLLECTIVE DU PROBLÈME

Dans une vidéo d’Aruna Rao, une féministe indienne qui « was the Leader of the BRAC Gender Team in Bangladesh (1994-1996) and the Population Council’s Asia Regional Coordinator for Gender and Development, based in Bangkok from 1984 to 1990. She was Board Chair of CIVICUS: World Alliance for Citizen Participation (2003-2007), Board Chair of the Association for Women’s Rights in Development (1994-1997), and a Visiting Scholar at the Indian Institute of Management, Ahmedabad, from 1984-85» (Gender at work), celle-ci témoigne du fait que la place des femmes dans la société indienne a grandement changé en quelques générations. De nos jours, ces femmes sont beaucoup plus présentes au niveau politique et économique ainsi que dans le milieu du travail. Toutefois, elles sont encore victimes de harcèlement et c’est justement une des luttes à laquelle elles font encore face. Les mouvements des femmes ont permis de réduire les tabous concernant les formes de violences liées aux traditions hindoues notamment à la dot. Les journaux dévoilent de plus en plus les violences reliées à cette pratique et qui font des femmes les principales victimes.

Il est important de comprendre que la principale embuche à la protection de la condition des femmes, c’est que les lois ne sont pas correctement appliquées à cause de la corruption qui existe au sein de la police et du système judiciaire. Justement, les principaux succès des mouvements féministes sont le fait qu’elles ont assez de puissance et d’influence pour faire pression sur la police et le système judiciaire pour que les crimes dont les femmes sont victimes ne restent pas impunis comme autrefois (Sabot, 2005). Cependant, même si les lois pour défendre les femmes sont existantes, c’est la mentalité de ceux qui les appliquent qui doit changer et c’est justement contre cela que les mouvements féministes mènent leur bataille. Même si ces organisations tentent d’appliquer de nouvelles lois, il doit y avoir une volonté politique pour qu’elles soient correctement appliquées et c’est ce changement de mentalité qui est en train de se produire en Inde surtout après les évènements de 2012 qui ont choqué la population mondiale.

Gulabi gang

La bande annonce du documentaire Gulabi Gang montre, en l’espace de deux minutes, comment ce mouvement féministe qui s’est créé dans le nord de l’Inde prend aujourd’hui plus d’importance et commence à déranger cette société patriarcale indienne, puisque les femmes se rassemblent entre elles pour améliorer leur situation.

Maude Boucher-Réhel

 

 

Entrevue

Nous avons eu la chance d’assister à la conférence animée par Marianne-Sarah Saulnier , qui est doctorante en ethnomusicologie. Celle-ci, pour sa thèse de doctorat, a décidé  d’entreprendre un projet  de voyage en Inde, plus précisément au Rajasthan. Cependant, plusieurs contraintes s’imposaient à elle si elle voulait assurer sa sécurité. L’Inde est, tout d’abord, le deuxième pays le plus dangereux du monde plus particulièrement pour les femmes. Ainsi, un couvre-feu est imposé aux femmes à partir de 19h00, ce qui signifie que la sécurité physique n’est pas assurée à celles qui prennent le risque de s’exposer après l’heure du couvre-feu. Après s’être assurée d’être capable de vivre sécuritairement en fonction de leurs normes culturelles, elle a décidé de s’intéresser à la femme cobra. La femme cobra remplace depuis quelques décennies le véritable cobra lors de la cérémonie du charmeur de cobra. Ces charmeurs de cobras font plus spécifiquement partie d’une certaine caste; les gitans Kalbeliya. Effectivement, en Inde, 4 différentes castes voient le jour, soit les prêtres qui sont au sommet de la pyramide, suivis des professeurs, des ouvriers et finalement des servants. Un dernier groupement d’individus existe, mais ceux-ci ne sont même pas considérés dans la pyramide des castes étant donné leur rôle social plutôt «grotesque». Les gitans Kalbeliya en font partie  à cause de leur métier de charmeur de serpents. Cette tradition existe depuis des centaines d’années et a été modifiée par l’arrivée des femmes qui remplacent le serpent en dansant. Au cours de son voyage, elle s’est intéressée au phénomène social et culturel de la femme cobra. En effet, en Inde, la femme a longtemps été considérée comme un objet et l’est encore tout dépendant de la région. Selon le Kamasutra, un recueil écrit dans le cadre de la religion hindouiste, les femmes ont différents rôles. Tout d’abord, la femme a deux rôles principaux, soit être gardienne de maison et gardienne de culture. Pour qu’une femme soit gardienne de maison, celle-ci doit être pure, et ne doit pas savoir lire ni écrire. Évidemment, il est facile de constater que la religion hindouiste encourage la femme à demeurer innocente et ignorante. Grâce à cette conférence, nous avons compris davantage la réalité atroce des femmes indiennes dans le sens où les expériences de la conférencière confirmaient nos hypothèses quant aux restrictions qui s’appliquent aux femmes indiennes comme le couvre-feu et le rôle diminutif qu’on leur accorde comme simple gardienne de maison. Cependant, le fait que les femmes aient remplacé les cobras dans la tradition des charmeurs de serpents signifie que la femme accède tranquillement à une ascension sociale vu qu’auparavant les seules femmes qui avaient le droit de danser étaient les prostituées qui étaient très mal vues. Aujourd’hui, les femmes cobras sont des femmes relativement respectées par la société, ce qui est une énorme amélioration.

 

Mouvements contestataires féministes

Femmes_adivasies,_Gwalior,_India

Source: Auteur inconnu, http://commons.wikimedia.org/wiki/File%3AFemmes_adivasies%2C_Gwalior%2C_India.jpg

 

Catherine McConnell

Conclusion et pistes de solutions

Les enjeux qui touchent les femmes en Inde nous ont énormément préoccupés. Nous avons donc choisis de proposer des pistes de solutions qui permettraient d’améliorer la condition de ses femmes, mais tout d’abord, un bref retour sur tous les aspects abordés dans ce blogue nous permettra de mieux nous remettre dans le contexte de la problématique.

En somme, c’est en comprenant et en analysant la religion hindoue que l’on parvient à saisir l’importance qu’occupe la place des traditions dans cette société encore même aujourd’hui. Toutefois, c’est en explorant cette culture sous l’angle féministe que l’on réalise la situation préoccupante dans laquelle sont les femmes indiennes. Effectivement, en remontant à la source des traditions hindoues, on découvre que plusieurs rites religieux expliquent la violence que subissent ces femmes aujourd’hui. Tout d’abord, le système de la dot qui force la famille de la mariée à offrir cadeaux et argent à celle du marié place la femme dans une situation précaire où elle est sujette aux abus de sa belle-famille. Aussi, le rite de la sati qui encourage les veuves à aller sur le bûcher pour rejoindre leur défunt mari est un exemple concret des violences que subissent les femmes pratiquant la religion hindouiste. Ce qui est le plus alarmant c’est de constater que ces rituels sont encore fortement pratiqués en Inde surtout dans le nord de ce pays où il y a davantage de régions rurales peu développées et extrêmement pauvres. L’importance accordée aux hommes dans cette société est aussi inquiétante puisqu’il y a peu de place pour les femmes ce qui en fait une société patriarcale. Puisque la culture indienne découle des traditions religieuses, la place accordée aux femmes est secondaire. Celles-ci sont opprimées, mais surtout abusées. Effectivement, la violence envers les femmes est acceptée culturellement, surtout dans les régions du Nord. Malheureusement, les crimes contre la femme sont peu punis à cause de la corruption qui règne dans la police, ce qui empêche les tribunaux d’appliquer correctement les lois dues aux manques de preuves contre l’accusé. Ceci est un problème de grande importance puisque très peu d’agresseurs sont condamnés. Cela installe donc un climat de peur chez les femmes qui redoutent de porter plainte par peur d’être mal défendue devant la cour. La culture du viol est un enjeu actuel en Inde où comme vu récemment dans l’actualité, des viols collectifs se produisent de plus en plus souvent, mais sont aussi de plus en plus souvent dénoncés. En 2012, le viol d’une jeune étudiante de New Delhi fait les manchettes des journaux indiens, mais aussi des journaux internationaux. En fait, c’est à la suite de ce troublant évènement que la mobilisation et la sensibilisation pour la cause des femmes en Inde s’intensifient. De plus en plus, d’organismes pour la défense des femmes s’activent en Inde et font pression pour changer cette situation critique. Les groupes féministes sont entre autres parvenus à influencer des décisions des tribunaux pour que des agresseurs soient condamnés. Cependant, ces groupes de pressions doivent encore se battent contre le manque de volonté des institutions publiques pour qu’il y ait de véritables changements politiques et législatifs pour protéger les femmes indiennes.

Puisque le sujet de violence envers les Indiennes est un sujet chaud d’actualité, les solutions pour améliorer la situation en Inde sont en cours de développement. Pour le moment, comme mentionné précédemment, les groupes féministes sont en moyens de pression contre les systèmes politiques et judiciaires afin que les lois soient mieux appliquées et que de nouvelles soient légiférées pour protéger les femmes. Aussi, la dénonciation des situations de violence est un facteur important dans cette situation, puisque c’est en parlant et en informant la population sur de tels évènements que les gens se mobilisent et manifestent pour le changement. Ainsi, il est évident que c’est en s’impliquant davantage dans la vie politique indienne que ces femmes pourront apporter un véritable changement dans leur pays, puisqu’il doit y avoir une restructuration des institutions policières et judiciaires pour éliminer la corruption et changer la mentalité des hommes qui œuvrent dans ces secteurs afin que la situation des femmes change une bonne fois pour toutes dans ce pays d’Asie. Même si dans ce rapport, nous nous attardons davantage sur la condition des femmes en Inde, il ne faut pas croire pour autant que la condition des femmes ailleurs dans le monde est idéale. Seulement au Québec 82% des victimes d’agressions sexuelles sont des femmes. De plus une statistique alarmante dévoile que 2/3 de ses victimes sont âgées de 18 ans ou moins. Aussi, près de 90% des agressions commises ne sont pas déclarées à la police. En observant ces données, il est évident que la violence envers les femmes n’est pas un problème qui se concentre dans un seul pays. C’est plutôt un enjeu mondial qui touche toutes les femmes de partout dans le monde (Gouvernement du Québec).

Maude Boucher-Réhel

Toutefois, nous avons des pistes de solutions plus concrètes que nous voudrions partager.

  1. Étant donné qu’il y a 66% des victimes de viol en Inde qui garde le silence, nous recommandons que le gouvernement de l’Inde produise des campagnes publicitaires afin de sensibiliser la population au phénomène du viol afin que celui-ci ne sois plus un sujet tabou.
  2. Étant donné qu’il règne un problème de corruption policière en Inde, nous recommandons au gouvernement de l’Inde de revoir sa structure de ses cadres policiers et de faire une enquête sur la corruption, afin de punir les malfaiteurs.
  3. Étant donné que certaines traditions hindoues telles la sati et la dot sont toujours en pratique en Inde, nous recommandons à l’ONU d’intervenir afin d’arrêter ses pratiques qui vont à l’encontre des droits de l’homme.
  4. Étant donné que la violence envers les femmes est beaucoup plus élevée dans les zones rurales de l’Inde, nous recommandons un renforcement des autorités dans ces lieux, afin de protéger les femmes.
  5. Étant donné que le taux d’éducation et d’instruction chez les femmes est extrêmement faible dans la plupart des régions de l’Inde, nous proposons au gouvernement d’établir un âge minimal jusqu’auquel les filles doivent suivre un encadrement scolaire.
  6. Étant donné qu’il y a énormément de corruption policière, nous proposons que des femmes soient formés pour le métier et que celles-ci exercent la profession de policier. Non seulement cela permettra aux femmes d’avoir accès à une éducation et donc un statut social, mais celles-ci permettront à la société d’être moins sexiste et de ne plus ignorer les violences commises aux femmes.
  7. Étant donné que la dot apporte de nombreuses conséquences néfastes à la société, nous proposons au gouvernement de sanctionner les citoyens qui ont recours à cette pratique et qui marient les femmes d’une caste inférieure. Il est impossible d’abolir le système de dot, mais le fait d’interdire la dot entre castes de différentes importances sociales réduira les dommages crées aux familles de la femme provenant d’une caste inférieure.

Catherine McConnell et Maude Boucher-Réhel

Médiagraphie

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