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Éditorial

D’ici 2050, la population mondiale aura atteinte 9 milliards d’habitants. Or, les terres agricoles ne sont pas infiniment extensibles. Comment répondre aux besoins alimentaires d’une population aussi grandissante ? Les OGM (organismes génétiquement modifiés) sont considérés comme étant un moyen pour mettre fin à la crise alimentaire présente à ce jour dans le monde. Malgré l’ambivalence des opinions à leur sujet, leur présence ne cesse d’augmenter à l’échelle mondiale. L’agriculture d’OGM est liée à une structure capitaliste qui n’est pas équitable, saine ou durable pour l’environnement. Dès lors, il faut comprendre les OGM pour préparer notre avenir et celle des générations futures. Par conséquent, c’est ce que nous avons tenté de faire dans le cadre de ce projet.

Notre méthodologie a consisté d’abord à nous poser plusieurs questions. Par la suite, nous avons tenté de répondre à celles-ci par l’entremise d’une recherche intégratrice sur les OGM. Par exemple, nous nous sommes intéressés à comprendre, dans un premier temps, qu’est-ce qu’un OGM ? Dans un deuxième temps, on s’est questionnés si ceux-ci peuvent mettre fin ou non à la crise alimentaire ? De plus, nous nous sommes aussi attardés à savoir à qui profitent les OGM et à qui ils nuisent, notamment en étudiant le géant dans la commercialisation des OGM, Monsanto. Finalement, nous avons tenté de démystifier quelles étaient les alternatives possibles à leur consommation et quelles actions concrètes pouvons-nous poser en tant qu’acteur social, pour améliorer notre sort ainsi que celui de la planète? Autrement dit, quelles solutions proposons-nous aux problèmes qu’engendrent les organismes génétiquement modifiés? À partir des résultats des recherches documentaires de chaque membre de l’équipe, nous avons conçu une revue de notre littérature sous la forme d’un rapport préliminaire. À l’intérieur de ce dernier, nous avons pris soin de faire des liens entre les différentes disciplines que nous avons eu à étudier au cours de notre parcours au collégial. En effet, il comporte plusieurs concepts intégrateurs qui permettent de mettre en relief nos différents acquis sous forme d’une synthèse, complète et structurée. Il est opportun de souligner que c’est en étudiant l’enjeu des OGM, sous différents angles (politique, économique sociologique etc.) que nous avons pu nous en faire le meilleur portrait.  Nous avons par la suite perfectionné ce dernier afin de le présenter dans notre blogue. Celui-ci est maintenant disponible à tous les étudiants et enseignants rattachés au cour synthèse DIA, afin que ceux-ci puissent aussi avoir accès aux points forts de notre recherche et puissent être davantage sensibilisé à la place dominante et non négligeable que les OGM prennent dans le monde alimentaire.

Au cœur même de la problématique, il est sans dire que la dissémination des OGM dans notre monde est un sujet qui préoccupe de plus en plus d’acteurs sociaux; passant par les petits agriculteurs, les consommateurs, les environnementalistes jusqu’aux plus imposantes multinationales, et soulève des controverses. En effet, il est préférable de ne pas rester indifférent à  cette problématique, car elle touche l’ensemble de la population. Ainsi, que nous soyons en accord ou non,  il s’avère que les organismes génétiquement modifiée font parti de notre quotidien, car ils se retrouvent dans nos assiettes. De plus, ils sont présents dans une multitude de pays.

Afin d’illustrer l’ampleur que ceux-ci prennent ces dernières années, il convient de prendre conscience de la superficie accordée à la culture des OGM. Cette dernière est passée de 1.7 millions d’hectares en 1995 à 175.2 millions d’hectares en 2013 (Gouvernement québécois, 2013).

Les principales cultures d’OGM dans le monde sont le coton, le  maïs, le soya et le canola. Ces aliments sont à la base de l’alimentation mondiale. Ce faisant, la variation de leur production et de leur prix influent sur un vaste nombre d’êtres humains. Selon la FAO, le prix des céréales a augmenté de 47 % en 2007, incluant le prix des semences OGM plus que répondues auprès des agriculteurs. Cette hausse des prix touche particulièrement les petits agriculteurs, notamment ceux des pays en voie de développement, qui ne peuvent se permettre de tels taux. En ce sens, le prix des semences ainsi que la commercialisation des organismes génétiquement modifiés sont deux facteurs parmi tant d’autres qui contribuent à la perpétuation de la crise alimentaire mondiale.

Cependant, il faut se souvenir que ces biotechnologies sont modifiées en laboratoire. Étant donné que le recours aux OGM semble s’être popularisé que depuis le début des années 90, il  convient de se demander pourquoi nous nous sommes créés ce besoin  quant à cette consommation « moderne » alors qu’avant nous nous satisfaisions à  nous alimenter que par ce que la terre nous fournissait naturellement.

D’abord, il y a des atouts économiques rattachés à l’utilisation d’OGM. Par le biais de ceux-ci, il serait possible de nourrir un plus grand nombre de personnes tout en bénéficiant d’un coût de production moins élevé. Autrement dit, les OGM permettent aux entreprises de percevoir un meilleur rendement. Le principe est simple, si nous parvenons à rendre un organisme résistant aux facteurs incontrôlables de la nature, les récoltes ne seront plus menacées. Garantir la stabilité de récoltes viables engendre une hausse de la production, car les pertes sont minimisées.

Cependant, cette logique productiviste  a été souvent critiquée car on lui reprochait d’être dommageable pour l’environnement et pour l’ensemble des écosystèmes. Ainsi, on en vient à se demander « à quel point nous sommes prêts à favoriser l’économie, avec sa plus grande productivité et ses meilleurs profits, au dépend même de l’environnement? ». Ce conflit éthique ne date pas d’hier puisque environnement et productivité sont deux concepts contradictoires, en raison de leurs objectifs distincts.

Par l’entremise de ce blogue, notre objectif premier est de faire l’état des diverses connaissances que nous possédons en ce qui à trait aux OGM. Nous visons aussi à explorer les enjeux qui les entourent. Ainsi, les lecteurs pourront être davantage conscientisés sur la problématique entourant les OGM et pourront se forger leur propre opinion.

Suite à nos recherches, nous sommes d’avis qu’il faut bannir les OGM de notre alimentation si nous espérons, d’une part, assurer la protection de notre environnement, et, d’autre part, mettre fin aux abus de pouvoir des entreprises privées. Notre planète a atteint un seuil critique, et un compromis n’est plus possible. Il ne faut plus favoriser les valeurs de production et de consommation qui sont si bien encrées dans notre société, car notre planète souffre trop. Par ailleurs, les agriculteurs subissent des répercussions néfastes en raison des organismes génétiquement modifiés, et ces inégalités ne devraient pas être tolérées. La synthèse de nos connaissances, de nos réflexions et de nos recommandations se trouvent dans les diverses sections de ce blogue. Ce dernier est divisé en trois grandes parties soit, la présentation du phénomène des OGM, une étude de cas sur l’entreprise Monsanto ainsi qu’une dernière section sur les alternatives qui s’offrent à nous.

Qu’est-ce qu’un OGM

 

Un OGM c’est …

Un organisme génétiquement modifié est un microorganisme qui peut être soit un végétal ou un animal sans toutefois être un humain, et qui résulte de ce qu’on appelle la transgénèse. Mais qu’est-ce que la transgénèse. Il est ainsi possible de rendre un organisme issu de la nature, totalement différent de son état d’origine et pouvant dorénavant être plus résistant aux caractéristiques de l’environnement qui l’entoure.   C’est le processus « d’introduire dans le patrimoine génétique d’un organisme vivant (ensemble des caractéristiques génétiques dont hérite un individu) (Mader, 2014, p. 489), un gène provenant d’une autre origine et de cette manière, conférer à cette espèce donnée, un caractère entièrement nouveau » (Noisette, 2012, p. 8). Pour illustrer un peu mieux ce à quoi ressemble la transgénèse, prenons l’exemple d’une plante. Elle sera considérée transgénique si l’on multiplie son génome (ensemble de gène portés par une espèce) (Mader, 2014, p. 486) afin qu’elle devienne génétiquement modifiée. (Monardes, 2014)

 

 Technique de modification génétique

Pour commencer, il suffit d’introduire dans une cellule de plante un transgène qui est composé de séquences génétiques issues de plusieurs organismes. Pour résumer brièvement, tout en empruntant les termes scientifiques opportuns, ce transgène est composé de trois éléments essentiels. Premièrement d’un promoteur, qui est une courte séquence d’ADN qui stimule la fabrication de protéines par ce gène (Radio-Canada, 2012).  Il est pertinent de mentionner qu’il existe aussi différents degrés d’intensité d’efficacité entre les différents promoteurs. Ainsi, il existe une grande variété de promoteurs ayant des caractéristiques différentes, mais dans la majorité des cas où on doit y avoir recours, celui utilisé est issu d’un virus du chou-fleur (CAMVs35). Deuxièmement, d’un gène d’intérêt qui est défini, comme étant le « gène responsable de la nouvelle caractéristique que l’on voudrait donner à un organisme vivant » (Radio-Canada, 2012). Autrement dit, c’est le gène lui-même, que l’on tente de transférer à l’autre organisme lors de la transgénèse. La résistance à la chaleur, la tolérance aux pesticides ou encore la capacité à vivre en milieu aqueux sont des exemples de caractéristiques artificielles dont on voudrait munir l’élément modifié. Finalement, il faut ce qu’on appelle un gène terminateur, c’est-à-dire « une séquence du génome qui marque la fin de la transcription d’un gène » (Radio-Canada, 2012). Avec ces trois éléments clés, réunis en laboratoire, où l’ensemble des facteurs formant l’environnement de ce dernier est pleinement contrôlé, qu’il est possible pour les scientifiques de créer ce qu’on appelle communément les OGM.

 

Au cœur de la controverse

LES PARTISANS DÉFENDENT

Voyons maintenant quelques avantages avec lesquels les partisans des OGM justifient leur position. D’abord ce tout nouveau « génie génétique » semble révolutionner l’agriculture, car il permet l’acquisition de meilleurs rendements et même le dépassement des objectifs préalablement fixés. Ces améliorations représentatives semblent notamment être dues à l’élaboration du développement de végétaux résistants aux maladies, parasites, insectes de tout genre, et même à des conditions climatiques rigoureuses (Monardes, 2004). Cette possibilité de contrôle sur des facteurs habituellement incontrôlables se présente comme une solution plus qu’avantageuse pour l’agriculteur qui, en optant pour cette solution, augmente ses chances d’être plus productif. Revenons au concept mentionner plus haut du nom de transgénèse. Selon les producteurs, la majorité des plantes OGM commercialisées contiennent plus de valeur nutritive et de vitamines, ce qui permet aux consommateurs de bénéficier d’une meilleure qualité de produit (Manga, 2004). Il y a aussi des bienfaits écologiques, permettant de trouver des solutions à la pollution de l’eau et des sols, due notamment au développement de plantes ayant une capacité à dépolluer les sols, ou encore avec la présence d’OGM permettant de limiter les apports d’engrais ou les rejets de phosphore dans l’environnement (Monardes, 2004).

 

Les pays en voie de développement sont pro-OGM

Un autre aspect clé évoqué par les partisans des OGM est en lien avec la situation des pays en voie de développement (PVD). En effet, bien qu’un pays en développement n’ait pas de définition précise selon l’organisation du commerce (OMC), en raison du fait qu’il ne semble pas y avoir de « seuil précis à franchir pour entrer ou de sortir de cette catégorie », les PVD sont toutefois reconnaissables par leurs traits communs (Dico commerce international, 2002). En effet, « ce statut intermédiaire [entre les pays non développés et ceux qui sont dits développés] est caractérisé par l’engagement d’un processus, sur les plans économique et social, pour relever le niveau de vie de ses habitants, en tentant de mettre fin, notamment, au faible développement de son industrie, à l’insuffisance de sa production agricole, au déséquilibre entre la rapidité de sa croissance démographique et l’augmentation de son revenu national » (Dico commerce international, 2002). Comme il est mentionné, ces pays ne détiennent pas un mode de vie aisé comme peuvent en bénéficier les pays dits développés, et donc les OGM semblent être perçus comme un remède à certains problèmes. À titre d’exemple, par l’entremise de la meilleure qualité de la valeur nutritive contenue dans un OGM, il serait possible de réduire significativement les cas de famine ou et des troubles alimentaires causés par les déficits nutritionnels (Monardes, 2004).

 

Le « riz doré », une solution aux problèmes de carences alimentaires?

Prenons un exemple pour mieux illustrer la situation. Un certain Ingo Potrykus a développé un riz enrichi de bêta de carotène (précurseur en vitamine A) (Persico, 2002). La consommation insuffisante de celle-ci, souvent observable dans les PVD, est à l’origine de nombreux problèmes de santé en termes de carence alimentaire (Persico, 2002). Une personne qui souffre de carence alimentaire est due à la sous-alimentation de cette dernière en nutriments riches et en vitamines, essentielles à sa bonne alimentation. Aussi, ces pays ne possèdent que très peu de terres cultivables dont les sols sont riches. Ainsi, les OGM leur permettraient d’améliorer la qualité de leur production tout en réduisant la mise en culture de nouvelles terres (origine de la déforestation, érosion, épuisement des ressources). Ainsi, tous les points énumérés ci-haut expriment clairement pourquoi les pays en voie de développement voient une partie de leur avenir alimentaire et économique dans les OGM.

LES OPPOSANTS CRITIQUENT

Bien qu’il y ait une vague pro-OGM qui se montre assez déterminée, les opposants ne se laissent pas faire. En effet, un aspect quant à la vie fondamentale d’un organisme est évoqué. Selon Monsieur Arnaud Apoteker, qui se démarque par ses compétences (il est un scientifique, un militant, un spécialiste des OGM et un ancien travailleur pour Greenpeace) les OGM sont «de nouveaux organismes vivants, inconnus de la nature, sans passé évolutif ni prédateur naturel, et dont le comportement dans les écosystèmes est imprévisible » (Monardes, 2004). Ainsi, l’équilibre même des écosystèmes naturels préétabli et conçu naturellement risquerait d’être chamboulé par l’arrivée de ces organismes modifiés génétiquement.  Il faut aussi mentionner qu’il y a un risque de contamination entre espèces, lorsqu’un organisme génétiquement modifié est réinséré dans la nature. La contamination peut être due, par exemple, au vent, qui transporte notamment le pollen. C’est le phénomène qui porte le nom de « pollinisation croisée » (Monardes, 2004). À titre d’exemple, un tournesol modifié, dont la propriété est d’être résistante aux parasites, transmet son gène Bt à un tournesol sauvage. Le gène Bt (du nom scientifique bacillus thuringiensis) est en agriculture, l’insecticide le plus populaire à ce jour dans le monde. Ainsi, selon les écologistes, les scientifiques et les opposants, la barrière première à la généralisation disséminée des OGM dans l’environnement pur et naturel est cette « pollution génétique ». Selon eux, les écosystèmes tels que nous les connaissons aujourd’hui ne sont pas menacés par cette pratique, mais l’avenir de l’évolution de ces espèces naturelles dans le futur l’est. Une perspective économique et sociale est ici soulevée quant à l’exploitation de ceux-ci, et comme dans tout milieu où l’on tente constamment d’augmenter le rendement et la compétitivité, des inégalités émergent. Cette logique mercantile, à laquelle l’agriculture ne s’est pas pliée pendant des siècles, semblerait pour certains amener l’agriculture à perdre toute signification et respect envers la terre et ses ressources. Plusieurs sont contre et ne se taisent point à dénoncer la monopolisation de grandes firmes génétiques dans le monde, telle que celle dont il sera question dans la prochaine partie de ce travail, c’est-à-dire de la grande multinationale, Monsanto.

Étude de cas: Séralini et ses rats

 L’expérience de Séralini

La question concernant les répercussions des OGM sur la santé des humains a été soulevée maintes fois, et ce, par plusieurs acteurs sociaux, mais personne n’avait vraiment réalisé une étude longitudinale permettant de les observer dans la réalité.  Le professeur Gilles-Eric Séralini a été le tout premier chercheur à rendre publique une étude de deux ans, contrairement à celles portant seulement sur 3 mois, préalablement réalisés par diverses firmes agroalimentaires (notamment par Monsanto). Cela a donc permis une plus grande fiabilité des données recueillies (car la durée de l’expérience était nettement prolongée), malgré que la véridicité des résultats qu’elle a dévoilés reste encore fortement controversée.  (Garlic, 2012)

L’étude a porté sur des rats, en raison que ces petits rongeurs affichent un système organisationnel des différentes composantes de leurs organismes très semblables à celui de l’humain. En effet, leur corps réagit  d’une manière très similaire à celui d’un humain et donc, serait porté à réagir tout aussi pareil. C’est pourquoi 200 rats albinos ont été utilisés pour la réalisation de cette étude, dont 100 mâles et 100 femelles. Monsieur Séralini et ses collaborateurs ont divisé cet échantillon en trois catégories bien différentes : une dans laquelle les rats ont été nourris avec du maïs NK603 et traité ou non avec l’herbicide Roundup, la seconde  dans laquelle les rats ont été nourris normalement, mais abreuvés avec de l’eau contaminée par trois doses différentes de Roundup, et finalement la dernière, où les rats n’étaient que simplement un groupe témoin, où ils mangeaient du maïs et buvaient de l’eau non modifiée. Dix groupes ont été formés à partir de ces trois catégories. Les résultats prélevés étaient renversants : les rats  faisant partie des deux catégories où le recours aux OGM était présent, démontraient à la fin de l’étude des anomalies non négligeables. Les rats mâles souffraient d’atteintes du foie et des reins, tandis que les femelles souffraient de tumeurs mammaires importantes. Les rats nourris par des OGM ont eu une espérance de vie plus courte que celle faisant partie de la normalité. Cette étude a été réalisée en quasi-clandestinité, car les chercheurs ont reçu les semences transgéniques de la part d’un lycée agricole canadien. En effet, ils voulaient éviter à tout prix d’avoir recours au fabricant Monsanto et à la participation des pouvoirs publics, de peur qu’ils tentent de leur mettre des bâtons dans les roues ou que cela ne soit pas aussi représentatif qu’ils s’étaient donnés comme objectif. (Sergent et Réju, 2012)

L’étude des rats du professeur Séralini a d’abord été publiée en 2012, dans la fameuse revue Food and Chemical Toxicology,  qui a ensuite décidé de la retirer, puisqu’elle remettait en cause la méthodologie utilisée lors de cette expérience. Deux reproches principaux ont été soulevés et appuyés notamment par Gérard Pascal (directeur de recherche et spécialiste de l’Inra de la sécurité alimentaire), soit d’une part, le nombre insuffisant d’animaux par lot (les dix groupes) et la souche des rats (Sprague-Dawley) qui était connue pour développer spontanément des cancers.  (Garlic, 2012)

Pour sa défense, le professeur Séralini, appuyé, par Dr Joël Spiroux affirme, en réponse à la première critique que l’échantillon de 200 rats, divisés en 20 rats par lot était exactement le même ratio lors de l’étude  de trois mois réalisés par la frime Monsanto, et défend qu’ils se sont davantage attardés sur les paramètres toxicologiques que ce dont avait effectué Monsanto. Aussi, le facteur économique a pesé dans la balance, car l’étude a couté 3.2 millions d’euros et pour travailler avec davantage de rats, il aurait fallu débourser une plus grande somme encore, ce dont ils ne pouvaient pas se permettre. En réponse au type de rats employé, les chercheurs ont expliqué que c’est la sorte de rats utilisés partout dans le monde servant spécifiquement aux recherches toxicologiques. En effet, il semble que ces rats sont reconnus pour être stables au niveau biologique et physique, ce qui permet de tirer de meilleurs résultats d’expériences en laboratoire. Selon ces derniers, l’étude à démontrer que les tumeurs des groupes traités se déclencherait dès le 4e mois et deviendrait significative au 11e et au 12e mois, ce qui correspond à l’âge de 35 à 40 ans chez les humains. Ce qui consiste une grosse différence, car la normalité de l’apparition de tumeurs chez les rats apparaitrait vers le 23e mois et le 24e mois. (Bertrand, 2012)

De plus, monsieur Séralini sème même le potentiel doute que le retrait de son étude dans la revue Food and Chemical Toxicology pourrait être en lien avec l’arrivée en 2013, d’un ex-cadre de Monsanto au sein du comité éditorial de la revue. En effet, il s’agit d’un dénommé Monsieur Goodman, biologiste de profession, et chargé dorénavant de participer activement en donnant son avis sur les articles dont le sujet est les biotechnologies. Par contre, ce dernier est un ex-travaillé de Monsanto, et plusieurs traces de sa carrière laisse entendre qu’il tente « de convaincre les gouvernements d’adopter des es méthodes d’évaluations des risques peu contraignantes pour les firmes commercialisant OGM » (Sergent et Réju, 2012, p. 19). À ce sujet, monsieur Spiroux déclare : « On n’a pas de preuve écrite que c’est Goodman qui a mené la danse, mais on n’est pas niais, on sait comment les messages passent, dans un bon restaurant » (Sergent et Réju, 2012, p. 19), phrase qui laisse place à bien des sous-entendus.

Heureusement pour Séralini et ses chercheurs, cette étude a revu le jour dans la revue Environmental Sciences Europe (groupe Springer), cependant celle-ci a presque aussitôt relancé les différents acteurs du monde agroalimentaire à se confronter une seconde fois à propos de ces résultats qui ne font pas l’unanimité.  (Garlic, 2012)

Est-ce que ces résultats sans l’être à 100% ont un fondement de vérité? Jusqu’à où nous pouvons nous questionner sur la  qui peut être présent dans le domaine des biotechnologies? N’est-ce pas inquiétant?

Ce qui semble être primordial, c’est que nous devons nous questionner sur les répercussions sur notre santé, du petit pourcentage, aussi faible soit-il, de nocivité des OGM. Aussi, il semble important de pousser dans le sens qu’une meilleure recherche soit réalisée, et qui répond à tous les critères qui lui permettront d’être jugée valide. Une certaine méfiance quant au discours mensonger que peuvent tenir les grandes firmes comme Monsanto, peut tenter de cacher la vérité pour ne pas salir son image.

Étude de cas sur Monsanto; Une multinationale dangereuse

 Qui est Monsanto?

Monsanto est une compagnie transnationale, surtout présente dans le domaine de l’agriculture. Elle dit prôner le développement durable. À ce sujet, l’un des divers aspects qui caractérise leur mission est «produire plus avec moins de ressources, telles que la terre et l’eau» (Monsanto, 2015). Or, quelle est leur véritable mission? Monsanto, étant une compagnie agraire qui vend des  produits génétiquement modifiés, prétend vouloir fournir aux agriculteurs les ressources nécessaires à la prolifération de leurs activités agricoles. En fait, selon les indications de leur site Internet officiel, Monsanto est conscient que les agriculteurs devront produire de plus en plus de nourriture d’ici les prochaines années. Cette multinationale désir donc aider les agriculteurs à nourrir de manière efficace la population de la planète. Pourtant, cela n’a pas toujours été leur mission, et Monsanto s’est forgé toute une réputation au fil des années.

 L’historique derrière Monsanto

Depuis sa fondation en 1901 à Saint-Louis aux États-Unis, la compagnie américaine Monsanto a suscité plusieurs controverses. En fait, à l’origine, elle était une compagnie qui développait des agents chimiques. La compagnie « a bénéficié d’une croissance constante, en raison notamment de la forte demande de produits chimiques industriels lors de la seconde guerre mondiale» (Champion et Gendron, 2004). Ce faisant, la compagnie a rapidement prit de l’ampleur. À cette époque, Monsanto se spécialisait dans la production d’une large gamme de plastiques et de produits synthétiques destinés à des usages domestiques et dans la production d’agents hautement toxiques, comme le PCB et le polystyrène. À titre indicatif, le polystyrène se retrouve au cinquième rang des produits des plus dangereux en 1980 selon l’EPA, soit l’Environment Protection Agency.  Ainsi, les controverses entourant la compagnie remontent à il y a fort longtemps, car il est clair que ces produits ne pouvaient qu’être toxiques pour l’environnement.

En ce qui concerne les PCB, une énorme controverse est survenue en ce qui a trait à leur production lorsqu’une explosion, qui fit 500 morts, est survenue en 1947 au cœur des usines de Monsanto au Texas (Seelow, 2013). Suite à ce terrible incident, en 1949, est survenu une autre explosion mais cette fois ci en Virginie. Celle-ci fit en sorte que près de 200 employés développèrent des graves problèmes de peau. Ceux-ci seraient en fait dus au fait que l’herbicide 2,4,5-T que l’usine de Virginie produisait contenait en fait de la dioxine, substance semblable aux PCB. L’information selon laquelle l’herbicide en question était hautement toxique était connue de Monsanto depuis 1938. L’herbicide ne fut interdit qu’en 1970 (Seelow, 2013). Entre 1961 et 1971, Monsanto produisit le fameux Agent Orange, qui sera utilisé à des fins militaires par les États-Unis durant la guerre de Vietnam. Ce défoliant est en fait constitué de 2,4,5-T, ce qui engendrera des nombreux problèmes de santé chez les soldats vietnamiens.

Malgré l’atrocité de ces deux événements explosifs, Monsanto ne s’arrêta pas là. Toujours en Virginie, à Anniston, 3600 habitants de la région poursuivent Monsanto pour contamination au PCB en 2001. En fait, il s’avère que Monsanto aurait déversé des tonnes de déchets toxiques dans un ruisseau selon l’EPA. Cette contamination aura pour effet d’altérer le cours de la vie de plusieurs personnes, et c’est ce qui motive leur poursuite judiciaire contre Monsanto. En effet, les PCB causent notamment le cancer. Plusieurs sont morts à cause de la quantité astronomique de PCB que contenait leur sang. Ici, Monsanto a agi de manière similaire à ce qu’il a fait pour gérer la polémique qui entourait l’herbicide 2,4,5-T: il a caché de l’information précieuse. En 1966, Monsanto a découvert que les poissons qu’ils introduisaient dans le ruisseau où la compagnie faisait ses déversements mourraient à l’intérieur de 10 secondes. En 1976, certains tests effectués sur des rats révèlent que leur contact avec les PCB leur causent des tumeurs.  Finalement, en 2002, Monsanto est reconnu coupable d’avoir pollué la région d’Anniston en Virginie (Seelow, 2013).

Plus récemment, on se questionne sur l’herbicide Roundup et le Soya Roundup Ready. L’herbicide Roundup fit son apparition sur le marché en 1975. Rapidement, on se rend compte de sa toxicité. En fait, ce produit prétendait être biodégradable. Or, Monsanto fut poursuivi à deux reprises pour fausse publicité (Robin, 2008). Selon le documentaire de Marie-Monique Robin intitulé Le monde selon Monsanto, la compagnie aurait caché la toxicité de l’herbicide Roundup pour favoriser l’implantation des OGM sur le marché. Il est évident que l’association entre l’herbicide Roundup et le soya du même nom ne doit pas, dans l’intérêt de Monsanto, être entachée d’une mauvaise réputation. Donc, selon Ken Cook, président du groupe de travail pour l’environnement, «On ne peut jamais faire confiance à Monsanto pour nous informer sur un produit». Le Soya Roundup Ready est au centre d’une polémique actuellement. D’un côté, certains agriculteurs se réjouissent d’avoir accès à un tel produit, car ils économisent du temps et de l’argent (Robin, 2008), une ressource précieuse. D’un autre côté, certains agriculteurs s’opposent à ce type de soya. Ceux-ci préconisent des principes comme l’indépendance agraire et l’agriculture sans biotechnologies. En fait, le cœur du problème entourant le soya Roundup Ready c’est que Monsanto a breveté son produit. Ce faisant, cela fait en sorte que seuls les agriculteurs qui ont signé un contrat avec la compagnie peuvent utiliser ce type de soya. De plus, il est interdit à un agriculteur de replanter les semences de l’année précédente. Ainsi, Monsanto s’assure un revenu constant, via l’achat annuel obligé des semences, et la dépendance des agriculteurs à leur égard (Robin, 2008).  Il est facile de s’imaginer à quel point cela a un impact majeur sur l’agriculture mondiale. On constate que Monsanto, par le biais de ces brevets, s’accapare le quasi-monopole de l’une des ressources essentielles à l’homme : la nourriture. Plusieurs controverses découlent de cette politique de brevetage. À titre d’exemple, les nombreuses poursuites judiciaires que Monsanto a mené auprès d’agriculteurs paysans qui ont vu leur champs se faire contaminer par les OGM, et qui ont été accusé d’avoir violé le brevet émis par Monsanto. En l’occurrence, nous aborderons ce sujet plus en profondeur dans la section concernant les victimes de Monsanto.

 Le pouvoir que détient Monsanto

Monsanto est une compagnie transnationale qui détient plus de pouvoir que l’on pourrait penser. À prime abord, il convient de supposer que comme toutes multinationales, Monsanto détient un certain pouvoir d’influence sur la scène internationale par le biais de son gigantesque capital et de sa présence sur plus d’un continent. Or, il s’avère que Monsanto, qui fournissait en 2005, à l’échelle mondiale, 90% des biotechnologies requises pour les semences, qui contrôlait près de 27% du marché des semences commerciales et 90% du marché des semences de soja (Zacune, 2012) ne doit pas être confondu pour une multinationale comme les autres. Ce quasi monopole du secteur des biotechnologies et des semences peut s’expliquer, entre autre, par le biais de la théorie de l’écart technologique proposé par Posner (Généreux, 2002). Selon lui, les innovations qu’un pays fait naître lui procure un avantage comparatif dans la production des biens qui découlent de ces innovations. Un avantage comparatif, c’est-à-dire le phénomène selon lequel un pays produit un bien de manière plus efficace qu’un autre pays le ferait pour le même bien, peut s’expliquer par la théorie de Posner. En fait, les nouvelles technologies rendent possible les économies dites d’échelles, soit la production d’une grande quantité d’un bien  à un coût par unité de production moindre. Ainsi, les innovations technologiques permettent à un pays l’obtention d’un monopole sur la production d’un bien, car l’atteinte d’une économie d’échelle, qui est favorisé par ces technologies, dissuade la concurrence qui sont contraints de produire à une échelle réduite et à un coût plus élevé (Généreux, 2002). Donc, le monopole de Monsanto est certainement, dû moins partiellement, dû à «l’innovation» qu’il a produit, c’est-à-dire les biotechnologies.

Dans les récentes années, comme le démontre clairement le court portrait de Monsanto énoncé plus haut, la compagnie a fait face à de nombreux scandales et elle est loin de faire l’unanimité au sein de la société. Pourtant, la compagnie semble vouloir polir son image, comme le témoigne l’incessant marketing mis en place par la multinationale. La compagnie dit s’être convertie au développement durable (Champion et Gendron, 2004). Monsanto tient même un discours à caractère humanitaire en plaidant qu’elle désir, par le biais de la biotechnologie,  faire «reculer les limites des écosystèmes pour le bien de l’humanité» (Champion et Gendron, 2004, p.121). En effet, la compagnie désir produire plus avec moins pour pouvoir combler les besoins nutritifs de plus de personnes. En d’autres mots, Monsanto veut mettre fin à la faim dans le monde, en augmentant son efficacité et son rendement. Noble cause, nous en conviendrons, mais dans quel but? De plus, la compagnie témoigne de son bon vouloir écologique en recourant à des stratégies comme la consultation d’environnementalistes de renom comme Armory Lovins et Herman Daly, en devenant un membre actif de l’association Business For Social Responsibility et en publiant son rapport annuel environnemental dans la magasine Fortune.

Selon Emmanuelle Champion et Corinne Gendron, il s’agit du «paradoxe Monsanto». Une firme au passé si lourd qui se convertie au développement durable, comment l’expliquer? Elles proposent une théorie d’ordre politique: la conquête du pouvoir. En fait, elles énoncent, comme la professeur Anne Deret le fait dans son cours d’actualités politiques internationale qu’elle donne au Cégep Gérald-Godin, que les États sont en compétitions entre eux pour offrir la meilleure rentabilité possible aux compagnies transnationales dans le but qu’elles s’installent sur leur territoire respectif et qu’elles contribuent à l’augmentation de leur PIB. À titre d’exemple, il est profitable pour les États-Unis que le siège social de Monsanto soit sur leur territoire, car cela procure un plus grand poids économique aux États-Unis. Dans cette optique, nous pouvons mieux comprendre les motifs qui pourraient pousser un gouvernement à émettre des normes qui soient moins contraignantes, notamment sur le plan environnemental. Lorsqu’un accord est entendu entre une compagnie privée et l’État, il y a habituellement dans ce contrat certains éléments que l’État se doit de respecter et qui avantage les entreprises. En ce sens, l’égalité du traitement réservé aux sociétés étrangères et aux sociétés nationales, la sécurité de l’investissement (les pouvoirs publics ne peuvent pas changer les conditions d’exploitation, exproprier sans compensation, etc) et la liberté pour l’entreprise de transférer son capital d’une frontière à une autre ne peut lui être empêché sont trois exemples de clauses qui doivent absolument être respectées par l’État dans les circonstances où il signe un tel contrat (Bréville et Bulard, 2014). Ainsi, nous pouvons mieux comprendre l’ampleur de la polémique entourant le désastre qui s’est produit à Anniston. Nous pouvons poser l’hypothèse que l’État ne pouvait pas imposer à Monsanto de nettoyer la rivière qu’il avait polluée, car cela porterait atteinte aux profits qu’il pourrait faire et donc au principe de sécurité de l’investissement. Ce faisant, Monsanto pourrait poursuivre l’État. La poursuite menée par la communauté d’Anniston devait donc être faite par un acteur autre que l’État. Ces ententes remettent en question la souveraineté même des États, car reconnaître qu’une entité autre peut contraindre l’État souverain à faire quoi que ce soit qu’il ne désir pas particulièrement faire revient à reconnaître qu’il y a un pouvoir supérieur à celui de l’État, détenteur d’une force, ou influence dans ce cas ci, coercitive.

L’influence que Monsanto a auprès du gouvernement est clairement perceptible dans le témoignage qu’a fait Dan Clickman dans le documentaire Le monde selon Monsanto de Marie-Monique Robin. Il énonce qu’en tant que Ministre de l’agriculture (1995 à 2000), il n’avait pas le pouvoir nécessaire pour réguler correctement les OGM. Il soutient que malgré ses efforts, le gouvernement l’empêchait d’exercer son jugement en ce qui concerne les résultats des tests qu’avaient subi les OGM, car les investissements de Monsanto étaient trop grands. Ce faisant, il lui était clairement indiqué de «ne pas être trop  sévère» sur ces fameux résultats. Selon le principe de la sécurité de l’investissement, l’État est contraint de faciliter la production des entreprises privées avec lesquelles il fait affaire, mais dans ce cas ci, on constate que l’influence de Monsanto dépasse largement les frontières établit par un contrat. De plus, Monsanto bénéficie du support de la FDA, soit la Food and Drug Administration. La FDA, qui est sensée être objective, démontre indubitablement son penchant pour Monsanto par le biais de plusieurs petits incidents. Entres autres, selon Marie-Monique Robin, il y aurait un conflit d’intérêt majeur entre Monsanto et la FDA, en raison du phénomène de la «chaise musicale». On constate qu’un bon nombre d’employés de Monsanto travaillaient autrefois pour la FDA, et que l’inverse est vrai. Ainsi, il est difficile d’écarter la possibilité qu’il y ait présence d’une certaine forme de corruption. Un exemple flagrant de ce phénomène s’applique à Micheal Taylor. Il était autrefois avocat au sein d’une firme qui comptait parmi ses clients l’entreprise Monsanto. Suite à cet emploi, il obtint un poste chez Monsanto et c’est lui qui fut responsable d’émettre la règlementation sur les OGM lorsque ceux-ci entrèrent sur le marché. Voilà une coïncidence qu’il ne faut pas négliger.

Le pouvoir de Monsanto provient aussi de la légitimité qu’elle a. Comme toute multinationale privée, elle a plus d’indépendance que n’importe lequel des États de la planète. Ce phénomène s’explique facilement lorsque nous considérons que les États sont, pour la plupart, redevable à leurs citoyens, à leurs électeurs. En contre partie, les compagnies privées ne sont redevables qu’à leurs membres, leur procurant ainsi une plus grande marge de manœuvre. Elles peuvent agir rapidement sur des questions urgentes. Par contre, si une compagnie désirerait augmenter sa suprématie, ne lui suffirait-elle pas d’être légitime auprès d’un plus grand nombre de personnes? Pour se faire, il est possible que de tels desseins pousse une compagnie à agir rapidement sur des questions urgentes non pas dans l’intérêt de faire du profit immédiat, mais dans l’intérêt de voir sa légitimité augmenter. Ainsi, le «paradoxe Monsanto» prend son sens. Emmanuelle Champion et Corinne Gendron suggère que Monsanto se présente comme étant une compagnie qui prône le développement durable afin d’accroître sa légitimité auprès des citoyens, qui seront forcément plus ouverts face à leurs propositions, en l’occurrence les OGM (Champion et Gendron, 2004). En somme, elles posent «l’hypothèse que l’entreprise Monsanto, sérieusement mise à mal par ses activités polluantes et son implication dans l’industrie de guerre et à présent forte dans une hégémonie économique et politique sans précédent, adopte un discours éthique pour assurer sa légitimité dans son nouveau rôle institutionnel» (Champion et Gendron, 2004, p.121).

Il s’avère que Monsanto instrumentalise la problématique environnementale pour servir ses intérêts personnels, soit le profit. Monsanto le fait par le biais de la biotechnologie, présentant celles-ci comme une solution viable aux problèmes auxquelles la planète fait face et en nous incitant à négliger le fait que les OGM sont tout aussi néfastes pour l’environnement . Ainsi, la compagnie dirige la société vers une vision claire à adopter: oui aux OGM. Vous laisserez-vous duper par le discours sociopolitique influant de Monsanto?

Par ailleurs, le pouvoir de Monsanto ne s’arrête pas là. Son influence et son capital lui procure incontestablement un énorme pouvoir, mais plus encore, il a le quasi monopole  d’une richesse essentielle à l’homme. À l’évidence, sans nourriture nous ne pouvons survivre. Monsanto redéfini la notion de monopole via la domination qu’il exerce sur l’Homme en tant qu’espèce. Sans nourriture, nous sommes condamnés. La domination de l’entreprise Monsanto est perceptible non seulement par la part du marché qui lui appartient et qu’elle contrôle, mais aussi par le biais de sa politique de brevets. Brevets, qui d’ailleurs, sont impartiaux aux risques de contaminations qui peuvent survenir. D’un point de vu philosophique ou éthique, l’on peut croire que cette problématique découle en fait de la reconnaissance du droit de propriété. Sans celle-ci, il serait impossible pour Monsanto de prétendre posséder une richesse. Toutefois, il convient d’émettre qu’il serait aussi impossible à tous et à chacun de prétendre posséder une maison, une voiture ou encore un animal de compagnie. Ainsi, nous pouvons sérieusement nous questionner sur les valeurs actuelles de notre société, qui encourage sans cesse l’enrichissement via le droit de propriété et qui occasionne des disparités incalculables. Un monde sans droit de propriété équivaudrait sans doute à un monde plus juste.

Autrement, il convient de se demander si le modèle de développement adopté par la majorité des sociétés actuelles est bel et bien aussi avantageux que prétendu. Effectivement, de nos jours, c’est le capitalisme qui prévaut. Ainsi, l’ouverture des marchés au commerce est fortement encouragée, voir même assuré par l’entremise de l’OMC (Organisation Mondiale du Commerce). Cette ouverture mène nécessairement à la mondialisation, car les échanges augmentent l’interdépendance des pays. Celle-ci s’explique par le biais du nombre grandissant de partenaires commerciaux dont les pays se dotent. Pourtant, la mondialisation ainsi que le capitalisme «marchandisent l’ensemble des aspects de la vie humaine et portent atteinte aux biens communs de l’humanité» (Ramonet, 2003, p.53), dont le droit ou l’accès à l’alimentation. En ce sens, on comprend que Monsanto, une entreprise privée qui bénéficie d’avantages économiques importants à cause de la mondialisation et de la philosophie capitaliste, se permet de «marchandiser » une ressources qui nous appartient à tous: la nourriture. À titre d’exemple, l’Autrichien Peter Brabeck-Letmathe, qui est le P.D.G. de Nestlé, soutient que les aliments devraient avoir une valeur marchande (Wagenhofer et Annas, 2007). De ce fait, cette mentalité n’est pas propre à Monsanto, mais plutôt propre aux puissantes multinationales qui n’ont pas de conscience morale en raison de leur rôle dans la propagation de la crise alimentaire mondiale. Dans cette optique, l’altermondialisation suggère qu’une alternative au modèle de développement est possible et même souhaitable, car les inégalités doivent cesser d’augmenter (Ramonet, 2003).

En somme, Monsanto joue un rôle crucial tant au niveau économique, politique qu’éthique. Sa domination s’étend sur plusieurs frontières, et s’accentue au fil des ans. Sa croissance dans le domaine agroalimentaire est certainement plus perceptible en ce qui concerne la culture du soya et du canola à cause des controverses médiatisés entourant ces deux produits génétiquement modifiés. Pourtant, il convient d’aborder d’autres sujets plus méconnus, et qui, certainement, prendront de l’ampleur médiatique prochainement. Par exemple, le cas du coton-BT  en Inde. Controversé, celui-ci cause des dommages irréversibles. Les paysans indiens, déjà démunis, s’endettent constamment en achetant des semences brevetés, le taux de suicide augmente et les manifestations se font grandissantes et fréquentes (Robin, 2008). La situation en Inde mérite d’être suivie attentivement, et la rédaction du blog rédigé dans le cadre du cours DIA nous offrira la plate-forme idéale pour approfondir ce sujet. Autrement, Monsanto est aussi impliqué dans le domaine du bétail. L’hormone transgénique rBGH contenu dans le Posilac que les fermiers injectent à leurs vaches pose problème. L’hormone bovine, qui augmente de 20% la production de lait des vaches, et qui, de ce fait, avantage les fermiers, est néfaste pour les vaches elles-mêmes. Selon une étude menée par Richard Bourroughs, qui occupe un poste au sein de la FDA (Food and Drug Administration), conclue que l’hormone était la cause des infections de pies et des problèmes de reproductions qu’on constatait chez les vaches ayant reçu cette hormone. Ce pauvre homme fut marginalisé par la FDA et peu de temps après la publication de son étude, il fut congédier. Suite à son congédiement, il fut menacé par les avocats de Monsanto, qui réclamaient que l’hormone ne causait pas de tort au lait produits par les vaches (Robin, 2008). Ainsi, Monsanto banalise les dégâts causés par le Posilac chez les vaches, en insistant sur le fait que le produit même n’est pas néfaste pour la santé des hommes. D’un point de vue éthique, nous pouvons nous demander quel prix Monsanto est-il prêt à payer pour voir ses profits augmenter. Le respect de la vie animale, et le traitement réservé à ces bêtes ne semble pas les préoccuper tant et aussi longtemps que leur produit est viable. Voilà une autre polémique qui pourrait éventuellement faire partie de notre blog.

Il serait intéressant de mettre en place des normes restrictives qui limiteraient le pouvoir de Monsanto, puisqu’il détient un quasi-monopole sur les semences. Ce faisant, les gouvernements pourraient bénéficier d’un levier politique assez substantiel pour forcer les multinationales comme Monsanto à délaisser leur monopole au profit des personnes sous alimentés de la planète.

Finalement,  comme l’énonce les cas du coton-BT, du Posilac et du soya Roudup Ready, Monsanto fait des ravages sur son passages. Ces ravages, inévitablement, engendrent des victimes. Ainsi, il est pertinent de faire part des répercussions qu’ont eu les décisions prises par Monsanto sur certains individus ou groupes et d’élaborer sur les actions sociales prises contre la multinationale.

Voici un court vidéo sur Monsanto:

 

Sophie Gauthier

Le coton BT en Inde

L’importance du coton en Inde

Le coton est l’une des cultures les plus importantes en Inde. En fait, des millions de paysans pauvres en Inde dépendent de cette culture pour survivre (Guilmo, Navarro, Ribet, Stanicka, Vaugeois, 2006). Plus précisément, près de 60 millions d’indiens vivent de la culture du coton, de sa transformation ou de son utilisation en industries textiles et alimentaires (Guilmo, Navarro, Ribet, Stanicka, Vaugeois, 2006). De plus, malgré le succès de production agricole, soit, à titre indicatif, qui rassemble des exportations de 10 millions de tonnes de céréales en 2001, l’Inde compte plus de personnes affamées que n’importe quel autre pays dans le monde. Près de 20% de la population de l’Inde en 2004 ne mange pas à sa faim selon l’ONU (Pelletier, 2004). En ce sens, le coton est d’une importance capitale, car il aide grandement à réduire la pauvreté en Inde. La production de coton procure donc aux indiens les revenus nécessaires à l’achat de nourriture.

Pourquoi développer le coton BT? Qu’est-ce qui clochait avec le coton traditionnel?

La culture du coton conventionnel connaît toutefois quelques problèmes. Parmi ceux-ci on compte un rendement de production très faible chez les paysans, en raison des insectes nuisibles qui submergent les champs de coton (Guilmo, Navarro, Ribet, Stanicka, Vaugeois, 2006). Il s’avère que le coton est une plante qui soit très sensible à l’attaque des divers insectes (Guilmo, Navarro, Ribet, Stanicka, Vaugeois, 2006). Ce faisant, la culture de coton a mené à des utilisations massives de pesticide, provoquant des répercussions environnementales, sanitaires et économiques (Guilmo, Navarro, Ribet, Stanicka, Vaugeois, 2006). Pour contrer ces problématiques, Monsanto a développé le coton BT, soit un organisme génétiquement modifié. Cette variante faisait en sorte que la plante était désormais immunisée face aux lépidoptères, qui se trouvent à être les principaux ravageurs du coton (Guilmo, Navarro, Ribet, Stanicka, Vaugeois, 2006). Ainsi, l’utilisation de pesticides était considérablement réduite. En fait, Monsanto émet que l’utilisation du coton BT permet d’éviter en moyenne trois applications d’insecticides, ce qui réduit les frais de production et permet une amélioration du rendement de 30% (Samm, Petriccione, November, 2004). De plus, l’augmentation de rendement que promettait le coton BT de Monsanto semblait être une bonne alternative pour contrer les ravages de la crise alimentaire. Il faut noter que les OGM permettaient «un modèle de monoculture commerciale tourné vers les marchés internationaux» (Canet, 2011), ce qui favorisait les entrées de devise ainsi que l’augmentation de la valeur de la monnaie indienne (Canet, 2011). En effet, les exportations, qui se faisaient de plus en  plus faramineuses en raison du rendement que procure les biotechnologies,  contribuaient à la croissance économique du pays. Ainsi, on considérait que les entrées de devise profiteraient à l’économie de l’Inde, tout comme à celle des autres pays en voie de développement, et, de ce fait, réduirait la pauvreté ainsi que le problème de sous-alimentation.

Les avantages du coton BT

Du point de vue économique, les bénéfices sont incontestables. Les semences OGM furent homologuées par le gouvernement indien en 2002. De 2002 à 2008, il y eut une hausse de rendement si faramineuse que l’adoption des semences est passée de 1,3% en 2003 à 81,1% en 2008 (Petit, 2011). De plus, il s’avère que « la production nationale indienne a doublé en six années, et le pays est devenu le deuxième exportateur mondial de coton, devant les États-Unis» (Petit, 2011, p.1). Considérant seulement cet aspect économique, l’on pouvait presque croire que le coton BT était une solution viable à la crise alimentaire mondiale puisqu’il assurait à plusieurs agriculteurs des revenus considérables, qui leur permettraient de se nourrir malgré la hausse du prix des aliments.

Les désavantages du coton BT

L’un des problèmes du coton BT c’est qu’il est moins efficace que l’on pourrait le penser. En fait, les lépidoptères, insectes contre lesquels le coton BT est sensé être immunisé, développent une résistance à la protéine produite par le gène contenu dans le coton BT supposé éloigner ces insectes. Ainsi, le coton BT n’est plus aussi efficace lorsque les insectes s’adaptent (Guilmo, Navarro, Ribet, Stanicka, Vaugeois, 2006). En ce sens, les producteurs de coton BT doivent appliquer de l’insecticide en plus (Guilmo, Navarro, Ribet, Stanicka, Vaugeois, 2006).

Le prix des OGM est aussi à considérer. Ils sont développés par une firme qui a le quasi monopole sur cette technologie, et qui a émis des brevets sur son produit. De ce fait, Monsanto, ou Mahyco, qui est une entreprise affiliée à Monsanto qui opère en Inde, peut fixer le prix des semences comme bon leur semble (Guilmo, Navarro, Ribet, Stanicka, Vaugeois, 2006). Le risque d’endettement des cultivateurs est énorme lorsque l’on considère le prix des semences, et le risque qu’il y ait des conditions climatiques défavorables à production de coton. Ici, on peut noter que le taux de suicide a grandement augmenté en Inde à cause de l’endettement insupportable que les cultivateurs subissent (Robin, 2008). Toutefois, en ce qui à trait au taux de suicide croissant, il fut tenir compte du fait que l’endettement n’est qu’une des multiples variables qui suscite un suicide (Petit, 2011). Ainsi, il n’y a pas une relation causale entre le coton BT et le taux de suicide croissant en Inde.

Les répercussions sur l’environnement ne doivent pas être négligées. L’utilisation du coton BT et d’insecticides fait en sorte que les lépidoptères sont de plus en plus résistants, mais tue les insectes bénéfiques et les microorganismes du sol dépouillant ainsi le sol de sa fertilité(Guilmo, Navarro, Ribet, Stanicka, Vaugeois, 2006). L’utilisation d’autant de pesticides contribue également à la pollution des eaux (Guilmo, Navarro, Ribet, Stanicka, Vaugeois, 2006). Par ailleurs, les pesticides utilisés contiennent parfois des substances prohibées par l’OMC, c’est-à-dire l’Organisation mondiale du commerce. À titre d’exemple, certains d’entre eux peuvent être cancérigènes, induire des problèmes de baisse de fertilité ou encore des désordres du système nerveux (Guilmo, Navarro, Ribet, Stanicka, Vaugeois, 2006). Dans cette optique, les cultivateurs s’exposent à des produits hautement toxiques, puisqu’ils ne respectent pas les précautions sanitaires par manque de moyens financiers ou d’information (Guilmo, Navarro, Ribet, Stanicka, Vaugeois, 2006). De plus, le coton, qui est cultivé au soleil, implique un processus de déforestation (Guilmo, Navarro, Ribet, Stanicka, Vaugeois, 2006).

L’opinion des cultivateurs en Inde

En Inde, on peut constater que les OGM étaient voulus et adoptés par la population, notamment au moment de sa commercialisation en 2002 (Petit, 2011). Or, plus récemment, on constate une opinion publique de plus en plus négative entourant cette biotechnologie. En fait, les nombreuses controverses émises par ces biotechnologies n’ont qu’ajouté au mécontentement de la population indienne (Petit, 2011). En ce sens, il y eut des actions sociales qui furent entreprises par la population.

Selon une étude menée par Andhra Pradesh, l’augmentation du rendement via l’utilisation des OGM n’est pas un scénario que les cultivateurs souhaitent. Lors de la réalisation de son étude, elle a proposé trois scénarios aux agriculteurs. Le premier impliquait l’utilisation d’OGM, le deuxième proposait une agriculture biologique où les biens récoltés seraient exportés vers les pays industrialisés, et le troisième proposait l’autosuffisance agraire. Le troisième scénario fut le plus souhaitable chez les cultivateurs indiens.

Recommandations

D’abord, Les répercussions environnementales qu’ont le coton BT et le coton conventionnel, notamment par le biais de la quantité de pesticides utilisés pour leur culture, il serait intéressant d’aborder l’agriculture biologique. Celle-ci propose des solutions saines aux problèmes rencontrés par la culture du coton. Par exemple, elle contrôle le nombre d’insectes nuisibles à la plante via l’implantation d’espèces prédatrices à ces insectes.

Ensuite, les fabricants de semences sont des entreprises privées. Celles-ci jouissent d’un monopole, elles peuvent fixer le prix qu’elles veulent sur leurs produits (Petit, 2011). Ainsi, il serait recommandable de voir les gouvernements des États concernés fixer un prix auquel les entreprises peuvent vendre leurs semences sur leur territoire (Petit, 2011) dans le but de réduire les risques d’endettement chez les agriculteurs.

Puis, il s’avère que la crise alimentaire n’est pas une crise qui s’explique simplement par le biais du manque de ressource pour une population grandissante. En fait, la prédominance de la faim dans le monde est principalement associée à la pauvreté (Saam, Petriccione, Novemer, 2004). S’il y a autant de personnes sous-alimentées, c’est à cause des problèmes d’accès et de distribution de la nourriture. On peut aussi inclure des facteurs tels que les guerres civiles, la mauvaise répartition des terres, l’absence d’infrastructures, la politique de prix agricoles, etc. (Saam, Petriccione, Novemer, 2004). En ce sens, il faudrait que l’on se concentre à faire en sorte que tous et chacun ait accès à de la nourriture, plutôt que de se concentrer à en produire plus.

Pour en savoir plus sur la situation en Inde :

Les problèmes que les agriculteurs indiens rencontrent via la culture du coton BT ne sont pas exclusifs à ceux-ci. En fait, le coton BT prend de l’ampleur et préoccupe d’autres acteurs. Par exemple, voici un court vidéo présentant la situation du coton BT versus le coton conventionnel au Burkina Faso, où la situation est semblable à celle de l’Inde:

 

Sophie Gauthier

Les victimes de Monsanto

Depuis la crise alimentaire mondiale qui ravage depuis 2007, la population mondiale manque de nourriture. En effet, entre 2007 et 2012, le nombre de personnes souffrant de la faim aurait augmenté de 75 millions (FAO, 2008). L’agriculture mondiale à elle seule peut nourrir  jusqu’à 12 milliards d’habitants sans difficulté, alors que nous sommes uniquement environ 7 milliards. Ce faisant, comment peut-on expliquer qu’un enfant meurt de faim à toutes les  5 secondes? (Ziegler, 2011)  Notre système alimentaire mondial attribut majoritairement aux ressources alimentaires le statut de produits destinés à la spéculation et au marchandage. Dès lors, on peut comprendre que de moins en moins de ressources sont utilisées pour nourrir la population. En effet, moins de la moitié de la production céréalière est directement consommée par la population. La majorité des semences servent à l’alimentation animale et de plus en plus à la création de biocarburants (Jeanmart, 2009 ).   Les gouvernements désirent donc augmenter leurs rendements afin de maintenir le système alimentaire et nourrir le monde. Dès lors, grâce à leur supposée capacité à maximiser les récoltes et à les faire résister à n’importe quelle intempérie, les organismes génétiquement modifiés sont proposés comme moyen pour mettre fin à cette crise alimentaire. Puisqu’il possède le quasi-monopole des semences génétiquement modifiées, Monsanto ne cesse de s’enrichir et de prendre de l’ampleur à l’échelle mondiale en jouant au héros lors de cette crise. Ce que l’œil du public ne semble pas toujours remarquer est la quantité de victimes qui se cachent derrière la puissance commerciale et politique de cette entreprise. En effet, plusieurs activités et techniques de commercialisation employées par Monsanto afin de construire son empire se sont avérées fatales pour plusieurs innocents. Cet article  est dédié à la présentation des manœuvres économiques auxquelles Monsanto a eu recours ainsi qu’une liste synthétisée des plus grandes victimes qui en ont souffert.

 

  Les victimes de l’agent orange

Comme la section précédente nous l’a indiqué, la participation de Monsanto à la production de l’Agent Orange lors de la guerre du Viêt Nam fut un événement fort important dans l’histoire de son évolution. Malgré la révélation de la toxicité de la dioxine TCDD lors de la production du pesticide 2,4,5-T qui se retrouve dans l’Agent Orange, l’entreprise ne remet aucunement en question sa production. Au contraire, aveuglée par les nombreux avantages de participer à l’économie de guerre, elle décide de proposer l’usage de son pesticide à des fins militaires par les États-Unis sans se préoccuper des risques. Le produit est donc utilisé durant la période de 1961 et 1971. Le but ultime de cet herbicide était d’empêcher les soldats vietnamiens de se cacher dans les forêts, de détruire leurs récoltes et de dégager les abords des installations militaires américaines afin de mieux pouvoir prévenir les attaques. Cependant, le défoliant engendrera beaucoup plus de dommages. En effet, le produit contenait de la dioxine de Seveso, qui est à l’origine de plusieurs types de cancers. Selon les dernières estimations, près de 4,8 millions de Vietnamiens ont été exposés à ce poison, sans compter un nombre inconnu de civils ( Stellman et al., 2003). On pourrait être porté à croire que l’abolition du produit en 1971 allait mettre fin à ses ravages, mais ce ne fût pas le cas. La dioxine étant une molécule très stable elle  reste dans l’environnement pour une longue période de temps, et on en retrouve une grande quantité dans la graisse animale et, du même coup, dans la chaîne alimentaire. Ainsi, la dioxine se propage de génération en génération et c’est pourquoi de nombreux problèmes de santé accablent encore plusieurs nouveau-nés. Ce qu’il faut comprendre de cette situation est que la compagnie Monsanto a délibérément caché à l’armée que son pesticide contenait une grande concentration de dioxine afin de pouvoir s’enrichir, sans se préoccuper de tous les innocents qui souffrent encore aujourd’hui. En effet, en 2010, 150 000 enfants sont nés avec des malformations au Viêt Nam et il reste des marques du pesticide sur 400 000 hectares de terrain agricole (Nass, 2002)

 

Dre Nguyen Thi Ngoc Phuong  photographiée avec des enfants handicapés, beaucoup d’entre euxétant des victimes de l’Agent Orange

A vietnamese Professor is pictured with a group of handicapped children.jpg
 » A vietnamese doctor is pictured with a group of handicapped children, many of them victims of Agent Orange »   par  Alexis Duclos – Alexis Duclos. Licensé sous  CC BY-SA 3.0 via Wikimedia Commons.

La dioxine présente dans l’Agent Orange a deux grands problèmes. Elle prend longtemps à être éliminée des terres et sa toxicité cause des malformations génétiques ainsi qu’une forte augmentation des risques de développer un cancer. C’est pourquoi plusieurs enfants naissent  malformés au Vietnam encore à ce jours (Nass, 2002).

 

L’agriculture sous le brevet de Monsanto

Les actions impitoyables du géant économique ne s’arrêtent pas là. Alors que  les ressources génétiques végétales faisaient partie du patrimoine commun de l’humanité, l’évolution du commerce international et des techniques  de manipulation génétique est venu changer les choses.  En effet,  les grands laboratoires ont été capables de breveter  leurs  nouveaux gènes hybrides comme des inventions, ce qui leur permettait d’en obtenir l’exclusivité commerciale. C’est ce que l’on appelle communément le brevetage du vivant, avec lequel Monsanto est très familier. Grâce à son brevet sur ses produits, la compagnie multinationale vent des licences d’exploitation à ceux qui désir utiliser ses produits. De cette façon, Monsanto empêche à ses clients de garder et de ressemer les graines obtenues lors des récoltes, ces derniers sont donc forcés d’acheter de nouveau l’année d’après, les rendant entièrement dépendants (Combat Monsato, 2014). Ces restrictions viennent changer profondément les habitudes des pays qui produisent leurs semences et c’est pourquoi le brevet que l’entreprise possède créé beaucoup de victimes dans le monde entier. Prenons pour exemple, le cas de Percy Schmeiser qui a été une victime très reconnue du géant de l’agrobusiness. L’agriculteur canadien, qui a dédié sa vie à l’agriculture non-GM, a été accusé de violé le brevet de l’entreprise Monsanto sur le canola OGM, alors que sa terre était en fait contaminé par des cultures GM à proximité de son terrain à cause de la diffusion facile des semences dans le vent et la pollinisation. Le travail d’une vie est entièrement tombé à l’eau et l’homme de 72 ans s’est ruiné entièrement en essayant de poursuivre Monsanto (Center for Food Safety, 2005).  Le géant économique condamne une quantité énorme d’individus à l’aide de redevances de brevet. Entre les années 1990 et 2004, l’entreprise poursuit au total 147 agriculteurs ainsi que 39 entreprises agricoles, uniquement en Amérique du Nord. En inde, les agriculteurs sont retenus dans un cercle vicieux d’endettement à cause que son agriculture s’est ouverte aux marchés mondiaux, ce qui fait augmenter du même coup les coûts de la vie sans que leur rémunération augmente. De plus, le coton Bt de Monsanto n’apporte pas toujours de bonnes récoltes, ce qui crée encore plus de pauvreté. Étant donné que leurs terres agricoles sont dévouées à 90 % à la culture GM, cela entraîne les agriculteurs à perdre leurs connaissances traditionnelles relatives aux semences. Plusieurs paysans indiens furent ruinés et cela créa une vague de suicide énorme, soit de 250 000 suicides en seize ans (NYU School of Law, 2011; Parsai, 2011;  Zacune,2012).

La production mondiale d’organismes génétiquement modifiés

World map GMO production 2005.png
« World map GMO production 2005 » par pixeltoo — ISAAA. Sous licence Domaine public via Wikimedia Commons.

Légende :
Pays recouvert de orange :Cinq pays représentant plus de 95 % de la production d’OGM commercialisés
Pays hachurés : Autres pays producteurs d’OGM commercialisés
Pays avec les points : Pays où les plantations sont principalement expérimentales

Remarquez que cette carte a été publiée en 2005. Dès lors, on peut supposer que la production a énormément augmentée, surtout depuis le début de la crise alimentaire.
Il faut également se rappeler que Monsanto détient le quasi-monopole des cultures génétiquement modifiées, cela vous permet donc d’imaginer son emprise sur notre planète.

 

 Les publicités mensongères

Une des autres tactiques de commerce employées par Monsanto pour laquelle il a beaucoup été critiqué est les informations falsifiées qu’il véhicule. Prenons par exemple son produit Roudup Ready. L’emballage du produit stipulait clairement qu’il était biodégradable et qu’il respectait l’environnement. Par contre, des tests démontrent l’inverse. Monsanto est également accusé d’avoir menti à propos de son produit à l’armée, comme nous l’avons vu plus tôt. Finalement, un autre événement a soulevé une vague de critique envers le manque de transparence de la multinationale de Monsanto. Le quotidien d’information britannnique The Guardian du 8 décembre 2006 dévoile que peu de temps après le début des critiques au sujet de l’agent orange, Monsanto a commencé à payer l’épidémiologiste et toxicologue anglais, Richard Doll afin que ce dernier affirme qu’il n’y avait aucun lien entre l’agent orange et le cancer ainsi que d’autres troubles physiques. Sir Doll a été payé pendant vingt ans afin de protéger l’éthique de l’entreprise (Boseley, 2006; Robin, 2012). En effet, grâce à sa puissance économique et à ses appuis politiques et scientifiques, Monsanto finance ses propres recherches, lui permettant de modifier certains résultats ou d’interdire la publication de papiers à charges. De plus, Monsanto a réussi à persuader la Food and Drug Administration, qui  autorise ou non  la mise sur le marché des produits et des médicaments , de créer un poste qui sera occupé par l’avocat de la multinationale (Agazzi, 2008).  Ce manque d’honnêteté est moins brutal, mais il crée des victimes également. Les victimes sont les consommateurs mal informés qui vont se procurer des produits néfastes en pensant qu’ils sont bons, comme l’indique l’emballage. Toutes nos actions ont un effet sur notre environnement, il est donc crucial que l’on soit au courant de ce qui est bon et de ce qui est mauvais afin de pouvoir prendre des décisions bonnes pour nous et pour la planète.

CAMPAGNE DE MOBILISATION
Le Soja OGM Roundup Ready de Monsanto labellisé « RESPONSABLE » ! Refusez le mensonge !
Visionnez la vidéo de la campagne : Qu’y a-t-il derrière le label « soja responsable » ? Le cochon détective enquête !

Source: Combat Monsanto
Des multinationales de l’agroalimentaire, telles que Monsanto, BP, Unilever, souhaitent  vendre leur soja sous l’étiquette   «responsable ». Cependant la  production de Soja en Amérique du sud cause la  déforestation et l’empoisonnement des populations à proximité  des cultures par les pesticides. Dès lors,  Une coalition d’ONG internationales s’oppose à cette opération et lance une campagne de mobilisation.

 

La quantité énorme de victimes ayant souffert des manœuvres économiques de Monsanto nous prouve qu’ il devient nécessaire de   mettre des bâtons dans les roues des grosses transnationales. Il faut remettre en question le système actuellement en vigueur de droit de propriété intellectuelle et y mettre des limites . Ainsi,  nous éviterions  la  servitude alimentaire et assurerions l’égalité d’accès aux ressources naturelles pour chacun et chacune .La population doit se mobiliser et revendiquer afin de protéger ce qu’il reste de notre patrimoine commun sur la planète. De plus, la population devrait réclamer l’étiquetage sincère et authentique des produits de Monsanto ainsi que des autres multinationales de l’agrobusiness. Par conséquent,  les consommateurs pourront être au courant de ce qu’ils utilisent et nourrissent à notre environnement. Une autre solution plus radicale serait de faire un boycotte entier des produits de l’agrobusiness.

 

Somme toute, la planète est remplie de victimes de l’empire de Monsanto à cause de ses maintes activités économiques douteuses et risquées. Certaines victimes se révoltent et s’unissent avec d’autres individus afin de créer des oppositions aux multinationales de l’agrobusiness . Ce faisant,le prochain article portera sur les actions sociales organisées contre l’agrobusiness.

 

Chloé Beauregard

Les actions sociales pour faire résistance à Monsanto et aux autres multinationales de l’agrobusiness

Une opposition intense s’est dressée contre la multinationale Monsanto qui propage des produits transgéniques sans prendre en considération les conséquences environnementales et sociales qui en découlent. Depuis la fin des années 90, les mouvements d’opposition prennent de l’ampleur et se propagent sur tous les continents. On remarque que les actions entreprises par les participants de ces mouvements ont bel et bien un impact sur les politiques dans le secteur agroalimentaire ainsi que sur les règles concernant les cultures transgéniques et les pesticides. Grâce aux multiples organisations sociales, mouvements d’opposition et regroupements civils, Monsanto et toutes formes d’agrobusiness sont de moins en moins valorisés autour du globe ( Zacune, 2012). Cet article est consacré à la présentation des actions collectives entreprises par les grands organismes qui s’opposent aux agrobusiness ainsi que leurs revendications et les impacts qu’ils ont eus.

Une société plus juste qui est organisée de manière à répondre aux besoins de la population et à assurer les droits de ces derniers ne peut pas se construire en coexistence avec les multinationales qui s’accaparent des ressources limitées et du pouvoir (Via Campesina, 2012). Cela justifie pourquoi la résistance mondiale contre les grandes transnationales est devenue une nécessité de nos jours. Depuis quelques années, les mouvements civils grandissent et s’unissent avec d’autres groupes qui partagent une vision d’un monde durable à organiser et se transforment en grandes organisations qui militent pour un avenir plus juste.

Parmi les grands mouvements contre Monsanto et les autres grandes multinationales de l’agrobusiness, on retrouve la Via Campesina, un mouvement collectif et indépendant de paysans, qui ne possède aucune affiliation économique ou politique. Depuis sa création en 1993, le mouvement international accueil plus de 200 millions de membres. Il regroupe également près de 150 organisations locales et nationales en provenance de plus de soixante-dix pays. La Via Campesina structure ses actions autour de ses huit revendications prioritaires. La revendication la plus importante de l’organisation est la souveraineté alimentaire, qu’elle présente pour la première fois au Sommet de l’Alimentaire en 1996. Le concept est présenté comme étant un droit international qui laisse l’opportunité aux États d’adopter des politiques agricoles qui sont mieux adaptées à leur propre population afin d’assurer la sécurité alimentaire sans affecter négativement les autres pays (Le Sommet Mondial de l’Alimentation, 1996; Via Campesina, 2003). La Via Campesina réclame également l’abolition des organismes génétiquement modifiés et revendique la priorisation de l’agriculture paysanne (qui, selon elle, peut nourrir sainement la population mondiale). Elle lutte pour le respect des droits de la personne des communautés rurales, pour l’accès égalitaire aux techniques de production ainsi que pour la reconnaissance de la place des femmes dans l’agriculture (Via Campesina, 2012). Selon le regroupement paysan, l’agriculture industrielle cause la destruction des individus et de l’environnement et il tente d’y remédier à l’aide de plusieurs actions sociales. En effet, La Via Campesina édite le mensuel Campagnes solidaires, elle a augurés des actions contre les projets qu’elle jugeait malsains de l’Organisation Mondiale du Commerce (OMC), elle organise régulièrement des manifestations et des forums de discussion au sujet des OGM ( Zacune, 2012).

 

Carte des pays où l’on retrouve des membres

ViaCampesinaMembers (October 2008).svg
« ViaCampesinaMembers (October 2008) » par BlankMap-World6.svg: Canuckguy (talk) and many others
derivative work: Carwil (talk) — BlankMap-World6.svg. Sous licence Domaine public via Wikimedia Commons.
Source: Via Campesina:  liste des organismes membres d’octobre 2008

À prendre en note: La carte date de 2008, plusieurs autres membres se sont ajoutées depuis ! Pour voir la liste des membres à ce jour consultez le site de Via Campesina

lien URL : http://viacampesina.org/en/index.php/organisation-mainmenu-44/our-members-mainmenu-71

Un autre mouvement qui s’ajoute à la liste est le réseau écologiste populaire surnommé Les Amis de la Terre. Il s’agit en fait du réseau écologiste le plus large au monde. Il relie soixante- seize organisations étant membres nationales et à cela s’ajoutent 5000 groupes d’activistes en provenance de tous les continents. En tout, il compte plus de deux millions de membres. Les Amis de la Terre revendiquent une réorganisation du système alimentaire et luttent, car contre la mondialisation économique. Le groupe cherche des solutions aux problèmes écologiques et sociaux qui dominent de nos jours. Les Amis de la Terre prônent des solutions pouvant à construire un monde respectueux envers l’environnement et juste. Par exemple, le regroupement réclame une meilleure éducation de l’environnement pour la population, car selon eux, ce sont les gestes du quotidien qui affectent grandement notre environnement. Donc, par de meilleures démarches éducatives, la population va mieux réfléchir à son mode de vie, et elle sera en mesure de modifier certains comportements étant néfastes pour la planète (Les Amis de la Terre, 2008). Ainsi, on peut voir que la démarche militante de ce groupe est concentrée davantage sur la sensibilisation et la présentation des alternatives qui sont à la disposition de la population.

 

Un autre groupe d’opposition à l’agrobusiness voit le jour en 2008, il s’agit du mouvement surnommé Combat Monsanto. Ce mouvement prend la forme d’un groupement d’intérêt citoyen rassemblant plusieurs associations, soient, ATTAC, la Fondation Sciences Citoyennes, Greenpeace, la Via Campesina, les Amis de la Terre, etc. (Combat Monsanto, 2012). En effet, aucun groupe ne peut être plus fort qu’un groupe qui unit plusieurs forces. Le groupe réclame fortement la mise en place de campagnes qui serviront à divulguer les pratiques insensées des multinationales de l’agroalimentaire. De plus, le regroupement international revendique l’abolition du règne des transnationales qui violent le droit le plus essentiel des individus : le droit à l’alimentation

Avec la quantité innombrable d’organismes et de groupes qui s’opposent à Monsanto et à toutes les multinationales de l’agrobusiness qui se proposent à nous, chaque individu a la possibilité de s’informer au sujet de l’agro alimentation. Une recommandation serait que chaque membre de la population aille s’informer, car il s’agit d’un phénomène qui nous affecte tous dans la mesure où la planète sur laquelle nous vivons en souffre de plus en plus.

 

Ceci étant dit, le prochain article traitera des victoires qui découlent de ces actions sociales.

Chloé Beauregard

Les victoires

Après plusieurs années de résistances, on peut finalement remarquer que les actions sociales ont porté fruit dans plusieurs pays. Cet article fera un bref portrait des grandes victoires obtenues par plusieurs pays.
Amérique du Nord
Du côté de l’Amérique, la grande cause de célébration est l’abolition du «Monsanto Protection Act» , qui permettait de contourner une décision judiciaire, si cette dernière empêchait la mise en marché et l’usage d’un OGM, mettant ces derniers entièrement au-dessus de la loi étasunienne. Par chance, de nombreuses manifestations et pétitions se sont succédées, et ont finalement porté ses fruits (Noisette, 2013). Une autre victoire qu’il ne faut pas oublier de mentionner est la production du documentaire Le monde selon Monsanto de Marie- Monique Robin, qui expose les réalités qui se cachent derrière le géant de l’agrobusiness. Le visionnement du documentaire très révélateur a permis à plusieurs pays de comprendre les enjeux et de prendre des mesures de précaution face aux grosses transnationales ( Desmarais, 2009).

 

Amérique Latine
Depuis le début de la résistance, l’Amérique Latine a pu se réjouir de plusieurs victoires. En effet, le Pérou a obtenu un moratoire sur les cultures et les importations d’organismes génétiquement modifiés d’une période de 10 ans. Cela permet au pays de protéger la biodiversité, l’agriculture traditionnelle ainsi que la santé de sa population. De son côté, l’Argentine célèbre la mise en vigueur de la loi empêchant l’épandage des pesticides près des cours d’eau et à moins de 1000 mètres des habitations. L’adoption de cette loi témoigne d’une compréhension de la priorité de la santé de la population de la part du système judiciaire, ce qui représente un pas immense dans la lutte contre les OGM (Zacune, 2012). De plus, une autre victoire s’est ajoutée à la liste le 4 avril 2012 au Brésil. En effet, le juge Giovanni Conti a aboli la collecte de redevances sur les semences de soja GM de Monsanto. Cette suspension a été accompagnée d’un remboursement des coûts de licence payés pendant une décennie, car les tactiques commerciales de l’entreprise transnationale ont violé la loi sur les variétés en vigueur au Brésil. Si Monsanto ne respecte pas ce verdict, une contravention de 400 000 euros par jour sera mise en place (Noisette, 2012 )

Europe
De son côté, la France a vu la culture des OGM sur son territoire diminuer de 23%. De plus, plusieurs nouvelles règlementations ont été mises en place chez la majorité des membres de l’Union Européenne pour la seule culture génétiquement modifiée qui demeure, soit le maïs MON810, imposant des restrictions majeures à Monsanto. La lutte contre les OGM en Europe est également caractérisée par la forte participation des scientifiques. En effet, plusieurs scientifiques se sont exposés aux multiples représailles en se dévouant à démontrer la culpabilité et la dangerosité des produits de Monsanto. Grâce à leur dévouement, Monsanto a été prouvé coupable de publicité mensongère et chargé d’une amende de 15 000 euro. De plus, le mouvement de paysans allemands a mis en œuvre un mouvement de régions sans OGM et actuellement, plus de 200 régions et plus de 300 municipalités se sont déclarées sans OGM. En somme, après 10 ans de résistance, l’Europe peut fièrement affirmer que plus de la moitié de sa population s’oppose aux OGM (Combat Monsanto, 2010; Zacune, 2012)

 

En Afrique

Étant donné sa dépendance économique et commerciale très intense, l’Afrique dispose d’un peu moins de ressources et d’appuis pour résister aux OGM. En effet,  une lutte malienne qui avait pour but d’éloigner ces derniers de son agriculture semblait porter son fruit alors qu’une loi prônant la souveraineté alimentaire était mise en place. Cependant, tous les efforts sont aussitôt tombés  à l’eau à cause des pressions  de l’USAID ( United States Agency for International Development) et de Monsanto. Suite à un processus manquant de transparence et fort probablement corrompu,  une nouvelle loi appelée « Sécurité en biotechnologie»a été proposée par le Ministre de l’Environnement et de la Santé.Par la suite, elle a été adoptée par le gouvernement et  déposée devant l’Assemblée nationale. Le 13 novembre 2008, la loi a été adjugée, exposant le pays entier aux danger des OGM. Cette situation est similaire dans plusieurs pays d’Afrique. Le Burkina Faso, l’Égypte, le Nigeria et le Kenya, ont adopté, de façon controversée, des politiques  en faveur des OGM. Cela s’explique par le fait que les gouvernements désirent se développer et les OGM leur ont été proposés afin d’y parvenir. Cependant, une victoire ne peut pas être ignorée sur le continent africain. Malgré les multiples trahisons des élites politiques, les paysans ne cessent de s’opposer aux OGM. En effet, lors des  négociations du l’ONU sur le climat à Durban en décembre 2011, l’Alliance pour la Souveraineté alimentaire en Afrique a été lancée. Cette alliance a pour objectif de renforcer grandement le mouvement africain. De la sorte, ce dernier  sera en mesure de modifier les politiques actuellement en place et de promouvoir des alternatives au commerce des multinationales et à leur système alimentaire. L’alliance  regroupe des bergers , des pêcheurs, des peuples autochtones, des regroupements de petits paysans tel que La Via Campesina Afrique ainsi que des réseaux d’écologistes dont les Amis de la Terre Afrique .  Bref, les victoires de l’Afrique ne sont pas autant concrètes que dans les autres pays mentionnés plus haut. Par contre, leur victoire est tout de même importante. Elle réside dans le fait que , malgré le manque d’aide qu’ils possèdent de leur gouvernement, les paysans africains ne cessent de resister aux OGM et de plus en plus de mouvements d’opposition se forment pour les aider. ( Zacune, 2012)

 

Il y a tant d’autres exemples à donner, mais uniquement en se limitant aux victoires dans les pays  mentionnés plus haut, nous sommes en mesure de comprendre que la mobilisation publique porte ses fruits. Il est donc important de suggérer que la population se mobilise comme plusieurs l’ont déjà fait, afin d’espérer qu’un jour, les OGM disparaissent entièrement. Chaque individu détient le potentiel de devenir un agent de changement social, il faut juste saisir le droit que nous avons de nous exprimer. Chacun d’entre nous possède  la possibilité d’agir. Nous pouvons aller proposer des projets de mobilisation dans  nos écoles , dans  notre lieu d’emploi ou  même dans  notre ville.

 

Je vous quitte sur cette citation qui , je l’espère, vous inspirera.

«Ceux et celles qui sont assez fous pour croire qu’ils peuvent changer le monde, sont en réalité ceux qui le font» – Steve Jobs

 

Chloé Beauregard

Alternatives à l’agrobusiness des OGM

Depuis les dernières années, l’agriculture est de plus en plus manipulée par la science qui crée artificiellement des semences pour résoudre les problèmes environnementaux, sociaux, culturels, politiques et économiques à travers le monde. Certains disent que les organismes génétiquement modifiés sont des avancées scientifiques prometteuses, et d’autres disent que c’est totalement aberrant que l’humain veuille tout contrôler jusqu’à la simple petite semence. Toutes les opinions sont partagées, mais il faut savoir que les OGM ne sont pas la réponse à la crise agroalimentaire internationale présente à ce jour dans le monde. En effet, toutes les solutions par rapport aux OGM doivent se faire dans le concept du développement durable qui est une forme de développement ayant comme but principal de concilier le progrès économique et social avec la préservation de l’environnement, et en ne compromettant pas la possibilité des générations futures à répondre à leurs besoins. (Bourg, 2005). La réalité qui s’oppose à une utopie dans le monde de l’agriculture est l’importance des entreprises internationales qui contrôlent les activités de productions et de commercialisations comme la multinationale Monsanto qui détient 80% du marché agricole mondiale. (Bauraind et Parmentier, 2008). Il faut comprendre que les multinationales de semences, comme celle de Monsanto, sont en position d’oligopole dans le marché des échanges agricoles étant donné leur influence et pouvoir dans cette sphère. Ces grandes entreprises influencent les gouvernements à prendre des décisions qui favoriseront leur expansion mondiale. L’agriculture est devenue comme une guerre qui est au cœur de plusieurs enjeux mondiaux. Ainsi, c’est par des alternatives sociales, économiques et environnementales que les communautés mondiales pourront irradiés l’actuel système capitaliste agroalimentaire concentré sur la profitabilité que sur le développement durable et équitable sociale. Tout compte fait, l’agriculture biologique et une réforme agraire nationale sont les deux meilleures alternatives au commerce d’organisme génétiquement modifié. Nous devons prendre conscience des lois inévitables de la nature tout en changeant le modèle agricole présent ce qui résoudrait plusieurs problèmes planétaires. L’humanité n’a aucune envie de continuer sur la voie de la destruction de notre avenir. Durant plusieurs années, nous avons oublié la pratique de méthodes de culture agricole plus saine. Il est maintenant temps de prendre conscience de la gravité dans lequel le système agroalimentaire présent nous mène depuis longtemps.