Archives de catégorie : Saucier-Bariteau, Camille

Conclusion

 Après avoir fait un travail de recherche et un séjour dans la communauté de Manawan, il est maintenant possible de dire que l’on possède des connaissances générales plus approfondies face à la situation autochtone au Québec. En effet, puisque le peuple Atikamekw est un peuple ancien, nous comprenons maintenant mieux l’importance de leur bagage historique et culturel. Comme toutes les autres communautés, il vit cependant avec de nombreux problèmes de santé, tels que la toxicomanie et le suicide, plus précisément parce que les Autochtones sont un peuple vulnérable vivant dans un environnement difficile, d’où le fait d’expliquer leurs problèmes par le phénomène de double mauvais sort. Vivant en plus dans la pauvreté, cette communauté autochtone est également victime d’un taux important de chômage, de problèmes d’hygiènes, de violence et de malnutrition. Sur le plan de l’éducation, le manque de ressources, l’accès difficile à l’éducation ainsi que le manque de persévérance scolaire sont des facteurs aggravants de la situation générale de la communauté. En effet, un peuple scolarisé est un peuple plus développé, qui est en mesure de s’enrichir plus facilement. Il nous est également possible de dire que notre séjour dans la communauté de Manawan a été très agréable et que nous avons été en mesure de confirmer la plupart des informations recueillies pour notre recherche, ou encore d’apprendre de nouvelles choses. C’était une expérience enrichissante et nous espérons que le bagage dont nous avons hérité suite à ce séjour nous permettra de transmettre nos connaissances aux gens moins informés et noyés dans les préjugés face aux Autochtones. Nous souhaitons de tout cœur qu’il y aura sous peu un réel rapprochement entre les peuples autochtones et les Allochtones. Malgré ce que plusieurs peuvent penser, ce sont des gens très forts, mais surtout remplis d’espoir. Leur progression est loin d’être rapide, mais si l’on se décidait à leur tendre la main, peut-être pourraient-ils mieux s’en sortir. Accordons-leur au moins un regard pour prendre enfin pleinement conscience de leur réalité.

Bois Manawan. Erika Palamaro, 2015
Bois Manawan.
Erika Palamaro, 2015

 

Laurence Blanchette, Eloïse Gingras, Élisabeth Leblanc, Camille Saucier-Bariteau

 

Face à ces problèmes, que faire? Nos recommandations

Étant donné la situation de la pauvreté dans les communautés autochtones, nous pensons que le gouvernement du Canada devrait accorder plus de pouvoirs aux Autochtones en ce qui concerne la gestion des ressources naturelles. Aussi, nous pensons qu’il devrait aider les réserves à créer des emplois. De cette façon, les gens qui vivent dans les réserves pourront s’enrichir. De plus, les communautés manquent de financement; Il faudrait donc leur accorder une plus grande somme d’argent afin de combler leurs besoins.

Voici deux recommandations par le Centre de la collaboration nationale de la santé autochtone :

«Les Objectifs du millénaire pour le développement […]soulignent la nécessité d’efforts intensifs de la part de tous les acteurs : pour améliorer la gouvernance, impliquer activement la société civile, promouvoir l’entreprenariat et le secteur privé, [et] mobiliser les ressources domestiques…» (Centre de collaboration nationale de la santé autochtone) et au Canada cela consiste « à éliminer l’écart en matière de financement du gouvernement entre les Autochtones et les non-Autochtones canadiens » . On parle aussi de développement économique durable et d’autodétermination en ce qui concerne leur prise de décisions.

L’économie sociale mise en place dans certaines réserves permettraient aussi de lutter contre la pauvreté, car elle permet de: «Promouvoir la pratique de l’économie sociale en milieu autochtone; créer une mobilisation autour de l’économie sociale; Concerter les Autochtones sur la valeur ajoutée de la pratique l’économie sociale; développer notre vision de l’économie sociale et favoriser l’implantation d’initiatives d’économie sociale autochtone » (Regroupement des centres d’amitié autochtones au Québec).

 Concernant la problématique des logements dans les réserves autochtones, nous pensons que la création d’emplois stables permettrait aux Autochtones de s’enrichir pour bien s’occuper de leur logement (présentement leur revenu est faible donc leur logement n’est pas une acquisition privée). Les recommandations en ce qui concerne le logement faite par le Centre de la collaboration nationale de la santé autochtone sont qu’ils auraient besoin d’un «  financement durable », « la reconnaissance et l’acceptation des droits et des titres autochtones relatifs au logement »(Centre de collaboration nationale de la santé autochtone) (ils veulent avoir plus d’autonomie en ce qui concerne les logements et le contrôle de leurs infrastructures. D’autres mesures pour faire en sorte qu’il y ait une meilleure qualité de logements dans les réserves serait de s’assurer qu’ils respectent «  les Normes nationales du bâtiment »(Centre de collaboration nationale de la santé autochtone).Nous pensons aussi que si la Loi sur les Indiens serait modifiée pour que leurs terrains leur appartiennent, il y aurait moins de logements surpeuplés et ils pourraient bâtir plus de maisons dans leur réserve.

Puisque la problématique de la malnutrition dans les réserves autochtones est très présente, nous recommandons la promotion d’une alimentation saine afin qu’il y ait moins de problèmes de santé. Manger à sa faim contribuerait aussi à réduire le stress. Plusieurs organismes viennent en aide aux autochtones tels que « l’Assemblée des Premières Nations du Québec et du Labrador (APNQL), le Conseil en Éducation des Premières Nations (CEPN), la CSSSPNQL et le Club des petits déjeuners du Québec, ainsi qu’un programme visant le développement de la sécurité alimentaire dans le cadre de l’Initiative sur le diabète chez les Autochtones (IDA) » (Commission de la santé et des services sociaux des Premières Nations du Québec et du Labrador). De notre point de vue, nous pensons que l’éducation serait aussi un bon moyen pour remédier à la malnutrition dans les communautés. Être au courant des effets néfastes et de toutes les conséquences importantes pourrait les mettre en garde.

Étant donné la situation de la violence envers les femmes autochtones, il existe: « La Table ronde nationale regroupe les gouvernements fédéral, provinciaux et territoriaux en partenariat avec les organisations autochtones nationales (OAN) pour discuter de la meilleure façon de collaborer et de coordonner les actions à prendre afin de contrer la violence faite aux femmes et aux filles autochtones, notamment lorsqu’elle mène à leur assassinat ou leur disparition » (Assemblée des Premières Nations). Cela permet ainsi de sensibiliser et prévenir, d’établir des plans et des protocoles de sécurité communautaire et de renforcer les mesures policières dans les communautés autochtones (Assemblée des Premières Nations).

Ayant été témoins de la pauvreté de la communauté Atikamekw de Manawan, nous croyons qu’il faudrait d’abord favoriser une intervention du gouvernement fédéral pour que les habitants puissent accéder à des subventions leur servant à améliorer leurs infrastructures.

Aussi, comme les grossesses précoces sont très fréquentes, il serait important d’instaurer des programmes d’éducation sexuelle pour minimiser les risques de grossesse à l’adolescence ou encore les risques d’ITSS. Cela permettrait également aux jeunes d’approfondir leurs connaissances vis-à-vis la sexualité.

Dans le même ordre que les programmes sur la sexualité, puisqu’il y a beaucoup de violence dans la communauté, il devrait y avoir en milieu scolaire des ateliers sur la violence pour sensibiliser d’avantage les jeunes à cet enjeu et les inciter à demander de l’aide lorsque la situation se présente, en instaurant aussi plus de programmes d’aide et de support psychologique.

Dans le domaine de l’éducation, il serait primordial que le Ministère de l’éducation du Québec apporte un plus grand soutien aux communautés autochtones québécoises. Nous ne parlons pas ici de tentatives de contrôle, mais bien d’initiatives de soutien. Autant d’un aspect financier que professionnel, il serait favorable aux communautés autochtones de bénéficier d’un support de la part du gouvernement, tout en gardant un respect et une considération de la culture des Premières Nations.

Tout est à gagner à faire des accords entre le gouvernement et les réserves dans le domaine de l’éducation : Le peuple autochtone arriverait ainsi à un meilleur accès à l’éducation et, du même coup, à effectuer des pas de plus vers la sortie de la misère et de la pauvreté.

Il serait aussi bénéfique de trouver des solutions afin d’encourager les professionnels du milieu de l’éducation à travailler dans les réserves, afin que les étudiants autochtones puissent avoir les mêmes ressources que les étudiants allochtones.

Toutes ces recommandations sont bien belles, mais sans ouverture sur le peuple autochtone de la part de la société québécoise, elles sont irréalisables. Avant toute chose, il serait donc important de créer des liens entre les communautés allochtones et autochtones, et ainsi abattre les préjugés. Apprendre à connaître, partager et respecter chaque culture améliorera la situation de tous.

Camille S.
Laurence B.
Éloïse G.
Élisabeth L.

La problématique de la langue en éducation

École secondaire Otapi, Manawan ( avril 2015)
École secondaire Otapi, Manawan ( avril 2015)

Comme le français n’est pas la langue maternelle du peuple Atikamekw, cette barrière de langue peut s’imposer comme facteur de difficulté lorsqu’il est question d’éducation et d’apprentissage. Depuis les années 1990, un programme d’enseignement bilingue est instauré dans les écoles fédérales se trouvant dans les réserves autochtones.

En effet, jusqu’au deuxième cycle du primaire, les jeunes Atikamekws apprennent la matière dans leur langue maternelle. Le français est ensuite utilisé comme langue d’enseignement jusqu’à la fin de leurs études. Selon le conseil de la nation Atikamekw, le fait de devoir poursuivre leur scolarité dans une langue qui n’est pas la leur nuit à la réussite scolaire des étudiants : «Les résultats scolaires démontrent que la langue maternelle (comme langue d’enseignement) aurait plus de chance de succès, tout en permettant aux élèves de développer un bagage culturel dans leur propre langue.» (Conseil de la Nation Atikamekw, 2013)

Cette transition de la langue atikamekw à la langue française n’est pas facile, surtout lorsque l’on manque de ressources afin de soutenir les étudiants. En effet, le Conseil des Atikamekws de Manawan déclare que «L’adaptation n’est pas souvent évidente, nos jeunes apprennent les programmes du MELS comme si leur langue maternelle était le français. Les répercussions de cette situation affectent grandement la réussite scolaire de nos jeunes. Nous avons zéro financement pour la langue et la culture, les travaux d’adaptation et l’engagement de spécialistes en langue seconde sont donc souvent mis de côté.» (Conseil des Atikamekws de Manawan, 2014) Comme on ne tient pas compte que le français est la langue seconde des jeunes autochtones, ces jeunes, qui on se souvient ont déjà de nombreux retards au niveau académique, se trouvent devant un autre obstacle à surmonter, sans aide.

Cette dure transition n’aide pas à la réussite scolaire des étudiants autochtones, au contraire. Elle contribue en effet au décrochage scolaire ainsi qu’au sentiment de perte d’identité présent chez les Premières Nations : «Mais l’atikamekw reste la langue du cœur et des émotions des Atikamekws. Elle est source d’identité.» (Conseil des Atikamekws de Manawan, 2014)

Camille S.

L’accès à l’éducation post-secondaire: Un défi de taille

Réserve atikamekw de Manawan, avril 2015
Réserve atikamekw de Manawan, avril 2015

Un autre facteur entraînant des problématiques dans le domaine de l’éducation chez les autochtones est l’accès à l’éducation post-secondaire. En effet, comme mentionné plus tôt, de nombreuses réserves autochtones sont très isolées du reste de la population québécoise, ce qui en rend les études hors-réserves difficiles et attire peu les enseignants.

Comme le développement des communautés passe par la scolarisation de celles-ci, il serait important pour les autochtones de compléter des études post-secondaires. Cependant, de nombreux obstacles se retrouvent sur leur route. En effet, selon la Fédération Canadienne des étudiants et des étudiantes, «Malgré des études ayant démontré qu’une majorité d’Autochtones désire poursuivre des études postsecondaires […] malgré des données probantes qui démontrent qu’investir dans l’enseignement supérieur permettrait d’améliorer fondamentalement la qualité de vie des Autochtones et de combler l’écart entre les populations autochtones et non autochtones, une iniquité troublante persiste.» (Fédération Canadienne des étudiants et étudiantes, 2014) Cette situation est d’autant plus dramatique lorsque l’on sait que l’éducation post-secondaire chez les autochtones est un droit inscrit dans la constitution canadienne.

Selon la même source, plusieurs raisons peuvent expliquer l’écart dans la scolarisation post-secondaire entre les populations autochtone et allochtone : «Cet écart peut s’expliquer par les obstacles […] que doivent surmonter les étudiantes et étudiants autochtones. […] les membres des communautés autochtones sont généralement beaucoup moins enclins à vouloir s’endetter, et donc moins enclins à s’inscrire à des programmes d’octroi de prêts s’ils ont besoin d’une aide financière. De plus, les étudiantes et étudiants autochtones sont plus enclins à poursuivre des études postsecondaires à un âge plus avancé, ce qui contribue à augmenter le nombre d’étudiantes et d’étudiants ayant des personnes à charge. Ils sont deux fois plus susceptibles d’habiter une région rurale.» (Fédération Canadienne des étudiants et étudiantes, 2014) Il est donc très difficile d’avoir accès à l’éducation post-secondaire lorsque des frais de garderie et de déménagement sont à déverser en plus des frais de scolarité lorsque l’on se trouve déjà dans la pauvreté. De plus, à l’âge de 18 ans, il est très difficile de partir vivre loin de sa famille et de sa culture. Aussi, les jeunes quittant la réserve pour poursuivre leurs études sont souvent rejetés des autres lorsqu’ils reviennent, ce qui les décourage de plus bel « a entreprendre les études post-secondaires.

De plus encore parce que ces communautés sont isolées, l’accès à l’éducation (même de niveau secondaire) est compliqué, dû à un important manque d’enseignants. En effet, comme entendu dans un reportage de la série «l’avenir est Indien», les réserves autochtones comme celles de Manawan sont en manque de professeurs au secondaire, surtout pour les cours de chimie et de physique. Comme l’explique Paul Émile Ottawa, chef du conseil de Bande de Manawan, il est difficile d’avoir des enseignants au sein des écoles de la réserve, puisque ceux qui veulent bien y travailler doivent s’installer dans la communauté très isolée et ont beaucoup de difficultés à trouver une maison. (Première chaîne de Radio-Canada, 2012)

De plus, comme les salaires sont moins élevés dans les écoles autochtones, cela a comme résultat de décourager les candidats potentiels. Ainsi, les enseignants allochtones venant enseigner dans les réserves sont souvent fraîchement sortis de l’université, et qui ne restent pas longtemps à enseigner sur les réserves, comme l’indique le rapport de la commission de l’éducation publié par le secrétariat des commissions de l’Assemblée nationale du Québec en 2007 : «Sans expérience, connaissant mal, voire ne connaissant pas du tout, la culture autochtone et devant l’ampleur des problèmes vécus par de nombreux élèves, plusieurs quittent.» (Secrétariat de l’Assemblée nationale du Québec, 2007) Il est du moins possible dans la réserve de Manawan d’avoir des cours à distances, donnés par des professeurs hors de la réserve et diffusés par Internet aux étudiants.

En plus de manquer de personnel enseignant, les communautés autochtones sont en manque de personnel professionnel, comme des ressources de soutien telles que des psychoéducateurs et orthopédagogues, ce qui nuit aussi à la réussite des étudiants. Ainsi, autant la situation géographique que le manque de ressources compliquent l’accès à l’éducation chez les autochtones, du niveau préscolaire à postsecondaire.

Pour écouter l’émission «L’Avenir est Indien» sur la télé santé et la persévérance scolaire, cliquez sur le lien suivant:

http://ici.radio-canada.ca/emissions/l_avenir_est_indien/2011-2012/document.asp?idDoc=193954

Camille S.

La loi C-33

Après de nombreuses années à être victimes du contrôle de leur éducation par un gouvernement ne tenant pas compte de leurs valeurs, un projet de loi afin de donner le contrôle aux autochtones sur leur système d’éducation voit le jour: il s’agit de la Loi C-33.

Selon les dernières modifications apportées à ce projet de loi, «La loi s’assurerait que tous les élèves des Premières Nations puissent avoir accès à une éducation de grande qualité, qu’ils obtiennent des diplômes ou des certificats reconnus, que les enseignants soient certifiés, que les écoles donnent un nombre minimal d’heures et de jours d’enseignement et que les élèves puissent passer aisément d’une école située dans une réserve à une école provinciale.» (Gouvernement du Canada, 2014)

Ainsi, selon le gouvernement du Canada, l’adoption de cette loi permettrait un financement constant des écoles dans les réserves autochtones et renforcerait la capacité du peuple autochtone à intégrer àleurs programmes d’enseignement leur langue et leur culture.

Cependant, ce projet de loi entraîne de nombreuses réactions au sein des nombreuses communautés autochtones. En effet, la mise en place d’un système ressemblant aux commissions scolaires ne plaît pas aux Premières Nations, et cela signifie même pour eux un retour vers l’ère des pensionnats. De nombreuses manifestations ont donc eu lieu au cours de l’année 2014, suite à l’annonce de la déposition de cette loi.

La loi C-33 assurerait un curriculum permettant aux étudiants autochtones de joindre les écoles hors-réserve, ce qui signifie que le contenu enseigné dans les écoles autochtones devrait être conforme à celui imposé par le Ministère de l’éducation de la province dans laquelle se situe l’école. De plus, ce projet implique un système qui vérifierait la performance des écoles. Les premières nations ne sont pas ravis à cette idée, car ils sentent, au contraire des propos du gouvernement Canadien au sujet des intentions de ce projet de loi, que le Canada souhaite encore une fois exercer son contrôle sur celles-ci, et déclarent que ce qu’ils ont le plus besoin dans leur système d’éducation, c’est de financement et de garder leurs enseignants dans les écoles de réserve, comme exprimé lors d’une manifestation en mai 2014 à Kahnawake : « « Notre éducation n’est pas à vendre […] Nous voulons être en mesure de retenir les enseignants dans la communauté […] Actuellement, les enseignants quittent Kahnawake parce qu’ils ne sont pas bien payés ou qu’ils doivent enseigner le français, a observé le grand chef. » (Sioui, 2014).

Il est donc évident que des compromis sont à faire avant l’adoption officielle de cette loi afin qu’elle puisse faire l’affaire des premiers concernés, les peuples autochtones.

Camille S.

La persévérance scolaire: Problèmes et initiatives

Une autre problématique marquée dans le domaine de l’éducation chez les peuples autochtones est la persévérance scolaire. En effet, au Québec, «Le taux d’échec et d’abandon scolaire (non-diplomation) est en général supérieur de 250% à 300% à la moyenne québécoise chez les autochtones»(Larose, Bourque, Terrisse et Kurtness, 2001, 151-180). Ces statistiques choquantes nous informent qu’il existe un réal problème en éducation chez les autochtones. De plus, lors d’une visite à l’école secondaire Otapi située sur la réserve de Manawan, le directeur, monsieur Guillaume Volant, a relevé un fait renversant: sur les 250 élèves de l’école, environ 5 seulement obtiennent leur diplôme à chaque année.

Malgré quelques initiatives afin de faciliter la vie scolaire des étudiants autochtones (par exemple les cours donnés dans la langue maternelle au préscolaire et au primaire et les cours de langue maternelle au primaire et au secondaire), on ne retrouve pas la situation s’améliorer de manière importante. Si ces mesures d’ordre scolaire n’ont pas donné de résultats, il est peut-être nécessaire de faire l’étude de cette problématique dans un cadre plus large.

En effet, les troubles (autant de nature scolaire que sociale) au sein de la population autochtone résultent de l’ensemble de nombreux facteurs, comme bien exprimé dans l’article La résilience scolaire comme indice d’acculturation chez les autochtones dans la Revue des sciences de l’éducation : «Des recherches récentes suggèrent que les problèmes psychosociaux rencontrés chez les enfants et les adolescents amérindiens, tant sur le plan de l’adaptation sociale que scolaire, sont le produit de l’interaction entre le statut socioéconomique et les conditions environnementales, d’une part, et, d’autre part, les caractéristiques socioculturelles et historiques propres à chaque communauté (Minde et Minde, 1995).»

Donc, comme cette problématique omniprésente trouve son origine dans plusieurs facteurs, il est important de bien les identifier et de comprendre de quelle façon ils influencent la réussite scolaire des jeunes autochtones.

Premièrement, les variables environnementales comme l’alimentation, les conditions de vie difficiles dans les réserves ainsi que les probabilités d’exposition précoce à des substances chimiques toxiques (il n’était pas rare lors de notre séjour à Manawan de voir des adolescents et même des enfants fumer la cigarette, ou aspirer du gaz à briquet) ont une influence importante sur la réussite scolaire des jeunes autochtones. Par exemple, les professeurs de l’école secondaire de Manawan ont déclaré que la majorité des étudiants arrivent en retard à leurs cours, puisque venant de familles nombreuses dans de tout petits logements à une seule salle de bain, il n’ont pas de place pour se préparer pour l’école tous en même temps. De plus, les élèves n’ont aucun espace dans le milieu familial pour étudier dans le silence, ils sont donc constamment dérangés dans leurs études.  Les problèmes de violence et d’abus dans les familles nuisent aussi aux études des jeunes.

 En effet, l’addition de plusieurs de ces facteurs mis ensemble, comme c’est le cas à Manawan et au sein de plusieurs autres réserves autochtones, peuvent entraîner des retards psychomoteurs et psychosociaux chez de nombreux enfants, ce qui nécessairement entraîne des difficultés scolaires. Les jeunes autochtones qui entrent au secondaire le font donc avec en moyenne une année de retard.(Larose, Bourque, Terrisse et Kurtness, 2001, p. 153)

Sur le plan psychosocial, ce sont surtout les pratiques parentales inadéquates, l’isolement et le désœuvrement des réserves qui entraînent un certain découragement face à la scolarisation. Comme leurs parents et ancêtres ont été troublés par le système des pensionnats, ils ne font plus très confiance au système d’éducation, qui ne fonctionne pas nécessairement en fonction des valeurs autochtones. Les enfants, par leur culture première, n’ont donc pas appris à donner l’importance suffisante à la scolarisation pour persévérer. Ainsi, il n’était pas rare de voir les jeune de 12 ans ou plus traîner dans la rue pendant les heures de cours.

De plus, comme la pauvreté est omniprésente dans les réserves, il y a une sous-culture qui s’impose : On vit au jour le jour, et on n’accorde pas beaucoup d’importance aux soins de santé et à l’éducation, plutôt au plaisir (d’où la consommation de drogues et d’alcool très présente au sein des réserves). On peut expliquer cette problématique par le phénomène d’anomie sociale présenté par Durkheim. En effet, comme les réserves autochtones sont des lieux quasi sans normes et règles de conduites (puisque tout le monde se connait, il est très difficile pour les policiers de faire leur travail comme il se doit), il est très difficile pour la population de savoir comment agir. En milieu autochtone, on se trouve donc dans «une situation sociale où la déviance et la méfiance sont prévalants» (Larose, Bourque, Terrisse et Kurtness, 2001, p.156), l’école est donc mise de côté, les valeurs de liberté et le détachement des autochtones face à l’éducation ne gardant pas les enfants à l’école et n’effectuant pas un contrôle efficace de la délinquance juvénile.

Dans la communauté de Manawan, plusieurs initiatives ont été mises en place afin d’encourager la persévérance scolaire. Le sport y joue un rôle très important: le hockey étant pratiqué par de nombreux étudiants, cela encourage les jeunes à aller à l’école afin d’avoir la possibilité de pratiquer ce sport. L’école songe d’ailleurs à instaurer un programme de sport-études, mais craignent de ne pas avoir les ressources nécessaires. De plus, le programme de «Métier semi-spécialisé» encourage les jeunes à partir de 15 ans à suivre une formation pouvant aider à entreprendre un Diplôme d’études professionnelles, menant à des emplois tels qu’aide-concierge ou autres. Cependant, ils manquent de partenaires de stage, alors comme beaucoup d’autres initiatives dans la communauté, elles sont limitées.

Camille S.

Les pensionnats, un passé toujours présent


Lorsque l’on aborde la problématique de l’éducation chez les peuples autochtones, il est primordial de traiter de l’histoire des pensionnats, puisque ce moyen d’exploitation laisse encore aujourd’hui des traces marquantes dans les communautés.

En effet, l’imposition de ce système d’éducation a contribué à la misère du peuple dans plusieurs domaines. Les autochtones ayant passé par les pensionnats mis en place de 1831 à 1996 en sont ressortis avec de nombreuses séquelles psychologiques et ont développé une certaine méfiance face au système d’éducation, ce explique plusieurs problématiques de scolarisation et de troubles psychosociaux présentes dans les réserves.

Comme l’a bien exprimé Éva Ottawa, consultante et ex-Grand Chef de la Nation Atikamekw, au 12e colloque annuel du CIÉRA, la Nation souffre encore des ravages qu’ont causé les pensionnats : «Je vois et je vis les conséquences auxquelles nous sommes confrontés aujourd’hui : déresponsabilisation individuelle et parentale et imposition d’une culture […] Il ne faudra jamais oublier l’histoire des pensionnats, qui a laissé d’énormes séquelles. Ça va prendre sept générations pour réparer cette plaie, et je représente la troisième génération.» (Ottawa, 2014, p. 215-217)

Mais avant d’en aborder les conséquences, attardons-nous aux faits historiques. Ces pensionnats, ayant existés de 1831 (ouverture du premier pensionnat) à 1996 depuis l’adoption de la Loi sur les Indiens, avaient un objectif bien précis : l’assimilation des peuples autochtones à la culture blanche. Les enfants, recrutés de force à être éloignés de leur famille et leur culture, recevaient une éducation professionnelle de petits artisans aux garçons et de ménagères aux filles, mais la volonté allait bien plus loin que l’éducation. En effet, il s’agissait principalement de couper les enfants de leur milieu d’origine, afin de «faire disparaître ce qui était Indien» (Bousquet et Renaud)

Dans ces lieux devenus obligatoires en 1920, les signes d’identité autochtone étaient abolis: les jeunes élèves (les pensionnats recrutaient des enfants à partir de l’âge de cinq ans) se voyaient donc contraints de parler le français, et de se plier aux normes et coutumes du peuple blanc, et d’apprendre les principes de la religion catholique. Ainsi,  un élève qui parlait sa langue maternelle était puni. Par conséquent, plusieurs enfants revenant de leurs séjours aux pensionnats pour les vacances d’été démontraient une perte de leur langue et un certain détachement face aux rites et coutumes de sa culture.  Cela a eu pour effet de creuser un certain gouffre entre les jeunes autochtones et leurs parents, leur niveau de scolarité étant totalement différents, et les valeurs apprises au sein du système d’éducation auquel ils appartenaient, bien malgré eux, étant contradictoires avec celles inculquées par leurs ancêtres.

Ces jeunes sont donc revenus avec une certaine peur de leur identité. Ayant appris à mépriser la culture de leur nation, dite comme synonyme d’humiliation et de souffrances, les jeunes autochtones ayant passé par le pensionnat reviennent confus, ne sachant que penser de la culture à laquelle ils appartiennent. Sous le poids de ces tentatives d’assimilation à la culture blanche, ils sont en effet craintifs de parler de cérémonies et de rituels anciens, représentant «le péché et les démons» (Ottawa, 2014, p.215-217). Comme un Atikamekw rencontré chez lui à  Manawan nous l’a raconté métaphoriquement par une histoire illustrée d’un jeune aigle étant tombé du nid, s’étant cassé une aile et ayant dû vivre avec les poules jusqu’à ce qu’il soit en capacité de voler, il a eu à mettre sa culture de côté pour pouvoir s’instruire, loin de sa famille.

Artisan de Manawan, ayant vécu les pensionnats depuis l'âge de cinq ans.
Artisan de Manawan, ayant vécu les pensionnats depuis l’âge de cinq ans.

De plus, comme plusieurs rapports l’ont démontré plus tard, plusieurs pensionnats fournissait un très mauvais traitement aux jeunes autochtones. En effet, les conditions de vie étaient souvent très mauvaises, la nourriture étant de très mauvaise qualité et le manque d’hygiènes entraînait une détérioration de la santé des enfants. De plus, de nombreux jeunes ont été victimes de graves abus de violence et sexuels.  Plusieurs, par la suite, ont développé des troubles tels que l’alcoolisme, la délinquance et de graves problèmes de comportements, en plus de troubles de santé physique (McDonough, 2013, p.33-35).

Ainsi, la sombre époque des pensionnats au Canada a entraîné chez les peuples autochtones de nombreuses conséquences telles que la quasi-perte de leur langue et de leur culture, et a mené à une non-éducation de ces derniers. Ces individus, ayant vécu des expériences très négatives avec l’éducation, attardent moins d’importance à l’instruction de leurs enfants. Comme ils n’ont pas inculqué cette importance aux nouvelles générations, la persévérance scolaire des jeunes autochtones est gravement touchée, comme il sera abordé plus tard.

Ce grave évènement dans l’histoire autochtone du Canada passe toutefois plutôt inaperçu. En effet, dans les cours d’histoire reçus au primaire et au secondaire, jamais l’on a abordé ce sujet marquant pour les communautés autochtones. Comme les jeunes étudiants apprennent selon les programmes du MELS, ils suivent donc un programme d’histoire qui met complètement de côté l’historique de leur peuple, mis à part la traite de fourrure (mis à l’avantage du peuple blanc) et des fameuses «maisons longues». C’est pourquoi de nombreux autochtones de nos jours sont préoccupés par une réforme de l’enseignement de l’histoire du Québec et du Canada : «Non seulement faudrait-il y inclure les pages sombres du système des pensionnats, mais aussi l’apport considérable des peuples autochtones à cette histoire.» (McDonough, 2013, p.33-35)

Camille S.

Les problématiques face à l’éducation

JARMOLUK, «Apple», 2013, [apple-256264_1280.jpg], sur le site  Pixabay [En ligne], http://pixabay.com/p-256261/?no_redirect (page consultée le 18 avril 2015)
JARMOLUK, «Apple», 2013, [apple-256264_1280.jpg], sur le site Pixabay [En ligne], http://pixabay.com/p-256261/?no_redirect (page consultée le 18 avril 2015)

Une problématique frappante lorsque l’on se penche sur la situation des Autochtones au Québec est en effet dans le domaine de l’éducation. Comme les réserves autochtones sont frappées par de hauts taux de décrochage scolaire et d’une sous-scolarisation évidente, c’est un sujet à ne pas ignorer lorsque l’on traite des problématiques vécues par les Premières Nations.

Mais pourquoi ce fléau est-il si important dans ces sociétés?

Afin d’en trouver les causes et les solutions possibles, une recherche d’information s’impose. Dans mes articles, j’élaborerai donc sur des thèmes tels que l’histoire des pensionnats, la persévérance scolaire, la loi C-33 ainsi que la langue afin d’approfondir la réflexion sur un grave problème de ce peuple en difficulté.

Camille S.

Rencontre avec l’équipe de santé

Dans le cadre de notre séjour à Manawan, plusieurs rendez-vous étaient prévus avec divers intervenants de la communauté, que ce soit en santé ou en éducation.

En ce qui concerne le domaine de la santé, nous avons été en mesure de rencontrer des membres de l’équipe du Centre de Santé le mardi 7 avril 2015, à 15h00. Plus précisément,  nous avons rencontré Mmes Francine Moer, Jolianne Ottawa et Jacinthe Petiquay.

Le tableau suivant correspond à une partie de l’entrevue avec les intervenantes.

1. Considérant le fait qu’ils ont été élevés avec une forme de médecine plus traditionnelle, plus naturelle, est-il difficile pour les aînés de la communauté de se faire traité au Centre de Santé?
Les aînés reçoivent principalement des soins et des services de santé à domicile. Les intervenants vont parler avec eux pour qu’ils ne mélangent pas de pilules avec certaines plantes médicinales qu’ils utilisent pour éviter les risques d’intoxication.
2. Vu le peu de médecins, les infirmières sont-elles en mesure de donner des prescriptions?
Oui, les infirmière vont utiliser les guides de santé clinique établis par Santé Canada.
3. Quelle est la moyenne d’âge des femmes enceintes?
Beaucoup de jeunes filles vont tomber enceintes à l’âge 13 ans pour avoir l’aide sociale. C’est pour elles une forme de rémunération parce qu’elles ne peuvent pas nécessairement trouver un emploi dans la communauté, par exemple au dépanneur l’été (il n’y a qu’un employé dans le dépanneur de Manawan). Mais l’aide sociale n’est pas un salaire, c’est une aide.
4. Quelle est la procédure en cas d’urgence, c’est-à-dire, lorsque le Centre de Santé n’est pas en mesure de traiter les patients qui ont besoin d’aller à l’hôpital?
Les gens vont être transférés par ambulance à l’hôpital de Joliette, sauf qu’il n’y a pas d’ambulance à Manawan. Le véhicule va être envoyé de Saint-Michel-des-Saints pour se rendre à Manawan, ce qui prend au alentours de 1h30 pour arriver dans la communauté. Ensuite, l’ambulance quitte Manawan avec le patient en direction de l’hôpital de Joliette, ce qui prend un autre bon 2h. C’est extrêmement long.
5. Qu’est-ce qui incite certains habitants à quitter la communauté?
Les gens quittent la communauté pour continuer leurs études, ou autres. Mais ces personnes qui habitent en ville, ce n’est pas qu’ils ne veulent pas revenir dans la communauté, c’est qu’il sont désavantagés par la surpopulation dans les maisons. À Manawan, il y a un très gros problème de surpeuplement dans les maisons. Ce problème est entre autres du à la loi sur les Indiens, ce qui fait en sorte que les gens ne sont pas propriétaires de leurs maisons puisque les terrains ne leur appartiennent pas (ce sont des terres de la Couronne qui appartiennent au gouvernement) et le Conseil de bande doit donc se porter garant de tout.
6. Au Québec, les services de santé présentent certaines failles (par exemple, l’attente interminable pour se trouver un médecin de famille, ou encore lorsque l’on se présente aux urgences). Quels seraient, selon vous, le ou les problèmes du Centre de Santé de Manawan?
Que l’on parle du Centre de Santé ou des autres infrastructures, il n’y a pas d’équité dans la communauté lorsqu’on la compare au Québec. Par exemple, le Centre de Santé dispose d’un programme de soins palliatifs à domicile via le programme de soins à domicile, mais les médicaments contre la douleur ne sont pas payés. Aussi, il y a le fait que Manawan ne dispose d’aucune ambulance et pourtant la population est plus grande à Manawan qu’à Saint-Michel-des-Saints, ou encore que la communauté n’a pas accès à la radiothérapie, la physiothérapie et plusieurs autres.
7.      Vous entraidez-vous entre différentes communautés pour améliorer le domaine de la  santé?
Il n’y a pas d’échanges entre les communautés (les 3 Nations) par peur de représailles. Les communautés ont peur de se faire couper leurs avantages par le gouvernement s’ils informent les communautés qui n’en profitent pas.
8. Le problème de suicide est-il important dans la communauté de Manawan?
C’est moins dramatique que par le passé. Il y a quelques années, il y a eu une vague de suicides où quatre garçons se sont suicidés entre novembre et début janvier, ce qui a été très dur pour la communauté.
9. Quel est le problème de santé mentale le plus important dans la communauté?
Il s’agit de la crise suicidaire et plus précisément, les gens la vive généralement dans le moment présent.
10. Avez-vous des exemples d’initiatives prises dans la communauté pour contrer les problèmes de santé mentale?
Jacinthe a créé un programme où les jeunes faisaient un retour aux études et où on demandait aux aînés de venir leur parler pour leur donner un enseignement de contes et légendes. Il y a aussi le projet OSKO, plan de santé pour la détresse psychologique, la petite enfance et les habitudes de vie.
Rencontre avec les intervenantes du Centre de Santé de Manawan Erika Palamaro, 2015. (Jacinthe Petiquay et Francine Moer)
Rencontre avec les intervenantes du Centre de Santé de Manawan
Erika Palamaro, 2015.
(Jacinthe Petiquay et Francine Moer)

 

Laurence Blanchette

Éditorial: La Nation Atikamekw, un peuple ignoré?


Kwe!

Au cours de la session d’automne 2014, nous avons eu la chance de pouvoir nous inscrire à un projet bien particulier dans le cadre de notre cours de Démarche d’intégration en Sciences humaines. Nous nous sommes donc retrouvés, dix étudiants intéressés par la question autochtone, près à faire un projet intégrateur à ce sujet et à séjourner dans la communauté atikamekw de Manawan.

Dès le premier cours de la session d’hiver, notre équipe s’est formée . Toutes les quatre étant allumées au sujet des défis sociaux dans cette communauté, nous avons décidé de dédier notre projet à la culture et aux rites ainsi qu’aux problématiques face à la santé, l’éducation et à la pauvreté de cette nation.

En premier lieu, pour chacun de nos sujets, nous nous sommes posées la question suivante: «Quelles sont les causes et les conséquences des défis sociaux chez les Atikamekws et quelles sont les initiatives mises en place par la communauté afin de les surmonter?». Nous avons donc commencé par faire une liste des concepts que nous connaissons déjà à ce sujet en lien avec des matières de Sciences humaines et nous avons défini les sous-thèmes sur lesquels chacune voulait travailler. Ainsi, nous avons décidé de nous pencher sur les problématiques qui nous semblaient les plus présentes dans les communautés autochtones, soit les troubles de santé mentale, la toxicomanie et le suicide abordés par Laurence, les problèmes liés à la pauvreté présentés par Éloïse, et finalement les défis rencontrés dans le domaine de l’éducation avec Camille. Afin de bien renseigner le lecteur et de bien mettre en contexte notre projet, Élisabeth a tout d’abord bien expliqué l’historique et la culture de la nation atikamekw.

Par la suite, chaque membre de l’équipe a effectué  une recherche bibliographique afin de trouver des sources intéressantes à la mise sur pied de notre projet intégrateur. À la suite de ces recherches, nous étions plus en mesure de cerner les problématiques sociales présentes chez les peuples de premières nations, plus particulièrement au sein de la communauté atikamekw de Manawan. Cette première étape de notre travail s’est terminée avec la remise de notre rapport préliminaire. À la suite des corrections émises par notre enseignante sur ce premier travail, nous avons pu cerner les points à améliorer en vue de la publication de ce blogue. La date du départ pour Manawan approchant et étant de plus en plus fébriles face à la hâte de vivre cette expérience extraordinaire, nous avons dressé une liste des choses à améliorer, et nous nous sommes préparées, par le biais de formations, de réunions lors des pauses communes, et de discussions en équipe, à la rencontre imminente avec  la communauté.

Finalement, le moment tant attendu est arrivé! Du 6 au 9 avril, nous sommes partis, notre équipe, six autres étudiants et deux professeures, pour Manawan. Lors de ce séjour, nous avons eu la chance de nous entretenir avec de nombreux intervenants dans les domaines de la santé et de l’éducation en plus de rencontrer et de discuter avec des gens de la communauté, et ainsi avons pu ajouter des informations prises sur le terrain à celles que nous avons trouvées lors de notre recherche documentaire.

À la lumière de nos recherches et de nos rencontres à Manawan, nous sommes dans la capacité de dire que cette communauté, comme beaucoup d’autres communautés autochtones, se trouve dans une  situation de vulnérabilité constante. Que cela soit dans n’importe quel domaine, les communautés autochtones sont toujours mises en état de dépendance face au gouvernement fédéral, ce qui est une cause très importante de la pauvreté du peuple. De plus, si le Québec se décrit comme une nation tolérante et ouverte aux autres cultures, il ne l’est pas envers les communautés autochtones. En effet, de nombreux préjugés sont encore existants aujourd’hui, et le racisme est très présent envers les autochtones. Pourquoi, en 2015, défend-on les droits des immigrants, en gardant les préjugés contre les peuples qui habitent notre territoire depuis toujours, en les excluant? Pour nous, cette situation est totalement aberrante, et nous croyons que le premier pas pour aider les autochtones à  se sortir de la misère est de passer par-dessus les préjugés et les différences de culture, afin d’entretenir une relation d’entraide et non de méfiance. Nous croyons aussi que la loi sur les Indiens contribue à l’injustice vécue par les premières nations est se devrait d’être révisée afin de réduire les tensions entre les autochtones et les Québécois/Canadiens, et contribuerait à améliorer les conditions de vie des premiers.

Pour finir, notre séjour à Manawan toujours dans la tête et dans le coeur, nous sommes impatientes de partager avec vous notre expérience et souhaitons de tout coeur vous sensibiliser face à cette problématique, et ainsi faire un pas de plus vers l’abolition des nombreux préjugés malheureusement toujours présents dans notre société.

Camille Saucier
Éloïse Gingras
Laurence Blanchette
Élisabeth Leblanc