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Les traditions qui encouragent la violence envers les femmes indiennes

Les traditions qui encouragent la violence infligée aux femmes indiennes

  • Les traditions mises en cause

Tout d’abord, il est important de noter que les conditions de vie atroces des femmes indiennes sont principalement dues aux traditions religieuses qu’entretient le peuple indien. En effet, la majorité du peuple indien adhère à la religion hindoue et applique ses fondements de manière intransigeante. Cette application dogmatique de la part des Indiens est responsable de la perception négative que les femmes indiennes ont d’elles-mêmes et de la violence qui leur est imposée. Tout d’abord, la société patriarcale a adoptée plusieurs traditions discriminatoires qui réduisent la place de la femme au sein de la société. En effet, les traditions comme la sati, la dot et la glorification de l’homme dans la religion hindoue affectent l’intégrité de la femme au sein de sa société (Fabienne Hurst, Antoine Mouteau, 2011). En effet, les femmes indiennes sont contraintes à cinq différents types de violence: la violence psychologique, la violence sexuelle, la violence économique, la violence verbale et finalement la violence physique. Cependant, plusieurs d’entre nous, en tant qu’occidentaux, se questionnent à savoir pourquoi les femmes indiennes se contraignent à ces traditions atroces malgré qu’elles vivent dans une démocratie. Barbarie des traditions indiennes: inde 2 Source: Hélène Larrive, Femmes bafoues, battues et autres futilités , 2013,   http://2.bp.blogspot.com/-1q0vf3-KXtw/UrYDM6o5ApI/AAAAAAAASNw/7hPurwQHOF0/s1600/Sans+titre-6.jpg

  • Les failles du système judiciaire indien

Tout d’abord, quoi qu’elles vivent dans une démocratie, le pouvoir de la tradition religieuse hindoue prédomine sur le pouvoir de la démocratie (Libération Monde, 2012). En Inde, la femme obtient le droit de vote en 1952, mais le droit de vote de celle-ci est soumis à quelques contraintes par rapport à celui de l’homme. Cela démontre que judiciairement, la femme est considérée inférieure quoique le gouvernement indien proclame être une démocratie. Il est contradictoire cependant de constater que dans une société «démocratique», des traditions comme la sati et la dot sont encore en vigueur. Plusieurs traditions ont pour but de permettre à la femme d’affirmer sa loyauté et sa soumission à l’homme. De plus, la place que la religion octroie à l’homme est démesurée comparée à celle qu’occupe la femme, de là la supériorité légale de l’homme. Cette inégalité légale entre les hommes et la femmes est donc un exemple de la violence psychologique commise envers les femmes (Philippe Bouissou,2012).

  • La société patriarcale

Tout d’abord, il est important de noter que la société traditionnelle et actuelle est régit par un système patriarcal où les hommes prennent les décisions politiques, familiales et économiques. Au tout début de la société indienne, les femmes étaient interdites à plusieurs activités auxquelles les hommes avaient droit pour prétexte de mythes et de légendes tirés de leur religion. La société indienne tire la plupart de ces fondements de la religion et des mythes sexistes sur lesquels elle se fonde. Par exemple, selon les lois de Manu, le fondateur des lois hindoues, «la femme ne doit jamais être indépendante: enfant, elle doit être soumise à son père ; jeune à son mari ; veuve à ses fils. Une femme fidèle doit vénérer son mari comme un dieu même s’il est dépourvu de vertu ou de qualité, et s’il cherche son plaisir ailleurs.» (Lisa Sabot, 2005).La religion exige donc une soumission totale de la part de la femme quoique son mari lui impose que ce soit de l’intimidation, de la violence, de l’abus sexuel etc. Une étude de l’OMG démontre que les femmes sont elles-mêmes d’accord avec le fait que les hommes aient recours à la violence physique et sexuelle à leur égard pour certaines situations, comme lorsqu’elles refusent d’avoir des relations sexuelles ou lorsque celles-ci leur désobéissent. En effet, 53% des femmes vivant en région urbaine se disent d’accord contre 79,3% des femmes en région rurale (Amira Beghdadi, 2013).  Cette statistique traduit donc la faible estime que les femmes ont d’elle-même qui est causée par le système patriarcal. Matérialisation de la femme: Sri_Chakra_Meru_with_Lajja_Gauri Source: Auteur inconnu, Hindouismo, 2008, http://upload.wikimedia.org/wikipedia/commons/thumb/9/97/Sri_Chakra_Meru_with_Lajja_Gauri.JPG/800px-Sri_Chakra_Meru_with_Lajja_Gauri.JPG

Cette statistique démontre clairement la soumission que celles-ci affichent aux mythes religieux et par conséquent, aux hommes de leur société. De plus, les traditions indiennes vont encore plus loin en termes de domination des hommes sur les femmes. En effet, les propos de la religion hindoue exigent que la femme se soumette à toute forme masculine. Étant donné que la religion sur laquelle la société indienne se base favorise le sexe masculin, les femmes sont exclues et discriminées dans la plupart des états de l’Inde. Leur accès aux domaines cruciaux à leur survie tel que les services de santé, l’éducation, et leur emploi est presque nul puisqu’elles sont victimes de discrimination. Par exemple, le taux d’éducation chez les femmes indiennes est extrêmement faible étant donné que le milieu de l’éducation est presque entièrement réservé aux hommes (Sylvie Dewambrechies, 2004).

  • Valorisation de la pauvreté intellectuelle des femmes

Cependant, un autre facteur influence le niveau d’éducation des femmes indiennes, soit le taux de pauvreté de la région dans laquelle ils grandissent.  Évidemment, le taux d’éducation chez les femmes est très peu élevé à cause du rôle prédominant de la femme dans la société : s’occuper des travaux domestiques, élever les enfants et répondre aux multiples demandes du mari. Par conséquent, les familles n’investissent pas dans l’éducation de leurs jeunes filles étant donné que celles-ci n’ont qu’un seul destin : le mariage. Tout au contraire, quand un couple indien a un enfant de sexe masculin, ceux-ci vont investir le plus possible dans son éducation dans le but de s’enrichir lorsque viendra le moment de marier leur fils étant donné que le montant de la dot qu’ils reçoivent par les parents de leur bru dépend du niveau d’éducation de leur fils (Lisa Sabot, 2005).  Sur ce, il est donc facile de constater que la supériorité de l’homme est ancrée dans leur société pour des raisons mythologiques, religieuses et culturelles. La supériorité sacrée de l’homme entraîne l’application de plusieurs traditions dans la société indienne comme la sati et la dot qui encouragent la violence psychologique à l’endroit des femmes. En ce qui concerne la dot, le système de la dot est en vigueur en Inde depuis des centaines d’années et doit son existence aux cultes musulmans et hindouistes. La dot a cependant évolué entre-temps et ce changement transmet un message plutôt inquiétant. Autrefois, la dot était considérée comme sacrée par la civilisation. En effet, la majorité des castes étaient soumises à la tradition du «prix de la fiancée»1 qui constituait à récompenser la famille de la fille d’avoir perdu un enfant. Non seulement la dot compensait la famille de la mariée et non du marié, mais celle-ci assurait à la mariée une certaine stabilité financière si son mari venait à la quitter ou à décéder. Aujourd’hui la dot a perdu cette signification et désavantage la famille de la mariée. Le statut de la femme indienne et l’expansion économique sont corrélés dans le sens où la femme est aujourd’hui considérée comme une marchandise profitable économiquement au pays. La dot a maintenant le pouvoir d’améliorer le prestige social des familles du marié étant donné que la dot n’a plus de prix fixe, elle varie en fonction de la scolarisation du marié.   La dot a aujourd’hui une importance économique fulgurante. Ce qui pousse la femme à aller vivre dans la famille de son mari, est le fait que ses propres enfants pourront jouir de privilèges liés à cette plus haute caste. Cependant, l’avantage demeure pour les familles du marié qui sont constamment récompensés par l’entremise de «cadeaux». La dot fait donc en sorte que la femme est considérée comme une marchandise et cette pratique enrichit énormément l’économie de l’Inde. Cette violence psychologique et physique envers la femme permet malheureusement à plusieurs familles de s’enrichir et de faire fluctuer l’économie.   Reportage sur la dot:  https://youtu.be/IircvWkoWwg Source: France 24,  Reporteur inconnu, 2008, https://www.youtube.com/watch?v=IircvWkoWwg   Représentation de la sati A_Hindoo_Widow_Burning_Herself_with_the_Corpse_of_her_Husband Source: Auteur inconnu, <Superstition en Inde>,  2005, http://upload.wikimedia.org/wikipedia/commons/c/c1/A_Hindoo_Widow_Burning_Herself_with_the_Corpse_of_her_Husband.jpg

  • Violence physique imposée aux femmes

Pour commencer, la tradition de la sati provient d’un mythe hindou et c’est de cette religion que la culture indienne tire la plupart de ses fondements. «Une épouse, lorsqu’elle est morte la première, attend son mari dans l’au-delà, et si son mari est mort avant elle, ensuite une femme vertueuse [sati] le suit.  » En effet, dans la société actuelle, la sati incite la femme à se brûler vivante sur le bûcher de son mari, car celle-ci a le devoir spirituel d’abandonner la vie terrestre en même temps que son mari. La sati est un excellent exemple de la violence physique et psychologique qui est imposée aux femmes indiennes. Quoique cette pratique religieuse ait été abolie par les autorités coloniales en 1829, cette pratique est toujours présente dans la société. Non seulement cette pratique est présente, mais elle est encouragée et souhaitée par une grande partie des femmes (Robert Hardgrave, 2008). Encore une fois, en tant qu’Occidentaux, nous nous questionnons tant qu’à l’intégrité de cette affirmation. Comment les femmes indiennes peuvent-elles se soumettre à de telles traditions et ne pas contester dans le but d’obtenir leur indépendance? Il est, dans la culture indienne, socialement accepté par les deux sexes que la femme justifie sa vie par l’existence de son mari. Donc, lorsque son mari est vivant, la femme justifie son existence par la satisfaction de son mari alors que lorsque son mari meurt, elle perd tout espoir et désire le rejoindre. Il est donc possible d’affirmer que la religion hindoue dicte la vie des femmes indiennes et les contraint à la soumission.

Les conséquences des traditions culturelles :

  • Conséquences qu’entraîne la dot 

Tout d’abord, il est important de constater que les mariages arrangés unissent souvent une femme à un homme de plus haute caste. Les familles de la mariée souhaitent simplement que leur fille atteindra un niveau social plus élevé, mais ceux-ci sont confrontés à de multiples désavantages. En effet, le montant de la dot dépend du niveau de scolarité du marié. Donc, plus l’homme est scolarisé, plus la  famille du marié accorde de la valeur au montant de la dot qu’ils recevront. Donc, plus l’homme est supérieur à la femme, plus la famille peut être exigeante envers la famille de la mariée et par conséquent envers la nouvelle mariée. Ce qui nous amène à aborder le sujet du «dowry death»  , l’ensemble des tortures que la famille du mari inflige à la mariée, sous différents prétextes et qui peuvent mener jusqu’au meurtre de celle-ci. (Robert Hardgrave, 2008). Ces tortures sont parfois commises parce que la belle-famille ne comble pas leurs exigences ou tout simplement parce que la nouvelle femme de leur fils ne les satisfait pas. Donc, souvent l’ensemble de ces cruautés sont tout simplement commises dans le but de mener la femme à la dépression et donc au suicide.  Aujourd’hui, les demandes de dot sont encore plus élevées qu’il y a 10 ans, ce qui mène au désespoir des couples lorsque le bébé est de sexe féminin. Le système de dot en Inde a de nombreuses conséquences extrêmement néfastes sur l’estime que les femmes ont d’elles-mêmes et sur leur statut social. En effet, ce système de dot est la cause du nombre grandissant d’infanticides dans le nord de l’Inde (Rapport mondial sur le développement, 2009). Au Nord de l’Inde, les traditions qui défavorisent les femmes sont encore plus en vigueur que dans le reste des États de l’Inde, pour cause de l’indice de développement humain qui est extrêmement bas . Ce phénomène d’infanticide consiste soit à tuer un fœtus de sexe féminin ou à tuer à la naissance le bébé. De plus, certaines familles, qui n’ont pas assassiné leur fille à la naissance, la privent et la font vivre dans des conditions pitoyables sans aucune raison valable. Toute cette pratique est due au stress financier que subissent les familles qui offrent leur fille en mariage lors des multiples évènements où ceux-ci doivent faire de multiples offrandes à la belle-famille (Lisa Sabot, 2005).

  • Tentatives de solutions pour contrer la sati 

L’Inde, en 1829, était une colonie britannique et l’empire tentait d’abolir la violence commise envers les femmes. Cependant, malgré l’interdiction de la sati de la part de l’empire britannique, cette tradition est demeurée très présente dans la société des 17e et 18e siècles.  Par exemple, en 1987, une jeune fille dénommée Roop Kanwar s’immole sur le bûcher de son mari défunt . Cette jeune fille, qui s’immolait pour un homme de plus de quarante ans son aîné, a suscité l’attention de beaucoup d’Indiens. C’est effectivement, cet évènement qui a incité les autorités indiennes à adopter la loi «Commission of Sati», qui visait à prévenir tout autre acte de sacrifice. De plus, ce projet de lois visait à éliminer toute forme d’encouragement  ou de glorification de cette pratique (Rohit Parihar,1999). Cependant, suite à cette demande, certains adeptes religieux ont contesté la demande en affirmant devant la Cour suprême que la liberté de religion des hindouistes serait compromise si la sati était interdite. Malheureusement, la Cour suprême n’a toujours pas porté un jugement, ce qui entraîne la société indienne à continuer la pratique et à l’encourager auprès des veuves. Il est donc extrêmement destructeur pour le développement de la société et pour l’évolution de ce pays au niveau international. La perception que l’Inde donne à l’échelle internationale est un pays sexiste où les femmes sont constamment dénigrées peu importe leur niveau d’éducation et leur statut social. Tentatives de solutions pour contrer la sati: 

 

 

 

Catherine McConnell

 

Conclusion et pistes de solutions

Les enjeux qui touchent les femmes en Inde nous ont énormément préoccupés. Nous avons donc choisis de proposer des pistes de solutions qui permettraient d’améliorer la condition de ses femmes, mais tout d’abord, un bref retour sur tous les aspects abordés dans ce blogue nous permettra de mieux nous remettre dans le contexte de la problématique.

En somme, c’est en comprenant et en analysant la religion hindoue que l’on parvient à saisir l’importance qu’occupe la place des traditions dans cette société encore même aujourd’hui. Toutefois, c’est en explorant cette culture sous l’angle féministe que l’on réalise la situation préoccupante dans laquelle sont les femmes indiennes. Effectivement, en remontant à la source des traditions hindoues, on découvre que plusieurs rites religieux expliquent la violence que subissent ces femmes aujourd’hui. Tout d’abord, le système de la dot qui force la famille de la mariée à offrir cadeaux et argent à celle du marié place la femme dans une situation précaire où elle est sujette aux abus de sa belle-famille. Aussi, le rite de la sati qui encourage les veuves à aller sur le bûcher pour rejoindre leur défunt mari est un exemple concret des violences que subissent les femmes pratiquant la religion hindouiste. Ce qui est le plus alarmant c’est de constater que ces rituels sont encore fortement pratiqués en Inde surtout dans le nord de ce pays où il y a davantage de régions rurales peu développées et extrêmement pauvres. L’importance accordée aux hommes dans cette société est aussi inquiétante puisqu’il y a peu de place pour les femmes ce qui en fait une société patriarcale. Puisque la culture indienne découle des traditions religieuses, la place accordée aux femmes est secondaire. Celles-ci sont opprimées, mais surtout abusées. Effectivement, la violence envers les femmes est acceptée culturellement, surtout dans les régions du Nord. Malheureusement, les crimes contre la femme sont peu punis à cause de la corruption qui règne dans la police, ce qui empêche les tribunaux d’appliquer correctement les lois dues aux manques de preuves contre l’accusé. Ceci est un problème de grande importance puisque très peu d’agresseurs sont condamnés. Cela installe donc un climat de peur chez les femmes qui redoutent de porter plainte par peur d’être mal défendue devant la cour. La culture du viol est un enjeu actuel en Inde où comme vu récemment dans l’actualité, des viols collectifs se produisent de plus en plus souvent, mais sont aussi de plus en plus souvent dénoncés. En 2012, le viol d’une jeune étudiante de New Delhi fait les manchettes des journaux indiens, mais aussi des journaux internationaux. En fait, c’est à la suite de ce troublant évènement que la mobilisation et la sensibilisation pour la cause des femmes en Inde s’intensifient. De plus en plus, d’organismes pour la défense des femmes s’activent en Inde et font pression pour changer cette situation critique. Les groupes féministes sont entre autres parvenus à influencer des décisions des tribunaux pour que des agresseurs soient condamnés. Cependant, ces groupes de pressions doivent encore se battent contre le manque de volonté des institutions publiques pour qu’il y ait de véritables changements politiques et législatifs pour protéger les femmes indiennes.

Puisque le sujet de violence envers les Indiennes est un sujet chaud d’actualité, les solutions pour améliorer la situation en Inde sont en cours de développement. Pour le moment, comme mentionné précédemment, les groupes féministes sont en moyens de pression contre les systèmes politiques et judiciaires afin que les lois soient mieux appliquées et que de nouvelles soient légiférées pour protéger les femmes. Aussi, la dénonciation des situations de violence est un facteur important dans cette situation, puisque c’est en parlant et en informant la population sur de tels évènements que les gens se mobilisent et manifestent pour le changement. Ainsi, il est évident que c’est en s’impliquant davantage dans la vie politique indienne que ces femmes pourront apporter un véritable changement dans leur pays, puisqu’il doit y avoir une restructuration des institutions policières et judiciaires pour éliminer la corruption et changer la mentalité des hommes qui œuvrent dans ces secteurs afin que la situation des femmes change une bonne fois pour toutes dans ce pays d’Asie. Même si dans ce rapport, nous nous attardons davantage sur la condition des femmes en Inde, il ne faut pas croire pour autant que la condition des femmes ailleurs dans le monde est idéale. Seulement au Québec 82% des victimes d’agressions sexuelles sont des femmes. De plus une statistique alarmante dévoile que 2/3 de ses victimes sont âgées de 18 ans ou moins. Aussi, près de 90% des agressions commises ne sont pas déclarées à la police. En observant ces données, il est évident que la violence envers les femmes n’est pas un problème qui se concentre dans un seul pays. C’est plutôt un enjeu mondial qui touche toutes les femmes de partout dans le monde (Gouvernement du Québec).

Maude Boucher-Réhel

Toutefois, nous avons des pistes de solutions plus concrètes que nous voudrions partager.

  1. Étant donné qu’il y a 66% des victimes de viol en Inde qui garde le silence, nous recommandons que le gouvernement de l’Inde produise des campagnes publicitaires afin de sensibiliser la population au phénomène du viol afin que celui-ci ne sois plus un sujet tabou.
  2. Étant donné qu’il règne un problème de corruption policière en Inde, nous recommandons au gouvernement de l’Inde de revoir sa structure de ses cadres policiers et de faire une enquête sur la corruption, afin de punir les malfaiteurs.
  3. Étant donné que certaines traditions hindoues telles la sati et la dot sont toujours en pratique en Inde, nous recommandons à l’ONU d’intervenir afin d’arrêter ses pratiques qui vont à l’encontre des droits de l’homme.
  4. Étant donné que la violence envers les femmes est beaucoup plus élevée dans les zones rurales de l’Inde, nous recommandons un renforcement des autorités dans ces lieux, afin de protéger les femmes.
  5. Étant donné que le taux d’éducation et d’instruction chez les femmes est extrêmement faible dans la plupart des régions de l’Inde, nous proposons au gouvernement d’établir un âge minimal jusqu’auquel les filles doivent suivre un encadrement scolaire.
  6. Étant donné qu’il y a énormément de corruption policière, nous proposons que des femmes soient formés pour le métier et que celles-ci exercent la profession de policier. Non seulement cela permettra aux femmes d’avoir accès à une éducation et donc un statut social, mais celles-ci permettront à la société d’être moins sexiste et de ne plus ignorer les violences commises aux femmes.
  7. Étant donné que la dot apporte de nombreuses conséquences néfastes à la société, nous proposons au gouvernement de sanctionner les citoyens qui ont recours à cette pratique et qui marient les femmes d’une caste inférieure. Il est impossible d’abolir le système de dot, mais le fait d’interdire la dot entre castes de différentes importances sociales réduira les dommages crées aux familles de la femme provenant d’une caste inférieure.

Catherine McConnell et Maude Boucher-Réhel

Entrevue

Nous avons eu la chance d’assister à la conférence animée par Marianne-Sarah Saulnier , qui est doctorante en ethnomusicologie. Celle-ci, pour sa thèse de doctorat, a décidé  d’entreprendre un projet  de voyage en Inde, plus précisément au Rajasthan. Cependant, plusieurs contraintes s’imposaient à elle si elle voulait assurer sa sécurité. L’Inde est, tout d’abord, le deuxième pays le plus dangereux du monde plus particulièrement pour les femmes. Ainsi, un couvre-feu est imposé aux femmes à partir de 19h00, ce qui signifie que la sécurité physique n’est pas assurée à celles qui prennent le risque de s’exposer après l’heure du couvre-feu. Après s’être assurée d’être capable de vivre sécuritairement en fonction de leurs normes culturelles, elle a décidé de s’intéresser à la femme cobra. La femme cobra remplace depuis quelques décennies le véritable cobra lors de la cérémonie du charmeur de cobra. Ces charmeurs de cobras font plus spécifiquement partie d’une certaine caste; les gitans Kalbeliya. Effectivement, en Inde, 4 différentes castes voient le jour, soit les prêtres qui sont au sommet de la pyramide, suivis des professeurs, des ouvriers et finalement des servants. Un dernier groupement d’individus existe, mais ceux-ci ne sont même pas considérés dans la pyramide des castes étant donné leur rôle social plutôt «grotesque». Les gitans Kalbeliya en font partie  à cause de leur métier de charmeur de serpents. Cette tradition existe depuis des centaines d’années et a été modifiée par l’arrivée des femmes qui remplacent le serpent en dansant. Au cours de son voyage, elle s’est intéressée au phénomène social et culturel de la femme cobra. En effet, en Inde, la femme a longtemps été considérée comme un objet et l’est encore tout dépendant de la région. Selon le Kamasutra, un recueil écrit dans le cadre de la religion hindouiste, les femmes ont différents rôles. Tout d’abord, la femme a deux rôles principaux, soit être gardienne de maison et gardienne de culture. Pour qu’une femme soit gardienne de maison, celle-ci doit être pure, et ne doit pas savoir lire ni écrire. Évidemment, il est facile de constater que la religion hindouiste encourage la femme à demeurer innocente et ignorante. Grâce à cette conférence, nous avons compris davantage la réalité atroce des femmes indiennes dans le sens où les expériences de la conférencière confirmaient nos hypothèses quant aux restrictions qui s’appliquent aux femmes indiennes comme le couvre-feu et le rôle diminutif qu’on leur accorde comme simple gardienne de maison. Cependant, le fait que les femmes aient remplacé les cobras dans la tradition des charmeurs de serpents signifie que la femme accède tranquillement à une ascension sociale vu qu’auparavant les seules femmes qui avaient le droit de danser étaient les prostituées qui étaient très mal vues. Aujourd’hui, les femmes cobras sont des femmes relativement respectées par la société, ce qui est une énorme amélioration.

 

Mouvements contestataires féministes

Femmes_adivasies,_Gwalior,_India

Source: Auteur inconnu, http://commons.wikimedia.org/wiki/File%3AFemmes_adivasies%2C_Gwalior%2C_India.jpg

 

Catherine McConnell