Archives de catégorie : Leblanc, Élisabeth

Conclusion

 Après avoir fait un travail de recherche et un séjour dans la communauté de Manawan, il est maintenant possible de dire que l’on possède des connaissances générales plus approfondies face à la situation autochtone au Québec. En effet, puisque le peuple Atikamekw est un peuple ancien, nous comprenons maintenant mieux l’importance de leur bagage historique et culturel. Comme toutes les autres communautés, il vit cependant avec de nombreux problèmes de santé, tels que la toxicomanie et le suicide, plus précisément parce que les Autochtones sont un peuple vulnérable vivant dans un environnement difficile, d’où le fait d’expliquer leurs problèmes par le phénomène de double mauvais sort. Vivant en plus dans la pauvreté, cette communauté autochtone est également victime d’un taux important de chômage, de problèmes d’hygiènes, de violence et de malnutrition. Sur le plan de l’éducation, le manque de ressources, l’accès difficile à l’éducation ainsi que le manque de persévérance scolaire sont des facteurs aggravants de la situation générale de la communauté. En effet, un peuple scolarisé est un peuple plus développé, qui est en mesure de s’enrichir plus facilement. Il nous est également possible de dire que notre séjour dans la communauté de Manawan a été très agréable et que nous avons été en mesure de confirmer la plupart des informations recueillies pour notre recherche, ou encore d’apprendre de nouvelles choses. C’était une expérience enrichissante et nous espérons que le bagage dont nous avons hérité suite à ce séjour nous permettra de transmettre nos connaissances aux gens moins informés et noyés dans les préjugés face aux Autochtones. Nous souhaitons de tout cœur qu’il y aura sous peu un réel rapprochement entre les peuples autochtones et les Allochtones. Malgré ce que plusieurs peuvent penser, ce sont des gens très forts, mais surtout remplis d’espoir. Leur progression est loin d’être rapide, mais si l’on se décidait à leur tendre la main, peut-être pourraient-ils mieux s’en sortir. Accordons-leur au moins un regard pour prendre enfin pleinement conscience de leur réalité.

Bois Manawan. Erika Palamaro, 2015
Bois Manawan.
Erika Palamaro, 2015

 

Laurence Blanchette, Eloïse Gingras, Élisabeth Leblanc, Camille Saucier-Bariteau

 

Face à ces problèmes, que faire? Nos recommandations

Étant donné la situation de la pauvreté dans les communautés autochtones, nous pensons que le gouvernement du Canada devrait accorder plus de pouvoirs aux Autochtones en ce qui concerne la gestion des ressources naturelles. Aussi, nous pensons qu’il devrait aider les réserves à créer des emplois. De cette façon, les gens qui vivent dans les réserves pourront s’enrichir. De plus, les communautés manquent de financement; Il faudrait donc leur accorder une plus grande somme d’argent afin de combler leurs besoins.

Voici deux recommandations par le Centre de la collaboration nationale de la santé autochtone :

«Les Objectifs du millénaire pour le développement […]soulignent la nécessité d’efforts intensifs de la part de tous les acteurs : pour améliorer la gouvernance, impliquer activement la société civile, promouvoir l’entreprenariat et le secteur privé, [et] mobiliser les ressources domestiques…» (Centre de collaboration nationale de la santé autochtone) et au Canada cela consiste « à éliminer l’écart en matière de financement du gouvernement entre les Autochtones et les non-Autochtones canadiens » . On parle aussi de développement économique durable et d’autodétermination en ce qui concerne leur prise de décisions.

L’économie sociale mise en place dans certaines réserves permettraient aussi de lutter contre la pauvreté, car elle permet de: «Promouvoir la pratique de l’économie sociale en milieu autochtone; créer une mobilisation autour de l’économie sociale; Concerter les Autochtones sur la valeur ajoutée de la pratique l’économie sociale; développer notre vision de l’économie sociale et favoriser l’implantation d’initiatives d’économie sociale autochtone » (Regroupement des centres d’amitié autochtones au Québec).

 Concernant la problématique des logements dans les réserves autochtones, nous pensons que la création d’emplois stables permettrait aux Autochtones de s’enrichir pour bien s’occuper de leur logement (présentement leur revenu est faible donc leur logement n’est pas une acquisition privée). Les recommandations en ce qui concerne le logement faite par le Centre de la collaboration nationale de la santé autochtone sont qu’ils auraient besoin d’un «  financement durable », « la reconnaissance et l’acceptation des droits et des titres autochtones relatifs au logement »(Centre de collaboration nationale de la santé autochtone) (ils veulent avoir plus d’autonomie en ce qui concerne les logements et le contrôle de leurs infrastructures. D’autres mesures pour faire en sorte qu’il y ait une meilleure qualité de logements dans les réserves serait de s’assurer qu’ils respectent «  les Normes nationales du bâtiment »(Centre de collaboration nationale de la santé autochtone).Nous pensons aussi que si la Loi sur les Indiens serait modifiée pour que leurs terrains leur appartiennent, il y aurait moins de logements surpeuplés et ils pourraient bâtir plus de maisons dans leur réserve.

Puisque la problématique de la malnutrition dans les réserves autochtones est très présente, nous recommandons la promotion d’une alimentation saine afin qu’il y ait moins de problèmes de santé. Manger à sa faim contribuerait aussi à réduire le stress. Plusieurs organismes viennent en aide aux autochtones tels que « l’Assemblée des Premières Nations du Québec et du Labrador (APNQL), le Conseil en Éducation des Premières Nations (CEPN), la CSSSPNQL et le Club des petits déjeuners du Québec, ainsi qu’un programme visant le développement de la sécurité alimentaire dans le cadre de l’Initiative sur le diabète chez les Autochtones (IDA) » (Commission de la santé et des services sociaux des Premières Nations du Québec et du Labrador). De notre point de vue, nous pensons que l’éducation serait aussi un bon moyen pour remédier à la malnutrition dans les communautés. Être au courant des effets néfastes et de toutes les conséquences importantes pourrait les mettre en garde.

Étant donné la situation de la violence envers les femmes autochtones, il existe: « La Table ronde nationale regroupe les gouvernements fédéral, provinciaux et territoriaux en partenariat avec les organisations autochtones nationales (OAN) pour discuter de la meilleure façon de collaborer et de coordonner les actions à prendre afin de contrer la violence faite aux femmes et aux filles autochtones, notamment lorsqu’elle mène à leur assassinat ou leur disparition » (Assemblée des Premières Nations). Cela permet ainsi de sensibiliser et prévenir, d’établir des plans et des protocoles de sécurité communautaire et de renforcer les mesures policières dans les communautés autochtones (Assemblée des Premières Nations).

Ayant été témoins de la pauvreté de la communauté Atikamekw de Manawan, nous croyons qu’il faudrait d’abord favoriser une intervention du gouvernement fédéral pour que les habitants puissent accéder à des subventions leur servant à améliorer leurs infrastructures.

Aussi, comme les grossesses précoces sont très fréquentes, il serait important d’instaurer des programmes d’éducation sexuelle pour minimiser les risques de grossesse à l’adolescence ou encore les risques d’ITSS. Cela permettrait également aux jeunes d’approfondir leurs connaissances vis-à-vis la sexualité.

Dans le même ordre que les programmes sur la sexualité, puisqu’il y a beaucoup de violence dans la communauté, il devrait y avoir en milieu scolaire des ateliers sur la violence pour sensibiliser d’avantage les jeunes à cet enjeu et les inciter à demander de l’aide lorsque la situation se présente, en instaurant aussi plus de programmes d’aide et de support psychologique.

Dans le domaine de l’éducation, il serait primordial que le Ministère de l’éducation du Québec apporte un plus grand soutien aux communautés autochtones québécoises. Nous ne parlons pas ici de tentatives de contrôle, mais bien d’initiatives de soutien. Autant d’un aspect financier que professionnel, il serait favorable aux communautés autochtones de bénéficier d’un support de la part du gouvernement, tout en gardant un respect et une considération de la culture des Premières Nations.

Tout est à gagner à faire des accords entre le gouvernement et les réserves dans le domaine de l’éducation : Le peuple autochtone arriverait ainsi à un meilleur accès à l’éducation et, du même coup, à effectuer des pas de plus vers la sortie de la misère et de la pauvreté.

Il serait aussi bénéfique de trouver des solutions afin d’encourager les professionnels du milieu de l’éducation à travailler dans les réserves, afin que les étudiants autochtones puissent avoir les mêmes ressources que les étudiants allochtones.

Toutes ces recommandations sont bien belles, mais sans ouverture sur le peuple autochtone de la part de la société québécoise, elles sont irréalisables. Avant toute chose, il serait donc important de créer des liens entre les communautés allochtones et autochtones, et ainsi abattre les préjugés. Apprendre à connaître, partager et respecter chaque culture améliorera la situation de tous.

Camille S.
Laurence B.
Éloïse G.
Élisabeth L.

Rencontre avec l’équipe de santé

Dans le cadre de notre séjour à Manawan, plusieurs rendez-vous étaient prévus avec divers intervenants de la communauté, que ce soit en santé ou en éducation.

En ce qui concerne le domaine de la santé, nous avons été en mesure de rencontrer des membres de l’équipe du Centre de Santé le mardi 7 avril 2015, à 15h00. Plus précisément,  nous avons rencontré Mmes Francine Moer, Jolianne Ottawa et Jacinthe Petiquay.

Le tableau suivant correspond à une partie de l’entrevue avec les intervenantes.

1. Considérant le fait qu’ils ont été élevés avec une forme de médecine plus traditionnelle, plus naturelle, est-il difficile pour les aînés de la communauté de se faire traité au Centre de Santé?
Les aînés reçoivent principalement des soins et des services de santé à domicile. Les intervenants vont parler avec eux pour qu’ils ne mélangent pas de pilules avec certaines plantes médicinales qu’ils utilisent pour éviter les risques d’intoxication.
2. Vu le peu de médecins, les infirmières sont-elles en mesure de donner des prescriptions?
Oui, les infirmière vont utiliser les guides de santé clinique établis par Santé Canada.
3. Quelle est la moyenne d’âge des femmes enceintes?
Beaucoup de jeunes filles vont tomber enceintes à l’âge 13 ans pour avoir l’aide sociale. C’est pour elles une forme de rémunération parce qu’elles ne peuvent pas nécessairement trouver un emploi dans la communauté, par exemple au dépanneur l’été (il n’y a qu’un employé dans le dépanneur de Manawan). Mais l’aide sociale n’est pas un salaire, c’est une aide.
4. Quelle est la procédure en cas d’urgence, c’est-à-dire, lorsque le Centre de Santé n’est pas en mesure de traiter les patients qui ont besoin d’aller à l’hôpital?
Les gens vont être transférés par ambulance à l’hôpital de Joliette, sauf qu’il n’y a pas d’ambulance à Manawan. Le véhicule va être envoyé de Saint-Michel-des-Saints pour se rendre à Manawan, ce qui prend au alentours de 1h30 pour arriver dans la communauté. Ensuite, l’ambulance quitte Manawan avec le patient en direction de l’hôpital de Joliette, ce qui prend un autre bon 2h. C’est extrêmement long.
5. Qu’est-ce qui incite certains habitants à quitter la communauté?
Les gens quittent la communauté pour continuer leurs études, ou autres. Mais ces personnes qui habitent en ville, ce n’est pas qu’ils ne veulent pas revenir dans la communauté, c’est qu’il sont désavantagés par la surpopulation dans les maisons. À Manawan, il y a un très gros problème de surpeuplement dans les maisons. Ce problème est entre autres du à la loi sur les Indiens, ce qui fait en sorte que les gens ne sont pas propriétaires de leurs maisons puisque les terrains ne leur appartiennent pas (ce sont des terres de la Couronne qui appartiennent au gouvernement) et le Conseil de bande doit donc se porter garant de tout.
6. Au Québec, les services de santé présentent certaines failles (par exemple, l’attente interminable pour se trouver un médecin de famille, ou encore lorsque l’on se présente aux urgences). Quels seraient, selon vous, le ou les problèmes du Centre de Santé de Manawan?
Que l’on parle du Centre de Santé ou des autres infrastructures, il n’y a pas d’équité dans la communauté lorsqu’on la compare au Québec. Par exemple, le Centre de Santé dispose d’un programme de soins palliatifs à domicile via le programme de soins à domicile, mais les médicaments contre la douleur ne sont pas payés. Aussi, il y a le fait que Manawan ne dispose d’aucune ambulance et pourtant la population est plus grande à Manawan qu’à Saint-Michel-des-Saints, ou encore que la communauté n’a pas accès à la radiothérapie, la physiothérapie et plusieurs autres.
7.      Vous entraidez-vous entre différentes communautés pour améliorer le domaine de la  santé?
Il n’y a pas d’échanges entre les communautés (les 3 Nations) par peur de représailles. Les communautés ont peur de se faire couper leurs avantages par le gouvernement s’ils informent les communautés qui n’en profitent pas.
8. Le problème de suicide est-il important dans la communauté de Manawan?
C’est moins dramatique que par le passé. Il y a quelques années, il y a eu une vague de suicides où quatre garçons se sont suicidés entre novembre et début janvier, ce qui a été très dur pour la communauté.
9. Quel est le problème de santé mentale le plus important dans la communauté?
Il s’agit de la crise suicidaire et plus précisément, les gens la vive généralement dans le moment présent.
10. Avez-vous des exemples d’initiatives prises dans la communauté pour contrer les problèmes de santé mentale?
Jacinthe a créé un programme où les jeunes faisaient un retour aux études et où on demandait aux aînés de venir leur parler pour leur donner un enseignement de contes et légendes. Il y a aussi le projet OSKO, plan de santé pour la détresse psychologique, la petite enfance et les habitudes de vie.
Rencontre avec les intervenantes du Centre de Santé de Manawan Erika Palamaro, 2015. (Jacinthe Petiquay et Francine Moer)
Rencontre avec les intervenantes du Centre de Santé de Manawan
Erika Palamaro, 2015.
(Jacinthe Petiquay et Francine Moer)

 

Laurence Blanchette

Rencontre avec Karine Awashish

Au cours de la semaine des sciences humaines, nous avons eu une formation avec Karine Awashish. Elle nous a donné quelques informations supplémentaires pour enrichir nos connaissances sur le sujet.

Quelques petites statistiques :

-5-10 % des Atikamekw habitent en milieu urbain

-75% de la population a moins de 35 ans

-40 % de la population a moins de 15 ans

D’un point de vue historique, elle a mentionné la loi sur les Indiens de 1872. Cette loi prévoit les fonctionnements politiques et met sous tutelle les Indiens. Cette loi existe depuis 100 ans et dicte le fonctionnement de la réserve. Elle croit qu’il serait difficile de briser cette dépendance entre les premières nations et le gouvernement.

Ce groupe devient de plus en plus peuplé et a de nombreuses problématiques sociales : manque de logements, manque de travail et surpeuplement des maisons qui appartiennent principalement au Conseil de bande. Il y a aussi monté des problèmes de santé et des problèmes de santé mentale.

Finalement, elle croit que la solution serait d’aider la communauté à devenir plus autonome et de miser sur la coopération.

Lien pour le visionnement de presentation de Kariane Awashish par Nikan :

https://ressources.cgodin.qc.ca/login?url=http://cve.grics.qc.ca/fr/861/5951

Élisabeth

 

Nouveaux apprentissages concernant les rituels et la culture Atikamekw durant le séjour à Manawan

Le premier jour complet à Manawan, nous avons rencontré Annick Flamand au Conseil de bande. Elle est aussi la représentante des femmes autochtones du Québec des trois communautés atikamekw. Durant la rencontre, elle a mentionné le rituel du placenta. Les femmes ayant une fausse couche et allant voir un médecin à Joliette ont de la difficulté à ramener leur placenta dans la réserve. Elles voudraient le ramener pour l’enterrer dans la terre et planter un arbre à cet endroit pour symboliser la relation avec la Terre-Mère.

De plus, il y a la célébration du Pow-wow, un rassemblement culturel qui permet une communication avec les esprits. C’est un évènement où tout le monde peut participer, mais il y a un cheminement à faire pour se préparer à la fête. Par exemple, la fabrication d’un régalia (un costume qui est souvent porté lors de Pow-wow) doit se faire tranquillement et le savoir de la fabrication doit être transmis. Pour les Atikamewks, les plumes disent beaucoup à propos d’une personne : qu’est-ce qu’elle a parcourue et son chemin futur. De plus, les autochtones ne tuent pas les oiseaux pour recueillir les plumes, mais attendent que le créateur l’offre comme symbole d’un devoir pour la communauté.

Pour ce qui est des guérisseurs de la région, il y en a 2 ou 3 assez reconnus à Manawan. Madame Flammand a précisé que Fernand Niquay était le plus connu.

Malheureusement, il y a aussi certains rituels et traditions qui ont tendance à disparaître avec le temps. C’est le cas de la fabrication de canots, de raquettes et de Tikinakan.

Durant l’après-midi, nous avons rencontré Jolianne Ottawa, Francine Moer et Jacinthe Petiquay. Elles ont parlé de l’alphabet atikamekw qui ne contient que 15 lettres et le fait qu’il y a un dictionnaire atikamekw. Pour nous donner plus d’information sur le rituel du placenta, elles ont mentionné que c’est seulement une partie du placenta qui est planté alors que l’autre partie est utilisée pour faire un médicament.

Finalement, nous avons rencontré plusieurs membres du personnel de l’école secondaire Otapi. Monsieur Volant, le directeur de l’école a parlé de la construction de l’aréna dans la réserve, il y a environ 1 an et demi. Il a précisé que ce changement a augmenté les conditions de vie des jeunes, puisqu’à la place de traîner dans les rues, ils peuvent s’occuper en participant à des activités. Le hockey n’est pas la seule activité pratiquée par les jeunes de la région, il y a aussi le basketball, la marche et le projet cirque du monde qui avait pour but de parler de suicide, comme nous a mentionné Mélanie Petiquay, l’intervenante scolaire.

Hyperlien pour voir le film Le Pacte de Melanie Petiquay: https://ressources.cgodin.qc.ca/login?url=http://cve.grics.qc.ca/fr/916/3528

Finalement, nous avons rencontré un artisant chez lui. Lors de cette rencontre, il nous a parlé de son parcours de vie et nous a montré ce qu’il fabrique. De plus, il nous a joué une chanson au tambour et montré les vêtements qu’il porte au Pow-wow.

Élisabeth

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Annick Flamand, agente d’employabilité et membre de Conseil de bande

Source: Erika Palamaro, 2015IMG_6751

Jacinthe Petiquay, Francine Moer, infirmières

Jolianne Ottawa, infirmière et membre de Conseil de bande

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M. Volant, directeur de l’école secondaire

Source: Erika Palamaro, 2015

 

 

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Artisan

SourceLErika Palamaro, 2015

 

Les cérémonies

La cérémonie du nouveau-né : Lors d’une naissance, il y a une cérémonie où «la mère présente l’enfant à tous les aînés, qui forment un cercle» (Michelle Provost, 1994,p.10) . Il y a don d’objets ayant une symbolique au nouveau-né, ainsi que prières et chants pour célébrer l’évènement (Michelle Provost, 1994, p.10).

La cérémonie des premiers pas : Lorsqu’un enfant fait ses premiers pas, il y a une cérémonie le matin dans une tente orientée vers l’est afin de laisser passer la lumière. L’enfant marche avec son parrain et sa marraine sur des branches de sapin. Après la marche, l’enfant reçoit «du gibier, une gibecière, un petit arbre décoré de rubans et une hache» (Michelle Provost, 1994, p.10). De plus, le garçon peut tirer un coup de fusil pour la première fois. Pour une jeune fille, on lui offre un Tikinakan (un porte-bébé) pour symboliser le don de la vie. Ce rituel confirme la responsabilité de chacun envers l’enfant pour l’accompagner tout au long de sa vie (Michelle Provost, 1994, p.10).

Lien pour la video de Wapikoni mobile sur le Tikinakan :http://www.wapikoni.ca/films/tikinakan

La cérémonie de sudation Matotasiwatekw : Cette cérémonie, destinée principalement aux adultes, se déroule dans une tente, où l’individu se recueille durant quelques heures. Des pierres chaudes sont placées au centre de celle-ci et on rajoute de l’eau et de la vapeur pour créer une impression de sauna. Durant la séance, c’est le temps de réfléchir sur sa propre vie (Michelle Provost, 1994, p.11).

Le deuil : Lorsqu’un individu de la communauté meurt, on expose le corps dans la maison du défunt durant trois journées et nuits. De surcroît, «les membres de la famille portent un bracelet noir en tissu, qu’ils gardent jusqu’à ce qu’il s’use et se détache» . Aussi, à la fin des repas, «les restes de nourriture sont brûlés par respect pour l’esprit du défunt» (Michelle Provost, 1994, p.26). Lorsqu’il vient le temps de l’enterrement, un repas est préparé pour le mort et tout le monde embrasse le cadavre par respect. Au moment où le cercueil est inséré dans la terre, chaque invité jette une poignée de terre dessus. Finalement, les possessions de la personne décédée sont seulement redistribuées 6 mois à 1 an après sa mort (Michelle Provost, 1994, p.26).

Le jour de l’an : À minuit au jour de l’an et avant le lever du premier jour de l’année, les aînés tirent des coups de fusil vers le ciel. De plus, les membres de la communauté se donnent des câlins (Michelle Provost, 1994, p.26).

Élisabeth

L’importance des saisons

Pour les Atikamekw, les saisons ont un grand impact quant aux activités de la région. Durant le Sikon (le mois de mars et avril), il y a les temps des érables. Cette saison permet la création de paniers d’écorce avec de la gomme d’épinette. Durant cette saison, il y a aussi la cueillette d’eau d’érable. Les Atikamekw utilisent le coton pour filtrer l’eau d’érable et il y a dégustation de tire d’érable (Patrimoine canadien, 2006-2015).Lors de notre séjour à Manawan, nous avons eu l’occasion de manger dans une tente à sucre et de discuter avec des gens de la communauté dans celle-ci.

Par la suite, il y a le Miroskamin (le mois de mai et juin). C’est le temps des fraises et de l’inventaire des ressources. Durant cette période, «on pêche au filet le doré, la truite grise et la truite rouge, on trappe le rat musqué et le castor, on chasse le canard et la perdrix, on dépèce le gibier et on apprête les peaux» (Patrimoine canadien,2006-2015).

L’été s’installe et c’est la saison nommée Nipin. Alors, «c’est la saison de la chasse au petit gibier (canards, perdrix, lièvres), de la pêche au filet (doré, brochet, truite rouge, truite grise), de la cueillette de l’écorce, des plantes médicinales et de petits fruits, dont le bleuet, à partir duquel on fabrique une pâte très dense et nourrissante qui est le dessert de la saison» (Patrimoine canadien, 2006-2015).

Il y a l’automne (nommé Takwakin) durant lequel on chasse l’orignal et on pêche le corégone. La peau est utilisée pour faire des raquettes (Patrimoine canadien, 2006-2015).

La prochaine saison est le pré-hiver (le Pitcipipon), c’est le mois de novembre et de décembre sur le calendrier. C’est la saison de la trappe de petits animaux pour faire de belles fourrures, principalement avec la peau du castor (Patrimoine canadien, 2006-2015).

Finalement, il y a le Pipon, c’est-à-dire l’hiver du mois de janvier et février. Pour les Atikamekw, c’est le mois de la marmotte. Durant l’hiver, les habitants continuent à pêcher et à fabriquer des raquettes pour se promener sur la neige (Patrimoine canadien, 2006-2015).

Élisabeth

La culture atikamekw

Les Atikamekw adoptent un mode de vie traditionnel. Ils sont un peuple nomade de tradition orale (Tourisme Manawan, www.voyageamerindiens.com).

Dans un documentaire de l’ONF, Hyacinthe Combary propose une comparaison entre les Atikamekw et son peuple ancestral, celui des Gourmantché au Burkina Faso (Hyacinthe Combary, 2004). Les deux peuples ont été colonisés et il y a eu tentative d’assimilation. C’est pourquoi ces peuples ressentent la nécessité de protéger leur langue. Dans les deux cultures, il y a un grand respect envers les aînés, ce qui ne fait pas partie des valeurs des peuples plus modernes. De plus, la nature est vénérée et par conséquent, il y a préoccupation environnementale. Dans ce documentaire, il est aussi mentionné maintes fois la symbolique du tambour qui permet le rassemblement de la tribu (Hyacinthe Combary, 2004). La musique peut être aussi harmonisée avec des chants. Un autre rite très pratiqué dans la communauté atikamekw est celui de la purification.

Il existe une fondation pour études chamaniques fondée par Michael Harner, un anthropologue. Cette fondation a comme but «d’étudier, d’enseigner et de préserver le chamanisme» (The foundation for shamanic studies, 2010-2014). Le chamanisme est caractérisé par les croyances en les esprits des animaux et la possibilité de faire des rêves prémonitoires. Durant la production de son documentaire, Hyacinthe a interrogé un chasseur qui a mentionné qu’il y a une croyance entre chasseurs que chacun va voir un esprit animal au moins une fois au cours de leur vie.

Les histoires importantes de la tradition orale sont composées de trois récits principaux : le début des temps, les éléments de la nature et «l’ordre de choses ou des éléments après l’avènement d’un déluge» (Tourisme Manawan, www.voyageamerindiens.com).

La langue atikamekw est parlée par toute la communauté, car elle est transmise d’une génération à l’autre et par l’éducation qui se fait en atikamekw jusqu’à la fin du primaire. Par conséquent, elle est la plus utilisée dans la vie quotidienne (Patrimoine canadien, 2006-2015, www.manawan.org/accueil). Dans la langue atikamekw, les mots se sont établis à cause des ressources et des éléments présents sur leur territoire. Par conséquent, tout ce qui ne fait pas partie de leur vie n’a pas de mot atikamekw pour le définir (Tourisme Manawan, www.voyageamerindiens.com).

La majorité de la communauté atikamekw est catholique. Comme en général au Québec, ce sont les personnes âgées qui sont les plus pratiquantes. Cependant, les rites tels que Noêl et Pâques sont importants et tous les citoyens y participent .La première chapelle à Manawan a été construite en 1904, mais elle a été détruite lors d’une tornade. Celle-ci a été rebâtie en 1942 et 1943 (Patrimoine canadien, 2006-2015, www.manawan.org/accueil).

La musique de la communauté «a rapport au territoire, aux ancêtres, au mode de vie, aux traditions, aux ressources, aux relations entre les membres d’une famille, d’une communauté, la vie en général» (Patrimoine canadien, 2006-2015, www.manawan.org/accueil).IMG_6595

Élisabeth

Église de Manawan

Source de la photo: Erika Palamaro, 2015

Le terme de réserve par le gouvernement et les revendications territoriales

Louis Newashish, le chef de la région à la fin du 19ème siècle, a demandé au gouvernement d’accorder une portion de territoire aux Atikamekws. En réponse aux multiples demandes de celui-ci, le gouvernement offre la réserve de Maniwaki (une réserve apparue en 1850). Cependant, le peuple ne voulait pas déménager à cet endroit, alors le gouvernement a accordé la réserve de Wemotaci (crée en 1880) et puis finalement, il y a eu la création de la réserve de Manawan en 1906 (Patrimoine canadien, 2006-2015).

Les revendications territoriales chez les Atikamekw ont débuté dans les années 70. En 1975, il y a eu association des Atikamekws et des Montagnais pour enquêter et revendiquer chacun leurs territoires. Deux rencontres avec les premiers ministres Robert Bourassa et Jacques Parizeau en 1994. En 2013, les Atikamekw et les Montagnais mettent fin à leur association. Dès ce moment, les Atikamekw ont pris en charge toutes leurs négociations et ils ont déposé leur offre sur la question du territoire en 1994 (Patrimoine canadien, 2006-2015).

En 2014, il y eu la déclaration de souveraineté de la part des Atikamekws, adoptée par tous les représentants élus de la nation (Radio-Canada, 2014).

Lien de radio-Canada pour la declaration de la souveraineté des Atikamekws :http://ici.radio-canada.ca/regions/mauricie/2014/09/08/004-nation-atikamekw-declaration-souverainete-territoire.shtml

Élisabeth

 

Un peu d’histoire…

Lors de l’arrivée des missionnaires, ceux-ci tentaient de ridiculiser le peuple Atikamekw de diverses façons. Hyacinthe Combary, un Africain ayant trouvé en le peuple Atikamekw une tribu qui lui fait penser au mode de vie de son pays d’origine, a réalisé un documentaire intitulé Histoire de sable (Hyacinthe Combary, 2004). Dans ce documentaire, il rencontre Charles Coocoo, un philosophe Atikamekw qui mentionne que les missionnaires avaient tendance à mal prononcer les noms des membres de la communauté pour les ridiculiser. Aussi, il y a eu le temps des pensionnats, où on retirait les jeunes Atikamekw de leur famille pour les séparer et les assimiler.

Documentaire Histoire de sable par Hyacinthe Combary: https://www.onf.ca/film/histoire_de_sable

En 1661, les Iroquois ont attaqué les Atikamekw. À cause des conflits entre ces deux peuples, les Atikamekw ont disparu des textes des missionnaires jusqu’à la fin de la décennie parce qu’ils étaient moins nombreux (Patrimoine canadien, 2006-2015, www.manawan.org/accueil). De surcroît, plusieurs maladies ont attaqué le peuple atikamekw, telle que la variole qui s’est répandue dans la communauté durant la même période que l’attaque des Iroquois.

La Proclammation royale de 1763 a permis une grande avancée dans les droits des Autochtones. Celle-ci décrète que les Autochtones ont une autorité politique et ont les mêmes droits que les non autochtones. Il y a aussi mention du principe d’égalité quant aux territoires, c’est-à-dire qu’il doit y avoir discussion entre l’État et le Conseil autochtone en ce qui a trait à des changements de territoire (Commission royale sur les peuples autochtones, 2012).

Lorsque les compagnies forestières ont commencé à s’intéresser à la région de Manawan, des Atikamekw ont été embauchés pour couper le bois et faire le flottage de billots sur la rivière. Cet évènement a causé un établissement plus permanent dans la région. La Compagnie de la Baie d’Hudson s’est aussi installée et a commencé à acheter les fourrures de la famille algonquienne, mais il offrait bien moins que leur valeur réelle. De surcroît, la compagnie vendait des fusils à prix élevés, alors peu d’Amérindiens en possédaient. La compagnie s’enrichissait énormément, car en payant les peaux avec de l’argent, les Amérindiens devaient ensuite dépenser l’argent à la Compagnie de la Baie d’Hudson puisque c’était le seul endroit qui commerçait avec de l’argent (Patrimoine canadien, 2006-2015, www.manawan.org/accueil). Cette situation représente très bien le mécanisme d’accumulation du capital de l’échange inégal puisque la Compagnie de la Baie d’Hudson profitait des Amérindiens en revendant les fourrures à profit. C’est la dépendance des Amérindiens envers les postes de traite de fourrure.

Dans le but de développer la région, il y a eu la construction du chemin de fer et cela a engendré de nombreux feux de forêt. Les compagnies forestières ont obtenu les régions qui n’étaient pas affectées et ont refusé l’accès aux Atikamekw qui désiraient y pêcher. En plus, les chemins de fer ont permis à des blancs de venir s’emparer de forêts pour la coupe d’arbres (Patrimoine canadien, 2006-2015, www.manawan.org/accueil).

Au début du XXème siècle, les Atikamekw ont des difficultés territoriales : manque d’animaux pour la chasse, forêt brûlée et chemin de fer. Donc, ce moment est marquant dans le développement de la région de Manawan. Cependant, la construction du chemin de fer a eu des répercussions négatives sur ce peuple, principalement la fuite du gibier et les feux de forêt. Le territoire peuplé se nomme Metapeckeka à cette époque, mais cette région est maintenant appelée Manawan. À cause de demandes gouvernementales, les Atikamekw sont passés de chasseurs et pêcheurs à agriculteurs, pour laisser le champ libre aux compagnies forestières (Patrimoine canadien, 2006-2015, www.manawan.org/accueil).

 Charles Coocoo, philosophe Atikamekw

Source : «CharlesCoocoomaelstrom», 2008, Wikimedia Commons, [En ligne], http://commons.wikimedia.org/wiki/File:CharlesCoocoo_maelstrom_fie.jpg (page consultée le 27 avril 2015)

 

Élisabeth