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Conclusion

 Après avoir fait un travail de recherche et un séjour dans la communauté de Manawan, il est maintenant possible de dire que l’on possède des connaissances générales plus approfondies face à la situation autochtone au Québec. En effet, puisque le peuple Atikamekw est un peuple ancien, nous comprenons maintenant mieux l’importance de leur bagage historique et culturel. Comme toutes les autres communautés, il vit cependant avec de nombreux problèmes de santé, tels que la toxicomanie et le suicide, plus précisément parce que les Autochtones sont un peuple vulnérable vivant dans un environnement difficile, d’où le fait d’expliquer leurs problèmes par le phénomène de double mauvais sort. Vivant en plus dans la pauvreté, cette communauté autochtone est également victime d’un taux important de chômage, de problèmes d’hygiènes, de violence et de malnutrition. Sur le plan de l’éducation, le manque de ressources, l’accès difficile à l’éducation ainsi que le manque de persévérance scolaire sont des facteurs aggravants de la situation générale de la communauté. En effet, un peuple scolarisé est un peuple plus développé, qui est en mesure de s’enrichir plus facilement. Il nous est également possible de dire que notre séjour dans la communauté de Manawan a été très agréable et que nous avons été en mesure de confirmer la plupart des informations recueillies pour notre recherche, ou encore d’apprendre de nouvelles choses. C’était une expérience enrichissante et nous espérons que le bagage dont nous avons hérité suite à ce séjour nous permettra de transmettre nos connaissances aux gens moins informés et noyés dans les préjugés face aux Autochtones. Nous souhaitons de tout cœur qu’il y aura sous peu un réel rapprochement entre les peuples autochtones et les Allochtones. Malgré ce que plusieurs peuvent penser, ce sont des gens très forts, mais surtout remplis d’espoir. Leur progression est loin d’être rapide, mais si l’on se décidait à leur tendre la main, peut-être pourraient-ils mieux s’en sortir. Accordons-leur au moins un regard pour prendre enfin pleinement conscience de leur réalité.

Bois Manawan. Erika Palamaro, 2015
Bois Manawan.
Erika Palamaro, 2015

 

Laurence Blanchette, Eloïse Gingras, Élisabeth Leblanc, Camille Saucier-Bariteau

 

Face à ces problèmes, que faire? Nos recommandations

Étant donné la situation de la pauvreté dans les communautés autochtones, nous pensons que le gouvernement du Canada devrait accorder plus de pouvoirs aux Autochtones en ce qui concerne la gestion des ressources naturelles. Aussi, nous pensons qu’il devrait aider les réserves à créer des emplois. De cette façon, les gens qui vivent dans les réserves pourront s’enrichir. De plus, les communautés manquent de financement; Il faudrait donc leur accorder une plus grande somme d’argent afin de combler leurs besoins.

Voici deux recommandations par le Centre de la collaboration nationale de la santé autochtone :

«Les Objectifs du millénaire pour le développement […]soulignent la nécessité d’efforts intensifs de la part de tous les acteurs : pour améliorer la gouvernance, impliquer activement la société civile, promouvoir l’entreprenariat et le secteur privé, [et] mobiliser les ressources domestiques…» (Centre de collaboration nationale de la santé autochtone) et au Canada cela consiste « à éliminer l’écart en matière de financement du gouvernement entre les Autochtones et les non-Autochtones canadiens » . On parle aussi de développement économique durable et d’autodétermination en ce qui concerne leur prise de décisions.

L’économie sociale mise en place dans certaines réserves permettraient aussi de lutter contre la pauvreté, car elle permet de: «Promouvoir la pratique de l’économie sociale en milieu autochtone; créer une mobilisation autour de l’économie sociale; Concerter les Autochtones sur la valeur ajoutée de la pratique l’économie sociale; développer notre vision de l’économie sociale et favoriser l’implantation d’initiatives d’économie sociale autochtone » (Regroupement des centres d’amitié autochtones au Québec).

 Concernant la problématique des logements dans les réserves autochtones, nous pensons que la création d’emplois stables permettrait aux Autochtones de s’enrichir pour bien s’occuper de leur logement (présentement leur revenu est faible donc leur logement n’est pas une acquisition privée). Les recommandations en ce qui concerne le logement faite par le Centre de la collaboration nationale de la santé autochtone sont qu’ils auraient besoin d’un «  financement durable », « la reconnaissance et l’acceptation des droits et des titres autochtones relatifs au logement »(Centre de collaboration nationale de la santé autochtone) (ils veulent avoir plus d’autonomie en ce qui concerne les logements et le contrôle de leurs infrastructures. D’autres mesures pour faire en sorte qu’il y ait une meilleure qualité de logements dans les réserves serait de s’assurer qu’ils respectent «  les Normes nationales du bâtiment »(Centre de collaboration nationale de la santé autochtone).Nous pensons aussi que si la Loi sur les Indiens serait modifiée pour que leurs terrains leur appartiennent, il y aurait moins de logements surpeuplés et ils pourraient bâtir plus de maisons dans leur réserve.

Puisque la problématique de la malnutrition dans les réserves autochtones est très présente, nous recommandons la promotion d’une alimentation saine afin qu’il y ait moins de problèmes de santé. Manger à sa faim contribuerait aussi à réduire le stress. Plusieurs organismes viennent en aide aux autochtones tels que « l’Assemblée des Premières Nations du Québec et du Labrador (APNQL), le Conseil en Éducation des Premières Nations (CEPN), la CSSSPNQL et le Club des petits déjeuners du Québec, ainsi qu’un programme visant le développement de la sécurité alimentaire dans le cadre de l’Initiative sur le diabète chez les Autochtones (IDA) » (Commission de la santé et des services sociaux des Premières Nations du Québec et du Labrador). De notre point de vue, nous pensons que l’éducation serait aussi un bon moyen pour remédier à la malnutrition dans les communautés. Être au courant des effets néfastes et de toutes les conséquences importantes pourrait les mettre en garde.

Étant donné la situation de la violence envers les femmes autochtones, il existe: « La Table ronde nationale regroupe les gouvernements fédéral, provinciaux et territoriaux en partenariat avec les organisations autochtones nationales (OAN) pour discuter de la meilleure façon de collaborer et de coordonner les actions à prendre afin de contrer la violence faite aux femmes et aux filles autochtones, notamment lorsqu’elle mène à leur assassinat ou leur disparition » (Assemblée des Premières Nations). Cela permet ainsi de sensibiliser et prévenir, d’établir des plans et des protocoles de sécurité communautaire et de renforcer les mesures policières dans les communautés autochtones (Assemblée des Premières Nations).

Ayant été témoins de la pauvreté de la communauté Atikamekw de Manawan, nous croyons qu’il faudrait d’abord favoriser une intervention du gouvernement fédéral pour que les habitants puissent accéder à des subventions leur servant à améliorer leurs infrastructures.

Aussi, comme les grossesses précoces sont très fréquentes, il serait important d’instaurer des programmes d’éducation sexuelle pour minimiser les risques de grossesse à l’adolescence ou encore les risques d’ITSS. Cela permettrait également aux jeunes d’approfondir leurs connaissances vis-à-vis la sexualité.

Dans le même ordre que les programmes sur la sexualité, puisqu’il y a beaucoup de violence dans la communauté, il devrait y avoir en milieu scolaire des ateliers sur la violence pour sensibiliser d’avantage les jeunes à cet enjeu et les inciter à demander de l’aide lorsque la situation se présente, en instaurant aussi plus de programmes d’aide et de support psychologique.

Dans le domaine de l’éducation, il serait primordial que le Ministère de l’éducation du Québec apporte un plus grand soutien aux communautés autochtones québécoises. Nous ne parlons pas ici de tentatives de contrôle, mais bien d’initiatives de soutien. Autant d’un aspect financier que professionnel, il serait favorable aux communautés autochtones de bénéficier d’un support de la part du gouvernement, tout en gardant un respect et une considération de la culture des Premières Nations.

Tout est à gagner à faire des accords entre le gouvernement et les réserves dans le domaine de l’éducation : Le peuple autochtone arriverait ainsi à un meilleur accès à l’éducation et, du même coup, à effectuer des pas de plus vers la sortie de la misère et de la pauvreté.

Il serait aussi bénéfique de trouver des solutions afin d’encourager les professionnels du milieu de l’éducation à travailler dans les réserves, afin que les étudiants autochtones puissent avoir les mêmes ressources que les étudiants allochtones.

Toutes ces recommandations sont bien belles, mais sans ouverture sur le peuple autochtone de la part de la société québécoise, elles sont irréalisables. Avant toute chose, il serait donc important de créer des liens entre les communautés allochtones et autochtones, et ainsi abattre les préjugés. Apprendre à connaître, partager et respecter chaque culture améliorera la situation de tous.

Camille S.
Laurence B.
Éloïse G.
Élisabeth L.

Causes de la violence chez les femmes autochtones

Autrefois, la femme était une figure d’autorité chez les Autochtones. Elle avait de l’importance puisqu’elle donnait naissance et elle était considérée comme la «  Terre mère » ( Dr  Yakin ERTÜRK, 2008), parce qu’on pensait qu’elle avait le même esprit. De plus, elle préparait les fourrures, faisait de la cueillette et de l’agriculture. Les activités que faisaient les femmes représentaient donc la vie et celle des hommes notamment avec la chasse représentait la mort. Avec l’arrivée des Européens qui sont venus s’établir en Amérique, ils ont transmis les valeurs de leur société patriarcale aux Autochtones, ce qui a transformé leur société. Cela a fit sorte qu’on portait désormais un moins grand respect pour les femmes autochtones. Lorsqu’une femme se fait battre par son mari ou qu’elle est maltraitée, souvent, le seul choix qui s’offre à elle est de quitter son foyer pour aller vivre avec d’autres membres de sa famille(cependant, la plupart du temps, leur foyer est surpeuplé) ou bien qu’elle quitte les réserves parce qu’il y a un manque de logements disponibles. C’est donc difficile pour les femmes dans les réserves d’échapper aux agressions qu’elles subissent, car elles sont laissées à elle-même, notamment à cause d’un manque de ressources, d’un manque de financement et elles n’ont pas de grandes opportunités de se trouver des emplois, car il n’y en a pas beaucoup dans les réserves( Dr  Yakin ERTÜRK, 2008).

 

Dans un document de l’Association des femmes autochtones du Canada, Guthrie Valaskakis (1999) mentionne : « [que] [l]a résistance à la colonisation a entraîné la représentation des femmes autochtones en tant que « squaws » – sales, obscènes, grossières et perverses »( L ’Association des femmes autochtones du Canada). Pour sortir de leur situation misérable les femmes auront recours à des stratégies propices à la violence telles que la prostitution, la toxicomanie, etc. La consommation d’alcool excessive serait aussi un facteur de violence envers les femmes. Le régime des pensionnats durant les années 1800 a eu de nombreuses répercussions sur les Autochtones et encore même aujourd’hui notamment avec la violence exercée envers les femmes autochtones. Celles-ci sont discriminées par leur sexe, ce qui fait en sorte qu’elles sont plus vulnérables à la violence( L’ Association des femmes autochtones du Canada).

Image qui représente la violence envers les femmes. http://pixabay.com/en/oppression-women-violence-barbie-458621/
Image qui représente la violence envers les femmes.
http://pixabay.com/en/oppression-women-violence-barbie-458621/

On peut donc faire un lien avec le cycle de la violence conjugale, car les trois causes de la violence conjugale sont : la tolérance sociale (on ne devrait pas dénoncer la violence puisque certains considèrent que cela fait partie de la vie privée des gens et qu’il ne faut pas s’en mêler), la socialisation c’est-à-dire la reproduction de comportements et le fait que nous vivons dans une société patriarcale cela fait en sorte qu’il y a encore des inégalités entre les hommes et les femmes. Ces trois causes sont les mêmes que pour la violence qui est faite envers les femmes autochtones        ( Laferté, 2014).

De nos jours, la violence reste encore un phénomène important chez les femmes autochtones, car plus de 1000 femmes sont disparues ou assassinées ( Radio-Canada).

Ce lien suivant permet d’accéder à la vidéo :

Mortes parce qu’elles étaient autochtones

http://www.lapresse.ca/…/01-4465583-mortes-parce-quelles-et… 

Eloïse G.

 

La malnutrition chez les Autochtones

L'épicerie de Manawan
L’épicerie de Manawan. Photo prise par Érika Palamaro

Autrefois, les Autochtones se nourrissaient grâce à la pêche, l’agriculture, la chasse et la cueillette pour de survivre. De nos jours, le territoire des Autochtones est plus limité et ils ne peuvent plus s’alimenter comme ils le faisaient avec leurs méthodes traditionnelles. Ils s’alimentent désormais avec des aliments commerciaux. La malnutrition chez les Autochtones comporte plusieurs conséquences telles que : « l’anémie, la carie dentaire, l’obésité, les maladies du cœur et le diabète  (Noreen, D. WILLOWS, 2005).

Section des boissons gazeuses dans la petite épicerie de Manawan
Section des boissons gazeuses dans la petite épicerie de Manawan. Photo prise par Érika Palamaro

Beaucoup d’enfants autochtones ne mangent pas à leur faim. Une recherche faite par l’Université Laval portant sur les enfants Inuits affirme que : «  La moitié des 294 enfants d’âge scolaire ayant participé à l’étude vivaient dans les foyers où la nourriture n’est pas toujours suffisante »(  ARBOUR, 2014). Aussi, étant donné que leur lieu d’habitation est éloigné, le coût de la nourriture leur est plus cher.

Eloïse G.

 

 

 

Problématique des logements

Le logement peut aussi affecter la santé des Autochtones (ci-dessous on parle particulièrement des Inuits et des Métis). Plusieurs logements sont chers (si on considère leur revenu et le fait qu’il y a beaucoup de chômeurs), ont de la moisissure, sont surpeuplés et nécessitent des réparations. Cela est un risque pour la santé des Autochtones, car cela facilite la transmission de maladies comme la tuberculose ( Centre de collaboration nationale de la santé autochtone, p.2). Cependant, ils n’ont pas assez de financement pour améliorer leur situation, car elle est utilisée pour d’autres priorités telles que l’accès aux soins de santé, l’éducation et les installations sanitaires. La détérioration des logements est due au manque d’entretien et à la construction de mauvaise qualité (Centre de collaboration nationale de la santé autochtone).

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Jolianne Ottawa : Infirmière dans la communauté de Manawan et élue au Conseil de Bande Photo prise par Érika Palamaro

De plus,  lors d’un entretien avec Jolianne Ottawa, cette dernière nous a mentionné qu’il manque de logements dans la réserve de Manawan et qu’ils sont surpeuplés. Elle nous a aussi informé sur la Loi sur les Indiens qui fait en sorte qu’aucun terrain ne leur appartient puisque se sont des terres de la Couronne. Même si certains Autochtones voudraient se construire une maison, cela constitue une grande difficulté pour eux.  À cause de cette Loi,  ils n’ont aucune garantie pour pouvoir emprunter de l’argent afin de pouvoir se bâtir une habitation.  Aussi, dès qu’il y a un logement qui se libère, celui-ci n’est pas en vente. Il y a une longue liste d’attente de personnes qui désirent obtenir un logement.

Eloïse G.

Difficultés chez les peuples autochtones

Annick Flammand : agente de liaison  en employabilité et fomration, représentante des femmes atikamekwa au Québec et conseillère au Conseil de Bande à Manawan.
Annick Flammand : agente de liaison en employabilité et fomration, représentante des femmes atikamekwa au Québec et conseillère au Conseil de Bande à Manawan. Photo prise par Érika Palamaro

Annick Flammand, une agente de liaison avec employabilité et formation, représentante des femmes Atikamekws au Québec et conseillère au conseil de bande de Manawan, a accepté une entrevue de groupe avec nous.  Elle nous a parlé des difficultés des Autochtones qui sont directement en lien avec la pauvreté dans la communauté.

Concernant l’économie des Atikamekws, Mme Flammand nous a mentionné qu’il y a plus de chômage qu’il peut y avoir d’emplois. Le secteur de l’entreprenariat serait une belle opportunité pour les Autochtones d’améliorer leur économie. Cependant,  la Loi sur les Indiens fait en sorte qu’ils ne peuvent pas faire de prêts pour se partir une entreprise. Le problème est aussi que la banque veut une garantie et ils n’en ont aucune. La majorité des maisons sur la réserve de Manawan appartiennent au Conseil de Bande. De plus, le terrain où les maisons sont construites est une terre de la Couronne.  Les Autochtones ne peuvent donc pas faire ce qu’ils veulent de la terre sur laquelle ils vivent. Tout cela fait en sorte qu’il est très difficile de créer des emplois dans la réserve.  Beaucoup de personnes sont donc sur l’aide sociale.

Aussi, une solution pour améliorer l’économie dans la réserve de Manawan serait dans le secteur de l’entreprenariat. Par contre, le problème se trouve  dans le manque de financement. Annick a donc conclu que la loi des Indiens fait en sorte que le gouvernement maintient les Autochtones dans un cycle de dépendance. Ces derniers voudraient plus d’autonomie afin d’améliorer leurs conditions, mais cette loi freine leur développement et engendre la pauvreté dans les communautés autochtones.

Eloïse G.

Le cercle vicieux de la pauvreté

Groupe de religieuses avec  des élèves autochtones au Port Harrison ( QC) en 1890
Groupe de religieuses avec des élèves autochtones au Port Harrison ( QC) en 1890. H. J. Woodside. Bibliothèque et Archives Canada, PA-123707 https://www.flickr.com/photos/lac-bac/14260482006/

La pauvreté chez les Autochtones engendre la pauvreté. Tout d’abord, c’est à cause de leur histoire avec le régime des pensionnats de 1831 et 1996 qui ont engendré leur situation aujourd’hui. Les parents étaient forcés d’envoyer leurs enfants dans ce système d’éducation sous peine d’emprisonnement ( Fondation autochtone de l’espoir). Ce système d’éducation, créé par « les Blancs », avait pour but d’assimiler les autochtones, mais celui-ci les ont traumatisés. Les Autochtones ne pouvaient pas parler leur langue ou pratiquer leur culture sous peine de sanctions. Ils ont subi des agressions sexuelles, des châtiments physiques, certains ont été soumis à des expérimentations médicales, ont été malades et d’autres en sont même décédés ( Fondation autochtone de l’espoir). Les enfants autochtones qui ont été enlevés de leurs parents avaient perdu leur culture et avaient de grandes difficultés à se réintégrer (anomie sociale). Ils ont donc perdu leur identité à cause de la perte de leurs repères sociaux, des transformations sociales ainsi qu’au dysfonctionnement de leur société (Notes de cours sociologie , Exercice sur le DVD « Les jeunes Autochtones du Québec ).

De plus, les pensionnats ont engendré des inégalités sociales chez les Autochtones. Ceux-ci ont aussi été traumatisés de générations en générations puisque les Autochtones qui ont soufferts dans les pensionnats ne pouvaient pas bien répondre aux besoins fondamentaux de leurs enfants notamment en leur fournissant de l’amour, de la sécurité, et de l’attachement ( Lafrance, 2009).  Leurs enfants ont donc été marqués eux aussi. Depuis ce temps , beaucoup d’Autochtones vivent dans la pauvreté ( Lafrance, 2009) ( plus de problème de santé physique, santé mentales, moins grande espérance de vie, mauvaises habitudes de vie comme consommation  d’alcool excessive ou de drogues et ils n’ont pas les moyens d’utiliser des services de santé, comme par exemple aller chez le dentistes, etc.)( Notes de sociologie , Exercice  « La connaissance des inégalités sociales » à partir du texte de M-T Lacourse). Tout cela fait en sorte que les Autochtones sont marginalisés et exclus socialement.

Eloïse G.

 

 

Pauvreté et chômage chez les Autochtones

La pauvreté affecte beaucoup les Autochtones. Cela aura des impacts au niveau de leur santé, de leur hygiène, de leur logement, de leur accès à l’eau potable, cela risque de les exclure socialement, faire en sorte qu’il y ait un taux de chômage élevé, que les gens sont peu éduqués et qu’ils aient un faible revenu. On dit que chez les Premières Nations, 25 % des enfants autochtones vivent dans la pauvreté ( Centre de collaboration nationale de la santé autochtone).   De plus, près de 100 communautés autochtones n’ont pas accès à de l’eau saine pour en consommer, ou bien pour leur hygiène. En ce qui concerne les logements, ils sont surpeuplés et cela facilite la transmission de maladies. « Près d’un adulte sur quatre des Premières Nations vivent dans des foyers surpeuplés et 23% des Autochtones habitent dans des maisons nécessitant des réparations majeures » ( Centre de collaboration nationale de la santé autochtone) .

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Photo prise par Érika Palamaro dans la réserve de Manawan. Elle représente la pauvreté avec le chien errant et les déchets qui traînent à côté de la maison.

On peut remarquer qu’il y a beaucoup d’Autochtones qui sont au chômage : « Le taux de chômage des personnes inscrites comme Indiens habitant une réserve équivaut à presque quatre fois le taux général canadien (27,7 % vs 7,3 %) » ( Lafrance, 2009). Le fait qu’il n’y ait pas assez d’emplois dans les réserves en est une cause. D’un point de vue économique, la demande pour les emplois dans les réserves est plus élevée que la quantité d’emplois offerts. On peut voir que le taux d’emplois est faible : « Le taux d’emplois des personnes inscrites comme Indiens habitant une réserve est plus bas que le taux général canadien (37,4 % vs 61,7 %) »( Lafrance, 2009). Étant donné cette situation, les Autochtones n’ont pas beaucoup d’opportunités pour se trouver un emploi (un gagne-pain). Il est donc difficile pour eux de se sortir de la pauvreté s’ils n’ont pas de travail qui leur rapporte un revenu afin de nourrir leur famille et de combler leurs besoins.

Étant donné le taux de chômage élevé, nous pouvons constater que beaucoup d’Autochtones sont chômeurs et reçoivent des prestations d’aide sociale. Cela s’explique, car il n’y a pas beaucoup d’emplois dans les réserves. Les Autochtones ne possèdent pas les ressources nécessaires pour qu’ils puissent profiter des revenus qu’ils pourraient en tirer. De plus, ils n’ont pas un niveau de scolarité élevé (manque d’éducation) et ils sont discriminés sur le marché du travail. En ce qui concerne le manque d’éducation, beaucoup d’autochtones ne sont pas motivés d’aller à l’école, notamment à cause de raisons historiques. Plusieurs Autochtones ont eu des expériences négatives avec l’éducation dans les pensionnats (Association canadienne de justice pénale). De plus, rares sont ceux qui ont fait leur études supérieures, parce qu’ils doivent quitter leur réserve (cela implique aussi de quitter leur famille, leurs amis). S’ils quittent celle-ci, ils ont souvent de la difficulté à s’y réintégrer         (Association canadienne de justice pénale). Il y a aussi d’autres causes qui font en sorte que les jeunes ne sont pas motivés d’aller à l’école. Il y a aussi le fait qu’ il n’y ait pas d’emplois dans les réserves (les jeunes autochtones ne veulent pas quitter leur communauté) et pour certains, aller à l’école signifie perdre leur culture et  » devenir Blanc ».  Aussi, il y a le fait que les Autochtones vivent dans des familles nombreuses puisque la famille est une valeur importante pour ceux-ci. Cela fait en sorte que les enfants ont moins de support dans leurs études, puisque leurs parents sont souvent occupés (Rosalie Séguin Noël).

Selon un Rapport sur les droits à l’égalité des Autochtones publié par la Commission canadienne des droits de la personne, les Autochtones :

« ont des revenus médians après impôt moins élevés ; risquent davantage de ne pas trouver un emploi ; sont plus susceptibles de toucher des prestations d’assurance-emploi et d’aide sociale ; risquent davantage de vivre dans un logement nécessitant de réparations majeures; risquent davantage d’être victimes de violence physique ou émotionnelle, ou d’agression sexuelle ; risquent davantage d’être victimes d’actes criminels violents [et] risque davantage d’être incarcérés et de se voir refuser une libération conditionnelle » ( Commission canadienne des droits de la personne).

En bref, nous pouvons constater qu’ils vivent dans de conditions misérables.

Eloïse G.

 

 

 

 

 

Rencontre avec l’équipe de santé

Dans le cadre de notre séjour à Manawan, plusieurs rendez-vous étaient prévus avec divers intervenants de la communauté, que ce soit en santé ou en éducation.

En ce qui concerne le domaine de la santé, nous avons été en mesure de rencontrer des membres de l’équipe du Centre de Santé le mardi 7 avril 2015, à 15h00. Plus précisément,  nous avons rencontré Mmes Francine Moer, Jolianne Ottawa et Jacinthe Petiquay.

Le tableau suivant correspond à une partie de l’entrevue avec les intervenantes.

1. Considérant le fait qu’ils ont été élevés avec une forme de médecine plus traditionnelle, plus naturelle, est-il difficile pour les aînés de la communauté de se faire traité au Centre de Santé?
Les aînés reçoivent principalement des soins et des services de santé à domicile. Les intervenants vont parler avec eux pour qu’ils ne mélangent pas de pilules avec certaines plantes médicinales qu’ils utilisent pour éviter les risques d’intoxication.
2. Vu le peu de médecins, les infirmières sont-elles en mesure de donner des prescriptions?
Oui, les infirmière vont utiliser les guides de santé clinique établis par Santé Canada.
3. Quelle est la moyenne d’âge des femmes enceintes?
Beaucoup de jeunes filles vont tomber enceintes à l’âge 13 ans pour avoir l’aide sociale. C’est pour elles une forme de rémunération parce qu’elles ne peuvent pas nécessairement trouver un emploi dans la communauté, par exemple au dépanneur l’été (il n’y a qu’un employé dans le dépanneur de Manawan). Mais l’aide sociale n’est pas un salaire, c’est une aide.
4. Quelle est la procédure en cas d’urgence, c’est-à-dire, lorsque le Centre de Santé n’est pas en mesure de traiter les patients qui ont besoin d’aller à l’hôpital?
Les gens vont être transférés par ambulance à l’hôpital de Joliette, sauf qu’il n’y a pas d’ambulance à Manawan. Le véhicule va être envoyé de Saint-Michel-des-Saints pour se rendre à Manawan, ce qui prend au alentours de 1h30 pour arriver dans la communauté. Ensuite, l’ambulance quitte Manawan avec le patient en direction de l’hôpital de Joliette, ce qui prend un autre bon 2h. C’est extrêmement long.
5. Qu’est-ce qui incite certains habitants à quitter la communauté?
Les gens quittent la communauté pour continuer leurs études, ou autres. Mais ces personnes qui habitent en ville, ce n’est pas qu’ils ne veulent pas revenir dans la communauté, c’est qu’il sont désavantagés par la surpopulation dans les maisons. À Manawan, il y a un très gros problème de surpeuplement dans les maisons. Ce problème est entre autres du à la loi sur les Indiens, ce qui fait en sorte que les gens ne sont pas propriétaires de leurs maisons puisque les terrains ne leur appartiennent pas (ce sont des terres de la Couronne qui appartiennent au gouvernement) et le Conseil de bande doit donc se porter garant de tout.
6. Au Québec, les services de santé présentent certaines failles (par exemple, l’attente interminable pour se trouver un médecin de famille, ou encore lorsque l’on se présente aux urgences). Quels seraient, selon vous, le ou les problèmes du Centre de Santé de Manawan?
Que l’on parle du Centre de Santé ou des autres infrastructures, il n’y a pas d’équité dans la communauté lorsqu’on la compare au Québec. Par exemple, le Centre de Santé dispose d’un programme de soins palliatifs à domicile via le programme de soins à domicile, mais les médicaments contre la douleur ne sont pas payés. Aussi, il y a le fait que Manawan ne dispose d’aucune ambulance et pourtant la population est plus grande à Manawan qu’à Saint-Michel-des-Saints, ou encore que la communauté n’a pas accès à la radiothérapie, la physiothérapie et plusieurs autres.
7.      Vous entraidez-vous entre différentes communautés pour améliorer le domaine de la  santé?
Il n’y a pas d’échanges entre les communautés (les 3 Nations) par peur de représailles. Les communautés ont peur de se faire couper leurs avantages par le gouvernement s’ils informent les communautés qui n’en profitent pas.
8. Le problème de suicide est-il important dans la communauté de Manawan?
C’est moins dramatique que par le passé. Il y a quelques années, il y a eu une vague de suicides où quatre garçons se sont suicidés entre novembre et début janvier, ce qui a été très dur pour la communauté.
9. Quel est le problème de santé mentale le plus important dans la communauté?
Il s’agit de la crise suicidaire et plus précisément, les gens la vive généralement dans le moment présent.
10. Avez-vous des exemples d’initiatives prises dans la communauté pour contrer les problèmes de santé mentale?
Jacinthe a créé un programme où les jeunes faisaient un retour aux études et où on demandait aux aînés de venir leur parler pour leur donner un enseignement de contes et légendes. Il y a aussi le projet OSKO, plan de santé pour la détresse psychologique, la petite enfance et les habitudes de vie.
Rencontre avec les intervenantes du Centre de Santé de Manawan Erika Palamaro, 2015. (Jacinthe Petiquay et Francine Moer)
Rencontre avec les intervenantes du Centre de Santé de Manawan
Erika Palamaro, 2015.
(Jacinthe Petiquay et Francine Moer)

 

Laurence Blanchette

Mon portrait

Je m’appelle Eloïse Gingras.

Je suis étudiante en sciences humaines.  Dans le cours de DIA, je suis dans l’équipe qui travaille sur le sujet  des Atikamekws. On va aller séjourner dans la communauté et je pense que cela va être une belle expérience enrichissante !!141220-155653

Ce qui me passionne : j’aime bouger, faire du jogging et être avec mes proches.