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Éditorial

«La violence traverse le temps, les cultures, les classes sociales et, dès que l’on cherche à la contenir ou à la canaliser, elle ressurgit ailleurs sous une autre forme» (BEDIN et DORTIER). De nos jours, elle semble omniprésente et nul ne peut nier l’importance qu’elle a prise au sein de notre société. En effet, il est aujourd’hui impossible de regarder la télévision, naviguer sur internet ou lire le journal sans être confronté à une vague de violence se présentant sous plusieurs formes et provenant d’un peu partout sur la planète. Préoccupés par l’importance grandissante de ce phénomène et son impact sur notre société ainsi que sur les générations futures, nous avons décidé de nous pencher sur une des formes de violence les plus extrêmes ; le terrorisme.

Exploité comme moyen de communication depuis des siècles par des groupes souhaitant se servir de la violence comme moyen de pression, le terrorisme est aujourd’hui un phénomène connu de la majorité d’entre nous et, pourtant, peu nombreuses sont les personnes qui en connaissent réellement les fondements et qui sont en mesure de répondre aux questions suivantes : Qu’est-ce qui a amené la création de ce moyen d’expression? Comment s’est-il développé? Est-ce que tous les actes terroristes  font partie d’un seul et même courant où est-il possible que le terrorisme soit, en fait, répartis en plusieurs branches comme certaines religions? Quels sont les moments phares de l’histoire de l’humanité où des actes terroristes furent posés? Comment les gouvernements des divers pays sur la planète tentent-ils de freiner la propagation des idées terroristes? Qui sont véritablement les victimes des actes terroristes perpétrés à travers le globe?

Bien que nombreuses, les questions énumérées ci-dessus ne forment qu’une infime partie du questionnement concernant le phénomène du terrorisme. Souhaitant démystifier ce phénomène et comprendre pourquoi le recours à la violence est devenu aujourd’hui un réflexe pour plusieurs personnes, nous nous somme penchés sur la question du terrorisme, et ce, en tentant de regarder au-delà des actes.

Il est certain que faire fi de la violence inouïe engendrée par les actes terroristes tout en conservant un esprit critique et un point de vue neutre est une tâche ardue. Au départ, nous possédions tous une opinion assez arrêtée sur la question terroriste. Par contre, au fil de nos recherches, il fut possible de comprendre les fondements de ce mouvement et de se faire une idée de ce qui amène des personnes à adopter de tels comportements. Cette recherche n’a pas modifié le fait que nous dénonçons tout acte terroriste perpétré sur le globe, mais en revanche, elle nous a permis de comprendre que tous les pays ont un rôle à jouer dans la propagation du mouvement terroriste et que, pour y mettre un terme, chacun doit fournir un effort.

10666084_341351272709453_328188173498726137_nLaurence Bouchard

Photo DDCSamuel Groulx

portraiChris Philippi

sssss Patrick Tobgi

Quelques attentats terroristes et les conséquences qu’ils ont engendrées

Afin de faire passer leur message et de recruter de nouveaux partisans prêts à adopter leurs idéaux, les adeptes du terrorisme posent un ensemble d’actes basés sur l’usage de la violence. Que ce soit un attentat, une prise d’otage ou  une exécution publique, les actions perpétrées par une organisation terroriste sont déclenchées «pour créer un climat d’insécurité, pour exercer un chantage sur un gouvernement [ou] pour satisfaire une haine à l’égard d’une communauté, d’un pays, d’un système» (Encyclopédie Larousse). Une infime partie des actes revendiqués par des insurgés ou par des regroupements terroristes depuis le début du XXème siècle devint l’exemple auquel plusieurs se réfèrent aujourd’hui pour illustrer ce phénomène. Certains attentats ont marqué l’imaginaire populaire à cause de leur ampleur, leurs conséquences ou bien l’importance de la couverture médiatique qui leur fut accordée. Parmi ces derniers, mentionnons l’attentat de Sarajevo ayant causé la mort de l’archiduc François-Ferdinand d’Autriche en 1914 à l’aube du déclenchement de la Première Guerre mondiale,  les attentats du World Trade center et du Pentagone aux États-Unis le 11 septembre 2001, ainsi que la tuerie du journal Charlie Hebdo survenue le 12 janvier dernier sur le territoire parisien.

 

L’assassinat de l’archiduc François-Ferdinand, héritier du trône d’Autriche-Hongrie

La Première Guerre mondiale, conflit qui décima toute une génération en causant plus de 10 millions de morts et plus de 20 millions de blessés entre 1914 et 1918, «découle de la conjonction de nombreux facteurs déjà à l’œuvre depuis plusieurs décennies» (Langlois et Villemure, 2012, p. 314). En effet, le déclenchement de la Grande Guerre est attribuable à l’accumulation des conséquences de plusieurs éléments et événements, dont les tensions palpables sur le sol européen causées par «l’inadéquation entre les frontières des États et les vœux formulés par les différentes nations» (Venayre). Le peuple serbe, dispersé sur la majorité du territoire balkanique (Établissement de communication et de production audiovisuelle de la défense, 2012) caressait le rêve de modifier les frontières politiques de la péninsule afin de les faire coïncider avec les frontières culturelles existantes et ainsi mettre en place des États-nations.

carte aspiration des balkans
Aspirations des pays balkaniques à l’aube de la Première Guerre mondiale REPORT OF THE INTERNATIONAL COMMISSION TO INQUIRE INTO THE CAUSES AND CONDUCT OF THE BALKAN WARS, CARNEGIE ENDOWMENT FOR INTERNATIONAL PEACE, «Balkan Aspirations (showing boundaries of 1912) », 1914, [balkan_aspirations_1914.jpg], sur le site University of Texas librairies, [En ligne], http://www.lib.utexas.edu/maps/historical/history_balkans.html (Page consultée le 10 avril 2015)

En 1912, profitant du déclin de l’Empire Ottoman, les nations balkaniques s’allièrent et déclenchèrent une guerre contre les empires Ottoman et Austro-hongrois afin de proclamer leur indépendance et se détacher de l’emprise des grandes puissances présentes sur leur territoire. Ce conflit dura deux années et se solda par une victoire des peuples balkaniques sur l’Empire Ottoman. Par contre, à l’issue de ces combats, le découpage des pays repris aux turcs ne fut pas administré comme l’auraient souhaité les nationalistes serbes et la double couronne austro-hongroise conserva la maîtrise de quelques territoires de la péninsule. Ces décisions transformèrent les Balkans en véritable «poudrière» qui finit par éclater le 28 juin 1914, lorsqu’un groupe d’étudiants serbes exécutèrent l’héritier du trône de l’Empire austro-hongrois.

S’inscrivant dans le courant du terrorisme nationaliste, idéologie prônant la souveraineté de l’État-nation, l’attentat terroriste ayant couté la vie à l’héritier François-Ferdinand et à son épouse fut perpétré à Sarajevo par Gavrilo Princip, un jeune nationaliste serbe. Désireuse de  venger cet événement, l’Autriche-Hongrie délivra un ultimatum à la Serbie et face au refus de cette dernière d’accepter l’entièreté des termes évoqués, elle déclara la guerre à la Serbie le 28 juillet 1914 (Becker, 2003), ce qui entraîna la planète dans un des conflits les plus sanglants de l’histoire.

S’étendant sur quatre longues années, la Grande Guerre eut des conséquences majeures sur l’ensemble de la population. Ayant causé la mort d’une génération entière sur les champs de bataille, elle s’attaqua aussi aux populations civiles, femmes et enfants, vivant à l’écart du front, mais tout autant traumatisés par les horreurs de la guerre. Du côté financier, les grandes puissances européennes furent durement endettées par le coût de la guerre et par les montants devant être déboursés afin d’assurer la reconstruction de leurs pays. Au niveau du territoire, les empires disparurent et firent place à de nouveaux pays, majoritairement des républiques, délimités par le tracé de nouvelles frontières. De plus, afin de s’assurer qu’un conflit comme celui-ci ne se reproduise plus, la Société des nations, ancêtre de l’ONU, fut créée et le Traité de Versailles fut adopté.

Les éléments énumérés ci-dessus ne sont qu’une infime partie de toutes les conséquences engendrées par la Première Guerre mondiale.  Bien que demeurant flou, le rôle joué par l’attentat terroriste de Sarajevo dans le déclenchement de cette dernière reste certain. Qu’il soit l’étincelle responsable de la mise en branle du conflit ou simplement un événement parmi plusieurs ayant eu un impact minime sur le déclenchement de la guerre, le meurtre de François-Ferdinand restera à jamais lié à la Grande Guerre dans l’imaginaire populaire.

 

Les attentats terroristes du 11 septembre 2001 sur le sol étasunien

La date du 11 septembre 2001 restera à jamais gravée dans l’histoire comme le jour où fut commis «l’attentat terroriste le plus meurtrier de l’histoire des États-Unis» (Guay, 2014) puisque cette attaque causa la mort de près de 3000 personnes. Perpétré par 19 terroristes membres du groupe extrémiste Al-Qaïda créé et dirigé par Oussama Ben Laden, cet acte d’une extrême violence fut exécuté grâce au détournement de 4 avions de ligne.

En effet, le matin du 11 septembre 2001, quatre avions utilisés pour le transport de passagers furent pris en otage par des terroristes et leurs itinéraires furent modifiés afin de les rediriger vers des cibles préétablies par le groupe extrémiste. Deux des avions s’écrasèrent au cœur de Manhattan sur les tours jumelles du World Trade center. L’édifice abritant, entre autre, les bureaux de 350 entreprises reliées au commerce mondial, s’effondra peu de temps après avoir été touché causant la mort de milliers de personnes. Le troisième avion atteint le Pentagone, bâtiment au sein duquel se trouve le département de la défense des États-Unis, à Washington. Le quatrième et dernier engin s’écrasa dans un champ de Pennsylvanie. Cet attentat, entrant dans la catégorie du terrorisme islamique, fut perpétré par des islamistes radicaux souhaitant démontrer au monde entier leur désaccord avec la vision américaine du monde ainsi que la position des États-Unis sur la scène internationale. Cette attaque reste, à ce jour, la plus importante exécutée sur le sol américain depuis la tentative d’assaut de l’armée japonaise sur la base militaire de Pearl Harbor en 1941.

carte world trade center
Dommages générés parles attentats du 11 septembre 2001 sur le territoire des États-Unis MOUSSAOUI TRIAL, «World Trade Center – Diagram Depicting the Damage to the Buildings in the World Trade Center Area as a Result of the Attacks on September 11», 2006, [Exhibit GX-P200009], sur University of Texas librairies, [En ligne], http://www.lib.utexas.edu/maps/historical/wtc_p200009-1.jpg (Pagecionsultée le 10 avril 2015)

Ces attaques s’étant déroulées à New York et Washington furent mises en place, entre autres, pour dénoncer la politique étrangère des États-Unis qui accorde à ces derniers un statut de dominance sur la scène internationale. Ces attentats engendrèrent des conséquences et modifièrent, entre autres, la politique du pays américain. En effet, l’ampleur de l’attentat généra un état de crise sur le sol des États-Unis et poussa le gouvernement à instaurer des mesures de contrôle plus strictes afin de protéger les citoyens et ce, en renforçant notamment l’espace aérien du pays. De plus, afin d’être en mesure de débusquer les auteurs présumés des attaques du 11 septembre, le gouvernement  américain soutint la thèse selon laquelle il est du devoir des États-Unis, en tant que grande puissance mondiale,  d’imposer la démocratie aux peuples jugés «inférieurs». En utilisant cette vision puisée dans les principes de base du colonialisme, le président Bush pu, avec le soutient de l’ONU, déployer l’armée sur le territoire afghan, pays susceptible d’abriter en son sein Oussama Ben Laden. Au lieu de permettre l’arrestation de ce chef terroriste, la mission américaine entraîna la mise en place de deux guerres qui sévirent pendant plus de dix ans en Afghanistan et en Irak. Ces déploiements sur les territoires du Proche-Orient en 2001 et de l’Asie centrale en 2003, ne générèrent que désolation et affrontements sanglants, des coûts exorbitants pour les États-Unis et l’attribution d’une image moins qu’enviable des américains sur la scène internationale.

Il est aujourd’hui possible de déclarer que les affrontements meurtriers déclenchés au nom de l’éradication du terrorisme, objectif numéro un de la politique étrangère des États-Unis depuis le 11 septembre 2001, furent les responsables de la destruction de plusieurs territoires du Moyen Orient et, ce faisant, causèrent la mort de milliers de personnes. En effet, il est estimé que ces guerres ont coûté la vie à plus de 225 000 personnes et en ont blessées plus de 365 000 autres. Au sein de ce lourd bilan, ce sont les pertes civiles qui occupent la plus grande place, totalisant plus de 172 000 morts sur les sols afghan, pakistanais et irakien (Agence France-Presse, 2011). En plus d’avoir causé la mort de centaines de milliers d’individus, ces guerres engendrèrent des dépenses faramineuses de la part du gouvernement américain.

Outre la destruction de plusieurs territoires musulmans et la mort de milliers de personnes, les  affrontements armés déclenchés par les États-Unis suite aux attentats du 11 septembre engendrèrent une augmentation de la radicalisation chez les jeunes en provenance de plusieurs pays à travers la planète. En effet, la colère et l’indignation de la diaspora musulmane suite au massacre causé par les guerres américaines fut une des motivations incitant des jeunes de diverses régions du globe à se radicaliser en rejoignant un mouvement extrémiste prônant l’usage de la violence. En plus des politiques étrangères, l’exclusion sociale est aussi un facteur poussant des jeunes à adhérer à la branche radicale de certaines religions en rejoignant des groupes vivant à des milliers de kilomètres de chez eux, et ce dans l’espoir de trouver des solutions à leurs problèmes personnels (CIEM, 2006).

En plus d’être une des causes de la montée de la radicalisation à travers la planète, les guerres déclenchées par les États-Unis dans le but d’éradiquer le terrorisme eurent de grands impacts sur l’économie américaine. Afin de financer sa lutte contre le terrorisme, le gouvernement des États-Unis dut débourser plus de 3700 milliards de dollars (ce qui représente le quart de la dette du pays) (CIEM, 2006), et ce, sans compter la baisse de revenu engendrée par les attentats du World Trade center. En effet, la destruction des tours jumelles obligea beaucoup d’entreprises, étant auparavant situées en leur sein, à se relocaliser ou à se reconstruire, ce qui fit perdre un montant d’argent considérable à la ville de New York. Par la suite, plus de 100 milliards de dollars furent perdus et en plus, plus de 125 000 personnes se retrouvèrent dès lors au chômage (Fillion, 2006).

Le secteur économique le plus touché fut sans doute celui de l’aviation puisque les attaques furent perpétrées grâce au détournement d’avions contenant à leur bord des civils américains. Cette réalité causa une vague d’effroi au sein de la population, autant celle en provenance des États-Unis que d’ailleurs, qui devint réticente à l’idée d’utiliser le transport aérien. Accompagnant cette baisse de fréquentions du système d’aviation, il fut possible d’observer des pertes de revenus dans les secteurs du tourisme, de l’hébergement et de la restauration sur le territoire new-yorkais (Fillion, 2006), et ce, à cause de la peur d’assister à quelques représailles de la part de groupes terroristes. Ce sentiment, bien que toujours présent aujourd’hui, s’estompa avec le temps ce qui permit à l’économie américaine de se remettre sur pied assez rapidement.

Ayant marqué les années 2000 par leur ampleur et les nombreux changements qu’ils engendrèrent sur la planète entière, les attentats du World Trade center représentent aujourd’hui l’exemple le plus exploité afin d’illustrer le concept de terrorisme. Pour certains spécialistes, le 11 septembre 2001 marque une cassure dans l’histoire des États-Unis car, à partir de ce moment, le territoire américain fut «perçu comme vulnérable [et ce], même si les mesures décidées après les attentats […] l’ont dans l’ensemble protégé de nouvelles attaques» (Gayral, 2011). Pour d’autres, les attentats commis par des extrémistes commettant un suicide altruiste, c’est-à-dire des personnes appuyant leur cause jusque dans la mort, furent l’occasion de prouver la puissance des États-Unis et le sentiment identitaire reliant l’ensemble du peuple américain.  Malgré les opinions divergentes existantes sur le sujet, une chose est sure; les événements ayant pris place sur le sol américain en septembre 2001 eurent de gros effet sur la planète entière.

 

Les attentats du Charlie Hebdo au cœur de la capitale française

Dès ses premiers moments, l’année 2015 fut marquée par la barbarie de «la tuerie qui a coûté la vie à 12 personnes dans les locaux de l’hebdomadaire satirique français Charlie Hebdo» (Bourgeault-Côté, 2015) le 7 janvier dernier.  Visant l’élimination des caricaturistes du journal, cette fusillade fut exécutée par des terroristes souhaitant venger le prophète Mahomet, plus d’une fois mis en scène dans les publications du Charlie Hebdo, en punissant les individus ayant illustré cette figure emblématique musulmane dans leur journal.

Cet hebdomadaire, ouvertement athée et revendiquant un ton provocateur, reçut, au fil des ans, de nombreuses menaces de la part de groupes politiques ou religieux en réponse aux caricatures illustrant ses pages. La polémique la plus importante à laquelle se retrouva mêlé le journal fut celle de 2006, dite des caricatures du prophète Mahomet.

une du charlie hebdo
Caricature de Mahomet sur la une du Charlie Hebdo du 2 novembre 2012 CHARLIE HEBDO, «Page couverture du Charlie Hebdo du 2 novembre 2011», 2011, [8759497349], sur Flickr, [En ligne], https://www.flickr.com/photos/apbpix/8759497349/ (Page consultée le 22 février 2015).

Le 8 février 2006, le «Charlie Hebdo réalis[a] un « coup » éditorial et  ouvr[it] un vaste débat sur la liberté d’expression en publiant, dans ses pages intérieures, douze caricatures du prophète musulman Mahomet» (Le Monde, 2015). Pour les adeptes de la religion musulmane, faire circuler des dessins mettant en scène Dieu ou le prophète représente un blasphème et c’est pourquoi le journal satirique s’attira les foudres des ardents défenseurs de cette religion. Ce fut en représailles à la publication de ces caricatures et de plusieurs autres au cours des années qui suivirent que l’évènement du 7 janvier 2015 fut perpétré.

La tuerie ayant pris place sur le sol français eut pour conséquence de relancer le débat sur la liberté d’expression. Encadrée par plusieurs lois, cette liberté possède tout de même des limites. Principe de base du système démocratique évoqué dans la Déclaration des droits de l’homme et du citoyen de 1789, la liberté d’expression donne le droit à tout un chacun de parler, écrire et imprimer librement (Le Monde politique, 2013). Ce droit est garanti par le système démocratique, mais il est loin d’être absolu, c’est-à-dire que «les divers moyens permettant la liberté d’expression font l’objet de limitations. [C’est pourquoi], la presse doit parfois limiter les propos tenus dans ses articles en raison notamment des délits de provocation à la haine et de discrimination raciale» (Le Monde politique, 2013). Suite au massacre du Charlie Hebdo, beaucoup de questionnements fusèrent quant à savoir où se trouvent les limites évoquées plus haut et jusqu’à quel point la presse doit se censurer pour ne pas tenir des propos à caractère haineux pouvant offenser certaines personnes et donc, contrevenir aux limitations en questions. Dans cette optique, certains spécialistes jugèrent que les rédacteurs du journal satirique ont peut-être poussé leur audace un peu trop loin en s’attaquant directement à la religion musulmane à plusieurs reprises et ce, en dépit du mécontentement général exprimé par les adeptes de cette religion. Bien que comprenant les idées ayant poussées les terroristes à agir ainsi, les quelques partisans de cette pensée s’entendirent tous pour dire que le recours à la violence n’est jamais la bonne manière de faire passer des idées et ils s’allièrent tout de-même derrière le journal afin de dénoncer l’acte effroyable s’étant produit sur le sol français.

Nombreuses furent les personnes qui donnèrent leur appui au Charlie Hebdo et encouragèrent la population à ne pas céder devant les menaces en continuant à s’exprimer à l’aide du slogan : «Je suis Charlie».

lieu de rassemblement Charlie hebdo
Lieu de recueillement rendant hommage aux caricaturistes du Charlie Hebdo FLICKR, «Je suis Charlie», 2015, [16038034800], [En ligne], https://www.flickr.com/photos/valentinacala/16038034800/ (Page consultée le 10 avril 2015)

Cet appui fut manifesté, entre autres, à l’aide de marches au cœur de plusieurs pays, de l’affichage du slogan «Je suis Charlie» un peu partout à travers le monde, ainsi que de la publication d’éditoriaux et de caricatures incitant les gens à utiliser leur plume et leur crayon afin de combattre le terrorisme par des mots et des idées, et en n’utilisant la violence sous aucun prétexte. De plus, le fait que l’édition du 14 janvier 2015 du Charlie Hebdo, parut une semaine après les attentats, fut écoulée à plus de 7 millions d’exemplaires, au lieu des 30 000 habituels (La tribune, 2015), est un autre exemple de l’appui du public envers les rédacteurs de ce journal satirique et de l’envi général de dénoncer le terrorisme et l’utilisation de la violence dans le but de faire passer des idéaux ou des messages.

Premier attentat terroriste de l’année 2015 sur le sol français, le massacre visant à éliminer les membres  du Charlie Hebdo restera gravé dans les mémoires comme étant le jour où la liberté d’expression fut attaquée.

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Une de la dernière édition du Charlie Hebdo CHARLIE HEBDO, «Je suis Charlie, tout est pardonné», 2015, [16271059135], sur Flickr, [En ligne], https://www.flickr.com/photos/pointyears/16271059135/ (Page consultée le 22 février 2015)

Il est évident que cet évènement ira rejoindre les attentats du 11 septembre 2001 et le meurtre de l’archiduc François-Ferdinand à titre d’exemples utilisés afin d’illustrer les moyens pouvant être utilisés par les terroristes. Ces trois événements ne représentent qu’une infime partie de ceux qui furent perpétrés depuis le début du vingtième siècle et les conséquences énoncées ne font qu’un survol rapide de l’impact qu’ils eurent sur l’ensemble de la planète. Il est donc nécessaire de comprendre ce que font les pays  pour tenter de mettre un terme à ces attaques meurtrières. De plus, il est aussi essentiel de s’interroger quant aux solutions que nous pourrions apporter afin d’éradiquer ce phénomène et ses conséquences de plus en plus présentes au sein de la société.

 

10666084_341351272709453_328188173498726137_n   Laurence Bouchard

Entrevue avec monsieur Azeddine Hmimssa

L’homme dont nous avons entretenu un interview avec est Président de Bel Agir et membre du collectif de recherche de La Chaire du Canada Islam, Pluralisme Globalisation, Université de Montréal.

Questions/réponses lors de l’entrevue avec monsieur Azeddine Hmimssa

  • Le phénomène de la radicalisation :
  1. Qu’est-ce qui vous a menée à vous intéresser au phénomène de la radicalisation chez les jeunes Québécois?

Réponse: Il y a deux raisons principales. En général, quand on parle de radicalisation chez les jeunes, ça touche principalement les jeunes musulmans. Étant musulman moi-même, il était normal que ce sujet m’interpellais. Ensuite, il s’agissait d’une belle opportunité de recherche universitaire qui me permettait du coup de répondre à mes questions sur le sujet.

  1. À quel point ce phénomène a-t-il pris de l’ampleur au cours des dernières années, et croyez-vous qu’il continuera d’en prendre d’avantage?

Réponse: L’extrémisme violent est en fait une idéologie très ancienne. Elle n’a pas toujours été celle que nous connaissons aujourd’hui, soit une idéologie pratiquée entres autres par des groupes islamiques extrémistes. En fait, l’extrémisme violent aura porté différentes couleurs, chacune propre à chaque période ou génération de l’histoire. Par exemple, les croisades au Moyen-Âge étaient de l’extrémisme violent.

  1. Pourquoi croyez-vous que le phénomène de la radicalisation chez les jeunes Québécois prend de l’expansion en ce moment?

Réponse: En raison de l’accessibilité à l’internet, mais aussi de la forte discrimination au niveau de la pensée du peuple québécois. Bien sûr, des événements comme la Charte de la laïcité au Québec n’aura eu comme effet que de scinder le peuple québécois et c’est à cette image que se réfère les jeunes de la société. Dans l’adolescence, le jeune se trouve à être dans une quête d’identité, une quête personnelle où parfois il va retrouver une raison, un réconfort dans la religion. De plus, la perception du jeune face à un problème est d’ailleurs très importante. La plupart d’entre eux partent pour rejoindre les groupes extrémistes avec en tête non pour tuer, mais bine pour faire un voyage humanitaire et aider les populations locales. Une fois rendu là-bas, ils se rendent compte qu’ils sont pris au piège. Au départ, la radicalisation du jeune passe par l’humiliation, la discrimination, l’islamophobie et plusieurs autres dont il est témoin dans son entourage. De plus, l’internet est un accès facile à de l’information qui semble être satisfaisante et qui offre de belles récompenses à ceux qui veulent bien s’informer. Les groupes extrémistes non besoin que de belles paroles afin d’entraîner les jeunes à rejoindre leur rang. Aussi simple que ça!

  1. Est-ce que la radicalisation est un phénomène qui prend autant d’expansion au Québec qu’ailleurs sur la planète? Quelles sont les régions du globe les plus touchées par ce fléau et pourquoi selon vous le sont-t-elles?

Réponse: Non, le phénomène est assez global. Il est intéressant de noter que durant les 11 derniers mois, 3142 personnes ont été signalés comme suspect d’avoir rejoint les rang de l’É.I. Par contre, seulement 9% d’entres eux ont réussi à rejoindre la Syrie. Les jeunes ont accès à internet partout désormais et l’islamophobie bat à son comble depuis septembre 2001. Les jeunes sont donc sujet à se radicaliser peu importe où ils se trouvent dans le monde d’aujourd’hui.

  • Le terrorisme en sol canadien :
  1. Pourquoi, selon vous, les manifestations terroristes sur le sol canadien sont-elles plus nombreuses aujourd’hui?

Réponse: D’abord il faut comprendre que même si les attentats ont été effectués « back à back », la proportion de répondants à l’État Islamique s’est révélé très faible comparativement au nombre d’adeptes de ce groupe. Il n’y a donc pas vraiment de raison pour s’alarmer. Je crois plutôt qu’il s’agit d’une malchance pour le Canada, car si l’on regarde autour, l’Australie et la France ont eux aussi été touchés.

  1. À votre avis, quelles sont les motivations pouvant se cacher derrières de tels actes?

Réponse: Il s’agit comme pour les jeunes de personnes ayant présenter des signes de recherche d’identité, de raison d’être. Souvent les radicaux agiront en fonction de leur perception face à la situation et certains iront malheureusement trop loin dans leur réflexion.

  1. D’après-vous, comment le Canada devrait-il réagir par rapport aux actes terroristes perpétrés sur son sol et ailleurs sur la planète?

Réponse: Il s’agit ici de prendre des décisions sécuritaires. Il faut développer des stratégies minimisant le nombre de personne à risque de subir les conséquences. Il faut des procédures dans ces stratégies et respecter ces dernières. Aussi, les pays se doivent de cesser de vouloir imposer leur propre régime idéal. C’est important pour la sécurité de tous et le maintien de la paix. Les États totalitaires tomberont si les pays cessent d’intervenir. Une population unie est plus forte que des armes et des bombes contre un gouvernement injuste. On a pu l’observer par exemple en Égypte lors du printemps arabe avec la chute de Mubarak.

  1. Que pensez-vous de la décision de M. Harper de continuer l’intervention militaire canadienne en Syrie afin d’affaiblir le mouvement État Islamique?

Réponse: Encore ici, je propose de cesser les opérations militaires. Les pays comme les États-Unis disent vouloir amener la démocratie dans les pays dirigés par des tyrans, mais l’on voit bien que (depuis la Deuxième Guerre mondiale) les efforts ne font qu’alimenter le feu. Ces interventions militaires ne font qu’augmenter la frustration des populations. Ici, un désengagement militaire pour remplacer par des discussions politiques et des entretiens avec les membres importants des population locales seraient probablement plus approprié.

  • Les conséquences des politiques canadiennes visant l’éradication du terrorisme :
  1. Afin de mettre un terme au terrorisme, le gouvernement du Canada souhaite calquer sa politique face à ce sujet sur celle des États-Unis, est-ce une bonne idée selon vous?

Réponse: Non, comme dis précédemment, je pense plutôt que des interventions pacifiques et diplomates seraient à prioriser pour établir une paix mondiale.

  1. Quelles conséquences cette décision pourrait-elle avoir au sein même du pays (sur la population, les jeunes…) et ailleurs sur la planète?

Réponse: La décision de continuer les opérations militaires? Cela ne ferait qu’augmenter les tensions et augmenter les chances de répercutions envers le Canada. De plus, cela ne donnerait qu’encore plus de raisons pour les jeunes de chercher à se radicaliser et rejoindre ces groupes extrémistes.

  1. Croyez-vous que la position de M. Harper face à la possession et à l’usage des armes à feu puisse encourager le recours à des actions violentes afin de faire passer des idées? Quelles conséquences cette position politique pourrait-elle engendrer?

Réponse: Que de nouveaux problèmes. Nous assiterions à des problèmes comme sont aux prises les États permettant la possession d’armes à feu. Je crois que ce n’engendrerai que de la violence et rien d’autre.

  • Les solutions face au terrorisme et aux conséquences qu’il engendre
  1. Selon-vous, comment pourrions-nous réduire la radicalisation chez les jeunes au Québec et ailleurs sur la planète?

Réponse: Il faut changer nos approches avec les jeunes. Les gouvernements ainsi que les populations se doivent de trouver des solutions pour favoriser la paix entre les individus et l’entraide. Plus il y aura de paix, plus les gens seront ouvert d’esprit et plus on verra une acceptation des autres autour de soi. Il y aura une baisse de la violence et une diminution des tentions entre les différentes nationalités/ethnies.

  1. D’après-vous quelles seraient les actions à poser afin de réduire les actes terroristes perpétrés sur le sol canadien? Et ailleurs sur la planète?

Réponse: Il faut améliorer les moyens de communication entre les pays pour mieux comprendre les intérêts des autres et se diriger tous ensemble vers une paix mondiale. Il y aura ainsi une meilleure justice. Il est d’ailleurs primordiale, en raison des nombreux conflits durant la dernière décennie s’étant déroulé au Moyen-Orient, que les États-Unis adoptent une position neutre face aux conflits mondiaux. Ils se doivent de cesser de toujours se retrouver au devant de la scène internationale au niveau militaire. Cela ne les empêche pas par contre d’être des leaders mondiaux en ce qui concerne des négociations et des échanges pacifiques.

Recommandations pour contrer le terrorisme

  • Étant donné l’échec des politiques étrangères basées sur la force et l’intervention militaire dans l’éradication du terrorisme, il faudrait plutôt que les gouvernements des grandes puissances sur la scène mondiale adoptent des politiques basées sur la diplomatie, la paix, la justice et la compréhension.
  • Étant donné le lien important existant entre l’accès aux images violentes et la propagation des idées terroristes, il serait important de réduire le contenu à caractère violent diffusé dans les médias, les films et particulièrement dans les jeux vidéos.
  • Étant donné le nombre important de jeunes en provenance d’un peu partout qui se radicalisent et partent rejoindre des groupes terroristes, il serait primordial que chaque pays travaille, de l’intérieur, pour freiner ce phénomène en apportant de l’aide à ces jeunes.
  • Étant donné le grand nombre de jeunes qui se radicalisent sur internet, il serait nécessaire de régulariser cet outil.
  • Étant donné que bon nombre des jeunes qui se radicalisent et partent rejoindre des groupes terroristes ont des problèmes d’intégration ou sont en quête de sens dans leur vie, il serait nécessaire de mettre en place des politiques visant l’intégration de ces jeunes.
  • Étant donné que la majorité des jeunes qui se radicalisent sont des jeunes idéalistes pensant aller changer le monde en rejoignant des groupes extrémistes, il serait nécessaire de bien expliquer à la population, surtout aux jeunes en quête de sens, ce qu’implique vraiment le fait de rejoindre un groupe terroriste.
  • Étant donner que les politiques du Canada en appui aux israéliens et à la destruction du Moyen-Orient aident à la radicalisation des jeunes du pays, il serait nécessaire de modifier les positions politiques de notre pays.
  • Étant donné le développement de l’Islam radical à travers la planète, il serait important d’instaurer des mesures concrètes afin d’en ralentir la propagation.

 

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Conclusion

En conclusion, le terrorisme, ensemble d’actes d’une violence extrême visant à transmettre un message précis, est présent sur la planète depuis des siècles et ce, sous diverses formes et suivant les principes de plusieurs courants bien distincts. La propagation de cette forme de violence fut, entre autres, engendrée par l’intensification de la misère sur la planète et par la politique étrangère agressive des États-Unis. De plus, l’augmentation du recours aux actes terroristes pour faire passer une idée se voit par le nombre important d’événements de nature terroriste perpétrés au cours des derniers siècles tels que l’assassinat de l’archiduc François-Ferdinand à l’aube de la Première Guerre mondiale, les attentats du 11 septembre 2001 aux États-Unis et la tuerie du journal Charlie Hebdo sur le territoire français.

L’utilisation de ce moyen de communication extrêmement violent entraîne des conséquences psychologiques, économiques, sociologiques et même géographiques sur le territoire et la population visés par les actes commis. De plus, ces conséquences peuvent être de longue durée et même nécessiter une intervention des gouvernements influents à travers le monde ainsi que de l’ONU. Afin de réparer les dommages causés par les attentats terroristes perpétrés ou bien afin de prévenir d’éventuelles attaques, l’ONU et les divers gouvernements se doivent d’implanter des politiques assurant la sécurité de leurs citoyens, telle que la politique des États-Unis visant l’élimination complète du terrorisme, qui fut instaurée en réponse aux attentats du World Trade center qui furent perpétrés à New York en septembre 2001.

Bien que plusieurs solutions furent proposées afin d’éradiquer le terrorisme, bon nombre de celles qui furent essayées ne firent que causer d’autres problèmes et ne permirent aucunement de remplir le but initial pour lequel elles furent créées. Afin de modifier la donne, il est nécessaire de continuer à étudier le sujet du terrorisme pour tenter de dénicher d’autres solutions permettant de mettre un terme à ce fléau. Dans cette optique, il serait tout d’abord important de réduire l’accès au contenu violent présent dans les médias et prenant de plus en plus de place dans la société.

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Médiagraphie

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Mon portrait

10666084_341351272709453_328188173498726137_nJe m’appelle Laurence Bouchard et  je suis étudiante en sciences humaines au Cégep Gérald-Godin. J’adore l’histoire et particulièrement l’anthropologie et l’archéologie. Je m’intéresse aux différentes cultures et en particulier à la façon dont celles-ci voient et s’adaptent au monde dans lequel nous évoluons .

L’art, en particulier le dessin et la peinture, est aussi une discipline qui m’allume énormément et qui me permet de m’exprimer de multiple façon.

Au plaisir,

Laurence