Archives de catégorie : BlanchetteLaurence

Médiagraphie

Article d’un site internet

BEAUCHAMP MARTIN, Julie. «Moins de prématurés à la Manawan grâce à la télésanté», dans le Journal de Joliette, 4 octobre 2011, [En ligne], http://www.hebdosregionaux.ca/lanaudiere/2011/10/04/moins-de-prematures-a-la-manawan-grace-a-la-telesante (page consultée le 20 février 2015)

BOISVERT, Lili. «Pensionnats autochtones : survivants #44, #58, #99…», dans Radio-Canada, [En ligne], http://ici.radio-canada.ca/nouvelles/National/2013/04/25/001-pensionnats-autochtones-survivants.shtml (page consultée le 13 avril 2015)

OLIVIER, Fannie. « Des écoles si insalubres qu’elles sont « dangereuses »», La Presse.ca , 22 novembre 2012, [En ligne], http://www.lapresse.ca/actualites/education/201211/22/01-4596746-des-ecoles-si-insalubres-quelles-sont-dangereuses.php (page consultée le 23 février 2015)

SIOUI, Marie-Michèle. «Manifestation contre le projet de loi C-33 à Kahnawake», La Presse, 14 mais 2014, [En ligne], http://www.lapresse.ca/actualites/politique/politique-canadienne/201405/14/01-4766557-manifestation-contre-le-projet-de-loi-c-33-a-kahnawake.php (page consultée le 19 février 2015)

«Les Atikamekw déclarent leur souveraineté», dans Radio-Canada, [En ligne], http://ici.radio-canada.ca/regions/mauricie/2014/09/08/004-nation-atikamekw-declaration-souverainete-territoire.shtml (page consultée le 15 avril 2015)

 

Article tiré d’une base de données

LAROSE, François, Jimmy BOURQUE, Bernard TERRISSE et Jacques KURTNESS, «La résilience scolaire comme indice d’acculturation chez les autochtones : Bilan de recherches en milieux innus», Revue des sciences de l’éducation, volume 27, numéro 1, 2001, p. 151-180 dans Érudit (page consultée le 16 février 2015)

MCDONOUGH, Brian. «Le drame des pensionnats autochtones», Relations, numéro 768, octobre-novembre 2013, p. 33-35 dans Érudit (page consultée le 16 février 2015)

OTTAWA, Éva. «Construire notre avenir en misant sur notre héritage ancestral», Recherches amérindiennes au Québec, volume 44, numéro 1, 2014, p. 115-117 dans Érudit (page consultée le 16 février 2015)

 

Document audiovisuel

Alexandra AWASHISH, Tikinakan, Québec, Wapikoni mobile, 2006, 6minutes et 49 secondes, couleur, [En ligne], http://www.wapikoni.ca/films/tikinakan (page consultée le 13 avril 2015)

François BÉGIN, Karine Awashish, série Nikan, Canada, Productions Nikan inc, 2005, 24 minutes, couleur, [En ligne], https://cve.grics.qc.ca/fr/861/5951 (page consultée le 13 avril 2015)

Hyacinthe COMBARY, Histoire de sable, Canada, Yves Bisaillon, 2004, 48 min et 27 secondes, couleur, DVD R Documentaire.

Yvon DUBÉ et Erica POMERANCE, Le Pacte, Canada, Productions Sikonik Inc, 2007, 48 minutes, couleur, [En ligne], http://cve.grics.qc.ca/fr/916/3528?destination=/ (page consultée le 13 avril 2015)

PREMIÈRE CHAÎNE DE RADIO-CANADA, Télé-Santé dans «L’Avenir est Indien», [En ligne], http://ici.radio-canada.ca/emissions/l_avenir_est_indien/2011-2012/document.asp?idDoc=193954 (page consultée le 19 février 2015)

RADIO-CANADA, Chez les Atikamekws, Diffusion à la Première Chaîne le 15 janvier 2012, [En ligne], http://ici.radio-canada.ca/emissions/l_avenir_est_indien/2011-2012/document.asp?idDoc=193954 (page consultée le 20 février 2015)

Tim WOLOCHATIUK, Nous n’étions que des enfants…, 2012, 82 min 57 s, couleur, [En ligne], https://www.nfb.ca/film/nous_netions_que_des_enfants (page consultée le 13 avril 2015)

Images

Affaires indiennes et du Nord Canada. «Les Nations», 2012, [Nation], sur le site Autochtone, [En ligne], http://mondeautochtone.blogspot.ca/p/blog-page.html (page consultée le 23 février 2015)

 

Livres

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CAMPEAU, Robert, et al. «Qui est Émile Durkheim?», dans Individu et société, introduction à la sociologie, 3e édition, Montréal, Gaëtan Morin, 2004, p.58 à 62

CLOUTIER, Pierre, et Guy PARENT. Initiation à la psychologie, 2e édition, Montréal, Chenelière Éducation, 2013, 434p.

MUCHIELLI, Laurent. «Durkheim: Le père de la sociologie moderne» dans La sociologie: Histoires et idées, Auxerre, Sciences humaines éditions, 2000, p.45-54

PROVOST, Michelle. Le gouvernement du Québec et le musée de la civilisation. Nitaskinan Notre territoire, Boucherville, GRAFICOR, 1994, 40 pages.

 

Ouvrage de référence

Marie-Pierre BOUSQUET, Roger RENAUD, Universalis, « AMÉRINDIENS – – Amérique du Nord », Encyclopædia Universalis [en ligne] (page consulté le 16 février 2015)

 

Site Internet

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ARBOUR, Caroline. La malnutrition et le taux de croissance, liés, chez les enfants du Nunavik, [En ligne],   http://www.rcinet.ca/fr/2014/08/27/la-malnutrition-et-le-taux-de-croissance-lies-chez-les-enfants-du-nunavik/ (Page consultée le 19 février 2015)

«ARCHIVÉ – Points saillants du rapport de la Commission royale sur les peuples autochtones», dans Affaires autochtones et Développement du Nord Canada, [En ligne], http://www.aadnc-aandc.gc.ca/fra/1100100014597/1100100014637 (page consultée le 1 février 2015)

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Centre de collaboration nationale de la santé autochtone. Le logement : un déterminant social de la santé des premières nations , Inuit et Métis, [En ligne], http://nccah.netedit.info/docs/french%20fact%20sheets/social%20determinants%20fact%20sheets/1689_NCCAH_fs_housing_FR_V2.pdf ( Page consultée le 19 février 2015)

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Radio-Canada. Femmes autochtones disparues ou assassinées : la problématique, [En ligne], http://ici.radio-canada.ca/sujet/femmes-autochtones-assassinees-disparues/2014/12/18/001-femmes-autochtones-disparues.shtml (Page consultée le 19 avril 2015)

Regroupement des centres d’amitié autochtones du Québec. Le cercle de l’économie sociale, [En ligne], http://www.rcaaq.info/fr/leconomie-sociale/le-cercle-de-leconomie-sociale.html?hc_location=ufi (page consultée le 19 février 2015)

SECRÉTARIAT DES COMMISSIONS DE L’ASSEMBLÉE NATIONALE DU QUÉBEC, Mandat d’initiative : Réussite scolaire des Autochtones, 2007 [En ligne] http://www.uqat.ca/telechargements/info_entites/Reussite_scol_autoch.pdf (page consultée le 19 février 2015)

SÉGUIN NOËL Rosalie. Les jeunes Autochtones et l’école, [En ligne], http://www.soc.ulaval.ca/cisul/pub/97-98/AMERINDI.HTM (Page consultée le 18 avril 2015)

The foundation for shamanic studies/ Core-chamanisme selon l’anthropologue Michael Harner, [En ligne], http://www.chamanisme-fss.org/fss.html (page consultée le 14 février 2015)

 

Thèse et mémoires

VITENTI, Lívia. Couper le fil de la vie : suicide et rituels de mort chez les Atikamekw de Manawan, Thèse (anthropologie), Université de Montréal, 2011, 294p.

 

Conclusion

 Après avoir fait un travail de recherche et un séjour dans la communauté de Manawan, il est maintenant possible de dire que l’on possède des connaissances générales plus approfondies face à la situation autochtone au Québec. En effet, puisque le peuple Atikamekw est un peuple ancien, nous comprenons maintenant mieux l’importance de leur bagage historique et culturel. Comme toutes les autres communautés, il vit cependant avec de nombreux problèmes de santé, tels que la toxicomanie et le suicide, plus précisément parce que les Autochtones sont un peuple vulnérable vivant dans un environnement difficile, d’où le fait d’expliquer leurs problèmes par le phénomène de double mauvais sort. Vivant en plus dans la pauvreté, cette communauté autochtone est également victime d’un taux important de chômage, de problèmes d’hygiènes, de violence et de malnutrition. Sur le plan de l’éducation, le manque de ressources, l’accès difficile à l’éducation ainsi que le manque de persévérance scolaire sont des facteurs aggravants de la situation générale de la communauté. En effet, un peuple scolarisé est un peuple plus développé, qui est en mesure de s’enrichir plus facilement. Il nous est également possible de dire que notre séjour dans la communauté de Manawan a été très agréable et que nous avons été en mesure de confirmer la plupart des informations recueillies pour notre recherche, ou encore d’apprendre de nouvelles choses. C’était une expérience enrichissante et nous espérons que le bagage dont nous avons hérité suite à ce séjour nous permettra de transmettre nos connaissances aux gens moins informés et noyés dans les préjugés face aux Autochtones. Nous souhaitons de tout cœur qu’il y aura sous peu un réel rapprochement entre les peuples autochtones et les Allochtones. Malgré ce que plusieurs peuvent penser, ce sont des gens très forts, mais surtout remplis d’espoir. Leur progression est loin d’être rapide, mais si l’on se décidait à leur tendre la main, peut-être pourraient-ils mieux s’en sortir. Accordons-leur au moins un regard pour prendre enfin pleinement conscience de leur réalité.

Bois Manawan. Erika Palamaro, 2015
Bois Manawan.
Erika Palamaro, 2015

 

Laurence Blanchette, Eloïse Gingras, Élisabeth Leblanc, Camille Saucier-Bariteau

 

Face à ces problèmes, que faire? Nos recommandations

Étant donné la situation de la pauvreté dans les communautés autochtones, nous pensons que le gouvernement du Canada devrait accorder plus de pouvoirs aux Autochtones en ce qui concerne la gestion des ressources naturelles. Aussi, nous pensons qu’il devrait aider les réserves à créer des emplois. De cette façon, les gens qui vivent dans les réserves pourront s’enrichir. De plus, les communautés manquent de financement; Il faudrait donc leur accorder une plus grande somme d’argent afin de combler leurs besoins.

Voici deux recommandations par le Centre de la collaboration nationale de la santé autochtone :

«Les Objectifs du millénaire pour le développement […]soulignent la nécessité d’efforts intensifs de la part de tous les acteurs : pour améliorer la gouvernance, impliquer activement la société civile, promouvoir l’entreprenariat et le secteur privé, [et] mobiliser les ressources domestiques…» (Centre de collaboration nationale de la santé autochtone) et au Canada cela consiste « à éliminer l’écart en matière de financement du gouvernement entre les Autochtones et les non-Autochtones canadiens » . On parle aussi de développement économique durable et d’autodétermination en ce qui concerne leur prise de décisions.

L’économie sociale mise en place dans certaines réserves permettraient aussi de lutter contre la pauvreté, car elle permet de: «Promouvoir la pratique de l’économie sociale en milieu autochtone; créer une mobilisation autour de l’économie sociale; Concerter les Autochtones sur la valeur ajoutée de la pratique l’économie sociale; développer notre vision de l’économie sociale et favoriser l’implantation d’initiatives d’économie sociale autochtone » (Regroupement des centres d’amitié autochtones au Québec).

 Concernant la problématique des logements dans les réserves autochtones, nous pensons que la création d’emplois stables permettrait aux Autochtones de s’enrichir pour bien s’occuper de leur logement (présentement leur revenu est faible donc leur logement n’est pas une acquisition privée). Les recommandations en ce qui concerne le logement faite par le Centre de la collaboration nationale de la santé autochtone sont qu’ils auraient besoin d’un «  financement durable », « la reconnaissance et l’acceptation des droits et des titres autochtones relatifs au logement »(Centre de collaboration nationale de la santé autochtone) (ils veulent avoir plus d’autonomie en ce qui concerne les logements et le contrôle de leurs infrastructures. D’autres mesures pour faire en sorte qu’il y ait une meilleure qualité de logements dans les réserves serait de s’assurer qu’ils respectent «  les Normes nationales du bâtiment »(Centre de collaboration nationale de la santé autochtone).Nous pensons aussi que si la Loi sur les Indiens serait modifiée pour que leurs terrains leur appartiennent, il y aurait moins de logements surpeuplés et ils pourraient bâtir plus de maisons dans leur réserve.

Puisque la problématique de la malnutrition dans les réserves autochtones est très présente, nous recommandons la promotion d’une alimentation saine afin qu’il y ait moins de problèmes de santé. Manger à sa faim contribuerait aussi à réduire le stress. Plusieurs organismes viennent en aide aux autochtones tels que « l’Assemblée des Premières Nations du Québec et du Labrador (APNQL), le Conseil en Éducation des Premières Nations (CEPN), la CSSSPNQL et le Club des petits déjeuners du Québec, ainsi qu’un programme visant le développement de la sécurité alimentaire dans le cadre de l’Initiative sur le diabète chez les Autochtones (IDA) » (Commission de la santé et des services sociaux des Premières Nations du Québec et du Labrador). De notre point de vue, nous pensons que l’éducation serait aussi un bon moyen pour remédier à la malnutrition dans les communautés. Être au courant des effets néfastes et de toutes les conséquences importantes pourrait les mettre en garde.

Étant donné la situation de la violence envers les femmes autochtones, il existe: « La Table ronde nationale regroupe les gouvernements fédéral, provinciaux et territoriaux en partenariat avec les organisations autochtones nationales (OAN) pour discuter de la meilleure façon de collaborer et de coordonner les actions à prendre afin de contrer la violence faite aux femmes et aux filles autochtones, notamment lorsqu’elle mène à leur assassinat ou leur disparition » (Assemblée des Premières Nations). Cela permet ainsi de sensibiliser et prévenir, d’établir des plans et des protocoles de sécurité communautaire et de renforcer les mesures policières dans les communautés autochtones (Assemblée des Premières Nations).

Ayant été témoins de la pauvreté de la communauté Atikamekw de Manawan, nous croyons qu’il faudrait d’abord favoriser une intervention du gouvernement fédéral pour que les habitants puissent accéder à des subventions leur servant à améliorer leurs infrastructures.

Aussi, comme les grossesses précoces sont très fréquentes, il serait important d’instaurer des programmes d’éducation sexuelle pour minimiser les risques de grossesse à l’adolescence ou encore les risques d’ITSS. Cela permettrait également aux jeunes d’approfondir leurs connaissances vis-à-vis la sexualité.

Dans le même ordre que les programmes sur la sexualité, puisqu’il y a beaucoup de violence dans la communauté, il devrait y avoir en milieu scolaire des ateliers sur la violence pour sensibiliser d’avantage les jeunes à cet enjeu et les inciter à demander de l’aide lorsque la situation se présente, en instaurant aussi plus de programmes d’aide et de support psychologique.

Dans le domaine de l’éducation, il serait primordial que le Ministère de l’éducation du Québec apporte un plus grand soutien aux communautés autochtones québécoises. Nous ne parlons pas ici de tentatives de contrôle, mais bien d’initiatives de soutien. Autant d’un aspect financier que professionnel, il serait favorable aux communautés autochtones de bénéficier d’un support de la part du gouvernement, tout en gardant un respect et une considération de la culture des Premières Nations.

Tout est à gagner à faire des accords entre le gouvernement et les réserves dans le domaine de l’éducation : Le peuple autochtone arriverait ainsi à un meilleur accès à l’éducation et, du même coup, à effectuer des pas de plus vers la sortie de la misère et de la pauvreté.

Il serait aussi bénéfique de trouver des solutions afin d’encourager les professionnels du milieu de l’éducation à travailler dans les réserves, afin que les étudiants autochtones puissent avoir les mêmes ressources que les étudiants allochtones.

Toutes ces recommandations sont bien belles, mais sans ouverture sur le peuple autochtone de la part de la société québécoise, elles sont irréalisables. Avant toute chose, il serait donc important de créer des liens entre les communautés allochtones et autochtones, et ainsi abattre les préjugés. Apprendre à connaître, partager et respecter chaque culture améliorera la situation de tous.

Camille S.
Laurence B.
Éloïse G.
Élisabeth L.

Rencontre avec l’équipe de santé

Dans le cadre de notre séjour à Manawan, plusieurs rendez-vous étaient prévus avec divers intervenants de la communauté, que ce soit en santé ou en éducation.

En ce qui concerne le domaine de la santé, nous avons été en mesure de rencontrer des membres de l’équipe du Centre de Santé le mardi 7 avril 2015, à 15h00. Plus précisément,  nous avons rencontré Mmes Francine Moer, Jolianne Ottawa et Jacinthe Petiquay.

Le tableau suivant correspond à une partie de l’entrevue avec les intervenantes.

1. Considérant le fait qu’ils ont été élevés avec une forme de médecine plus traditionnelle, plus naturelle, est-il difficile pour les aînés de la communauté de se faire traité au Centre de Santé?
Les aînés reçoivent principalement des soins et des services de santé à domicile. Les intervenants vont parler avec eux pour qu’ils ne mélangent pas de pilules avec certaines plantes médicinales qu’ils utilisent pour éviter les risques d’intoxication.
2. Vu le peu de médecins, les infirmières sont-elles en mesure de donner des prescriptions?
Oui, les infirmière vont utiliser les guides de santé clinique établis par Santé Canada.
3. Quelle est la moyenne d’âge des femmes enceintes?
Beaucoup de jeunes filles vont tomber enceintes à l’âge 13 ans pour avoir l’aide sociale. C’est pour elles une forme de rémunération parce qu’elles ne peuvent pas nécessairement trouver un emploi dans la communauté, par exemple au dépanneur l’été (il n’y a qu’un employé dans le dépanneur de Manawan). Mais l’aide sociale n’est pas un salaire, c’est une aide.
4. Quelle est la procédure en cas d’urgence, c’est-à-dire, lorsque le Centre de Santé n’est pas en mesure de traiter les patients qui ont besoin d’aller à l’hôpital?
Les gens vont être transférés par ambulance à l’hôpital de Joliette, sauf qu’il n’y a pas d’ambulance à Manawan. Le véhicule va être envoyé de Saint-Michel-des-Saints pour se rendre à Manawan, ce qui prend au alentours de 1h30 pour arriver dans la communauté. Ensuite, l’ambulance quitte Manawan avec le patient en direction de l’hôpital de Joliette, ce qui prend un autre bon 2h. C’est extrêmement long.
5. Qu’est-ce qui incite certains habitants à quitter la communauté?
Les gens quittent la communauté pour continuer leurs études, ou autres. Mais ces personnes qui habitent en ville, ce n’est pas qu’ils ne veulent pas revenir dans la communauté, c’est qu’il sont désavantagés par la surpopulation dans les maisons. À Manawan, il y a un très gros problème de surpeuplement dans les maisons. Ce problème est entre autres du à la loi sur les Indiens, ce qui fait en sorte que les gens ne sont pas propriétaires de leurs maisons puisque les terrains ne leur appartiennent pas (ce sont des terres de la Couronne qui appartiennent au gouvernement) et le Conseil de bande doit donc se porter garant de tout.
6. Au Québec, les services de santé présentent certaines failles (par exemple, l’attente interminable pour se trouver un médecin de famille, ou encore lorsque l’on se présente aux urgences). Quels seraient, selon vous, le ou les problèmes du Centre de Santé de Manawan?
Que l’on parle du Centre de Santé ou des autres infrastructures, il n’y a pas d’équité dans la communauté lorsqu’on la compare au Québec. Par exemple, le Centre de Santé dispose d’un programme de soins palliatifs à domicile via le programme de soins à domicile, mais les médicaments contre la douleur ne sont pas payés. Aussi, il y a le fait que Manawan ne dispose d’aucune ambulance et pourtant la population est plus grande à Manawan qu’à Saint-Michel-des-Saints, ou encore que la communauté n’a pas accès à la radiothérapie, la physiothérapie et plusieurs autres.
7.      Vous entraidez-vous entre différentes communautés pour améliorer le domaine de la  santé?
Il n’y a pas d’échanges entre les communautés (les 3 Nations) par peur de représailles. Les communautés ont peur de se faire couper leurs avantages par le gouvernement s’ils informent les communautés qui n’en profitent pas.
8. Le problème de suicide est-il important dans la communauté de Manawan?
C’est moins dramatique que par le passé. Il y a quelques années, il y a eu une vague de suicides où quatre garçons se sont suicidés entre novembre et début janvier, ce qui a été très dur pour la communauté.
9. Quel est le problème de santé mentale le plus important dans la communauté?
Il s’agit de la crise suicidaire et plus précisément, les gens la vive généralement dans le moment présent.
10. Avez-vous des exemples d’initiatives prises dans la communauté pour contrer les problèmes de santé mentale?
Jacinthe a créé un programme où les jeunes faisaient un retour aux études et où on demandait aux aînés de venir leur parler pour leur donner un enseignement de contes et légendes. Il y a aussi le projet OSKO, plan de santé pour la détresse psychologique, la petite enfance et les habitudes de vie.
Rencontre avec les intervenantes du Centre de Santé de Manawan Erika Palamaro, 2015. (Jacinthe Petiquay et Francine Moer)
Rencontre avec les intervenantes du Centre de Santé de Manawan
Erika Palamaro, 2015.
(Jacinthe Petiquay et Francine Moer)

 

Laurence Blanchette

Le suicide

Actuellement, la réalité la plus importante qui frappe, non seulement la société Atikamekw, mais bien tous les peuples autochtones, se trouve à être le suicide. Selon Émile Durkheim, l’identité d’une personne constitue le chaînon déterminant de l’autodestruction ou de la préservation d’un individu.

"teenage angst, suicide." by saccharinesmile http://saccharinesmile.deviantart.com/art/teenage-angst-suicide-55373371
« teenage angst, suicide. » by saccharinesmile http://saccharinesmile.deviantart.com/art/teenage-angst-suicide-55373371

Plus précisément, l’identité de tout individu est définie par divers groupes sociaux, tels que la famille, la religion ou encore la société politique et conséquemment, si ces groupes s’affaiblissent, l’individu peut perdre ses repères (Muchielli, 2000, p.48), ce qui explique pourquoi «le suicide varie en raison inverse du degré d’intégration des groupes sociaux dont fait partie l’individu» (Muchielli, 2000, p.48). Autrement dit, le suicide est déterminé, certes par des sentiments individuels, mais en approfondissant on comprend qu’il est plutôt question de ce qu’on pourrait définir par «le vide affectif et la solitude morale dus au défaut d’intégration sociale» (Muchielli, 2000, p.49). Durkheim utilise également le concept d’anomie sociale pour expliquer le dysfonctionnement de certaines sociétés, comme c’est le cas chez les Autochtones, qui ne parviennent plus à intégrer correctement l’individu (Campeau, 2004, p.59). Ce manque ou cette absence de règles sociales communes peut entraîner plusieurs problèmes de société, tels qu’ils ont été mentionnés plus haut (drogues, décrochage, violence, etc.). Tel qu’énoncé par Durkheim, le suicide s’expliquerait par le taux d’intégration d’un individu: plus une personne est intégrée socialement, moins elle risque de se suicider (Campeau, 2004, p.62).

On peut distinguer trois principaux types de suicides, soit le suicide égoïste, le suicide altruiste et le suicide anomique. En fait, le suicide égoïste est le résultat de la non-intégration d’un individu dans un groupe social donné (Campeau, 2004, p.62) tandis que le suicide altruiste résulte plutôt d’une «intégration trop forte de l’individu aux impératifs de groupe»(Campeau, 2004, p.62). Pour ce qui est du suicide anomique, il est question de «la désintégration sociale et de l’affaiblissement des règles qui régissent les comportements des individus et des groupes» (Campeau, 2004, p.62). Concernant les Autochtones, le suicide se présente de façon principalement anomique, puisqu’ils subissent une désintégration sociale, entre autres par le choc des générations ou encore les transformations sociales trop rapides dans les communautés (ex: les Inuits sont passés des igloos à la modernité en moins de 50 ans) (DVD Les jeunes Autochtones du Québec). On peut aussi penser à une forme de suicide égoïste en raison de la non-intégration des individus dans un groupe social (ex: les Autochtones sont quelque peu marginalisés par le reste de la société québécoise et par le gouvernement canadien qui les exclue du système) (DVD Les jeunes Autochtones du Québec). En effet, chez les jeunes autochtones, le taux de suicide est de cinq à huit fois plus élevé que celui de la moyenne nationale (Meney, 2002).

"Depressed (4649749639)" by Sander van der Wel from Netherlands - DepressedUploaded by russavia. Licensed under CC BY-SA 2.0 via Wikimedia Commons - http://commons.wikimedia.org/wiki/File:Depressed_(4649749639).jpg#/media/File:Depressed_(4649749639).jpg
« Depressed (4649749639) » by Sander van der Wel from Netherlands – DepressedUploaded by russavia. Licensed under CC BY-SA 2.0 via Wikimedia Commons – http://commons.wikimedia.org/wiki/File:Depressed_(4649749639).jpg#/media/File:Depressed_(4649749639).jpg

Le lien suivant permet d’accéder au documentaire Le Pacte, mettant en scène Mélanie Petiquay, intervenante auprès des jeunes qui a été affligée par des suicides successifs dans sa famille et qui continue son combat face à ce fléau.

http://cve.grics.qc.ca/fr/916/3528?destination=/

Aussi, selon l’étude réalisée par Lívia Vitenti pour l’Université de Montréal, les principaux facteurs pouvant mener un individu au suicide en milieu autochtone sont caractérisés par le manque d’affection, la violence sexuelle/inceste, la consommation d’alcool et de drogues, les changements de mode de vie et les séquelles liées au système de pensionnats (précisons que Manawan a connu deux pensionnats, dont un, celui d’Amos, ayant une très mauvaise réputation) (Vitenti, 2011, p.220-230). Le suicide n’est pas étranger à la communauté de Manawan. Effectivement, plusieurs rites et coutumes sont associés à la mort, certains n’étant cependant pas encouragés par tous, tel le port d’un bracelet noir ou blanc en cas de décès. Comme il vient tout juste d’être mentionné, ce qui pousse un individu à se suicider peut dépendre de plusieurs facteurs. Le docteur Pierre Gagné approfondi cette observation en établissant un modèle de facteurs successifs qui peut inciter un individu à s’enlever la vie soit, une vulnérabilité préexistante de l’individu, suivi d’un problème de dépendance, auxquels si on ajoute un environnement difficile et un facteur de pauvreté, peuvent mener l’individu à vivre une dépression et conséquemment, le pousser au suicide (Meney, 2002). Malheureusement, c’est l’une des graves réalités qui frappent les peuples Autochtones encore aujourd’hui.

Laurence Blanchette

 

Problèmes de toxicomanie

Le peuple Atikamekw est aux prises avec de nombreux problèmes sociaux et de santé principalement dus à la pauvreté qui fait rage dans la communauté. En effet, l’espérance de vie des membres de la communauté Autochtone est de six ans moins élevée que l’espérance de vie moyenne de la population canadienne (Meney, 2002). Le taux anormalement élevé de suicide, les forts problèmes de consommation, ou encore le taux d’échecs et de décrochage scolaire font en sorte qu’ils se retrouvent coincés dans un cercle vicieux de pauvreté, et accroît par le fait même leur taux de mortalité.

La toxicomanie étant l’un des problèmes les plus importants dans la communauté, on remarque qu’il existe plusieurs facteurs de risques associés à la consommation précoce et à l’abus de psychotropes à l’adolescence, notamment des facteurs d’ordre personnel, d’ordre familial, d’ordre scolaire et d’ordre social. Du point de vue personnel, les individus au tempérament difficile, susceptibles d’être influencé par leurs pairs, ayant une perception négative de leur apparence physique ou de leurs compétences (scolaires, relationnelles avec les parents, etc.) sont des sujets à risque (Cloutier et Parent, 2011, p.150). Pour ce qui est des facteurs d’ordre familial, la consommation s’accroit chez les jeunes ayant des parents consommateurs, s’il y a eu consommation abusive de la mère pendant la grossesse, un nombre élevé de consommateurs au sein de la famille, des attitudes parentales plutôt tolérantes face à l’alcool, et plus encore (Cloutier et Parent, 2011, p.150). Concernant l’ordre scolaire, le faible rendement à l’école, le décrochage, le fait d’être dans un milieu scolaire délabré ou bien encore faire face à un faible investissement de la part des éducateurs dans la vie scolaire ont tendance à entraîner des problèmes de consommation chez les jeunes adolescents (Cloutier et Parent, 2011, p.150). En ce qui concerne les facteurs d’ordre social, l’accessibilité, la publicité, les normes culturelles favorables à la consommation, l’adversité sociofamililale, mais surtout, la pauvreté sont des éléments propices à entraîner des problèmes de dépendance à la consommation de psychotropes (Cloutier et Parent, 2011, p.150), ce qui est particulièrement frappant chez les membres des Premières Nations, pour la simple et bonne raison que les facteurs de risques énumérés plus haut sont tous existants, mais surtout, persistent dans les communautés autochtones.

Thérèse Foucher (Scanned from slide) [CC BY-SA 3.0 (http://creativecommons.org/licenses/by-sa/3.0)], via Wikimedia Commons
Enfants à Manaouane vers 1971. Thérèse Foucher (Scanned from slide) [CC BY-SA 3.0 (http://creativecommons.org/licenses/by-sa/3.0)], via Wikimedia Commons http://upload.wikimedia.org/wikipedia/commons/f/f7/Manouane_enfants.JPG
Bouteilles. Laurence Blanchette, 2015

Il existe également plusieurs différentes raisons qui poussent à commencer à consommer. Suite aux atrocités qu’ont vécues les Autochtones à l’époque des Pensionnats, certains se sont mis à consommer différents psychotropes, le principal étant l’alcool, pour soulager un mal-être psychologique ou autrement dit, pour oublier les nombreux sévices qu’ils y ont subi. Les effets de ces abus infligés aux Autochtones des pensionnats indiens ont également eu des répercussions sur les générations suivantes, dont les effets sont encore perceptibles aujourd’hui: certaines victimes de ces établissements ayant répété à leur tour les comportements qu’ils y ont appris auprès de leurs enfants. Le pensionnat indien Saint-Marc-de-Figuery a ouvert ses portes à Amos en 1955, mais ne sera fréquenté par les jeunes de Manawan qu’à partir de 1960 et en 1962, ils fréquenteront plutôt le pensionnat de Pointe-Bleue(Conseil de la Nation Atikamekw). L’âge de ces jeunes variait entre 6 et 17 ans, ces derniers quittant leur milieu familial durant 10 mois par année (Conseil de la Nation Atikamekw) pour apprendre a mépriser leur culture et subir maintes violences, autant physiques que sexuelles. Certains ont même fréquenté ces écoles pendant plus de 10 ans.  Le lien suivant permet d’accéder aux témoignages de trois survivants des pensionnats, ces derniers relatant les horreurs vécues et dont l’une des victimes a fréquenté le pensionnat d’Amos et de Pointe-Bleue.

http://ici.radio-canada.ca/nouvelles/National/2013/04/25/001-pensionnats-autochtones-survivants.shtml

Ce deuxième lien mène au long métrage de Tim Wolochatiuk,  «Nous n’étions que des enfants…», un film accessible par le site de l’ONF et  levant le voile sur les pensionnats indiens.

https://www.nfb.ca/film/nous_netions_que_des_enfants

Canada. Department of Mines and Technical Surveys. Library and Archives Canada, PA-042133 / Canada. Department of Mines and Technical Surveys. Bibliothèque et Archives Canada, PA-042133
Période d’étude au Pensionnat indien catholique de [Fort] Resolution (Territoires du Nord-Ouest). Canada. Department of Mines and Technical Surveys. Library and Archives Canada, PA-042133 https://www.flickr.com/photos/lac-bac/14112957392/

En somme, le soulagement du mal-être psychologique est donc une raison qui pousse encore de nos jours à la consommation (d’alcool ou de drogue) (Cloutier et Parent, 2011, p.149), mais les raisons actuelles sont plus orientées vers la pression sociale subie par les individus, parfois aussi pour soulager la douleur physique (Cloutier et Parent, 2011, p.148-149). Néanmoins, il reste que les problèmes de consommation de drogue dans les communautés autochtones touchent principalement les jeunes, tandis que la consommation excessive d’alcool est plutôt considérée comme étant un problème majeur intergénérationnel dans plus de 86% des communautés autochtones (Meney, 2002).

Laurence Blanchette

«L’avenir est indien»

Le visionnement de l’interview radiophonique «L’avenir est indien» produit par Radio-Canada,  vient présenter un reportage sur la communauté Atkiamekw et la télésanté, une initiative établie par des Atikamekws de Manawan pour aider les femmes enceintes de la communauté et ainsi réduire le taux de bébés prématurés (Radio-Canada, 2012). Le fait est que, selon plusieurs recherches, dont une réalisée par Werner en 1986, les enfants ayant un faible poids à la naissance et ayant grandi dans des familles pauvres ont généralement un QI très faible (Bee et Boyd, 2011, p.12). Pourtant, les enfants de même poids à la naissance, mais ayant grandi dans des familles de classe moyenne, ont un QI normal (Bee et Boyd, 2011, p.12).

http://ici.radio-canada.ca/emissions/l_avenir_est_indien/2011-2012/document.asp?idDoc=193954

Anne Geddes, 1988 https://www.flickr.com/photos/jimforest/5388280912/
A life in our hands. Anne Geddes, 1988 https://www.flickr.com/photos/jimforest/5388280912/

La pauvreté de la communauté Atikamekw de Manawan transparaît notamment à travers un recensement important de données très parlantes, mais surtout inquiétantes, instituées par Statistiques Canada en 1992. L’étude montre entre autres que le tiers des familles de Manawan ont un revenu annuel inférieur à 20 000$ et que seulement 5% de la population de la communauté gagne 50 000$ et plus par année, en comparaison avec le reste du Québec où 37,3% des gens gagnent plus de 50 000$ annuellement (Statistique Canada, 1992).

Réserve de Manawan Erika Palamaro, 2015
Réserve de Manawan
Erika Palamaro, 2015

Si l’on considère qu’avant la mise en place du programme de télésanté le taux de bébés prématurés étaient de 18,4% à Manawan, conséquemment ces bébés devaient être de petits poids et par le fait même, étaient beaucoup plus à risque d’avoir un très faible QI que les bébés prématurés issus de familles de classe moyenne. Heureusement pour la communauté, la création du service de télésanté a permis de faire chuter le taux de bébés prématurés de moitié, passant de 18,4% en 2007 à 8,5% en 2011 (Beauchamps Martin, 2011), mais ces bébés restent tout de même à risque de développer certains retards. Économiquement parlant, le développement de la communauté Atikakekw se voit également ralenti par un faible taux d’activité de la population et un taux de chômage plutôt élevé: 39,9 % à Manawan, comparativement à 65,1 % au Québec pour le taux d’activité selon l’étude de 1992 (Statistiques Canada, 1992). Pour ce qui est du taux de chômage, on l’estimait à 22% en 2006 (Conseil des Atikamekws de Manawan, 2014). Qui plus est, 65% de la population de la réserve recevait l’aide sociale en 2006 (Conseil des Atikamekws de Manawan, 2014). Concernant 2011, le Conseil des Atikamekws de Manawan précise que le revenu moyen de la population de la communauté et d’environ la moitié de celui des Québécois (Conseil des Atikamekws de Manawan, 2014). Bref, leur environnement se voit inhiber, ce qui le rend peu stimulant pour le développement de ces membres et nous ramène à nouveau au modèle de résilience et vulnérabilité.

Laurence Blanchette

Double mauvais sort

Pour chaque société, les approches interactionnistes permettent de rendre compte de l’interaction de l’environnement et de la biologie en ce qui a trait au développement de l’être humain. Effectivement, on constate que les phénomènes de nature et de culture n’agissent pas indépendamment l’un de l’autre. Au contraire, on observe une fusion entre les influences de ces deux facteurs pour expliquer certains comportements de l’individu (Bee et Boyd, 2011, p10). Les modèles de la vulnérabilité (associés aux facteurs de risque) et de la résilience (associés aux facteurs de protection) en viennent justement à approfondir cette relation d’interdépendance du développement humain(Bee et Boyd, 2011, p.11).

Du point de vu psychologique, Boris Cyrulnik en est venu à définir le terme résilience par «la capacité de surmonter un environnement difficile ou une expérience traumatisante»(Bee et Boyd, 2011, p.11). Plusieurs théoriciens défendent les modèles de résilience et de vulnérabilité pour expliquer les différences de comportements entre les individus d’un même milieu. Plus précisément, un enfant peut naître avec certains facteurs de protection (tempérament facile, bonne coordination, etc.), mais aussi avec certaines faiblesses (allergies, tendances héréditaires à l’alcoolisme, anomalies physiques, etc.) qui en viennent à lui procurer ou non une plus grande capacité d’adaptation ou de souplesse et sont déterminants du fait qu’un même environnement puisse avoir des effets différents selon les caractéristiques d’un enfant (Bee et Boyd, 2011, p.11). Frances Horowitz a établi un modèle de cette interaction entre vulnérabilité, résilience et environnement pour expliquer les résultats développementaux possibles d’un enfant.

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Modèle Vulnérabilité-Résilience. Helen BEE et Denise BOYD, Les Âges de la vie : psychologie du développement humain, 4e édition, Saint-Laurent, Éditions du Renouveau pédagogique, 2011, p.10

 Entre autres, on observe que la combinaison de divers facteurs de facilitation et de vulnérabilités en viennent à interagir ensemble. Plus exactement, un enfant considéré comme étant résilient (peu de faiblesses, beaucoup de facteurs de protection) peut très bien réussir à se développer dans un milieu «peu stimulant» (Bee et Boyd, 2011, p.12). Il en va de même pour un enfant vulnérable: il peut très bien réussir à s’épanouir dans un environnement très facilitant. Le problème se présente lorsqu’un enfant fait face au phénomène de double mauvais sort, soit un enfant vulnérable grandissant dans un milieu peu stimulant (Bee et Boyd, 2011, p.11). C’est malheureusement lorsque cette situation apparaît qu’un enfant présente de faibles résultats développementaux.

Erika Palamaro, 2015
Dans les rues de Manawan. Erika Palamaro, 2015

Effectivement, le fait que l’environnement soit peu propice à l’épanouissement des individus (insalubrité des établissements scolaires(Olivier, 2012), malpropreté dans les rues, violence, chômage important, etc.) auquel s’additionne des facteurs de vulnérabilité chez l’enfant (prédispositions héréditaires liées à l’alcoolisme ou la toxicomanie des parents, tempérament difficile, etc.) en viennent à entraver le développement des individus, les pénalisant ainsi au niveau scolaire, social et économique. Ces observations nous poussent donc à déduire que le problème qui frappe présentement les communautés autochtones est précisément un phénomène de double mauvais sort, ces derniers étant vulnérables et vivant dans un environnement peu stimulant.

Laurence Blanchette

Mon portrait

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Mon portrait

Je m’appelle Laurence Blanchette et je suis actuellement étudiante en Sciences humaines, plus précisément au cégep Gérald-Godin. Dans le cadre de mon cours de DIA, je travaille sur les problèmes sociaux liés à la santé et à l’éducation de la communauté Atikamekw. Les membres de mon équipe et moi-même projetons également de passer un séjour dans la communauté de Manawan pour approfondir notre recherche.