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Les victoires

Après plusieurs années de résistances, on peut finalement remarquer que les actions sociales ont porté fruit dans plusieurs pays. Cet article fera un bref portrait des grandes victoires obtenues par plusieurs pays.
Amérique du Nord
Du côté de l’Amérique, la grande cause de célébration est l’abolition du «Monsanto Protection Act» , qui permettait de contourner une décision judiciaire, si cette dernière empêchait la mise en marché et l’usage d’un OGM, mettant ces derniers entièrement au-dessus de la loi étasunienne. Par chance, de nombreuses manifestations et pétitions se sont succédées, et ont finalement porté ses fruits (Noisette, 2013). Une autre victoire qu’il ne faut pas oublier de mentionner est la production du documentaire Le monde selon Monsanto de Marie- Monique Robin, qui expose les réalités qui se cachent derrière le géant de l’agrobusiness. Le visionnement du documentaire très révélateur a permis à plusieurs pays de comprendre les enjeux et de prendre des mesures de précaution face aux grosses transnationales ( Desmarais, 2009).

 

Amérique Latine
Depuis le début de la résistance, l’Amérique Latine a pu se réjouir de plusieurs victoires. En effet, le Pérou a obtenu un moratoire sur les cultures et les importations d’organismes génétiquement modifiés d’une période de 10 ans. Cela permet au pays de protéger la biodiversité, l’agriculture traditionnelle ainsi que la santé de sa population. De son côté, l’Argentine célèbre la mise en vigueur de la loi empêchant l’épandage des pesticides près des cours d’eau et à moins de 1000 mètres des habitations. L’adoption de cette loi témoigne d’une compréhension de la priorité de la santé de la population de la part du système judiciaire, ce qui représente un pas immense dans la lutte contre les OGM (Zacune, 2012). De plus, une autre victoire s’est ajoutée à la liste le 4 avril 2012 au Brésil. En effet, le juge Giovanni Conti a aboli la collecte de redevances sur les semences de soja GM de Monsanto. Cette suspension a été accompagnée d’un remboursement des coûts de licence payés pendant une décennie, car les tactiques commerciales de l’entreprise transnationale ont violé la loi sur les variétés en vigueur au Brésil. Si Monsanto ne respecte pas ce verdict, une contravention de 400 000 euros par jour sera mise en place (Noisette, 2012 )

Europe
De son côté, la France a vu la culture des OGM sur son territoire diminuer de 23%. De plus, plusieurs nouvelles règlementations ont été mises en place chez la majorité des membres de l’Union Européenne pour la seule culture génétiquement modifiée qui demeure, soit le maïs MON810, imposant des restrictions majeures à Monsanto. La lutte contre les OGM en Europe est également caractérisée par la forte participation des scientifiques. En effet, plusieurs scientifiques se sont exposés aux multiples représailles en se dévouant à démontrer la culpabilité et la dangerosité des produits de Monsanto. Grâce à leur dévouement, Monsanto a été prouvé coupable de publicité mensongère et chargé d’une amende de 15 000 euro. De plus, le mouvement de paysans allemands a mis en œuvre un mouvement de régions sans OGM et actuellement, plus de 200 régions et plus de 300 municipalités se sont déclarées sans OGM. En somme, après 10 ans de résistance, l’Europe peut fièrement affirmer que plus de la moitié de sa population s’oppose aux OGM (Combat Monsanto, 2010; Zacune, 2012)

 

En Afrique

Étant donné sa dépendance économique et commerciale très intense, l’Afrique dispose d’un peu moins de ressources et d’appuis pour résister aux OGM. En effet,  une lutte malienne qui avait pour but d’éloigner ces derniers de son agriculture semblait porter son fruit alors qu’une loi prônant la souveraineté alimentaire était mise en place. Cependant, tous les efforts sont aussitôt tombés  à l’eau à cause des pressions  de l’USAID ( United States Agency for International Development) et de Monsanto. Suite à un processus manquant de transparence et fort probablement corrompu,  une nouvelle loi appelée « Sécurité en biotechnologie»a été proposée par le Ministre de l’Environnement et de la Santé.Par la suite, elle a été adoptée par le gouvernement et  déposée devant l’Assemblée nationale. Le 13 novembre 2008, la loi a été adjugée, exposant le pays entier aux danger des OGM. Cette situation est similaire dans plusieurs pays d’Afrique. Le Burkina Faso, l’Égypte, le Nigeria et le Kenya, ont adopté, de façon controversée, des politiques  en faveur des OGM. Cela s’explique par le fait que les gouvernements désirent se développer et les OGM leur ont été proposés afin d’y parvenir. Cependant, une victoire ne peut pas être ignorée sur le continent africain. Malgré les multiples trahisons des élites politiques, les paysans ne cessent de s’opposer aux OGM. En effet, lors des  négociations du l’ONU sur le climat à Durban en décembre 2011, l’Alliance pour la Souveraineté alimentaire en Afrique a été lancée. Cette alliance a pour objectif de renforcer grandement le mouvement africain. De la sorte, ce dernier  sera en mesure de modifier les politiques actuellement en place et de promouvoir des alternatives au commerce des multinationales et à leur système alimentaire. L’alliance  regroupe des bergers , des pêcheurs, des peuples autochtones, des regroupements de petits paysans tel que La Via Campesina Afrique ainsi que des réseaux d’écologistes dont les Amis de la Terre Afrique .  Bref, les victoires de l’Afrique ne sont pas autant concrètes que dans les autres pays mentionnés plus haut. Par contre, leur victoire est tout de même importante. Elle réside dans le fait que , malgré le manque d’aide qu’ils possèdent de leur gouvernement, les paysans africains ne cessent de resister aux OGM et de plus en plus de mouvements d’opposition se forment pour les aider. ( Zacune, 2012)

 

Il y a tant d’autres exemples à donner, mais uniquement en se limitant aux victoires dans les pays  mentionnés plus haut, nous sommes en mesure de comprendre que la mobilisation publique porte ses fruits. Il est donc important de suggérer que la population se mobilise comme plusieurs l’ont déjà fait, afin d’espérer qu’un jour, les OGM disparaissent entièrement. Chaque individu détient le potentiel de devenir un agent de changement social, il faut juste saisir le droit que nous avons de nous exprimer. Chacun d’entre nous possède  la possibilité d’agir. Nous pouvons aller proposer des projets de mobilisation dans  nos écoles , dans  notre lieu d’emploi ou  même dans  notre ville.

 

Je vous quitte sur cette citation qui , je l’espère, vous inspirera.

«Ceux et celles qui sont assez fous pour croire qu’ils peuvent changer le monde, sont en réalité ceux qui le font» – Steve Jobs

 

Chloé Beauregard

Les actions sociales pour faire résistance à Monsanto et aux autres multinationales de l’agrobusiness

Une opposition intense s’est dressée contre la multinationale Monsanto qui propage des produits transgéniques sans prendre en considération les conséquences environnementales et sociales qui en découlent. Depuis la fin des années 90, les mouvements d’opposition prennent de l’ampleur et se propagent sur tous les continents. On remarque que les actions entreprises par les participants de ces mouvements ont bel et bien un impact sur les politiques dans le secteur agroalimentaire ainsi que sur les règles concernant les cultures transgéniques et les pesticides. Grâce aux multiples organisations sociales, mouvements d’opposition et regroupements civils, Monsanto et toutes formes d’agrobusiness sont de moins en moins valorisés autour du globe ( Zacune, 2012). Cet article est consacré à la présentation des actions collectives entreprises par les grands organismes qui s’opposent aux agrobusiness ainsi que leurs revendications et les impacts qu’ils ont eus.

Une société plus juste qui est organisée de manière à répondre aux besoins de la population et à assurer les droits de ces derniers ne peut pas se construire en coexistence avec les multinationales qui s’accaparent des ressources limitées et du pouvoir (Via Campesina, 2012). Cela justifie pourquoi la résistance mondiale contre les grandes transnationales est devenue une nécessité de nos jours. Depuis quelques années, les mouvements civils grandissent et s’unissent avec d’autres groupes qui partagent une vision d’un monde durable à organiser et se transforment en grandes organisations qui militent pour un avenir plus juste.

Parmi les grands mouvements contre Monsanto et les autres grandes multinationales de l’agrobusiness, on retrouve la Via Campesina, un mouvement collectif et indépendant de paysans, qui ne possède aucune affiliation économique ou politique. Depuis sa création en 1993, le mouvement international accueil plus de 200 millions de membres. Il regroupe également près de 150 organisations locales et nationales en provenance de plus de soixante-dix pays. La Via Campesina structure ses actions autour de ses huit revendications prioritaires. La revendication la plus importante de l’organisation est la souveraineté alimentaire, qu’elle présente pour la première fois au Sommet de l’Alimentaire en 1996. Le concept est présenté comme étant un droit international qui laisse l’opportunité aux États d’adopter des politiques agricoles qui sont mieux adaptées à leur propre population afin d’assurer la sécurité alimentaire sans affecter négativement les autres pays (Le Sommet Mondial de l’Alimentation, 1996; Via Campesina, 2003). La Via Campesina réclame également l’abolition des organismes génétiquement modifiés et revendique la priorisation de l’agriculture paysanne (qui, selon elle, peut nourrir sainement la population mondiale). Elle lutte pour le respect des droits de la personne des communautés rurales, pour l’accès égalitaire aux techniques de production ainsi que pour la reconnaissance de la place des femmes dans l’agriculture (Via Campesina, 2012). Selon le regroupement paysan, l’agriculture industrielle cause la destruction des individus et de l’environnement et il tente d’y remédier à l’aide de plusieurs actions sociales. En effet, La Via Campesina édite le mensuel Campagnes solidaires, elle a augurés des actions contre les projets qu’elle jugeait malsains de l’Organisation Mondiale du Commerce (OMC), elle organise régulièrement des manifestations et des forums de discussion au sujet des OGM ( Zacune, 2012).

 

Carte des pays où l’on retrouve des membres

ViaCampesinaMembers (October 2008).svg
« ViaCampesinaMembers (October 2008) » par BlankMap-World6.svg: Canuckguy (talk) and many others
derivative work: Carwil (talk) — BlankMap-World6.svg. Sous licence Domaine public via Wikimedia Commons.
Source: Via Campesina:  liste des organismes membres d’octobre 2008

À prendre en note: La carte date de 2008, plusieurs autres membres se sont ajoutées depuis ! Pour voir la liste des membres à ce jour consultez le site de Via Campesina

lien URL : http://viacampesina.org/en/index.php/organisation-mainmenu-44/our-members-mainmenu-71

Un autre mouvement qui s’ajoute à la liste est le réseau écologiste populaire surnommé Les Amis de la Terre. Il s’agit en fait du réseau écologiste le plus large au monde. Il relie soixante- seize organisations étant membres nationales et à cela s’ajoutent 5000 groupes d’activistes en provenance de tous les continents. En tout, il compte plus de deux millions de membres. Les Amis de la Terre revendiquent une réorganisation du système alimentaire et luttent, car contre la mondialisation économique. Le groupe cherche des solutions aux problèmes écologiques et sociaux qui dominent de nos jours. Les Amis de la Terre prônent des solutions pouvant à construire un monde respectueux envers l’environnement et juste. Par exemple, le regroupement réclame une meilleure éducation de l’environnement pour la population, car selon eux, ce sont les gestes du quotidien qui affectent grandement notre environnement. Donc, par de meilleures démarches éducatives, la population va mieux réfléchir à son mode de vie, et elle sera en mesure de modifier certains comportements étant néfastes pour la planète (Les Amis de la Terre, 2008). Ainsi, on peut voir que la démarche militante de ce groupe est concentrée davantage sur la sensibilisation et la présentation des alternatives qui sont à la disposition de la population.

 

Un autre groupe d’opposition à l’agrobusiness voit le jour en 2008, il s’agit du mouvement surnommé Combat Monsanto. Ce mouvement prend la forme d’un groupement d’intérêt citoyen rassemblant plusieurs associations, soient, ATTAC, la Fondation Sciences Citoyennes, Greenpeace, la Via Campesina, les Amis de la Terre, etc. (Combat Monsanto, 2012). En effet, aucun groupe ne peut être plus fort qu’un groupe qui unit plusieurs forces. Le groupe réclame fortement la mise en place de campagnes qui serviront à divulguer les pratiques insensées des multinationales de l’agroalimentaire. De plus, le regroupement international revendique l’abolition du règne des transnationales qui violent le droit le plus essentiel des individus : le droit à l’alimentation

Avec la quantité innombrable d’organismes et de groupes qui s’opposent à Monsanto et à toutes les multinationales de l’agrobusiness qui se proposent à nous, chaque individu a la possibilité de s’informer au sujet de l’agro alimentation. Une recommandation serait que chaque membre de la population aille s’informer, car il s’agit d’un phénomène qui nous affecte tous dans la mesure où la planète sur laquelle nous vivons en souffre de plus en plus.

 

Ceci étant dit, le prochain article traitera des victoires qui découlent de ces actions sociales.

Chloé Beauregard

Les victimes de Monsanto

Depuis la crise alimentaire mondiale qui ravage depuis 2007, la population mondiale manque de nourriture. En effet, entre 2007 et 2012, le nombre de personnes souffrant de la faim aurait augmenté de 75 millions (FAO, 2008). L’agriculture mondiale à elle seule peut nourrir  jusqu’à 12 milliards d’habitants sans difficulté, alors que nous sommes uniquement environ 7 milliards. Ce faisant, comment peut-on expliquer qu’un enfant meurt de faim à toutes les  5 secondes? (Ziegler, 2011)  Notre système alimentaire mondial attribut majoritairement aux ressources alimentaires le statut de produits destinés à la spéculation et au marchandage. Dès lors, on peut comprendre que de moins en moins de ressources sont utilisées pour nourrir la population. En effet, moins de la moitié de la production céréalière est directement consommée par la population. La majorité des semences servent à l’alimentation animale et de plus en plus à la création de biocarburants (Jeanmart, 2009 ).   Les gouvernements désirent donc augmenter leurs rendements afin de maintenir le système alimentaire et nourrir le monde. Dès lors, grâce à leur supposée capacité à maximiser les récoltes et à les faire résister à n’importe quelle intempérie, les organismes génétiquement modifiés sont proposés comme moyen pour mettre fin à cette crise alimentaire. Puisqu’il possède le quasi-monopole des semences génétiquement modifiées, Monsanto ne cesse de s’enrichir et de prendre de l’ampleur à l’échelle mondiale en jouant au héros lors de cette crise. Ce que l’œil du public ne semble pas toujours remarquer est la quantité de victimes qui se cachent derrière la puissance commerciale et politique de cette entreprise. En effet, plusieurs activités et techniques de commercialisation employées par Monsanto afin de construire son empire se sont avérées fatales pour plusieurs innocents. Cet article  est dédié à la présentation des manœuvres économiques auxquelles Monsanto a eu recours ainsi qu’une liste synthétisée des plus grandes victimes qui en ont souffert.

 

  Les victimes de l’agent orange

Comme la section précédente nous l’a indiqué, la participation de Monsanto à la production de l’Agent Orange lors de la guerre du Viêt Nam fut un événement fort important dans l’histoire de son évolution. Malgré la révélation de la toxicité de la dioxine TCDD lors de la production du pesticide 2,4,5-T qui se retrouve dans l’Agent Orange, l’entreprise ne remet aucunement en question sa production. Au contraire, aveuglée par les nombreux avantages de participer à l’économie de guerre, elle décide de proposer l’usage de son pesticide à des fins militaires par les États-Unis sans se préoccuper des risques. Le produit est donc utilisé durant la période de 1961 et 1971. Le but ultime de cet herbicide était d’empêcher les soldats vietnamiens de se cacher dans les forêts, de détruire leurs récoltes et de dégager les abords des installations militaires américaines afin de mieux pouvoir prévenir les attaques. Cependant, le défoliant engendrera beaucoup plus de dommages. En effet, le produit contenait de la dioxine de Seveso, qui est à l’origine de plusieurs types de cancers. Selon les dernières estimations, près de 4,8 millions de Vietnamiens ont été exposés à ce poison, sans compter un nombre inconnu de civils ( Stellman et al., 2003). On pourrait être porté à croire que l’abolition du produit en 1971 allait mettre fin à ses ravages, mais ce ne fût pas le cas. La dioxine étant une molécule très stable elle  reste dans l’environnement pour une longue période de temps, et on en retrouve une grande quantité dans la graisse animale et, du même coup, dans la chaîne alimentaire. Ainsi, la dioxine se propage de génération en génération et c’est pourquoi de nombreux problèmes de santé accablent encore plusieurs nouveau-nés. Ce qu’il faut comprendre de cette situation est que la compagnie Monsanto a délibérément caché à l’armée que son pesticide contenait une grande concentration de dioxine afin de pouvoir s’enrichir, sans se préoccuper de tous les innocents qui souffrent encore aujourd’hui. En effet, en 2010, 150 000 enfants sont nés avec des malformations au Viêt Nam et il reste des marques du pesticide sur 400 000 hectares de terrain agricole (Nass, 2002)

 

Dre Nguyen Thi Ngoc Phuong  photographiée avec des enfants handicapés, beaucoup d’entre euxétant des victimes de l’Agent Orange

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 » A vietnamese doctor is pictured with a group of handicapped children, many of them victims of Agent Orange »   par  Alexis Duclos – Alexis Duclos. Licensé sous  CC BY-SA 3.0 via Wikimedia Commons.

La dioxine présente dans l’Agent Orange a deux grands problèmes. Elle prend longtemps à être éliminée des terres et sa toxicité cause des malformations génétiques ainsi qu’une forte augmentation des risques de développer un cancer. C’est pourquoi plusieurs enfants naissent  malformés au Vietnam encore à ce jours (Nass, 2002).

 

L’agriculture sous le brevet de Monsanto

Les actions impitoyables du géant économique ne s’arrêtent pas là. Alors que  les ressources génétiques végétales faisaient partie du patrimoine commun de l’humanité, l’évolution du commerce international et des techniques  de manipulation génétique est venu changer les choses.  En effet,  les grands laboratoires ont été capables de breveter  leurs  nouveaux gènes hybrides comme des inventions, ce qui leur permettait d’en obtenir l’exclusivité commerciale. C’est ce que l’on appelle communément le brevetage du vivant, avec lequel Monsanto est très familier. Grâce à son brevet sur ses produits, la compagnie multinationale vent des licences d’exploitation à ceux qui désir utiliser ses produits. De cette façon, Monsanto empêche à ses clients de garder et de ressemer les graines obtenues lors des récoltes, ces derniers sont donc forcés d’acheter de nouveau l’année d’après, les rendant entièrement dépendants (Combat Monsato, 2014). Ces restrictions viennent changer profondément les habitudes des pays qui produisent leurs semences et c’est pourquoi le brevet que l’entreprise possède créé beaucoup de victimes dans le monde entier. Prenons pour exemple, le cas de Percy Schmeiser qui a été une victime très reconnue du géant de l’agrobusiness. L’agriculteur canadien, qui a dédié sa vie à l’agriculture non-GM, a été accusé de violé le brevet de l’entreprise Monsanto sur le canola OGM, alors que sa terre était en fait contaminé par des cultures GM à proximité de son terrain à cause de la diffusion facile des semences dans le vent et la pollinisation. Le travail d’une vie est entièrement tombé à l’eau et l’homme de 72 ans s’est ruiné entièrement en essayant de poursuivre Monsanto (Center for Food Safety, 2005).  Le géant économique condamne une quantité énorme d’individus à l’aide de redevances de brevet. Entre les années 1990 et 2004, l’entreprise poursuit au total 147 agriculteurs ainsi que 39 entreprises agricoles, uniquement en Amérique du Nord. En inde, les agriculteurs sont retenus dans un cercle vicieux d’endettement à cause que son agriculture s’est ouverte aux marchés mondiaux, ce qui fait augmenter du même coup les coûts de la vie sans que leur rémunération augmente. De plus, le coton Bt de Monsanto n’apporte pas toujours de bonnes récoltes, ce qui crée encore plus de pauvreté. Étant donné que leurs terres agricoles sont dévouées à 90 % à la culture GM, cela entraîne les agriculteurs à perdre leurs connaissances traditionnelles relatives aux semences. Plusieurs paysans indiens furent ruinés et cela créa une vague de suicide énorme, soit de 250 000 suicides en seize ans (NYU School of Law, 2011; Parsai, 2011;  Zacune,2012).

La production mondiale d’organismes génétiquement modifiés

World map GMO production 2005.png
« World map GMO production 2005 » par pixeltoo — ISAAA. Sous licence Domaine public via Wikimedia Commons.

Légende :
Pays recouvert de orange :Cinq pays représentant plus de 95 % de la production d’OGM commercialisés
Pays hachurés : Autres pays producteurs d’OGM commercialisés
Pays avec les points : Pays où les plantations sont principalement expérimentales

Remarquez que cette carte a été publiée en 2005. Dès lors, on peut supposer que la production a énormément augmentée, surtout depuis le début de la crise alimentaire.
Il faut également se rappeler que Monsanto détient le quasi-monopole des cultures génétiquement modifiées, cela vous permet donc d’imaginer son emprise sur notre planète.

 

 Les publicités mensongères

Une des autres tactiques de commerce employées par Monsanto pour laquelle il a beaucoup été critiqué est les informations falsifiées qu’il véhicule. Prenons par exemple son produit Roudup Ready. L’emballage du produit stipulait clairement qu’il était biodégradable et qu’il respectait l’environnement. Par contre, des tests démontrent l’inverse. Monsanto est également accusé d’avoir menti à propos de son produit à l’armée, comme nous l’avons vu plus tôt. Finalement, un autre événement a soulevé une vague de critique envers le manque de transparence de la multinationale de Monsanto. Le quotidien d’information britannnique The Guardian du 8 décembre 2006 dévoile que peu de temps après le début des critiques au sujet de l’agent orange, Monsanto a commencé à payer l’épidémiologiste et toxicologue anglais, Richard Doll afin que ce dernier affirme qu’il n’y avait aucun lien entre l’agent orange et le cancer ainsi que d’autres troubles physiques. Sir Doll a été payé pendant vingt ans afin de protéger l’éthique de l’entreprise (Boseley, 2006; Robin, 2012). En effet, grâce à sa puissance économique et à ses appuis politiques et scientifiques, Monsanto finance ses propres recherches, lui permettant de modifier certains résultats ou d’interdire la publication de papiers à charges. De plus, Monsanto a réussi à persuader la Food and Drug Administration, qui  autorise ou non  la mise sur le marché des produits et des médicaments , de créer un poste qui sera occupé par l’avocat de la multinationale (Agazzi, 2008).  Ce manque d’honnêteté est moins brutal, mais il crée des victimes également. Les victimes sont les consommateurs mal informés qui vont se procurer des produits néfastes en pensant qu’ils sont bons, comme l’indique l’emballage. Toutes nos actions ont un effet sur notre environnement, il est donc crucial que l’on soit au courant de ce qui est bon et de ce qui est mauvais afin de pouvoir prendre des décisions bonnes pour nous et pour la planète.

CAMPAGNE DE MOBILISATION
Le Soja OGM Roundup Ready de Monsanto labellisé « RESPONSABLE » ! Refusez le mensonge !
Visionnez la vidéo de la campagne : Qu’y a-t-il derrière le label « soja responsable » ? Le cochon détective enquête !

Source: Combat Monsanto
Des multinationales de l’agroalimentaire, telles que Monsanto, BP, Unilever, souhaitent  vendre leur soja sous l’étiquette   «responsable ». Cependant la  production de Soja en Amérique du sud cause la  déforestation et l’empoisonnement des populations à proximité  des cultures par les pesticides. Dès lors,  Une coalition d’ONG internationales s’oppose à cette opération et lance une campagne de mobilisation.

 

La quantité énorme de victimes ayant souffert des manœuvres économiques de Monsanto nous prouve qu’ il devient nécessaire de   mettre des bâtons dans les roues des grosses transnationales. Il faut remettre en question le système actuellement en vigueur de droit de propriété intellectuelle et y mettre des limites . Ainsi,  nous éviterions  la  servitude alimentaire et assurerions l’égalité d’accès aux ressources naturelles pour chacun et chacune .La population doit se mobiliser et revendiquer afin de protéger ce qu’il reste de notre patrimoine commun sur la planète. De plus, la population devrait réclamer l’étiquetage sincère et authentique des produits de Monsanto ainsi que des autres multinationales de l’agrobusiness. Par conséquent,  les consommateurs pourront être au courant de ce qu’ils utilisent et nourrissent à notre environnement. Une autre solution plus radicale serait de faire un boycotte entier des produits de l’agrobusiness.

 

Somme toute, la planète est remplie de victimes de l’empire de Monsanto à cause de ses maintes activités économiques douteuses et risquées. Certaines victimes se révoltent et s’unissent avec d’autres individus afin de créer des oppositions aux multinationales de l’agrobusiness . Ce faisant,le prochain article portera sur les actions sociales organisées contre l’agrobusiness.

 

Chloé Beauregard